Brésil: à Rio, un ballon d'essai pour sortir les favelas de l'abandon

Une femme passe devant des militaires brésiliens en patrouille dans la favela de Jacarezinho à Rio de Janeiro, le 18 janvier 2018. (Photo, AFP)
Une femme passe devant des militaires brésiliens en patrouille dans la favela de Jacarezinho à Rio de Janeiro, le 18 janvier 2018. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 janvier 2022

Brésil: à Rio, un ballon d'essai pour sortir les favelas de l'abandon

  • Les favelas de Jacarezinho, qui compte 90 000 habitants, et de Muzema, vont servir de laboratoire d'un nouveau programme combinant sécurité et projets sociaux
  • Tout a commencé par une démonstration de force

RIO DE JANEIRO : Après des décennies d'échecs répétés, Rio de Janeiro va tenter de libérer son millier de favelas du joug de gangs et des milices en lançant un ballon d'essai dans seulement deux d'entre elles, une initiative qui laisse les experts sceptiques.

Les favelas de Jacarezinho, qui compte 90 000 habitants, et de Muzema, vont servir de laboratoire d'un nouveau programme combinant sécurité et projets sociaux.

Mais si le gouverneur Claudio Castro a promis de "changer la vie de la population" en la soustrayant au joug du crime organisé, des spécialistes restent sceptiques, dénonçant un "spectacle médiatique" en année électorale.

Tout a commencé par une démonstration de force.

Mercredi à l'aube, plus de 1 200 hommes ont été déployés à Jacarezinho, où plus 28 personnes avaient trouvé la mort en mai lors du raid policier le plus sanglant de l'histoire de Rio.

Les habitants se sont terrés chez eux, tandis que des hommes en treillis lourdement armés patrouillaient dans chaque ruelle aux mansardes délabrées et aux forêts de fils électriques qui pendent parfois jusqu'au sol.

Ce quartier situé dans le nord de Rio est l'un des bastions du "Commando Vermelho" (commando rouge), gang de narcotrafic qui sème la terreur depuis la fin des années 70.

D'autres policiers ont été envoyés à Muzema, où les habitants vivent sous la tutelle de milices para-militaires qui les extorquent pour leur fournir le gaz ou internet.

En juin 2019, 24 personnes sont mortes dans ce quartier de l'ouest de Rio, lors de l'effondrement de deux constructions illégales.

Questions sans réponse

Cette vaste opération de "reconquête", comme l'a qualifiée M. Castro, a pris tout le monde de court, y compris le maire de Rio, Eduardo Paes, qui a dit n'avoir été prévenu que "la veille au soir".

Samedi matin, le gouverneur a dévoilé des détails de son programme, "Cidade Integrada" (ville intégrée).

Contrairement aux rumeurs selon lesquelles d'autres opérations de grande envergure auraient lieu prochainement dans d'autres favelas, M. Castro a annoncé que, dans un premier temps, le programme ne concernerait que Jacarezinho et Muzema.

"Nous ne penserons à mettre en oeuvre le programme dans d'autres favelas que quand il fonctionnera pleinement" dans ces deux favelas-pilote, a-t-il expliqué.

En dehors du maintien d'une présence policière importante, il a prévu un véritable plan Marshall des favelas, avec 500 millions de réais (environ 80 millions d'euros) d'investissements en projets sociaux et en infrastructures, notamment de traitement des eaux.

Des centres de formation professionnels verront le jour, ainsi que des installations sportives et culturelles.

Une allocation de 300 réais (environ 48 euros) par mois sera versée aux jeunes mères de famille de 16 à 30 ans.

Mais pour Cecilia Olliveira, directrice de Fogo Cruzado, plateforme numérique qui recense les fusillades à Rio, cette annonce a apporté "plus de questions que de réponses".

"Ça veut dire quoi, 'fonctionner pleinement'? Si on veut vraiment intégrer toute la ville, deux favelas, c'est clairement insuffisant. Et est-ce vraiment faisable d'étendre ce programme à toutes les favelas?".

Jacarezinho et Muzema ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan d'un millier de favelas où vivent plus d'un quart des 6,7 millions d'habitants de Rio.

Le mirage des UPP

Pour Julita Lemgruber, coordinatrice du Centre de recherches sur la sécurité et la citoyenneté (Cesec) de l'Université Candido Mendes, "Cidade Integrada" n'est qu'un "spectacle médiatique".

"Je n'attends rien de ce programme parce qu'il n'y a eu aucune concertation avec les habitants", déplore-t-elle.

Elle craint un nouvel échec après celui des Unités de Police Pacificatrices (UPP), créées en 2008 par l'ex-gouverneur Sergio Cabral, incarcéré depuis 2016 pour corruption.

Elle cite l'exemple du Complexo do Alemao, où un téléphérique spectaculaire a été installé jusqu'au sommet de la colline.

"Quand l'annonce a été faite, l'appel d'offre avait déjà eu lieu. Mais de nombreux habitants ont dit: 'on a besoin de tant de choses ici, il n'y a même pas de tout-à l'égout'. Personne ne leur a demandé quoi que ce soit", rappelle-t-elle.

Les UPP ont permis dans un premier temps de réduire la violence dans une quarantaine de favelas, mais la situation s'est ensuite détériorée, notamment avec la crise financière qui a miné l'Etat de Rio après les jeux Olympiques de 2016.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.