« Je selfie donc je suis »: la déferlante Instagram fête ses 10 ans

Le groupe Instagram, l’application qui a mis à la mode la manie du « selfie » célèbre début octobre son dixième anniversaire (Lionel Bonaventure/AFP)
Le groupe Instagram, l’application qui a mis à la mode la manie du « selfie » célèbre début octobre son dixième anniversaire (Lionel Bonaventure/AFP)
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Publié le Samedi 03 octobre 2020

« Je selfie donc je suis »: la déferlante Instagram fête ses 10 ans

  • Deux ans après sa création en 2010, l'appli qui a aussi révolutionné la photographie en imposant ses codes est devenue la plateforme où chacun se met en scène à travers des "selfies"
  • Pour les marques de luxe comme de "fast-fashion", Instagram permet de transformer les millions d'utilisateurs en clients, grâce à une fonctionnalité shopping incluant des liens qui redirigent l'utilisateur vers un site marchand

PARIS : #Foodporn, #nofilter ou #travelgram: ces termes se sont imposés en 10 ans dans le quotidien d'un milliard de personnes grâce à Instagram, l'application qui a bousculé notre façon de manger, voyager et même consommer.

Egotrip

Le 6 octobre 2010, les Américains Kevin Systrom et Mike Krieger lancent un réseau social dédié au partage de photos. La nouveauté ? L'application conçue pour smartphones propose des filtres pour doper la luminosité, les contrastes, les couleurs... la photo parfaite, en style Polaroid, est à portée de clics. Le succès est instantané.

Deux ans plus tard, l'appli qui a aussi révolutionné la photographie en imposant ses codes est rachetée par Facebook. Elle est devenue entre-temps la plateforme où chacun se met en scène à travers des «selfies». Jusqu'à créer des stars en ligne, les «Instagirls», comme Chiara Ferragni (21 millions de followers), devenue ensuite égérie Lancôme, et Kylie Jenner, du clan Kardashian, suivie par 196 millions de fans.

«On est entrés dans l'ère de « l'internet réalité » où on ne peut exister qu'à travers ce qu'on publie sur les réseaux sociaux. Je selfie donc je suis», résume Michaël Stora, psychologue et président de l'Observatoire français des mondes numériques.

Cette quête effrénée de «likes»«enferme les ados dans une fausse bulle de perfection» qui leur renvoie l'image qu'ils ne sont «pas à la hauteur», poursuit le chercheur. Des effets dévastateurs souvent tus par les aficionados.

"Cash machine»

Le succès d'Instagram n'a pas échappé aux marques. Ainsi, le selfie des Oscars 2014, avec Ellen DeGeneres, Jennifer Lawrence, Brad Pitt..., agglutinées, tout sourire, était en fait pris par un smartphone Samsung, sponsor de la soirée.

Pour les marques de luxe comme de «fast-fashion», Instagram permet de transformer les millions d'utilisateurs en clients, grâce à une fonctionnalité shopping incluant des liens qui redirigent l'utilisateur vers un site marchand.

Les marques peuvent dorénavant solliciter les consommateurs là où ils se trouvent: sur leurs téléphones, et surtout, sans intermédiaire, leurs images s'affichant entre deux posts et dans le même format carré. Une aubaine également pour l'industrie du luxe qui en profite pour s'offrir une image plus démocratique. «En publiant du contenu gratuitement, elles s'ouvrent à tous, battant en brèche l'image de snobisme qui lui collait à le peau», souligne l'historienne de la mode Audrey Millet.

Véritable «cash machine» pour les entreprises, l'application l'est aussi pour des milliers d'influenceurs, souvent jeunes, qui vivent grâce aux photos publiées et sont sponsorisés par des marques.

«On m’envoie le produit et j’assure tout le service autour : le shooting, la mise en valeur... Les marques n'ont plus besoin de faire appel à une agence de pub. On s'occupe de tout», explique Pauline Privez, 36 ans, influenceuse mode et beauté depuis 2009 aux 140.000 abonnés.

Cuisine 2.0

Prendre son toast à l'avocat en photo et le publier, immortaliser son latte... L'application s'est aussi imposée dans l'univers feutré de la restauration, bousculant la vie des chefs et des gourmets.

Trentenaire parisienne, Maëlle Bourras suit «une quinzaine de chefs» dont le triplement étoilé Alain Passard (un demi-million d'abonnés) et le très médiatique Cyril Lignac (2,5 millions d'abonnés). «Le week-end j'essaie de reproduire certaines de leurs créations. C'est gratuit, en accès libre et ça me permet de varier des plats habituels», détaille la jeune femme.

Tourisme de masse

Et si on allait en Croatie ? Ou se balader rue Crémieux à Paris ? Instagram est aussi la vitrine idéale des offices du tourisme qui misent sur l'application et les instagrammeurs pour promouvoir des destinations.

Pauline Privez fait six à sept "voyages sponsorisés» par an, «sans compter les petits voyages presse sur 2 jours». L'influenceuse publie des «stories» ou fait des publications vantant une destination, moyennant rémunération.

Fini les guides de voyage, la jeune femme ne mise désormais que sur la plateforme: «Je demande des recommandations à ma communauté ou je cherche via les outils de géolocalisation».

Militants

Pendant le grand confinement, le temps passé sur Instagram, comme sur les autres plateformes, a explosé. Mais après deux mois de photos de progrès en yoga et autres prouesses gastronomiques, le mouvement américain Black Lives Matter («les vies noires comptent») est devenu incontournable sur la plateforme, qui a pris une dimension militante et politique jusque-là discrète.

En parallèle, la toute jeune TikTok, qui semblait l'apanage des plus jeunes (la fameuse génération Z), adeptes de vidéos distrayantes, musicales ou parodiques, a conquis un public beaucoup plus large. Son immense popularité menace de détrôner Instagram, royaume des «millenials». (AFP)

 


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.