Pakistan: Plus de 21 personnes mortes coincées dans leurs véhicules par une tempête

Des touristes visitent la zone enneigée de Ziarat, à environ 70 kilomètres de Quetta, dans la province du Baloutchistan, le 8 janvier 2022. (AFP)
Des touristes visitent la zone enneigée de Ziarat, à environ 70 kilomètres de Quetta, dans la province du Baloutchistan, le 8 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 08 janvier 2022

Pakistan: Plus de 21 personnes mortes coincées dans leurs véhicules par une tempête

  • Les services de secours pakistanais, Rescue 1122, ont publié une liste de 21 personnes décédées dont un policier, sa femme et leurs six enfants
  • Le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry a quant à lui annoncé que des « décennies » de records météorologiques avaient été battus ces dernières 48 heures

ISLAMABAD : Au moins 21 personnes sont mortes au Pakistan, coincées dans un embouteillage monstre provoqué par la ruée de dizaines de milliers de visiteurs vers une ville de montagne où tombait une neige inhabituellement abondante, ont annoncé samedi les autorités.

Les services de secours pakistanais, Rescue 1122, ont publié une liste de 21 personnes décédées dont un policier, sa femme et leurs six enfants. Hasaan Khawar, un porte-parole du gouvernement du Pendjab, a précisé qu'ils étaient morts de froid dans leur voiture.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si les autres victimes, dont les cinq membres d'une autre famille, sont décédées de la même cause ou d'intoxication au monoxyde de carbone respiré dans l'habitacle de leur véhicule. 

Le ministre de l'Intérieur, Sheikh Rashid Ahmed, a indiqué que l'armée était mobilisée pour dégager les routes et secourir les milliers de personnes toujours bloquées près de Murree, située à environ 70 kilomètres au nord-est de la capitale Islamabad.

Les vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des voitures immobilisées, pare-choc contre pare-choc avec jusqu'à un mètre de neige sur leurs toits.

"Les fortes chutes de neige ont généré des embouteillages et la fermeture des routes", a raconté Babar Khan, un touriste coincé pendant des heures, à l'AFP par téléphone. 

"Les routes étaient aussi fermées à cause de chutes d'arbres dans de nombreux endroits", a-t-il ajouté.

Le site du centre de prévision météorologique pakistanais a déclaré que de fortes chutes de neige étaient attendues dans la zone jusqu'à dimanche après-midi. 

Le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry a quant à lui annoncé que des "décennies" de records météorologiques avaient été battus ces dernières 48 heures.

Depuis plusieurs jours, de nombreuses photos étaient partagées sur les réseaux sociaux pakistanais montrant des touristes jouant dans la neige autour de Murree, ville fondée au 19e siècle par les Britanniques comme sanatorium pour leurs troupes coloniales.

Les autorités de la province du Pendjab ont annoncé que Murree avait été déclarée "zone sinistrée" et demandé à la population de ne plus s'y rendre dans l'immédiat.

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, s'est déclaré choqué mais aussi énervé par la tragédie.

"Des chutes de neige sans précédent et une ruée de personnes se déplaçant sans vérifier les conditions météorologiques ont pris l'administration du district au dépourvu", a-t-il tweeté.

"J'ai ordonné une enquête et je mets en place une réglementation stricte pour assurer la prévention de telles tragédies", a-t-il ajouté.

Avertissements

Les autorités avaient déjà mis en garde le week-end dernier contre le trop-plein de visiteurs à Murree mais cela n'a pas empêché de nombreux habitants d'Islamabad de s'y précipiter à nouveau.

"Les gens affrontent une situation terrible", a déploré Usman Abbasi, un autre touriste coincé, joint par téléphone par l'AFP.

"Il n'y a pas que les touristes, la population locale affronte aussi de sérieux problèmes", a-t-il précisé. 

"Les bouteilles de gaz sont épuisées et il n'y a plus d'eau potable dans la plupart des quartiers - soit c'est gelé, soit les conduites sont abimées par le froid", a-t-il indiqué, ajoutant que les hôtels étaient à court de nourriture.

Située à 2.300 m d'altitude, Murree s'accroche aux flancs de plusieurs collines et ses étroites routes d'accès sont régulièrement embouteillées, même par beau temps.

Selon Sheikh Rashid Ahmed, les habitants de la ville ont hébergé de nombreux visiteurs qui y étaient coincés et ont apporté des couvertures et de la nourriture à ceux bloqués dans les embouteillages.

Les écoles et les bâtiments administratifs accueillent aussi des sinistrés, a-t-il ajouté. 

 

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est "terminé"

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.