Paris: la langue des signes enseignée dans le secondaire à la rentrée

La poursuite de l'enseignement de la langue des signes française (LSF) dans le secondaire public sera possible à Paris dès la rentrée prochaine (Photo, AFP)
La poursuite de l'enseignement de la langue des signes française (LSF) dans le secondaire public sera possible à Paris dès la rentrée prochaine (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Paris: la langue des signes enseignée dans le secondaire à la rentrée

La poursuite de l'enseignement de la langue des signes française (LSF) dans le secondaire public sera possible à Paris dès la rentrée prochaine (Photo, AFP)
  • Le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds (CAPEJS) est un diplôme d'Etat qui ne relève pas de l'Education nationale mais du médico-social
  • Dans cette école élémentaire, trois enseignants y encadrent 8 élèves sourds, tandis que les quelque 200 enfants entendants bénéficient chaque année de 10 leçons en LSF

PARIS: La poursuite de l'enseignement de la langue des signes française (LSF) dans le secondaire public sera possible à Paris dès la rentrée prochaine, ont convenu l'académie  et la maire Anne Hidalgo mercredi lors d'une rencontre dans la seule école élémentaire de Paris proposant cet enseignement. 

Alors que cet enseignement est aujourd'hui inexistant dans les établissements secondaires publics de la capitale, la maire PS a acté auprès de l'AFP un « engagement pour pouvoir poursuivre » l'enseignement de la LSF « au collège et lycée, et notamment à Victor-Hugo (IIIe arrondissement), afin que les enfants aujourd'hui en CM2 puissent avoir l'année prochaine cette scolarité ». 

La candidate du PS à l'élection présidentielle s'exprimait après avoir rencontré rue de Turenne, dans le Marais, des enfants sourds puis des parents d'élève dans le seul groupe scolaire parisien où les élèves peuvent suivre les programmes officiels en LSF. 

« Il faut faire du LSF une langue vivante à part entière », y a-t-elle déclaré en insistant sur l'inclusion pour que « cette langue des signes soit partagée avec d'autres enfants ». 

Dans cette école élémentaire, trois enseignants y encadrent 8 élèves sourds, tandis que les quelque 200 enfants entendants bénéficient chaque année de 10 leçons en LSF. Occasion de pratiquer cette langue, leur inclusion se fait sur le temps périscolaire: à la cantine deux heures par jour, lors des récréations et d'ateliers. 

Mais la « difficulté à trouver des encadrants, des enseignants qui soient ‘signants’ » et donc « capables d'offrir un enseignement bilingue » empêchait jusqu'ici la poursuite de ce programme dans le secondaire, a expliqué le directeur académique des services de l'Education nationale Marc Teulier. 

Le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds (CAPEJS) est un diplôme d'Etat qui ne relève pas de l'Education nationale mais du médico-social, ce qui explique les difficultés de recrutement, a souligné l'académie. 


Cannes: Song Kang-ho, le visage du cinéma coréen

L'acteur sud-coréen Song Kang-Ho pose avec son trophée à Cannes, dans le sud de la France, en mai 28 février 2022 (Photo, AFP).
L'acteur sud-coréen Song Kang-Ho pose avec son trophée à Cannes, dans le sud de la France, en mai 28 février 2022 (Photo, AFP).
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  • Dans le film, il joue un homme criblé de dettes qui découvre un bébé abandonné
  • C'est son deuxième succès à Cannes, après la Palme d'Or décernée au film coréen «Parasite»

CANNES: Star du cinéma coréen, acteur fétiche de son compatriote Bong Joon-ho, Song Kang-Ho a accédé à la notoriété internationale grâce à "Parasite", Palme d'or 2019 et Oscar du meilleur film, où il incarnait un père de famille pauvre qui va faire imploser un foyer de riches Coréens. 

A 55 ans, l'acteur a franchi une étape supplémentaire en recevant samedi le prix d'interprétation à Cannes pour son rôle dans le film "Les bonnes étoiles" du Japonais Kore-Eda. Visiblement ému, il a seulement remercié et salué toute sa famille, présente en partie dans la salle. 

Dans le film, il joue un homme criblé de dettes qui découvre un bébé abandonné et se porte volontaire pour lui trouver une nouvelle famille, en échange d'argent. 

La vente du bébé va se transformer en voyage entre Busan et Séoul, dans un van décati. 

C'est son deuxième succès à Cannes, après la Palme d'Or décernée au film coréen "Parasite". 

Devenu le visage le plus connu du cinéma sud-coréen, Song Kang-ho était aussi revenu à Cannes en juillet 2021, en tant que membre du jury présidé par Spike Lee.

