Les pérégrinations d'un iceberg géant détaché de l'Antarctique

Une photo publiée par le British Antarctic Survey (BAS) le 21 février 2018 et prise le 22 novembre 2017 à partir de l'avion Twin Otter du British Antarctic Survey montre l'iceberg Larsen C. (Photo, AFP)
Une photo publiée par le British Antarctic Survey (BAS) le 21 février 2018 et prise le 22 novembre 2017 à partir de l'avion Twin Otter du British Antarctic Survey montre l'iceberg Larsen C. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Les pérégrinations d'un iceberg géant détaché de l'Antarctique

  • La formation des icebergs est un processus naturel, mais le réchauffement de l'air et des océans contribue à l'accélérer, selon les scientifiques
  • En juin 2017, cet iceberg baptisé A68 s'était séparé d'une gigantesque plateforme de glace, nommée Larsen C, à la pointe de la péninsule antarctique

PARIS : Un iceberg géant détaché de l'Antarctique en 2017 a relâché plus de 150 milliards de tonnes d'eau douce mêlée à des nutriments lors de sa fonte à 4 000 km de son point de départ, un volume "énorme" risquant de modifier sensiblement un écosystème fragile, selon une étude publiée jeudi.

La formation des icebergs est un processus naturel, mais le réchauffement de l'air et des océans contribue à l'accélérer, selon les scientifiques.

En juin 2017, cet iceberg baptisé A68 s'était séparé d'une gigantesque plateforme de glace, nommée Larsen C, à la pointe de la péninsule antarctique. 

Ce géant de mille milliards de tonnes, deux fois plus grand que le Luxembourg, était le plus grand à s'être jamais détaché, mais il a été depuis rétrogradé à la 6e place, note l'étude publiée dans la revue Remote Sensing of Environment.

Il était resté ensuite pendant deux ans dans les eaux froides de la mer de Weddell près du lieu de son vêlage (séparation) avant de voyager vers le nord, vers des mers plus chaudes, entamant alors sa fonte jusqu'à sa disparition au printemps 2021 dans l'Atlantique Sud, près de l'île britannique de Géorgie du Sud, à 4 000 km de son point de départ.

A l'automne 2020, l'iceberg s'était dangereusement rapproché de cette île, faisant craindre que le bloc de glace dont la partie immergée mesurait encore quelque 140 mètres ne se retrouve coincé sur le fond marin, bloquant le passage de milliers de manchots et de phoques habitant les lieux.

Le désastre avait été évité, mais les chercheurs qui ont suivi toutes les étapes de la vie de l'iceberg via satellites, s'interrogent sur l'impact de la fonte de cette glace d'eau douce.

Lors des trois mois de 2020-2021 qui l'ont vu fondre complètement près de l'île de Géorgie du Sud, l'iceberg a libéré au total 152 milliards de tonnes d'eau douce mêlée à des nutriments dans cet écosystème fragile. Soit l'équivalent de 61 millions de piscines olympiques ou 20 fois le Loch Ness, note dans un communiqué le centre de recherche British Antarctic Survey, qui a participé à l'étude.

"C'est un volume d'eau énorme, et nous voulons désormais déterminer si cela a eu un impact positif ou négatif sur l'écosystème autour de la Géorgie du Sud", indique l'auteure principale de l'étude, Anne Braakmann-Folgmann, du Centre d'observation et de modélisation polaires.

L'étude souligne notamment que ce volume d'eau, libéré dans une mer où s'alimentent phoques, oiseaux et baleines, pourrait avoir affecté "les propriétés de l'eau et le plancton".

Il est d'autant plus important d'étudier cet impact que A68 "a pris un chemin classique", note Anne Braakmann-Folgmann. "Nous espérons en apprendre plus sur les icebergs qui prennent la même trajectoire, et sur la façon dont ils influencent les océans polaires".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Short Url
  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Short Url
  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.