Macron candidat? Le compte à rebours est lancé

A ce jour, tous les sondages placent le président sortant en tête des intentions de vote au premier tour - autour de 24/25% - et réélu au second. (AFP).
A ce jour, tous les sondages placent le président sortant en tête des intentions de vote au premier tour - autour de 24/25% - et réélu au second. (AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Macron candidat? Le compte à rebours est lancé

  • Quand et comment Emmanuel Macron annoncera-t-il qu'il se lance dans la course pour un second mandat de cinq ans?
  • Son prochain déplacement est prévu lundi et mardi en Creuse et en Haute-Vienne sur les thèmes de la jeunesse, de la santé et de la relance

PARIS: "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé": loin de la mélancolie de Lamartine, le monde politique n'attend pas moins avec impatience qu'Emmanuel Macron se déclare candidat pour que la campagne présidentielle décolle enfin.


Le compte à rebours est réellement enclenché depuis mercredi puisque le discours du chef de l'Etat au Parlement européen était présenté comme une étape importante à franchir avant toute déclaration.


Mais quand et comment Emmanuel Macron annoncera-t-il qu'il se lance dans la course pour un second mandat de cinq ans?


Adepte de la surprise et de "la guerre de mouvement", le président garde le silence sur le sujet depuis qu'il a tué le 4 janvier "le faux suspens" en déclarant avoir "envie" d'être candidat.


"Dès qu’il y aura les conditions sanitaires qui le permettent et que j’aurai clarifié ce sujet, en moi-même et par rapport à l’équation politique, je dirai ce qu’il en est", avait-il promis dans un entretien au Parisien.  


La situation sanitaire devrait s'éclaircir d'ici la fin janvier puisque le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi la levée de la plupart des restrictions d'ici 15 jours.


A la lumière de ces paramètres, un ténor de la majorité parie sur une candidature "dans les trois semaines qui arrivent". Soit d'ici au 15 février, une perspective sur laquelle s'accordent de nombreux responsables politiques.


Cette attente permet au président de rester au centre du jeu, notamment médiatique. Toutes ses sorties et déclarations à venir seront scrutées à la loupe, certains membres de son entourage n'excluant pas qu'il puisse se déclarer lors d'un bain de foule, un exercice qu'il affectionne.


Son prochain déplacement est prévu lundi et mardi en Creuse et en Haute-Vienne sur les thèmes de la jeunesse, de la santé et de la relance en milieu rural. Mais ce ne sera pas encore pour cette fois, selon un proche.

« Président-candidat »

Cette visite devrait de nouveau être critiquée par l'opposition qui, de la gauche à l'extrême droite, accuse "le président-candidat" de faire campagne aux "frais du contribuable", comme l'a dit la candidate LR Valérie Pécresse.


La majorité relativise ces attaques en soulignant qu'elles ont visé tous les présidents sortants se représentant, comme Nicolas Sarkozy en 2012.


Un de ses responsables prévoit d'ailleurs que ces critiques dureront jusqu'au scrutin des 10 et 24 avril. Car "après son entrée dans la campagne, il y aura des allers-retours permanents entre son rôle de président et son rôle de candidat".


Emmanuel Macron répète en effet depuis longtemps qu'il est déterminé à gouverner "jusqu'au dernier quart d'heure" de son mandat. Et notamment pour la présidence française de l'UE, alors que deux sommets importants sont prévus courant mars, dans la dernière ligne droite de la campagne.


Mais la déclaration de candidature va "ouvrir une ère nouvelle", selon un proche. Car le chef de l'Etat devra non seulement défendre son bilan - ce qu'il fait déjà depuis plusieurs mois - mais aussi "présenter un nouveau projet", ce qui l'exposera davantage.


Il a commencé à en livrer des pistes ces dernières semaines, notamment sur la sécurité lors d'une visite à Nice, sur la fiscalité des petites successions devant les lecteurs du Parisien, sur les universités ou sur une nouvelle réforme des retraites.


Dans les coulisses, "la Macronie n'a pas attendu qu'il se déclare pour mettre en place la machine de guerre. Certains phosphorent sur les idées, le programme, tandis que d'autres préparent la logistique de la campagne", précise un responsable. Sans être toutefois sûr de ce que gardera in fine Emmanuel Macron. 


Parmi les zones de flou, les difficultés des différentes formations de la majorité à se structurer dans "la maison commune" de la majorité, Ensemble citoyens, et les rapport avec le nouveau parti d'Edouard Philippe, Horizons.


A ce jour, tous les sondages placent le président sortant en tête des intentions de vote au premier tour - autour de 24/25% - et réélu au second, mais avec une avance sensiblement moins élevée qu'en 2017, où il avait battu Marine Le Pen avec 66,10% des suffrages.


