Burkina: des soldats se mutinent pour exiger le départ des chefs de l'armée

Le calme était revenu dimanche soir dans les rues et les casernes de Ouagadougou, mais le président Kaboré a décrété «jusqu'à nouvel ordre», à partir de dimanche, un couvre-feu de 20H00 à 05H30. (Photo, AFP)
Le calme était revenu dimanche soir dans les rues et les casernes de Ouagadougou, mais le président Kaboré a décrété «jusqu'à nouvel ordre», à partir de dimanche, un couvre-feu de 20H00 à 05H30. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Burkina: des soldats se mutinent pour exiger le départ des chefs de l'armée

  • Le gouvernement a rapidement réagi en reconnaissant des tirs dans plusieurs casernes, mais a démenti «une prise de pouvoir par l'armée»
  • Tout au long de la journée, des manifestants ont apporté leur soutien aux mutins et ont dressé des barrages de fortune dans plusieurs avenues de la capitale

OUAGADOUGOU : Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l'armée et des "moyens adaptés" à la lutte contre les djihadistes qui frappent ce pays depuis 2015.

Ces mouvements d'humeur dans les casernes du Burkina, pays qui a connu par le passé plusieurs coups d'Etat et tentatives de putsch, illustrent la fragilité du pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré face aux violences djihadistes qui s'accroissent dans son pays et qu'il n'arrive pas à contrer.

Le gouvernement a rapidement réagi en reconnaissant des tirs dans plusieurs casernes, mais a démenti "une prise de pouvoir par l'armée".

Tout au long de la journée, des manifestants ont apporté leur soutien aux mutins et ont dressé des barrages de fortune dans plusieurs avenues de la capitale, avant d'être dispersés par la police, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Des tirs nourris" ont été entendus à partir du milieu de la nuit et se sont poursuvis pendant une partie de la journée dans plusieurs casernes de Ouagadougou - dont la base aérienne -, Kaya et Ouahigouya, dans le nord du Burkina, selon des habitants et des sources militaires.

Des habitants du quartier Gounghin de Ouagadou ont affirmé que des militaires du camp Sangoulé Lamizana sont sortis de leur caserne, tirant des coups de feu en l'air, et ont bouclé le périmètre aux alentours de la caserne.

Dimanche après-midi, une quarantaine de soldats se trouvant à l'extérieur de cette caserne, tiraient en l'air près de plusieurs centaines de personnes en liesse portant des drapeaux du Burkina et soufflant dans des vuvuzelas, venues leur apporter leur soutien, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le périmètre autour de la caserne de la base aérienne, était également bouclé par des soldats encagoulés tirant en l'air.

«Effectifs conséquents»

"Nous voulons des moyens adaptés à la lutte" anti-djihadiste "et des effectifs conséquents", ainsi que le "remplacement" des plus hauts gradés de l'armée nationale, indique dans un enregistrement sonore parvenu à l'AFP un militaire de la caserne Sangoulé Lamizana, sous couvert de l'anonymat.

Il a en outre souhaité "une meilleure prise en charge des blessés" lors des attaques et des combats avec les djihadistes, ainsi que "des familles des défunts".

À aucun moment ce militaire n'a réclamé le départ du président burkinabè Roch Christian Kaboré, accusé par une grande partie de la population d'être "incapable" de contrer les groupes djihadistes.

Ces revendications ont été confirmées par d'autres sources militaires et des discussions ont eu lieu entre des représentants des mutins et le ministre de la Défense, le général Barthélémy Simporé, selon une source gouvernementale. Rien n'avait filtré dimanche soir sur le contenu de la rencontre.

Dans la matinée, une centaine de personnes qui tentaient de se rassembler place de la Nation, en plein centre de Ouagadougou, pour exprimer leur soutien au mouvement des soldats, ont été dispersées à coups de gaz lacrymogène par les policiers, a constaté l'AFP.

Plus tard dans la journée, des partisans des militaires mutins ont incendié le siège du parti au pouvoir dans la capitale avant d'être dispersés par la police, selon l'AFP qui a également constaté que l'internet mobile a été coupé dimanche dans la matinée.

Couvre-feu

Le calme était revenu dimanche soir dans les rues et les casernes de Ouagadougou, mais le président Kaboré a décrété "jusqu'à nouvel ordre", à partir de dimanche, un couvre-feu de 20H00 à 05H30 (locales et GMT).

