Les murs frontaliers symbole d’une Europe où les réfugiés ne sont plus les bienvenus

Les réfugiés fuyant la guerre, la pauvreté et la persécution dans leur pays d'origine sont souvent confrontés à des barbelés, à la suspicion et à une franche hostilité lorsqu'ils arrivent aux portes de l'UE. (Photo, AFP)
Les réfugiés fuyant la guerre, la pauvreté et la persécution dans leur pays d'origine sont souvent confrontés à des barbelés, à la suspicion et à une franche hostilité lorsqu'ils arrivent aux portes de l'UE. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Les murs frontaliers symbole d’une Europe où les réfugiés ne sont plus les bienvenus

  • Des milliers de migrants sont arrivés à la frontière entre le Bélarus et la Pologne à la fin de 2021 dans le vain espoir de passer en Europe
  • La Pologne a fermé ses frontières en décembre avec un mur fortifié de 185 km de long, qui devrait coûter près de 300 millions de dollars américains une fois achevé

DJEDDAH : En l'absence d'un passage sûr et légal vers l'Europe, les réfugiés fuyant la guerre, la pauvreté et la persécution dans leur pays d'origine sont souvent confrontés à des barbelés, à la suspicion et à une franche hostilité lorsqu'ils arrivent aux portes de l'Union européenne (UE).

Depuis plusieurs années, le sort des migrants et des réfugiés arrivant en Europe divise l'opinion publique, faisant émerger des récits contradictoires sur la compassion et l'identité nationale, tout en suscitant des préoccupations en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

Ces divisions ont été mises en évidence en 2015 lorsque des centaines de milliers de Syriens, d'Irakiens, d'Afghans, d'Iraniens, de Soudanais, d'Érythréens et d'autres nationalités ont entrepris le périlleux voyage vers l'Europe par voie terrestre ou maritime, souvent avec l'aide de trafiquants.

Nombre de ces débats ont refait surface au cours des derniers mois de 2021, après que des dizaines de milliers de personnes, principalement originaires du Moyen-Orient, sont arrivées à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, campant à la frontière forestière au froid glacial dans le vain espoir d'atteindre l'Europe.

En décembre, la Pologne a fermé ses frontières en construisant un mur fortifié de 185 km de long, qui devrait être achevé en juin de cette année, à un coût de près de 300 millions de dollars.

Les murs frontaliers fortifiés ont commencé à apparaître après l'afflux de réfugiés de 2015, principalement en provenance du Moyen-Orient. À lui seul, le mur de la Hongrie a coûté plus d'un milliard d'euros à l'UE.

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Un drapeau de l'Union européenne (UE) flotte derrière des barbelés dans le nouveau centre fermé pour migrants de l'île grecque de Kos, le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)

Des fortifications similaires ont vu le jour en Slovénie, en Macédoine, en Bulgarie, en Espagne et en France, toutes dans le but de tenir les migrants à l'écart.

L'UE est passée de deux murs seulement après la chute du mur de Berlin à 15 en 2017, soit l'équivalent de six murs de Berlin. Ces nouvelles barrières reflètent un durcissement général des opinions à l'encontre des réfugiés en Europe

Quelques CHIFFRES

* 26,6 millions - Réfugiés dans le monde à la mi-2021.

* 0,6 % - Proportion de la population de l'UE qui sont des réfugiés. (HCR)

Alors que les dirigeants européens considéraient autrefois qu'il était de leur devoir humanitaire d'accueillir des réfugiés, nombre d'entre eux tirent aujourd'hui un capital politique de leur fermeté à l'égard de l'immigration clandestine. Ce faisant, la question de la migration s'est dissociée des calamités qui ont poussé ces migrants à fuir.

«C'est pour le moins déshumanisant», a déclaré à Arab News Wafa Mustafa, journaliste, activiste et réfugié syrien vivant en Allemagne. «Nous ne pouvons pas parler des réfugiés sans évoquer les raisons pour lesquelles ils sont devenus des réfugiés.»

Le père de Mustafa, Ali, un militant syrien des droits de l’homme, a été arrêté en juillet 2013 avant de disparaître dans le tristement célèbre système carcéral de Bashar Al-Assad. Environ 130 000 personnes seraient détenues dans les prisons du régime, où elles subiraient des tortures et des abus sexuels.

«Nous ne pouvons pas ignorer le fait qu'il existe des forces qui poussent les gens à risquer leur vie, celle de leurs enfants et de leurs proches, qui sont plus difficiles que d'être laissés mourir aux frontières», a expliqué Mostafa.

«Je pense que la façon dont l'UE traite les personnes bloquées à ses frontières est un crime. Nous avons entendu parler de l'entrée illégale comme d'un crime, mais je crois que le fait de ne pas permettre aux gens de traverser les frontières et de les laisser mourir, c’est là le véritable crime».

