Kenzo protecteur, Hermès sensuel: la mode à Paris cherche à rassurer

Kenzo Prêt-À-Porter Printemps-Été 2021 à Paris, le 30 septembre 2020 (Photo, AFP)
Kenzo Prêt-À-Porter Printemps-Été 2021 à Paris, le 30 septembre 2020 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 octobre 2020

Kenzo protecteur, Hermès sensuel: la mode à Paris cherche à rassurer

  • Le look phare de la collection Kenzo revisite la tenue d'apiculteur avec un chapeau et un voile, un « écho à la fragilité et à la distance imposée et nécessaire aujourd'hui »
  • « Lignes sensibles »: la maison du luxe française Hermès a présenté une collection de haute joaillerie dessinée par Pierre Hardy, des formes souples et légères qui épousent le corps

PARIS : Kenzo résiste au monde « qui s'égare » en tenue d'apiculteur, Gauchere fait résonner la puissance de ses tailleurs avec un tambour, Hermès propose des bijoux seconde peau: la mode à Paris tente de rassurer le consommateur vulnérable face à une crise inédite. 

Dans un défilé poétique sur les allées d'un jardin autour d'une fontaine dont le ruissellement apaise, le créateur portugais de la maison Kenzo, Felipe Oliveira Baptista, joue l'optimisme avec une palette de couleurs fraîches et des imprimés floraux sur des vêtements qui tantôt couvrent totalement, tantôt mettent à nu. 

Le look phare de cette collection revisite la tenue d'apiculteur avec un chapeau et un voile, un « écho à la fragilité et à la distance imposée et nécessaire aujourd'hui », souligne le créateur dans la note d'intention du défilé. 

Les rares invités sont espacés, assis sous des parapluies noirs. Moins de la moitié des 84 maisons sur le calendrier officiel de la Fashion week ont organisé des défilés, les autres optant comme cet été pour des présentations numériques, en pleine épidémie du Covid.

Ils trouvent sur leur siège un pot de miel et un foulard fait pour être enfilé sur le masque chirurgical, désormais obligatoire partout, histoire de le rendre « fashion » et plus joyeux. 

Les imprimés abstraits rouge et vert sur du blanc sont comme délavés, de même que les coquelicots et hortensias, sur les tenues. 

« Le monde se chagrine tout comme les fleurs trop délicates sur les imprimés », souligne Felipe Oliveira Baptista qui a fait de ce défilé « une ode aux abeilles », « protectrice et rassurantes ». 

A l'opposé de la protection totale, un autre look moulant avec un body couleur chair incite à se sentir à découvert et à « oser devant le danger ». 

Même en temps de pandémie, Kenzo veut rester fidèle à son ADN, synonyme de la fête. 

Bleu électrique, jaune, rouge, des rubans sur des jeans invitent à la décontraction comme des sandales plates et des sacs seaux qui se prolongent en bas avec des conteneurs en tissu fleuri assorti aux tenues.

« Décompression »

La styliste allemande Marie-Christine Statz, fondatrice de la marque parisienne Gauchere, a invité l'artiste John James à jouer du tambour en transformant ainsi son défilé en « une cérémonie de décompression » pour permettre aux convives de mieux se concentrer sur l'expérience. 

« Par ces temps inhabituels, regarder une chose à la fois, écouter un son à la fois et laisser une expérience de résonner » est l'inspiration phare de la créatrice, selon une note d'intention de défilé organisé dans un espace blanc.

Dans sa collection habillant la femme puissante moderne, elle fait la part belle au tailleur-pantalon monochrome et à la silhouette cintrée avec des épaules larges pour les vestes et les robes. 

Cette saison, elle rajoute au blanc et noir, des nuances plus douces de brique, terre, bleu pierre ou kaki et crée des volumes supplémentaires.

« Prendre soin de soi »

« Lignes sensibles »: la maison du luxe française Hermès qui défile samedi a présenté mercredi une collection de haute joaillerie dessinée par Pierre Hardy, des formes souples et légères qui épousent le corps. 

« Je suis parti de ce qui se passe entre le corps et le bijou, comment le bijou peut revenir à la rencontre du corps ou en prendre soin », a déclaré le créateur.

La collection a été présentée dans une salle noire, qui s'éclairait légèrement au cours de la projection du film mettant en scènes des femmes parées de ces bijoux, dans des vêtements simples et au bord de la mer.

Graphiques ou fluides comme un collier ou un bracelet en or et diamants, ces pièces sont « des manifestations en pierres et or » des émotions ou des gestes et se fondent avec la peau. 

« Traditionnellement, le bijou était quelque chose fait pour les autres, un marqueur, un signe hiérarchique, de pouvoir. Aujourd'hui, on est très loin de cela. Les femmes ont un rapport très personnel avec les bijoux d'où les formes qui épousent », souligne le créateur.


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.