Dans le Loiret, Elisabeth Borne au chevet des agriculteurs touchés par la sécheresse

Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse (Photo, AFP).
Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse (Photo, AFP).
Short Url
  • Elisabeth Borne a rappelé le doublement de l'enveloppe à destination des agriculteurs désireux d'investir dans du matériel pour optimiser la consommation de l'eau
  • Elle a assuré que son gouvernement allait «poursuivre le grand chantier de la réforme de l'assurance-récolte»

SANDILLON: Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse, a assuré que son gouvernement était "déterminé à agir pour éviter que la situation ne se dégrade" et "accompagner financièrement les agriculteurs".

En visite dans cette exploitation de 230 hectares, située entre la Beauce et la Sologne et spécialisée dans les céréales, les fraises et les asperges, la Première ministre a longuement échangé avec un jeune agriculteur qui lui a expliqué que "cette année, la sécheresse avait démarré de bonne heure". 

"Nous prenons des mesures pour gérer la ressource en eau et éviter que la situation ne soit ingérable cet été", a expliqué Mme Borne, qui était accompagnée du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau et de la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin. 

Consigne a été donnée aux préfets "de préserver au maximum la ressource en eau", avec "des messages à tous les Français pour baisser leur consommation d'eau", et pour les situations les plus difficiles "des arrêtés sécheresse et donc des restrictions sur les usages non prioritaires", a-t-elle ajouté, précisant que 19 départements sont aujourd'hui concernés.

La cheffe du gouvernement a par ailleurs rappelé que 400 millions d'euros seront alloués "aux éleveurs qui peuvent avoir du fait de la sécheresse des difficultés sur l'alimentation animale", dans le cadre du plan d'aide exceptionnelle mis en place suite à la guerre en Ukraine et à l'envolée des prix de ces aliments. 

"Le guichet de mise en place de cette aide ouvrira dès lundi", a-t-elle annoncé.

Elisabeth Borne a également rappelé le doublement de l'enveloppe (de 20 à 40 millions d'euros) à destination des agriculteurs désireux d'investir dans du matériel pour optimiser la consommation de l'eau, et les 100 millions d'euros supplémentaires mis à disposition des agences de l'eau pour aider les filières agricoles à s'adapter ou créer des retenues d'eau.

"Par ailleurs, partout où ça se justifiera nous activerons cette année le dispositif des calamités agricoles pour les fourrages", a-t-elle ajouté.

Enfin, elle a assuré que son gouvernement allait "poursuivre le grand chantier de la réforme de l'assurance-récolte", afin que "le nouveau dispositif s'applique à partir du 1er janvier 2023".

"Je veux le dire très clairement aux agriculteurs, mon gouvernement est à leurs côtés pour les accompagner dans cette transition", a conclu Mme Borne.


Adhésion à l'Otan: Macron appelle Erdogan à « respecter le choix souverain» de la Finlande et la Suède

« Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide» à l'opposition turque aux deux candidatures, a précisé la présidence française. (Photo d'illustration, AFP)
« Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide» à l'opposition turque aux deux candidatures, a précisé la présidence française. (Photo d'illustration, AFP)
Short Url
  • « Le président de la République a souligné l'importance de respecter le choix souverain de ces deux pays, résultant d’un processus démocratique et intervenant en réaction à l'évolution de leur environnement de sécurité», a indiqué l'Elysée
  • Les deux pays nordiques, rompant avec une longue tradition de neutralité, ont décidé d'adhérer à l'Otan en réaction à l'offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février

PARIS : Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à "respecter le choix souverain" de la Finlande et de la Suède d'entrer dans l'Otan, et souhaité qu'une "solution" soit rapidement trouvée pour lever la menace de veto turc.

"Le président de la République a souligné l'importance de respecter le choix souverain de ces deux pays, résultant d’un processus démocratique et intervenant en réaction à l'évolution de leur environnement de sécurité", a indiqué l'Elysée à l'issue de l'appel entre les deux dirigeants qui a duré une heure. 

"Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide" à l'opposition turque aux deux candidatures, a ajouté la présidence française.

Les deux pays nordiques, rompant avec une longue tradition de neutralité, ont décidé d'adhérer à l'Otan en réaction à l'offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février.

Mais la Turquie menace de bloquer leur entrée dans l'Alliance, qui requiert l'unanimité des Etats membres de l'organisation.

Ankara accuse notamment les deux pays d'abriter des militants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan qu'elle considère comme une organisation terroriste, et demande leur extradition. 

La Turquie envisage par ailleurs une nouvelle opération contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, qui risque de susciter de nouvelles tensions au sein de l'Otan, notamment avec la France.

