Le Sénat débat de la réforme électorale de Biden, vouée à l'échec

Le Sénat américain a commencé mardi à débattre de la grande réforme électorale de Joe Biden, avec laquelle le président promet de protéger l'accès aux urnes des Afro-Américains. (AFP)
Le Sénat américain a commencé mardi à débattre de la grande réforme électorale de Joe Biden, avec laquelle le président promet de protéger l'accès aux urnes des Afro-Américains. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Le Sénat débat de la réforme électorale de Biden, vouée à l'échec

  • Un an après l'entrée en fonction du démocrate et à dix mois des élections de mi-mandat, l'organisation des élections est plus que jamais un sujet brûlant en Amérique
  • Le camp du président veut à tout prix adopter cette grande réforme électorale avant les élections de mi-mandat, lors desquelles les démocrates risquent de perdre leurs très minces majorités au Congrès

WASHINGTON: Le Sénat américain a commencé mardi à débattre de la grande réforme électorale de Joe Biden, avec laquelle le président promet de protéger l'accès aux urnes des Afro-Américains mais qui est pour l'instant vouée à l'échec, faute des soutiens nécessaires.


Un an après l'entrée en fonction du démocrate et à dix mois des élections de mi-mandat, l'organisation des élections est plus que jamais un sujet brûlant en Amérique.


Avec sa réforme électorale, Joe Biden veut poser un cadre pour l'organisation des scrutins fédéraux. Il cherche en parallèle à annuler une série de restrictions adoptées dans plusieurs Etats conservateurs depuis la présidentielle de 2020. Parmi elles, l'interdiction en Géorgie de distribuer des boissons ou des encas dans la file d'attente pour voter, ou de faire la promotion du vote par correspondance au Texas. 


Les républicains assurent que ces restrictions renforcent la sécurité des élections du pays, un argument fort auprès de leur base, encore nombreuse à croire que la présidentielle de 2020 a été "volée" à Donald Trump.


Les ONG dénoncent au contraire des mesures qui visent et discriminent délibérément les Afro-Américains, qui ont très largement voté pour Joe Biden à la dernière élection.


Le camp du président veut à tout prix adopter cette grande réforme électorale avant les élections de mi-mandat, lors desquelles les démocrates risquent de perdre leurs très minces majorités au Congrès.

Situation «difficile»
Mais l'opposition républicaine est vent debout contre cette loi, assurant qu'elle confie aux démocrates le droit de prendre le contrôle des scrutins à travers le pays.


"On parle d'un parti qui veut le pouvoir de réécrire unilatéralement les règles des élections américaines", a encore dénoncé mardi le puissant ténor conservateur Mitch McConnell.


Aucune chance donc de rallier des parlementaires républicains pour atteindre la "supermajorité" de 60 voix requise au Sénat pour clore les débats et soumettre le texte au vote. 


Le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a par conséquent dévoilé mardi soir une procédure permettant de passer en force à la majorité simple - avec les 51 voix que son parti contrôle contre 50 à l'opposition.


Mais deux sénateurs de l'aile modérée des démocrates refusent cette manoeuvre, condamnant de fait la réforme elle-même.


"Les démocrates au Sénat ne se font pas d'illusions quant à la difficulté de la situation", a concédé Chuck Schumer mardi.


Quel intérêt donc de débattre de cette loi?

Manifestations 
"Le président pense que le peuple américain mérite de voir quelle est la position de ses dirigeants sur la protection de ses droits fondamentaux", a plaidé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. "C'est une raison suffisante pour avancer dans ce débat", a-t-elle jugé.


Signe de l'importance qu'il accorde à ce dossier, le président américain a choisi de s'impliquer personnellement dans la bataille, en se rendant par deux fois au Sénat la semaine dernière. Mais il a lui aussi avoué ne pas être "sûr" que cette réforme aboutisse.


Pour tenter de renverser la vapeur, les organisations de droits civiques ont multiplié les événements à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Martin Luther King. Une nouvelle manifestation a été organisée mardi sur les marches du Capitole.


Et dans une lettre, le président de l'association de défense des droits civiques NAACP a mis les sénateurs américains face à leurs responsabilités.


"Nous ne pouvons imaginer une période plus décisive pour la démocratie américaine que le chapitre que vous êtes en train d'écrire", a écrit Derrick Johnson. "Le socle de la liberté en Amérique repose sur notre droit sacré de voter", a-t-il souligné. 