Mustafa est convaincu que les politiciens européens refusent de s'engager sur la question parce qu'«ils devraient faire face au fait qu'ils ont échoué dans leur travail, et que la communauté internationale n'a pas réussi à résoudre le problème, surtout dans le cas de la Syrie et de la dictature d'Al-Assad».

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Un membre de la force frontalière britannique (à droite) aide des enfants migrants sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l'Angleterre le 24 novembre 2021 après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche. (Photo, AFP)

À la vue de cette précipitation à fortifier ses frontières, beaucoup seraient excusés de penser que la charge économique et sociale de la crise mondiale des réfugiés incombe principalement à l'Europe. Rien ne saurait être plus loin de la vérité.

Comme le souligne fréquemment le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 85 % des 26,6 millions de réfugiés dans le monde (à la mi-2021) sont accueillis soit dans des pays voisins, soit ailleurs dans des régions en développement.

La Turquie, par exemple, compte plus de réfugiés à l'intérieur de ses frontières que tout autre pays plus de 3,5 millions, soit 43 pour 1 000 de ses propres citoyens. La Jordanie en compte près de 3 millions, tandis que le Liban en accueille 1,5 million, soit plus de 13 réfugiés pour 100 Libanais.

En revanche, environ 2,65 millions de réfugiés vivent parmi les 447 millions d'habitants de l'UE.

Après la Seconde Guerre mondiale, les États européens ont signé une série de traités destinés à protéger les droits des réfugiés, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, le Protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés et l'Accord européen de 1980 sur le transfert de la responsabilité à l'égard des réfugiés.

Malgré ces engagements, les dirigeants européens et une partie des médias ont plutôt créé des récits grossiers sur les migrants «dignes» et «indignes» pour justifier le rejet des réfugiés..

«C'est un récit dangereux», a indiqué Mustafa. «Nous devons les considérer comme des humains, écouter leurs histoires et leur fournir des ressources pour faire face aux raisons pour lesquelles ils sont venus en Europe.»

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Des migrants visant à atteindre la Pologne sont photographiés dans un camp près du poste frontière de Bruzgi-Kuznica, à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, le 17 novembre 2021. (Photo, AFP)

Abdelaziz Dukhan, originaire de Homs dans l'ouest de la Syrie, est arrivé en Grèce en 2015 alors qu'il n'avait que 17 ans. C'est là, alors qu'il était confiné dans l'un des camps surpeuplés du pays, qu'un bénévole lui a offert un appareil photo.

Ce qui a commencé comme un passe-temps s'est rapidement transformé en une illustre carrière de photographe lorsqu'il s'est finalement installé en Belgique.L'exposition de photos de Dukhan intitulée «50 Humans», qui s'est tenue à la fin de l'année dernière à Bruxelles, visait à remettre en question le rejet des migrants et des réfugiés comme boucs émissaires, tout en démontrant la contribution positive qu'ils apportent aux sociétés multiculturelles.

Asile et nationalités

Les 5 nationalités les plus représentées parmi les primo-demandeurs d'asile dans l'UE (2020)

1. Syrienne 63 600

2. Afghane 44 285

3. Vénézuélienne 30 325

4. Colombienne 29 055

5. Irakienne 16 275

* Source : Commission européenne/Eurostat

«Leur histoire a fait d'eux ce qu'ils sont, mais je ne m'attarde pas sur leur passé», a déclaré Dukhan à Arab News. «Je me concentre sur leur présent, répondant aux arguments moraux de la manière la plus subtile. Oubliez les guerres et les conflits et concentrez-vous sur le présent. Ce sont leurs vraies histoires.»

Ceux qui s'opposent à l'accueil des réfugiés font souvent valoir qu'ils constituent un fardeau pour l'économie, qu'ils prennent des emplois et font baisser les salaires ou qu'ils quémandent l'aide de l'État. Cependant, des études ont montré que les sociétés dont la population en âge de travailler diminue ont tendance à bénéficier de l'arrivée de migrants plus jeunes.

Un document de travail du FMI de 2021, intitulé «L'impact de la migration internationale sur la croissance inclusive», a décrit plusieurs des avantages à long terme de l'accueil des immigrants.

«La migration internationale est à la fois un défi et une opportunité pour les pays de destination», indiquent ses auteurs.

«D'une part, surtout à court terme, les immigrés peuvent créer des défis sur les marchés du travail locaux, affectant potentiellement les salaires et déplaçant certains travailleurs originaires du pays qui leur font concurrence. Leur arrivée peut également imposer un coût fiscal à court terme».