C'est sa première collaboration avec Kore-eda, grand analyste de la famille et des liens entre parents et enfants. Dans "Les bonnes étoiles", il a imaginé des êtres se rencontrant fortuitement qui recréent une forme de famille, cette fois-ci autour d'un bébé abandonné dans une de ces boites où les mères peuvent laisser leur nouveau-né. 

L'occasion de s'interroger sur les liens du sang, les séquelles de l'abandon, la douleur des séparations...     

Expressif 

"Ce n'est pas l'histoire, le thème ou même le scénario des +Bonnes étoiles+ qui m'a motivé, mais le fait même de travailler avec lui (Kore-eda). J’aime beaucoup son cinéma, pour son humanité, et pour l’amour qu’il porte à ses personnages", a expliqué l'acteur dans une interview à Paris Match. 

Début mai, Song Kang-ho avait raconté à Séoul qu'il s'attendait à une direction d'acteurs "méticuleuse et calculée" de Kore-eda. "Mais il nous a vraiment respectés et a fait ressortir nos émotions d'une manière qui soit vraiment libre, bienveillante et inépuisable".

L'acteur a débuté sa carrière sur les planches en Corée, avant de percer au cinéma dans un petit rôle en 1996, pour lequel il est aussitôt remarqué par Lee Chang-Dong, qui le fait jouer dans son premier film, "Green Fish" (1997).

Il enchaîne ensuite les films coréens, et devient l'acteur fétiche de plusieurs réalisateurs: Kim Jee-woon ("The Quiet Family") puis Park Chan-wook ("JSA" - Joint Security Area", "Sympathy for Mr. Vengeance", premier volet de sa trilogie de la vengeance, et "Thirst, ceci est mon sang", film de vampires librement inspiré de "Thérèse Raquin" d’Émile Zola). 

Avec Bong Joon-ho, il a joué un policier obsédé par un serial killer dans le polar "Memories of Murder". Il a également tourné sous sa direction dans "The Host", "Snowpiercer"... puis "Parasite".

"Song Kang-ho est un acteur tellement expressif, que ce soit pour exprimer la tension, la comédie ou la confusion", commentait récemment à l'AFP Brian Hu, professeur de cinéma à l'Université d'Etat de San Diego.


Cannes: Ruben Östlund remporte une deuxième Palme d'Or pour «Sans filtre»

Le réalisateur suédois Ruben Ostlund (C) pose sur scène avec son trophée après avoir remporté la Palme d'Or pour le film "Triangle of Sadness" lors de la cérémonie de clôture de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
Le réalisateur suédois Ruben Ostlund (C) pose sur scène avec son trophée après avoir remporté la Palme d'Or pour le film "Triangle of Sadness" lors de la cérémonie de clôture de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
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  • La comédie «Sans filtre», satire acide des ultra-riches et des rapports de classe dans les sociétés occidentales
  • Le Grand Prix, deuxième distinction la plus prestigieuse, a été remise ex-aequo à la Française Claire Denis pour «Stars at noon» et au Belge Lukas Dhont, le benjamin de la compétition, pour «Close»

CANNES: Cinq ans après "The Square", le Suédois Ruben Östlund a raflé samedi une deuxième Palme d'or au 75e Festival de Cannes avec "Sans filtre", satire jouissive des super-riches et du luxe, sans conteste le film le plus divertissant de la compétition.


Euphorique sur la scène du Grand théâtre Lumière, le Suédois à l'humour grinçant rejoint, à 48 ans, le club très fermé des doubles palmés, parmi lesquels les frères Dardenne et Ken Loach.


"Tout le jury a été extrêmement choqué par ce film", a annoncé Vincent Lindon, le président du jury.


"Lorsque nous avons commencé ce film, nous n'avions qu'un but: essayer de faire un film qui intéresse le public et qui le fasse réfléchir avec provocation", a déclaré le Suédois, en recevant son prix.


Qui aura la Palme ? Le Festival de Cannes rend son verdict samedi

L'acteur français François Cluzet pose lors d'un photocall pour le film "Mascarade" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
L'acteur français François Cluzet pose lors d'un photocall pour le film "Mascarade" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
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  • Après avoir visionné les 21 films en compétition, le jury s'est retiré dans le plus grand secret, pour choisir qui recevra une Palme plus chic que jamais: incrustée de 100 diamants pour cette 75e édition
  • Avant d'entrer dans le dur, «Les bonnes étoiles» du Japonais Kore-eda, un film sur une mère abandonnant son bébé, en lice pour la Palme d'or, a remporté le prix du jury oecuménique

CANNES: Après la claque de "Titane", les jeux sont ouverts pour la Palme d'Or décernée samedi soir, entre un jeune réalisateur qui interroge la masculinité ("Close"), un thriller sud-coréen ou le film des frères Dardenne qui pourrait obtenir un triplé inédit. 


