Open d'Australie: Djokovic remporte une première manche, mais risque l'expulsion

Cette photo d'archive prise le 27 janvier 2019 montre le Serbe Novak Djokovic célébrant sa victoire contre l'Espagnol Rafael Nadal lors de la finale du simple messieurs le 14e jour du tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne. (Saeed Khan/AFP)
Cette photo d'archive prise le 27 janvier 2019 montre le Serbe Novak Djokovic célébrant sa victoire contre l'Espagnol Rafael Nadal lors de la finale du simple messieurs le 14e jour du tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne. (Saeed Khan/AFP)
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Publié le Lundi 10 janvier 2022

Open d'Australie: Djokovic remporte une première manche, mais risque l'expulsion

  • Le tennisman souhaite entrer en Australie sans être vacciné contre le Covid-19, même si le gouvernement australien a averti qu'il pouvait encore imposer son expulsion
  • Les avocats de «Djoko» tentaient de convaincre le tribunal fédéral que le champion serbe avait bien contracté le Covid en décembre

MELBOURNE, Australie : Un juge a ordonné lundi la libération de Novak Djokovic du centre de rétention où il a été placé, une victoire pour le tennisman qui souhaite entrer en Australie sans être vacciné contre le Covid-19, même si le gouvernement australien a averti qu'il pouvait encore imposer son expulsion.

Le juge Anthony Kelly a mis fin à plusieurs jours de bataille judiciaire en ordonnant la libération immédiate du joueur de 34 ans, retenu, depuis son arrivée en Australie pour disputer le premier Grand Chelem de l'année, dans un centre pour migrants à Melbourne.

Christopher Tran, un avocat du gouvernement, a toutefois prévenu que Canberra pouvait encore décider d'expulser Djokovic du pays, ce qui aurait pour conséquence de lui interdire toute entrée sur le territoire australien pendant trois ans.

Confronté à une défaite humiliante et très médiatisée, le gouvernement australien a informé le juge, par le biais de Christopher Tran que le ministre de l'immigration Alex Hawke pouvait faire usage de ses pouvoirs exécutifs pour barrer la route à Djokovic.

Les avocats de «Djoko», retenu depuis cinq jours dans un centre pour migrants à Melbourne, tentaient de convaincre le tribunal fédéral que le champion serbe avait bien contracté le Covid en décembre, ce qui le dispenserait d'une vaccination obligatoire pour entrer sur le territoire.

«Qu'est-ce que cet homme aurait pu faire de plus?», a reconnu lors de l'audience en ligne le juge, qui a estimé que Djokovic a fourni des preuves, émanant «d'un professeur et d'un médecin éminemment qualifié» concernant sa demande de dispense médicale.

L'audience s'est ouverte avec du retard après un problème informatique dû à un trop grand nombre de connexions afin d'assister à sa retransmission en ligne, finalement partagée sur YouTube notamment, malgré une interdiction, par des antivax.

- «Complètement confus» -

Selon les avocats du sportif, le joueur était «complètement confus», lorsqu'il a été entendu durant plusieurs heures dans la nuit du 5 au 6 janvier à l'aéroport de Melbourne. Ils ont notamment fait valoir qu'il a été privé de moyens de communication avec son entourage lors de son interrogatoire.

L'Open d'Australie, où Djokovic ambitionne de s'offrir un 21e tournoi du Grand Chelem qui le placerait au sommet de l'histoire du tennis devant ses deux rivaux historiques, Roger Federer et Rafael Nadal, débute dans sept jours et sa participation dépendait entièrement de la décision de M. Kelly.

Ses avocats affirment qu'il a été testé positif au Covid-19 le 16 décembre. Il a cependant assisté le lendemain à Belgrade, sans masque, à une cérémonie en l'honneur de jeunes joueurs serbes.

Djokovic, désormais raillé sous le surnom de «Novax», devait assister aux débats depuis l'ancien Park Hotel, un bâtiment de cinq étages qui accueille environ 32 migrants piégés dans le système d'immigration australien, dont certains depuis des années.

Djokovic, qui n'a pas pris la parole lors de l'audience, a finalement obtenu la permission du tribunal de suivre les débats de lundi depuis un autre lieu, tenu secret, avant d'être contraint de retourner dans le centre de rétention à l'issue des audiences.

Selon ses avocats, sa demande de transfert dans un centre où il pourrait s'entraîner en vue de l'Open d'Australie est restée lettre morte.

Présente à un rassemblement à Belgrade, la mère de Djokovic, Dijana, avait de son côté fustigé une nouvelle fois les conditions de détention «inhumaines» de son fils.

«Il n'a droit qu'à un déjeuner et un dîner, et il n'a pas de fenêtre normale, il regarde un mur», a-t-elle affirmé à la télévision régionale TV N1.

La Première ministre serbe Ana Brnabic a déclaré ce week-end que la Serbie soutenait pleinement le champion et qu'elle avait eu des «entretiens constructifs» avec la ministre australienne des Affaires étrangères.

«Nous avons fait en sorte qu'il reçoive une alimentation sans gluten, des équipements sportifs, un ordinateur portable», a-t-elle expliqué à la télévision serbe Pink.

- Pas vacciné -

La fédération australienne de tennis avait accordé au joueur une exemption, au motif de son infection au mois de décembre, pour participer au premier Grand Chelem de la saison, après que sa demande a été approuvée par deux panels médicaux indépendants, ont souligné ses avocats.

Mais à son arrivée en Australie, les autorités fédérales lui avaient refusé l'entrée, estimant que ses motifs d'exemption ne remplissaient pas les conditions d'entrée sur le territoire.