"Sans lui, tout le reste s'effrite."


Athènes dénonce «la violation sans précédent de son espace aérien» par des avions turcs

Le ministère grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias (Photo, AFP).
Le ministère grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias (Photo, AFP).
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  • Les avions turcs se sont approchés du port d'Alexandroupolis, situé près de la frontière greco-turque dans le nord-est de la Grèce
  • Alexandroupolis est «un port-clef pour le transfert de forces de l'Otan», rappelle le ministère qui va informer sur cet incident ses alliés et partenaires, l'UE, l'OTAN et l'ONU

ATHENES: Le ministère grec des Affaires étrangères a indiqué vendredi avoir effectué une "démarche de protestation" auprès de la Turquie à la suite de "la violation sans précédent de la souveraineté grecque par deux avions de chasse turcs".

Sur ordre du ministre Nikos Dendias, "le secrétaire général du ministère Themistoclès Demiris a effectué une démarche de protestation auprès de l'ambassadeur turc à Athènes" après que "deux avions de la chasse turque ont pénétré illégalement dans l'espace aérien grec", a indiqué un communiqué ministériel.

Les avions turcs se sont approchés du port d'Alexandroupolis, situé près de la frontière greco-turque dans le nord-est de la Grèce, "à une distance de seulement 2,5 miles nautiques", selon ce texte. 

Le ministère qualifie cette action "d'une escalade claire de la provocation turque" qui "viole les règles fondamentales du droit international" en portant atteinte à la cohésion de l'OTAN et constituant une menace évidente pour l'Union européenne à un moment critique".

Alexandroupolis est "un port-clef pour le transfert de forces de l'Otan", rappelle le ministère qui va informer sur cet incident ses alliés et partenaires, l'UE, l'OTAN et l'ONU.

Voisins et alliés au sein de l'Otan, Athènes et Ankara maintiennent toutefois une relation traditionnellement conflictuelle qui s'est envenimée ces dernières années, en raison de tentatives turques de forages en Méditerranée orientale. 

Athènes ne cesse de dénoncer son voisin pour des violations de son espace aérien par des avions de la chasse turque.


Ukraine: l'aciérie Azovstal est tombée, «feu intense» sur le Donbass

L'aciérie Azovstal, dernier bastion défendu par les forces ukrainiennes à Marioupol, est passée vendredi sous contrôle russe (Photo, AFP).
L'aciérie Azovstal, dernier bastion défendu par les forces ukrainiennes à Marioupol, est passée vendredi sous contrôle russe (Photo, AFP).
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  • Le porte-parole du ministère russe de la Défense a affirmé que l'aciérie Azovstal à Marioupol avait été «entièrement libéré»
  • Selon Kiev, la ville-martyre a été à 90% détruite et au moins 20.000 personnes y ont péri

KIEV: L'aciérie Azovstal, dernier bastion défendu par les forces ukrainiennes à Marioupol, est passée vendredi sous contrôle russe alors que dans le Donbass, plus au nord, l'artillerie de Moscou pilonnait les positions de Kiev.

En début de soirée, le porte-parole du ministère russe de la Défense a affirmé que le complexe sidérurgique avait été "entièrement libéré", après la reddition des derniers soldats ukrainiens, et que la nouvelle avait été transmise au président Vladimir Poutine. 

Plus tôt dans la journée, le chef sur place des hommes du régiment Azov, Denys Prokopenko, un large pansement au bras droit et le gauche tuméfié, avait indiqué dans une vidéo que "le commandement militaire supérieur a donné l'ordre de sauver les vies des militaires de notre garnison et d'arrêter de défendre la ville". 

Après l'évacuation de civils puis de centaines de militaires ukrainiens faits prisonniers par les Russes, "le processus se poursuit" pour évacuer les corps des militaires tués, a ajouté le commandant de ce régiment d'élite fondé par des nationalistes ukrainiens, qui défendait Azovstal notamment aux côtés d'une unité de fusiliers marins.

Dernière poche de résistance ukrainienne dans cette ville, l'immense complexe métallurgique avec son dédale de galeries souterraines creusées à l'époque soviétique "est passé sous le contrôle complet des forces armées russes", a ajouté le porte-parole russe.