Après avoir visionné les 21 films en compétition, le jury s'est retiré dans le plus grand secret, pour choisir qui recevra une Palme plus chic que jamais: incrustée de 100 diamants pour cette 75e édition.


Avant d'entrer dans le dur, "Les bonnes étoiles" du Japonais Kore-eda, un film sur une mère abandonnant son bébé, en lice pour la Palme d'or, a remporté le prix du jury oecuménique.


Autre film de la compétition d'ores et déjà récompensé: "Boy from heaven" de Tarik Saleh, plongée dans les arcanes politico-religieuses en Egypte, s'est vu décerner le prix François Chalais, qui récompense un film qui traduit "au mieux la réalité du monde".


Mais ce n'est qu'à 20H30 (18H30 GMT) que débutera la cérémonie que tous attendent, retransmise sur France 2 et la chaîne en ligne Brut. 


Le président du jury, le Français Vincent Lindon, tâchera de ne pas se prendre les pieds dans le tapis comme son prédécesseur Spike Lee qui, en 2021, révélait par mégarde la Palme d'or au début de la cérémonie.


A ses côtés, figurent notamment l'actrice et réalisatrice Rebecca Hall ("Vicky Cristina Barcelona"), la révélation de "Millenium" Noomi Rapace, les réalisateurs Asghar Farhadi (Grand prix 2021 avec "Un héros"), Ladj Ly ("Les misérables", prix du jury 2019) et Joachim Trier ("Julie en 12 chapitres").

Jeune talent 
Les jeux restent ouverts pour succéder à Julia Ducournau, la trentenaire qui a secoué la Croisette et dépoussiéré la compétition l'an dernier avec "Titane".


Les chances de voir une troisième réalisatrice couronnée dans l'histoire du Festival semblent minces: l'Américaine Kelly Reichardt n'a pas transporté son public avec "Showing Up", pas plus que la Française Claire Denis ("Stars at Noon"). Et la marche semble un peu haute pour les jeunes talents Charlotte Vandermeersch et Léonor Serraille.


Un couronnement de Lukas Dhont, Belge de 31 ans à la carrière météorique, enverrait un signal supplémentaire de rajeunissement pour la 75e édition du plus important festival de cinéma, qui souhaite ne pas perdre le lien avec les nouveaux publics.


Son film "Close", déchirant, l'a emporté à l'applaudimètre en projection officielle (12 minutes de vivats). Il dresse le portrait d'un garçon meurtri par une amitié perdue, abordant avec délicatesse la question de la masculinité et du poids des normes. Et révèle un talent, le jeune Eden Dambrine, 15 ans.


Mais il n'est pas seul sur les rangs: le jury pourrait suivre la majorité des critiques internationaux interrogés par le magazine Screen, et distinguer Park Chan-wook, qui rapporterait ainsi une deuxième Palme d'or à la Corée du Sud, trois ans après "Parasite" de Bong Joon-ho.


"Decision to Leave", son thriller sur un inspecteur qui tombe amoureux d'une suspecte, qui rappelle "Basic Instinct".


Faire rêver 
Sont également cités les frères Dardenne pour "Tori et Lokita", qui pourrait leur valoir une troisième Palme d'or, du jamais vu dans l'histoire de Cannes.


Autres favoris: l'Américain James Gray, très autobiographique dans "Armageddon Time" ou bien "La Femme de Tchaïkovski" du Russe Kirill Serebrennikov, sur l'épouse du compositeur, longtemps restée dans l'ombre.


Le couronnement de cet artiste russe, en rupture avec le régime, serait un évènement en soi en pleine guerre en Ukraine, au terme d'un Festival qui a mis un point d'honneur à offrir une large place à ce pays: dès la cérémonie d'ouverture, le président Zelensky a convoqué, en direct de Kiev, l'esprit de Chaplin et promis la défaite de Poutine.


Les surprises sont toujours possibles, voire incontournables, au terme d'un festival qui espère aider les cinémas à attirer à nouveau les foules en salles, comme avant la Covid.


Pour faire rêver le public, la 75e édition du Festival a dégainé cette année, hors compétition, la méga-star Tom Cruise, venue présenter le nouveau "Top Gun", ou encore la nouvelle coqueluche d'Hollywood, Austin Butler, dans le rôle d'Elvis pour le biopic-évènement du "King".