Les présidents français et turc ont évoqué en outre "l'urgence de rendre possibles les exportations de céréales ukrainiennes", bloquées par la guerre dans les ports du sud du pays, ce qui menace d'entraîner une crise alimentaire mondiale. Emmanuel Macron va poursuivre "dans les jours qui viennent les contacts à ce sujet avec les acteurs internationaux pertinents". 

Ils ont discuté des "différentes voies possibles pour acheminer" ces récoltes, en lien avec les Nations Unies, et sont "convenus de rester en contact afin de trouver une solution rapidement".

Une des pistes étudiées est la mise en place d'un corridor naval depuis Odessa, en mer Noire, dont la Turquie pourrait être un acteur important.

Les deux dirigeants ont par ailleurs dit "leur préoccupation face à la dégradation de la situation en Libye".

Après plus d'une décennie de chaos consécutif à la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, la Libye, minée par les divisions entre institutions concurrentes dans l'Est et l'Ouest, compte depuis début mars deux gouvernements rivaux, comme entre 2014 et 2021, alors en pleine guerre civile.

Un gouvernement formé par l'ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha, approuvé par le Parlement siégeant dans l'Est, est en concurrence avec l'exécutif à Tripoli dirigé par Abdelhamid Dbeibah, issu des accords politiques parrainés par l'ONU.


La France à la découverte de Yanbu, exemple de la légendaire hospitalité saoudienne

L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu (Photo, fournie).
L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu (Photo, fournie).
Short Url
  • «Le potentiel touristique de Yanbu est impressionnant, autant pour l’architecture traditionnelle de son quartier historique, que pour la beauté de ses côtes et de ses fonds marins exceptionnels»
  • «L'accueil que j’ai reçu des autorités et de la population confirme, si besoin était, la légendaire hospitalité saoudienne»

L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu, la ville portuaire antique sur la côte de la mer Rouge, à l’ouest de l’Arabie saoudite. À quelques heures de Médine, Yanbu est la deuxième plus grande ville au bord de la méditerranée après Djeddah.

Reçu par le gouverneur de Yanbu, M. Saad al-Suhaimi, avec le consul général de France à Djeddah, Mostafa Mihraje, ils ont abordé le sujet du développement industriel et touristique du gouvernorat et le renforcement des liens avec la France. M. Pouille révèle à Arab News en français que «le potentiel touristique de Yanbu est impressionnant, autant pour l’architecture traditionnelle de son quartier historique que pour la beauté de ses côtes et de ses fonds marins exceptionnels, ainsi que les montagnes qui l’entourent et qui offrent de prometteuses perspectives d’écotourisme». Ludovic Pouille n’a pas oublié de souligner bien sûr «la gastronomie de la région de Yanbu qui propose les meilleurs poissons frais du pays et le délicieux riz brun Sayadieh».

L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe.

L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe (Photo, fournie).
L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe (Photo, fournie).

M.  Pouille et le Dr Al-Qurashi ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest.

M. Pouille a également rencontré le maire de Yanbu, Eng Yasser al-Rifai. Ils ont discuté des perspectives impressionnantes de développement de la ville, dans les domaines industriel, énergétique, culturel et touristique. Selon M. Pouille, et dans le cadre de la vision saoudienne 2030, «les plans de développement industriel de la ville et du port, qui devraient doubler dans les quinze prochaines années, sont autant d’opportunités de renforcement des relations économiques franco-saoudiennes».

Ludovic Pouille a clôturé son premier jour dans la vieille ville de Yanbu par une visite «très agréable» au souk nocturne traditionnel, où sont notamment vendus des produits artisanaux créés par les coopératives de femmes de la région, dans le cadre de la politique d’autonomisation des femmes menée par le gouvernorat.

M.  Pouille et le Dr Al-Qurashi ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest (Photo, fournie).
M.  Pouille et le consule ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest (Photo, fournie).

Toujours dans le cadre de sa visite à Yanbu, M. Pouille s’est rendu le jeudi au port industriel et commercial de King Fahad, l’un des plus importants ports de la mer Rouge. Remerciant le capitaine Ali Salem al-Mehwari, le directeur général du port, pour son accueil chaleureux, M. Pouille révèle à Arab News en Français qu’il a découvert avec énormément de plaisir et d’intérêt la ville portuaire de Yanbu, l’un des plus anciens ports de la région et désormais le premier port industriel de la mer Rouge. «L'accueil que j’y ai reçu des autorités et de la population confirme, si besoin était, la légendaire hospitalité saoudienne», souligne-t-il.

L’ambassadeur de France en Arabie a clôturé sa tournée à Yanbu en visitant la cité industrielle où il a rencontré l’ingénieur et PDG de la raffinerie Yasref, Hicham al-Adel, qui a noué un partenariat stratégique avec Air Liquide Group dans le domaine de la production d'hydrogène.