Le gouvernement australien insiste sur le fait qu'une récente infection ne compte comme une exemption que pour les résidents, et non pour les ressortissants étrangers qui tentent d'entrer dans le pays.

Retenue comme «Djoko» après avoir vu aussi son visa annulé, la joueuse tchèque Renata Voracova, spécialiste du double, a quitté l'Australie samedi.

Lundi, le patron de la fédération australienne Craig Tiley a défendu son organisation contre les critiques l'accusant d'avoir induit les joueurs en erreur à propos des obligations pour entrer dans le pays, déclarant que le gouvernement avait «refusé» de vérifier la validité des exemptions médicales avant l'arrivée des joueurs.

Alors qu'une grande partie de l'Australie a renforcé les restrictions sanitaires pour lutter contre une nouvelle vague liée au variant Omicron, l'État de Victoria, dont Melbourne est la capitale, a enregistré 44.155 nouveaux cas dimanche.

Ces sportifs qui partagent le scepticisme de Djokovic à l'égard du vaccin anti-Covid

Novak Djokovic, qu'un juge a ordonné lundi de libérer du centre de rétention où il avait été placé en Australie en raison d'un imbroglio autour de son visa, n'est pas le seul sportif à s'être montré sceptique à l'égard du vaccin anti-Covid:

. Aaron Rodgers

L'emblématique quarterback de l'équipe de football américain des Green Bay Packers a été l'une des principales voix contre la vaccination issues du monde sportif aux Etats-Unis. Critiqué après un test positif, Rodgers, 38 ans, se complaît depuis dans le rôle d'une victime de la "mafia woke" et de la "cancel culture".

Avant cela, le vainqueur du Super Bowl 2011 avait déclaré être "immunisé" après avoir cherché un traitement alternatif, car il affirmait que deux des vaccins disponibles contenaient un ingrédient non spécifié auquel il était allergique et qu'un troisième avait selon lui causé chez de "multiples personnes" de nombreux "effets indésirables."

. Joshua Kimmich

Si Rodgers n'a pas souffert outre mesure du coronavirus malgré son refus de se faire vacciner, l'international allemand Joshua Kimmich n'a pas eu cette chance lorsqu'il l'a contracté fin novembre. La star du Bayern Munich, âgée de 26 ans, a subi des lésions pulmonaires qui l'ont empêché de jouer jusqu'en janvier.

Il avait suscité la colère en révélant en octobre qu'il était opposé à la vaccination pour "raisons personnelles". "Je pensais pouvoir me protéger du virus si je respectais toutes les règles et si je faisais des tests régulièrement", avait-il déclaré.

Plus étrange encore, en 2020, il a fondé avec son coéquipier Leon Goretzka l'initiative "We kick Corona" en finançant des campagnes de vaccination et des projets caritatifs. Il a cependant fini par prendre rendez-vous pour une vaccination en admettant "qu'il aurait été préférable de le faire plus tôt".

. Bryson DeChambeau

Le Covid lui ayant coûté sa place aux Jeux olympiques de Tokyo l'été dernier, le vainqueur de l'US Open 2020 de golf, musculeux en temps normal, a révélé qu'il avait perdu 4,5 kilos à cause du virus, mais il n'était toujours pas convaincu par l'intérêt de se faire vacciner.

"Le vaccin n'empêche pas nécessairement la contamination", a déclaré le joueur américain de 28 ans aux médias américains en août.

"Je suis assez jeune, je préfère le donner aux personnes qui en ont besoin. Je suis un individu jeune et en bonne santé qui va continuer à travailler sur sa santé".

Dechambeau, dont les parents sont eux vaccinés, a affirmé qu'il envisagerait de les imiter, s'il estimait qu'un nouveau vaccin répondait à ses critères.

. Kyrie Irving

L'une des vedettes des Brooklyn Nets est de retour sur les parquets de NBA après avoir passé les deux premiers mois de la saison sur la touche en raison de son refus de se faire vacciner.

Le meneur de jeu de 29 ans a assuré que sa décision très critiquée n'était pas due à son opposition à la vaccination dans son ensemble, mais qu'il s'agissait simplement d'une décision personnelle.

"Je ne suis l'avocat d'aucun camp", avait-t-il expliqué en octobre. "Je fais ce qui est le mieux pour moi. J'en connais les conséquences et si cela signifie que je serai jugé et diabolisé pour cela, tant pis".

Irving, champion NBA avec les Cleveland Cavaliers en 2016, ne peut toutefois disputer que les matches à l'extérieur, car tant qu'il n'est pas vacciné, il ne peut évoluer à domicile en raison des règles sanitaires de l'Etat de New York.

. Tennys Sandgren

Contrairement à Djokovic, l'Américain de 30 ans n'a même pas essayé d'obtenir une exemption médicale pour l'Open d'Australie (17-30 janvier).

Sandgren, qui a atteint deux fois les quarts de finale à Melbourne, loin des neuf titres en simple du N.1 mondial, a déclaré qu'il ne remplissait pas les conditions requises pour en décrocher une.

"Je n'ai pas tout à fait la même influence", a raillé Sandgren, avant la mésaventure de Djokovic à son arrivée à Melbourne.

Cependant, une fois que le Serbe a été retenu à l'aéroport, il s'est montré cinglant envers la position des autorités australiennes.

"Deux commissions médicales distinctes ont approuvé son exemption. Et les politiciens l'arrêtent. L'Australie ne mérite pas d'accueillir un tournoi du Grand Chelem", a-t-il tweeté.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.