Cependant, le rapport indique que «surtout à moyen et à long terme, les immigrés peuvent stimuler la production, créer de nouvelles opportunités pour les entreprises locales et les travailleurs originaires du pays, fournir les capacités et les compétences nécessaires à la croissance, générer de nouvelles idées, stimuler le commerce international et contribuer à l'équilibre budgétaire à long terme, en rendant plus équilibrée la répartition par âge des pays avancés».

Néanmoins, il existe encore une perception largement répandue dans de nombreux pays européens selon laquelle les nouveaux arrivants prennent plus qu'ils ne contribuent. En réalité, les migrants reçoivent peu d'aide de l'État, ce qui les oblige à travailler dur afin d’améliorer leur situation.

«Les politiques de l'UE ont rendu la tâche difficile aux immigrés et aux réfugiés, en leur collant des étiquettes. Mais cela ne les a pas dissuadés», confie Dukhan.

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Un bébé est secouru par des membres de l'ONG espagnole Maydayterraneo à bord du bateau de sauvetage Aita Mari lors du secours d'environ 90 migrants en pleine Méditerranée, au large des côtes libyennes. (Photo, AFP)

«Ceux qui arrivent ont une expérience professionnelle, des diplômes et étaient des membres essentiels de leurs anciennes communautés, et ils veulent faire de même dans leurs nouveaux pays d’accueil. Bien que leurs diplômes ne signifient peut-être rien dans le nouveau pays, beaucoup ne resteront pas les bras croisés. Ils se lèveront, étudieront, feront des petits boulots et plus encore.»

Malgré les avantages potentiels de l'immigration, de nombreux Européens restent préoccupés par l'afflux d'étrangers. À travers son exposition, Dukhan espère défier les mythes et les idées fausses sur les migrants et les réfugiés, et les montrer sous un angle plus honnête.

«Ce ne sont pas des gens misérables», affirme Dukhan. «Les médias ont joué un rôle majeur en les décrivant et en les rabaissant au rang d’expérience sociale, en les plaçant dans une bulle pour les scruter et les ridiculiser».

Alors que l'Europe renforce ses frontières et que le sentiment anti-immigration continue de gagner du terrain, inverser ces perceptions bien ancrées peut s'avérer plus facile à dire qu'à faire.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington pense que Khamenei est «de plus en plus impliqué», dit Rubio

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
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  • "Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers"
  • Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits

WASHINGTON: Les Etats-Unis pensent que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est "vivant" et "de plus en plus impliqué" dans la direction du pays, a déclaré mardi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, exprimant l'espoir que les négociations pour mettre fin à la guerre puissent aboutir.

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien.

Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits.

L'audition mardi de M. Rubio au Sénat est sa première intervention parlementaire depuis le début de la guerre le 28 février, au grand dam des élus démocrates qui réclament à cors et à cri des explications.

"Cette guerre et la décision du gouvernement américain d'imposer un blocus ont désormais pris en otage l'économie mondiale tout entière", a ainsi dénoncé le sénateur démocrate Chris Murphy.

Interrogé sur l'état des négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, qui sont au point mort, le secrétaire d'Etat américain a dit toujours "espérer" un accord pour mettre fin à la guerre sans toutefois s'avancer sur un calendrier.

"Il y a une perspective qui se profile devant nous, et qui pourrait se concrétiser aujourd'hui, demain ou la semaine prochaine", a-t-il déclaré.

"Ils ont accepté de négocier certains aspects de leur programme nucléaire dont, il y a à peine un mois, voire un an, ils refusaient ne serait-ce que de parler", a fait valoir le secrétaire d'Etat, pressé de questions pour savoir comment le président Donald Trump comptait amener l'Iran à conclure un accord.

Il a cependant laissé entendre que cela "ne garantissait pas que cela aboutirait finalement à un accord acceptable".

"S'ils rouvrent le détroit d'Ormuz, nous lèverons notre blocus" des ports iraniens, a encore dit Marco Rubio soulignant que cela n'était pas lié à un allègement des sanctions qui dépend, lui, d'un accord sur le nucléaire.

Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que Washington n'allègerait pas les sanctions contre Téhéran en échange de la réouverture de ce passage stratégique, effectivement bloqué par l'Iran.

"L'opération +Epic Fury+ a largement atteint ses objectifs militaires, à savoir réduire considérablement la base industrielle de défense de l'Iran et affaiblir son bouclier conventionnel", a relevé M. Rubio assurant même en réponse à un sénateur que la guerre était "terminée".

Mais il a convenu que l'Iran "disposait encore de beaucoup de drones".