Les écoles resteront en outre fermées lundi et mardi, selon le gouvernement.

Le camp Sangoulé Lamizana abrite la Maison d'arrêt et de correction des armées (Maca) où est détenu le général Gilbert Diendéré, proche de l'ancien président Blaise Compaoré renversé en 2014 qui vit depuis en Côte d'Ivoire.

Le général Diendéré a été condamné à 20 ans de prison pour une tentative de putsch en 2015 et est actuellement jugé pour son rôle présumé dans l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara, icône panafricaine, en 1987.

"Aucune institution de la République n’a pour le moment été inquiétée", a affirmé le général Barthélémy Simporé, dans une intervention à la télévision.

Ces mouvements dans des casernes surviennent au lendemain de nouvelles manifestations de colère d'habitants excédés par l'impuissance des autorités à faire face à la violence jihadiste.

Samedi, des incidents ont éclaté à Ouagadougou et dans d'autres villes du pays entre les forces de l'ordre et des manifestants qui ont bravé l'interdiction de se rassembler pour protester contre l'insécurité.

Comme le Mali et le Niger voisins, le Burkina Faso est pris dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. 

Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l'est du pays.

Les violences des groupes jihadistes ont fait en près de sept ans plus de 2 000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.

La Communauté des pays ouest-africains de la Cédéao a dit suivre "avec une grande préoccupation la situation au Burkina Faso" et exprimé dans un communiqué "sa solidarité avec le président Roch Marc Christian Kaboré, le gouvernement et le peuple" de ce pays.


Détresse et consternation au Sénégal après la mort de 11 bébés à l'hôpital

Une mère effondrée devant l'hôpital de Tivaouane. (Photo, AFP)
Une mère effondrée devant l'hôpital de Tivaouane. (Photo, AFP)
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  • Le drame de Tivaoune (ouest), provoqué par un court-circuit selon les premières informations, est le dernier en date à mettre en lumière les carences du système de santé de ce pays pauvre
  • Le président Macky Sall a décrété trois jours de deuil national à partir de ce jeudi

TIVAOUANE: « Où est Mohamed ? », demande une mère effondrée devant l'hôpital de Tivaouane. La mort de 11 bébés dans l'incendie apparemment accidentel qui a ravagé l'unité néonatale a semé la détresse parmi les proches et la consternation au Sénégal. 

Le drame de Tivaoune (ouest), provoqué par un court-circuit selon les premières informations, est le dernier en date à mettre en lumière les carences du système de santé de ce pays pauvre. 

Il a suscité promesses de modernisation et d'investigations de la part des autorités, et appels à la démission dans l'opinion et l'opposition. 

Le président Macky Sall a décrété trois jours de deuil national à partir de ce jeudi. 

Devant l'hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, une mère tenant à peine debout interpelle un homme dont elle attend qu'il lui dise où est son fils Mohamed, hospitalisé là il y a 10 jours parce qu'il avait « mal au corps » selon son père. « Dieu a pris la meilleure décision », lui répond l'individu, aussitôt repris par le père, Alioune Diouf, un chauffeur de 54 ans. 

« Tu ne devais pas le lui dire de cette manière », réprimande Alioune Diouf, tandis que sa femme s'écroule. 

Mohame, baptisé lundi, était le deuxième enfant du couple. Sa mère faisait les allées et venues entre la maison et l'hôpital pour l'allaiter. Son père était venu mercredi apporter ses médicaments. « Les lits me semblaient corrects », se rappelle-t-il. Il a été alerté par les médias. 

Ce qui s'est produit exactement à l'intérieur de l'enceinte peinte en vert, inaccessible aux journalistes jeudi, le niveau de surveillance de cet établissement à la taille et aux moyens relativement modestes restent obscurs. 

Les nouveau-nés étaient réunis dans l'unité néonatale, peut-être dans une même salle, 11 ou plus selon les sources. Des témoignages cités par la presse rapportent des flammes se propageant rapidement aux alentours de 21 heures (locales et GMT) à l'étage d'un bâtiment et des explosions de bonbonnes dissuadant d'intervenir. 