L'armée russe a publié vendredi soir des images qu'elle a présenté comme étant celles de la fouille de combattants ukrainiens désarmés par des soldats russes, particulièrement attentifs aux tatouages de leurs prisonniers. 

Sauvetage de nos héros

Plus tôt, des images publiées par Moscou montraient des cohortes d'hommes en tenue de combat émergeant de l'aciérie, certains avec des béquilles ou des bandages, après une longue bataille qui était devenue un symbole de la résistance ukrainienne à l'invasion russe.

Selon Kiev, la ville-martyre a été à 90% détruite et au moins 20.000 personnes y ont péri.

Kiev n'a pas parlé de reddition à Azovstal mais du "sauvetage de nos héros" avec des appuis internationaux, selon les mots du président Volodymyr Zelensky jeudi soir.

L'Ukraine souhaite organiser un échange de prisonniers de guerre mais la Russie a fait savoir, visant implicitement le régiment Azov, qu'elle considérait une partie d'entre eux comme des combattants "néonazis".

Dans un communiqué, le CICR a rappelé que la Convention de Genève imposait aux belligérants de lui donner "plein accès" laisser accéder aux prisonniers de guerre "où qu'ils soient détenus", y compris pour informer les familles qui sont "encore très nombreuses à manquer de réponses". 

«L'enfer» au Donbass

Après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv, la deuxième ville ukrainienne (nord-est), la Russie concentre ses efforts militaires dans l'Est et le Sud. Moscou cherche notamment à conquérir totalement le Donbass, partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses.

"Les forces d'occupation russe mènent un feu intense sur toute la ligne de front", a déclaré le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense Oleksandre Motouzianyk, ajoutant que la situation "montrait des signes d'aggravation".

"C'est l'enfer" dans le Donbass, où est en cours une bataille d'artillerie lourde, avait déclaré jeudi soir le président ukrainien. Ses services ont signalé vendredi matin des bombardements sur un axe allant du nord-est au sud du pays.

A Lozova, une ville de l'Est, "un missile russe a frappé la maison de la culture qui venait d'être reconstruite : sept victimes, dont un enfant de onze ans" ont été blessées, a dit Volodymyr Zelensky sur Telegram.

Le président ukrainien a accompagné son message d'une vidéo montrant une puissante explosion pulvérisant le bâtiment dans un nuage de fumée.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a de son côté assuré que la conquête de la région de Lougansk, qui avec celle de Donetsk constitue le Donbass, était "presque achevée".

Des frappes russes avaient fait 12 morts et 40 blessés jeudi à Severodonetsk, dans la région de Lougansk, selon le gouverneur local Serguiï Gaïdaï. 

D'après les autorités ukrainiennes, jusqu'à 15.000 personnes vivent encore dans des abris à Severodonetsk, dévastée par les bombes. Une équipe de l'AFP a constaté que la cité industrielle était transformée depuis plusieurs jours en champ de bataille et écrasée sous les tirs d'artillerie.

Severodonetsk et Lyssytchansk, séparées par une rivière, constituent la dernière poche de résistance ukrainienne dans la région.

"L'ennemi a lancé des tentatives d'assaut en direction de Severodonetsk, n'a pas eu de succès et a été contraint de se replier", a déclaré le ministère ukrainien de la Défense. 

Par ailleurs, des soldats russes ont tué jeudi cinq civils dans la région de Donetsk, selon le gouverneur Pavlo Kyrylenko.

A Mala Rogan, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Kharkiv, de nombreuses affaires abandonnées dont des sacs de couchage, rasoirs, brosse à dents, blousons, voire un jeu de cartes ou des fruits à l'eau de vie, non loin d'un blindé détruit, montraient par contre que les soldats russes avaient dû fuir précipitamment face à une contre-attaque ukrainienne qui a libéré cette zone.

Initiative italienne

Alors que les négociations menées il y a quelques semaines sous médiation turque sont au point mort, l'Italie a indiqué vendredi avoir proposé la constitution d'un "groupe international de facilitation composé d'organisations internationales" comme l'ONU, l'UE et l'OSCE.

"L'objectif est de travailler pas à pas (...) en partant par exemple des trêves localisées, de l'évacuation des civils, de la possibilité d'ouvrir des couloirs humanitaires sécurisés, et ensuite évidement de monter en puissance pour arriver à un cessez-le-feu général, puis une paix durable avec un véritable accord de paix", a expliqué le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio à Turin.