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

L'Iran a accusé lundi les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

 


Climat: l'ONU alerte de l'imminence d'un épisode El Niño

Un drapeau de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) flotte devant son siège à Genève, le 1er juin 2026. L’OMM indique qu’il y a 80 % de chances qu’El Niño se développe entre juin et août, augmentant le risque de phénomènes météorologiques extrêmes. (AFP)
Un drapeau de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) flotte devant son siège à Genève, le 1er juin 2026. L’OMM indique qu’il y a 80 % de chances qu’El Niño se développe entre juin et août, augmentant le risque de phénomènes météorologiques extrêmes. (AFP)
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  • L’OMM estime à 80 % la probabilité qu’un épisode El Niño se développe entre juin et août et qu’il se prolonge jusqu’à la fin de l’année
  • Le phénomène pourrait accentuer les événements météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les sécheresses et les fortes pluies à l’échelle mondiale

GENEVE: Le développement d'un épisode El Niño est probable à 80% entre juin et août, augmentant le risque d'événements météorologiques extrêmes dans les prochains mois, a alerté mardi l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Selon la dernière mise à jour de cette agence de l'ONU, les températures "exceptionnellement chaudes" des eaux du Pacifique tropical favorisent les conditions de la formation d'un épisode El Niño qui "devrait influencer les régimes de température et de précipitations à l'échelle mondiale".

L'OMM table ainsi sur une probabilité de 80% qu'un épisode El Niño se produise "entre juin et août".

"Les probabilités que cet épisode se maintienne au moins jusqu'en novembre avoisinent ou dépassent les 90%", ajoute l'organisation, tablant sur un "épisode au moins modéré, voire fort".

Selon Météo-France, El Niño, et sa phase opposée La Niña, sont les noms donnés à une variation naturelle du climat, qui induit une variation marquée de la température des eaux de l'océan Pacifique équatorial, une modification de la circulation atmosphérique mondiale et peut occasionner certains événements extrêmes sur un grand nombre de régions.

Entre fin avril et mi-mai, la température de surface de la mer dans la partie centre-est du Pacifique équatorial s'est rapprochée des seuils caractérisant ce phénomène, une hausse alimentée par des températures "exceptionnellement élevées" sous la surface, dépassant de plus de 6°C les normales saisonnières, note l'OMM.

Parallèlement, les valeurs de l'indice d'oscillation australe, qui est la composante atmosphérique d'El Niño, "concordent" avec la mise en place de conditions d'apparition du phénomène, ajoute l'organisation.

"Nous devons nous préparer à un épisode El Niño potentiellement puissant, qui exacerbera la sécheresse et les fortes pluies et augmentera le risque de vagues de chaleur à la fois sur les terres émergées et dans les océans", a prévenu la secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, citée dans un communiqué.

L'OMM souligne que même un épisode El Niño d'intensité modérée augmente la probabilité de certains phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes.

El Niño se caractérise par une hausse des températures de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial. Il se produit d'ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois.

Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois.

- "Urgence climatique" -

Pour la période juin-juillet-août, l'OMM prévoit déjà un ensemble de conditions favorisant "une prédominance de températures supérieures à la normale dans presque toutes les régions du globe", avec un risque accru de stress thermique, de sécheresse dans certaines régions et d'événements extrêmes tels que des inondations ou des sécheresses sévères.

Elle rappelle ainsi que les centres de prévision régionaux prévoient des précipitations "inférieures à la normale" durant la saison des pluies de juin à septembre dans la Corne de l'Afrique, une mousson moins abondante que la moyenne en Asie du Sud et des conditions plus chaudes et plus sèches en Amérique centrale au cours de l'été.

Pendant l'été de l'hémisphère Nord, les eaux chaudes liées à El Niño peuvent aussi favoriser la formation d'ouragans dans le Pacifique central et oriental, tout en limitant leur développement dans l'Atlantique, ajoute l'organisation.

"Nous devons tous accorder à cette situation le degré d'urgence climatique qu'elle représente", a alerté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans une déclaration vidéo.

"Les conditions El Niño jetteront de l'huile sur le feu d'une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice", a-t-il poursuivi, appelant encore une fois à "mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles".

Selon Mme Saulo, 128 pays sont désormais dotés de systèmes d'alerte précoce multirisques, l'objectif de l'ONU étant qu'ils soient en place dans tous les pays d'ici fin 2027.

La cheffe de l'OMM a indiqué qu'El Niño aurait des "effets en cascade", avec des répercussions potentielles sur le commerce mondial.

Ces effets vont de "la variabilité du climat à l'économie et à la sécurité des populations. C'est pourquoi cette information est si pertinente et si importante", a-t-elle déclaré mardi devant la presse à Genève.

L'OMM espère que les alertes précoces permettront de mieux orienter les mesures de préparation, en particulier dans les secteurs sensibles au climat tels que l'agriculture, la gestion des ressources en eau, l'énergie et la santé.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.