Après le décès de cheikh Sabah, le Koweït intronise son nouvel émir

Le cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah saluant la foule après avoir prêté serment en tant que nouvel émir du Koweït. (AFP)
Le cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah saluant la foule après avoir prêté serment en tant que nouvel émir du Koweït. (AFP)
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Publié le Mercredi 30 septembre 2020

Après le décès de cheikh Sabah, le Koweït intronise son nouvel émir

  • Le corps de cheikh Sabah est arrivé mercredi au Koweït au lendemain du décès de l'émir du Koweït aux Etats-Unis
  • «La précieuse confiance que le peuple du Koweït nous a accordée sera préservée comme la prunelle de nos yeux»

KOWEIT: Le corps de cheikh Sabah est arrivé mercredi au Koweït au lendemain du décès de l'émir du Koweït aux Etats-Unis à l'âge de 91 ans, et son demi-frère cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah lui a succédé, prenant les rênes de ce riche pays pétrolier du Golfe.

Grand médiateur considéré comme l'architecte de la politique étrangère du Koweït moderne, cheikh Sabah a régné pendant 14 ans. Il s'est éteint mardi dans le Minnesota (nord des Etats-Unis) où il était hospitalisé depuis juillet.

Sa dépouille est arrivée dans l'après-midi à bord d'un Airbus A340 à l'aéroport de Koweït, où l'attendaient le nouvel émir et d'autres responsables. Tous portaient un masque sanitaire pour se protéger du nouveau coronavirus.

Le corps, recouvert d'un simple drapeau national, a ensuite été emmené en convoi à la mosquée Bilal ben Rabah pour des prières avant l'enterrement.

Selon le palais royal, les funérailles sont «limitées aux proches de l’émir», une mesure probablement destinée à éviter de grandes foules en pleine pandémie. 

Chute des prix du brut

Jusqu'ici prince héritier, le nouvel émir, âgé de 83 ans, a prêté plus tôt serment au Parlement alors que le Koweït a entamé une période de deuil national de 40 jours.

«La précieuse confiance que le peuple du Koweït nous a accordée sera préservée comme la prunelle de nos yeux», a-t-il déclaré, visiblement ému, après avoir prêté serment.

Cheikh Sabah fut un vieux routier de la politique et un doyen de la diplomatie dans un Golfe tourmenté par plus de cinq décennies de crises et de conflits ayant impliqué son pays.

Il lui a fait traverser notamment la guerre Irak-Iran (1980-1988) pendant laquelle son pays était un allié de facto de Bagdad. Il a ensuite vécu la tourmente de l'invasion de son pays par les troupes de Saddam Hussein en 1990 et les crises au sein du Conseil de coopération du Golfe, dont la dernière autour du Qatar.

Les dirigeants mondiaux et les Koweïtiens ont salué l'héritage de l'ancien émir dont le pays est un grand allié des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite tout en entretenant de bonnes relations avec l'Iran

Cheikh Nawaf, qui a occupé de hautes fonctions depuis des décennies dans ce pays membre de l'Opep, prend la relève alors que le Koweït est confronté aux répercussions de la crise du coronavirus, qui a déclenché une forte baisse des prix du pétrole et de graves conséquences économiques pour les Etats du Golfe.

Né en 1937, cheikh Nawaf est le cinquième fils du cheikh Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, qui a dirigé le Koweït de 1921 jusqu'à sa mort en 1950. 

Désigné prince héritier en 2006, il avait auparavant servi comme ministre de la Défense en 1990 au moment de l'invasion de l'émirat par les forces irakiennes. La guerre du Golfe s'est terminée en 1991 par l'intervention des Etats-Unis à la tête d'une coalition militaire internationale.

Nouvel émir populaire

Après la libération du Koweït, cheikh Nawaf a été ministre des Affaires sociales et du Travail, avant de prendre la présidence de la Garde nationale en 1994. Il est revenu au gouvernement comme ministre de l'Intérieur en 2003.

Le nouvel émir est populaire au sein de la famille régnante et il aurait été un choix consensuel.

Le fils de cheikh Sabah ainsi que l’ancien vice-Premier ministre Nasser Sabah al-Ahmed al-Sabah, un poids lourd de la politique koweïtienne, figurent en bonne place pour être désignés prince héritier.

Des analystes ne s'attendent pas à des changements politiques majeurs pendant le règne du nouvel émir, alors que le Golfe a été marqué à la mi-septembre par la conclusion d'un accord de normalisation entre Israël, les Emirats arabes unis et Bahreïn, tous deux membres avec le Koweït du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La normalisation reste très impopulaire au sein de la société koweïtienne, qui soutient largement le consensus arabe qui faisait du règlement du conflit israélo-palestinien la condition à toute normalisation avec Israël.

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.