La colère gronde 

L'incendie a été causé par « un court-circuit et le feu s'est propagé très vite », a dit le maire Demba Diop. 

Des témoins ainsi que le maire ont indiqué qu'un certain nombre de bébés avaient été sauvés des flammes. 

Mais onze n'ont pas survécu selon les autorités. 

Cheikh Coundoul s'est déplacé quand il a appris qu'un incendie s'était déclaré à l'hôpital où sa nièce avait laissé son bébé. « On n'a trouvé personne à qui parler. C'est quand beaucoup de parents ont commencé à se plaindre que la directrice nous a annoncé que notre bébé avait été consumé par le feu », raconte-t-il. 

Il n'a pas encore récupéré la dépouille; on lui a « dit que c'est impossible parce qu'un enquête est ouverte et qu'il appartient au procureur de prendre des décisions ». 

Le président, en déplacement à l'étranger, a tweeté sa « douleur et (sa) consternation », et dépêché son ministre de l'Intérieur Antoine Diome. 

« Le président nous a donné pour instruction d'ouvrir une enquête. Il nous a demandé de faire un état des lieux des besoins en équipements pour les services s'occupant des nouveau-nés ici à Tivaouane et dans tous les hôpitaux du pays », a dit M. Diome. 

Mais la colère grondait devant l'hôpital dans un petit groupe de femmes anonymes. 

« Coeur plus que brisé » 

« C'est de la négligence. Laisser les enfants sans personne pour les surveiller et on dit que ‘c'est Dieu qui l'a voulu’. Une mère prend la précaution de confier son enfant à quelqu'un, même quand elle va aux toilettes », vitupérait l'une d'elles, tandis qu'un homme d'une cinquante d'années invoquait « la volonté divine ». 

Tivaouane, environ 40 000 habitants, est le fief des Tidianes, l'une des importantes confréries musulmanes qui jouent un rôle social essentiel au Sénégal. 

Le khalife des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, déplorait il y a plusieurs mois l'état de l'hôpital. Le drame « était prévisible tellement le niveau de délabrement avait dépassé l’entendement », a écrit son neveu Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Amine dans une tribune. Il a dénoncé les promesses non tenues de relèvement du plateau médical alors que l'hôpital sert selon lui un bassin humain de centaines de milliers de personnes. 

Ce sont des griefs souvent entendus ces derniers mois après une série d'évènements tragiques. 

Quatre nouveau-nés avaient succombé en 2021 dans un incendie dans une maternité à Linguère (nord). 

Le 1er avril, Astou Sokhna, une femme d'une trentaine d'années enceinte de neuf mois, est morte à l'hôpital public de Louga (nord) après avoir, selon ses proches, vainement attendu dans de très grandes souffrances et pendant une vingtaine d'heures la césarienne qu'elle réclamait. 

« J'espère que cette fois les sanctions frapperont le sommet d'un système globalement défaillant », a tweeté l'ancien Premier ministre Abdoul Mbaye. 

« Encore des bébés brûlés dans un hôpital public. C'est inacceptable Macky Sall », a tweeté un député de l'opposition, Mamadou Lamine Diallo. 

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus a tweeté avoir « le cœur plus que brisé ». 


Combats à «intensité maximale» dans l'est de l'Ukraine, la Russie rejette un plan de paix

Les restes d'une école détruite dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le 13 mai 2022. (Photo, AFP)
Les restes d'une école détruite dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le 13 mai 2022. (Photo, AFP)
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  • «Nous rejetons catégoriquement ces accusations et accusons à l'inverse les pays occidentaux d'avoir pris une série de mesures illégales qui ont mené à ce blocus», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov
  • Jeudi, à Marioupol, un responsable de la mairie a annoncé que les enfants allaient, en lieu et place des vacances d'été, suivre un programme de «dé-ukrainisation» et de préparation au programme russe

KHARKIV: L'Ukraine a décrit jeudi une offensive militaire russe d'« intensité maximale » et une situation extrêmement difficile dans l'est de son territoire, demandant plus d'armes lourdes et dénonçant par avance toute concession « pacifiste » à la Russie, qui a rejeté avec dédain un plan de paix italien. 

« C'est dur, mais nous tenons le coup. Nous combattons pour chaque centimètre de la ligne de front, pour chaque village. Les armes occidentales nous aident à rejeter l'ennemi hors de notre terre », a écrit sur Telegram le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Valeriï Zaloujny. 

