Le secrétaire à la Défense de Blair dit avoir reçu l'ordre de brûler un important document avant la guerre en Irak

Geoff Hoon se base sur les affirmations de 2015 selon lesquelles une note confidentielle montrait que l'invasion pourrait être illégale. (Fichier/AFP)
Geoff Hoon se base sur les affirmations de 2015 selon lesquelles une note confidentielle montrait que l'invasion pourrait être illégale. (Fichier/AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 05 janvier 2022

Le secrétaire à la Défense de Blair dit avoir reçu l'ordre de brûler un important document avant la guerre en Irak

  • Geoff Hoon se base sur des affirmations de 2015 issues d’une note secrète révélant la possible illégalité d’une guerre en Irak
  • Une nouvelle charge alors que la pression monte pour faire retirer le titre de chevalier à l’ancien Premier ministre britannique

LONDRES: Le secrétaire à la Défense de Tony Blair lors de l'invasion de l'Irak soutient une campagne qui vise à faire retirer à l'ancien Premier ministre britannique son titre de chevalier. Il a révélé qu'il avait reçu l'ordre de brûler un document secret qui fournissait en détail les raisons pour lesquelles cette guerre pourrait être illégale.

Dans ses nouveaux mémoires, See How They Run, Geoff Hoon a déclaré que le chef de cabinet de Blair, Jonathan Powell, avait demandé à son secrétaire privé «en termes non équivoques» de détruire le document.

Blair a réfuté l'affirmation quand elle a fait surface en 2015, bien que Hoon ait maintenu ses accusations dans un compte rendu détaillé.

Dans son livre, Hoon explique comment le fonctionnaire du ministère de la Défense a été choqué par la demande de Powell. Il affirme qu’ils ont choisi d'ignorer les ordres de Downing Street de «le brûler», en déposant le mémo dans un coffre-fort.

Il décrit sa consternation lorsqu'on lui a demandé de détruire les avis confidentiels sur la légalité du conflit, qui émanaient du procureur général, Lord Goldsmith. Quelques jours avant le début de l’offensive, Goldsmith a changé d'avis et a donné son feu vert à l'invasion britannique.

Hoon, qui ne fait plus de la politique de manière active, poursuit en affirmant que Blair a signé un «accord dans le sang» avec l'ancien président américain, George Bush, pour soutenir la guerre un an avant son déclenchement.

L'ancien ministre soutient également qu'il a payé le prix fort après s'être élevé contre la guerre, affirmant qu'il a été limogé et «écarté sans recours» par Blair qui cherchait à échapper aux reproches au sujet de cette invasion profondément impopulaire.

Ces nouvelles accusations accompagnent le tollé suscité par la décision de la reine britannique, Elizabeth II, de conférer le titre de chevalier à Blair, qui prendra désormais le titre de Sir Tony. Plus de 680 000 personnes ont signé une pétition demandant le retrait du titre de chevalier à Blair.

Le rapport de la commission d’enquête Chilcot sur la guerre en Irak, rendu public en 2016, a fait état de la controverse de Hoon et des questions entourant les conseils juridiques de Lord Goldsmith.

Faisait un bilan désastreux de l’intervention en Irak, le document avait affirmé «que les circonstances dans lesquelles il a été décidé qu'il existait une base légale pouvant justifier une action militaire étaient loin d'être satisfaisantes».

L'avocat des droits humains, Philippe Sands, a levé le voile sur les conseils juridiques de Goldsmith dans son livre Lawless World, paru en 2005.

Il a précisé au Daily Mail que «lorsque Lord Goldsmith a émis un avis juridique mettant en garde sur la possible illégalité d’une guerre en Irak, il ne pouvait guère se douter qu’ils soit demandé à ceux qui en avaient reçu une copie de le "brûler après avoir lu"».

«Pourtant, M. Hoon affirme que c'est ce qu'on lui avait demandé, confirmant ce que l'on sait depuis longtemps, à savoir que les ministres, le Parlement et le peuple ont été induits en erreur par M. Blair, qui a soutenu une guerre considérée par un grand nombre de personnes comme illégale, comme un crime», a-t-il poursuivi.

«Dans la Grande-Bretagne moderne, semble-t-il, un acte répréhensible aussi manifeste n'exclut pas l'attribution d'une distinction de haut niveau.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.