L'heure est dans l'immédiat à la guerre, et le Congrès américain a débloqué jeudi une enveloppe gigantesque de 40 milliards de dollars pour soutenir l'effort de guerre ukrainien. Il s'agit notamment de permettre à l'Ukraine de s'équiper en blindés et de renforcer sa défense antiaérienne

Parallèlement, les pays du G7 réunis en Allemagne ont promis vendredi de mobiliser 19,8 milliards de dollars (18,7 milliards d'euros) afin d'aider l’Ukraine à "combler son déficit financier".

Mais l'Allemagne s'est dite opposée vendredi à un nouvel endettement commun européen, sur le modèle du plan de relance post-Covid.

Semblant s'installer dans la durée, la guerre menace d'aggraver la crise alimentaire mondiale car elle perturbe gravement l'activité agricole et les exportations céréalières de l'Ukraine, un des plus gros exportateurs de blé.

"Arrêtez de bloquer les ports de la mer Noire! Autorisez la libre circulation des navires, des trains et des camions transportant de la nourriture hors d'Ukraine", a réclamé jeudi soir le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.


La COP15 s'engage sur la restauration d'un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici 2030

Cérémonie de clôture de la COP15 le 20 mai 2022 à l'hôtel Sofite Ivoire à Abidjan (Photo, AFP).
Cérémonie de clôture de la COP15 le 20 mai 2022 à l'hôtel Sofite Ivoire à Abidjan (Photo, AFP).
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  • L'hôte du sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara, avait ainsi souligné que la conférence se tenait dans un contexte d’urgence climatique
  • Le secrétaire exécutif de la CNULCD, a souligné l'importance de la restauration des terres dégradées dans la lutte contre le dérèglement climatique

ABIDJAN: La COP15 qui s'est achevée vendredi à Abidjan s'est engagée à "accélérer la restauration d'un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030", indique la déclaration finale publiée à l'issue de la conférence.

Cet engagement fait partie d'une série de décisions prises après onze jours de travaux par la 15e Conférence des parties (COP) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui a rassemblé quelque 7.000 participants.

Outre l'engagement sur les terres dégradées dans lequel est mis en avant "l’implication des femmes", la COP15 s'engage aussi à "renforcer la résilience face à la sécheresse en identifiant l'expansion des zones arides", à "combattre les tempêtes de sable et de poussière et d'autres risques de catastrophes croissantes", ou encore à "s'attaquer aux migrations forcées et aux déplacements provoqués par la désertification et la dégradation des terres".

Ibrahim Thiam, secrétaire exécutif de la CNULCD, a souligné l'importance de la restauration des terres dégradées dans la lutte contre le dérèglement climatique.

"Si on restaure les terres, on réduit les émissions (de CO2) et on les  ramène dans le sol", a-t-il dit lors d'une de la conférence de presse de clôture.

Alain Richard Donwahi, nouveau président de la COP15, s'est engagé "à accélérer la mise en oeuvre des décisions prises", car "il y a une obligation de résultats" de la part de toutes les parties prenantes.

Le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a pour sa part invité lors de la cérémonie de clôture "toutes les parties à faire preuve d’efficacité et de célérité dans la mise en œuvre des projets déjà identifiés et de ceux qui émergeront demain".

La COP15 d'Abidjan s'était ouverte le 9 mai en présence de neuf chefs d'Etat africains, qui avaient mis en avant les effets négatifs de la sécheresse et de la désertification pour leur continent et "l'urgence" d'y remédier.

L'hôte du sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara, avait ainsi souligné que la conférence se tenait "dans un contexte d’urgence climatique qui impacte durement nos politiques de gestion des terres et exacerbe le phénomène de sécheresse".

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, avait lui noté "l'allongement des saisons sèches" en Afrique et "l'avancée des déserts du Sahara et du Kalahari".

Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron avait pour sa part estimé que "la désertification a le visage de plus de 3,2 milliards de personnes qui vivent sur des terres dégradées, partout dans le monde. Il y a urgence à agir".

"La désertification et la dégradation des terres ne sont pas une fatalité. Ces crises ne sont pas irréversibles et des solutions existent", avait-il ajouté.