« Nous avons grand besoin d'armes qui permettront de frapper l'ennemi à grande distance », a-t-il ajouté, soulignant que « tout délai (dans ces livraisons d'armes lourdes) se paie par la vie de gens qui protègent le monde du Ruscisme », la contraction de « Russie » et « fascisme » employée en Ukraine pour désigner le régime instauré à Moscou par Vladimir Poutine. 

Car sur le terrain, l'armée russe, qui après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv a concentré ses effort sur la conquête complète du Donbass, le bassin industriel de l'est déjà partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014, continue de progresser lentement. 

« Pas de pacifisme faible »  

Appuyée par un déluge de bombes, elle menace directement Severodonetsk, une ville de 100 000 habitants avant la guerre, qui pourrait connaître le même sort que Marioupol, la grand ville portuaire du sud-est en grand partie détruite après des semaines de siège qui ont fait 20 000 morts selon Kiev. 

« La mission est extrêmement difficile dans la région de Lougansk après trois mois d'attaques et de bombardements permanents. Et maintenant toutes les forces des Russes sont concentrées ici et nous devons contenir cette horde », a dit le gouverneur de cette région du Donbass, Serguiï Gaïdaï, sur Telegram. 

« Il est clair que petit à petit nos gars reculent vers des positions mieux fortifiées », a-t-il ajouté. 

Dans certaines zones de l'est, « l'ennemi est nettement supérieur, en équipement, en nombre de soldats », avait reconnu mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au moment où son ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba plaidait à Davos pour des sanctions encore renforcées contre Moscou. 

« Les combats ont atteint leur intensité maximale et une étape longue et extrêmement difficile nous attend », a résumé à Kiev jeudi la vice-ministre de la Défense Ganna Malyar au cours d'un point de presse.  

Elle s'est élevée contre ceux qui « ressortent encore une fois, du tiroir honteux de Munich, l'idée traîtresse d'apaiser l'agresseur ». 

« Nous rejetons ce pacifisme faible. L'Ukraine se battra pour la libération complète de ses territoires dans leurs frontières internationalement reconnus. Et Poutine peut sauver la face en se retirant de nos territoires », a-t-elle ajouté, dans une allusion apparente aux appels, notamment de Paris, à ne pas « humilier » la Russie. 

Rejet du plan italien 

Comme symétriquement, la Russie, qui selon des analystes veut consolider ses gains territoriaux dans l'est et le sud de l'Ukraine avant toute solution négociée, a rejeté avec dédain un plan de paix italien. 

Celui-ci qui prévoyait, sous garantie de l'ONU, un cessez-le-feu et le retrait des troupes, l'entrée de l'Ukraine dans l'UE mais pas dans l'Otan, et un statut d'autonomie pour le Donbass et la Crimée qui resteraient sous la souveraineté ukrainienne. 

« Il y est question que la Crimée (péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014) et le Donbass (région séparatiste dont l'indépendance a été reconnue par Moscou à la veille de la guerre en février) appartiennent à l'Ukraine avec une large autonomie », a dit M. Lavrov dans un entretien au média russe d'Etat RT. 

« Des responsables politiques sérieux qui veulent des résultats ne peuvent pas proposer des choses comme ça », a-t-il ajouté, s'adressant apparemment à son homologue italien Luigi Di Maio. 

La Russie poursuit donc son offensive lancée le 24 février, bombardant à nouveau jeudi  Kharkiv, deuxième ville du pays qui avait entamé un retour à une vie normale mi-mai et où la circulation du métro avait repris. 

« Selon des informations préliminaires, sept personnes ont été blessées et malheureusement quatre sont mortes », a déclaré le gouverneur régional Oleg Sinegoubov sur Telegram. 

Selon un journaliste, au moins un secteur résidentiel du quartier de Pavlové Polé, au centre-nord de la ville, a été touché.  

Selon la présidence ukrainienne, au cours des dernières 24 heures au moins trois personnes ont été tuées à Lyssytchansk dans la région de Lougansk, et quatre civils ont péri dans la région de Donetsk. 

