Tunisie: hospitalisé, l'homme fort d'Ennahdha refuse alimentation et médicaments

"Depuis vendredi, Bhiri refuse toute alimentation et les médicaments, c'est pour ça qu'il a été transféré à l'hôpital où il est sous surveillance rapprochée". (Photo, AFP)
"Depuis vendredi, Bhiri refuse toute alimentation et les médicaments, c'est pour ça qu'il a été transféré à l'hôpital où il est sous surveillance rapprochée". (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 03 janvier 2022

Tunisie: hospitalisé, l'homme fort d'Ennahdha refuse alimentation et médicaments

  • Interpellé vendredi matin, Bhiri, 63 ans, «est vivant et lucide, (il) est pris en charge dans une chambre individuelle, au service cardiologie de l'hopital»
  • Dimanche soir, plusieurs militants et députés d'Ennahdha avaient affirmé que Bhiri se trouvait «en état critique» avec des «menaces pour sa vie» et qu'il avait été «privé de ses médicaments»

TUNIS : L'ex-ministre de la Justice de Tunisie Noureddine Bhiri, homme fort du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, hospitalisé après son arrestation vendredi, refuse de s'alimenter et de prendre des médicaments, a indiqué lundi à l'AFP une source informée qui lui a rendu visite dimanche soir.

Une délégation constituée de cinq personnes --trois de l'Instance de prévention de la torture (INPT, autorité indépendante) et deux du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme-- a pu entrer à l'hôpital de Bizerte (nord) où M. Bhiri a été admis, selon cette source.

"Il n'est pas en situation critique pour le moment", a indiqué à l'AFP la source qui a participé à cette visite. 

Interpellé vendredi matin, M. Bhiri, 63 ans, "est vivant et lucide, (il) est pris en charge dans une chambre individuelle, au service cardiologie de l'hopital", a-t-elle précisé.

Mais "depuis vendredi, (M. Bhiri) refuse toute alimentation et les médicaments, c'est pour ça qu'il a été transféré à l'hôpital où il est sous surveillance rapprochée", selon cette source.

Dimanche soir, plusieurs militants et députés d'Ennahdha avaient affirmé que M. Bhiri se trouvait "en état critique" avec des "menaces pour sa vie" et qu'il avait été "privé de ses médicaments".

Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet et sa décision de suspendre le Parlement que ce parti contrôlait depuis une dizaine d'années. Le coup de force de M. Saied a été qualifié de "coup d'Etat" par Ennahdha et plusieurs ONG nationales et internationales ont dit craindre une dérive autoritaire.

La visite de la délégation s'est tenue entre minuit et 01H00 dimanche, selon la même source. "Nous avons pu entrer tous ensemble et avoir une rencontre individuelle avec la personne concernée", selon la source.

Une deuxième source informée qui y participait aussi a confirmé la visite de cette délégation.

M. Bhiri n'est "pas perfusé car il n'est pas possible de lui administrer de force de l'alimentation ou des médicaments", a-t-elle précisé.

Selon elle, M. Bhiri étant atteint de plusieurs maladies chroniques, notamment du diabète et de l'hypertension, l'équipe médicale voudrait qu'il soit transféré dans un hôpital militaire, redoutant que son état ne se détériore.

L'INPT qui a pour mandat de vérifier le sort des personnes privées de liberté, s'est saisie du dossier dès samedi pour réclamer au ministère de l'Intérieur des informations sur le lieu de détention de M. Bhiri et d'un autre cadre d'Ennahdha, Fathi Baldi, interpellé en même temps que lui.

Aucune information n'était disponible lundi matin sur le lieu de détention de M. Baldi.

L'INPT a déploré dans un communiqué officiel et auprès de l'AFP le "silence complet" des autorités sur le lieu "tenu secret" de l'"assignation à résidence" des deux hommes et a dénoncé des interpellations, faites à "titre préventif" sans motivations claires ni poursuites judiciaires.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.