La présidence avait également indiqué que dans la zone de Kharkiv, deux personnes étaient mortes dans un bombardement à Balakliya, et que deux morts avaient également été recensés dans le sud du pays, dans la région de Mykolaïv. 

« Les pays qui traînent des pieds sur la fourniture d'armes lourdes à l'Ukraine doivent comprendre que chaque journée qu'ils passent à décider, peser différents arguments, des gens sont tués », a martelé mercredi à Davos le ministre ukrainien des Affaires étrangères. 

Passeport russe 

Face aux inquiétudes quant à l'incapacité actuelle de l'Ukraine à exporter ses céréales en raison du blocage de ses ports par les Russes, il a fait état de discussions de Kiev avec les Nations unies sur la possibilité d'un passage sécurisé à partir du port d'Odessa. 

Le Kremlin a balayé jeudi les accusations occidentales. 

« Nous rejetons catégoriquement ces accusations et accusons à l'inverse les pays occidentaux d'avoir pris une série de mesures illégales qui ont mené à ce blocus », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.  

Sur le front méridional, Moscou s'affaire à consolider son emprise sur les territoires conquis depuis trois mois. 

La Russie a ainsi annoncé qu'elle allait permettre aux habitants des régions de Zaporijjia et de Kherson de demander un passeport russe via « une procédure simplifiée ». L'Ukraine a aussitôt dénoncé un octroi « forcé » de la nationalité russe démontrant la volonté de Moscou de mener une annexion pure et simple de ces territoires. 

Jeudi, à Marioupol, un responsable de la mairie a annoncé que les enfants allaient, en lieu et place des vacances d'été, suivre un programme de « dé-ukrainisation » et de préparation au programme russe, avec notamment des cours de langue, de littérature et d'histoire. 

Sur le front diplomatique, le président du Conseil européen Charles Michel a déclaré qu'il restait « confiant » en un accord sur un embargo de l'UE sur le pétrole russe d'ici au début du Conseil européen lundi, malgré le blocage hongrois.  

Le chancelier allemand Olaf Scholz s'est dit « convaincu » jeudi à Davos que la Russie ne gagnerait pas la guerre et que le président Vladimir Poutine ne serait pas autorisé à « dicter » la paix. 

 


Un séisme de magnitude 7,2 ébranle le Pérou, selon l'USGS

Une route détruite par un tremblement de terre de magnitude 7,5 au Pérou, le 29 novembre 2021. (Photo d'illustration, AFP)
Une route détruite par un tremblement de terre de magnitude 7,5 au Pérou, le 29 novembre 2021. (Photo d'illustration, AFP)
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  • La secousse a été enregistrée à 07H02 locales (12H02 GMT), avec un épicentre proche de la ville d'Azangaro
  • Le Centre sismique national péruvien a évalué la magnitude à 6,9, avec un épicentre à environ 240 km de profondeur

LIMA: Un séisme de magnitude 7,2 a ébranlé jeudi le sud du Pérou, a annoncé l'Institut de géophysique américain (USGS), sans faire de dégâts ni victimes, selon les autorités péruviennes. 

La secousse a été enregistrée à 07H02 locales (12H02 GMT), avec un épicentre proche de la ville d'Azangaro, près du lac Titicaca, et à une profondeur d'environ 200 kilomètres, a précisé l'institut. 

Le Centre sismique national péruvien a évalué la magnitude à 6,9, avec un épicentre à environ 240 km de profondeur. 

La grande profondeur du séisme dans les hautes Andes péruviennes a fait que l'onde de choc a été plus importante et a touché les régions de Tacna (frontalière avec le Chili), Moquegua, Cusco et Arequipa, selon les autorités péruviennes.  

« Pour l'heure, en raison du niveau d'intensité de la secousse à la surface, il ne devrait pas causer de dégâts, mais effrayer » la population, a déclaré à la radio RPP Hernando Tavera, directeur de l'Institut géophysique péruvien.  

« Lorsque le séisme est plus profond, la secousse du sol est moindre. Le rayon de la perception est plus grand que la secousse. Toute la région sud du Pérou a été affectée par le séisme », a expliqué M. Tavera.  

Le Pérou est situé dans la ceinture de feu du Pacifique, une vaste zone d'activité sismique qui s'étend le long de la côte ouest du continent américain. Le pays est secoué par au moins 400 séismes perceptibles chaque année.