Deux ans de Covid à l'université: le big-bang du distanciel et des inégalités accrues

D'après une étude de 2021 menée par le Consortium canadien de recherche sur les étudiants auprès de 13.000 d'entre eux, "environ les deux-tiers ont déclaré être satisfaits de l'instruction reçue en ligne". Ici, un professeur dans le campus de la faculté de Droit de la Western University
D'après une étude de 2021 menée par le Consortium canadien de recherche sur les étudiants auprès de 13.000 d'entre eux, "environ les deux-tiers ont déclaré être satisfaits de l'instruction reçue en ligne". Ici, un professeur dans le campus de la faculté de Droit de la Western University
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Deux ans de Covid à l'université: le big-bang du distanciel et des inégalités accrues

  • "De manière générale, les universités qui avaient des étudiants internationaux ont été très impactées par la digitalisation", résume Mathias Bouckaert
  • Au Kenya, l'accès à internet ou à des ordinateurs reste un problème majeur. "Nous sommes très mal équipés", explique Masibo Lumala, maître de conférences à l'université Moi

PARIS: La pandémie de Covid-19 a bouleversé depuis deux ans les universités dans le monde, les forçant à accroître leur recours au numérique, mais avec des situations différenciées entre régions et des inégalités accrues entre étudiants.


"Le gros changement observé durant la pandémie, c'est clairement la fermeture généralisée des campus au niveau international et une transition vers l'enseignement à distance, avec une grande hétérogénéité dans les réponses apportées et les niveaux de préparation", a expliqué à l'AFP Mathias Bouckaert, analyste à l'OCDE et spécialiste des questions universitaires.


"Dans certains pays, l'enseignement en ligne était déjà pratiqué, comme au Canada où les hivers rigoureux rendent parfois les déplacements impossibles. Dans d'autres pays comme la Turquie, où les lois imposaient un niveau important d'enseignement en présentiel, ces pratiques étaient beaucoup moins familières", poursuit-il.


La Covid-19, qui a entraîné la fermeture des universités en mars 2020 dans la plupart des pays, avec un recours à l'enseignement à distance puis souvent à des formes hybrides (présentiel et distanciel), a eu "un impact varié selon les régions et le niveau de revenu", avec des pays d'Europe et d'Amérique du Nord "mieux à même de faire face aux perturbations", souligne également un rapport de l'Unesco publié début 2021. 


C'est le cas aux Etats-Unis, où l'inscription d'étudiants dans des programmes à distance avait déjà augmenté de 29% entre 2012 et 2018. Selon des statistiques nationales, 16% des étudiants y étudiaient exclusivement en ligne fin 2018.


Dans ce pays, où la plupart des universités ont fermé de mars 2020 à août 2021, la pandémie a cependant affecté le nombre d'étudiants - 17 millions d’inscrits cette année, un million de moins qu'en 2019 -, et surtout celui d'étudiants internationaux, dont les effectifs ont baissé de 17% entre 2019 et 2021, selon le centre de recherches National Student Clearinghouse. 

« Où sont les installations? »

"De manière générale, les universités qui avaient des étudiants internationaux ont été très impactées par la digitalisation", résume Mathias Bouckaert, citant par exemple le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou l'Australie.


Au Canada, où les étudiants étrangers peuvent représenter jusqu'à 30% du total, les restrictions liées à la pandémie ont aussi compliqué l'accès aux universités. 


Dans ce pays, avec l'apparition d'Omicron depuis janvier au Québec et en Ontario, toutes les universités - qui proposaient pour la plupart un enseignement hybride - ont de nouveau dû fermer complètement pour quelques semaines.


Mais l'enseignement en ligne semble y avoir plutôt bien fonctionné. D'après une étude de 2021 menée par le Consortium canadien de recherche sur les étudiants auprès de 13.000 d'entre eux, "environ les deux-tiers ont déclaré être satisfaits de l'instruction reçue en ligne".


C'est nettement moins le cas dans d'autres régions du monde, comme en Afrique. 


Au Kenya, l'accès à internet ou à des ordinateurs reste un problème majeur. "Nous sommes très mal équipés", explique Masibo Lumala, maître de conférences à l'université Moi (ouest). "Nous avons les compétences pour enseigner en ligne, la plupart d'entre nous ayant suivi des formations, mais où sont les installations?".


Phylis Maina, étudiante en chirurgie dentaire à l'université de Nairobi, regrette, elle aussi, la mauvaise qualité des connexions internet. Elle déplore également que "les interactions sociales entre les professeurs et les étudiants (...) aient disparu".


« Inégalités exacerbées »

Car la pandémie n'a pas seulement bouleversé les apprentissages pour les jeunes: elle les a aussi privés de la vie étudiante, avec des répercussions psychologiques importantes pour certains, et un accroissement des inégalités.


"Mes parents n’ont dit que la fac, c'était des années où on faisait des rencontres pour la vie, je ne ressens pas ça", résume à l'AFP Emil Kunz, 22 ans, étudiant en agronomie à Berlin.


En Allemagne, où la plupart des universités sont encore largement en distanciel, pour les jeunes restés chez leurs parents, "l'école est finie, mais la vie d'adulte ne peut pas commencer", explique Klaus Hurrelmann, chercheur en éducation à la Hertie School de Berlin, pour qui "la pandémie façonnera probablement cette cohorte d'étudiants pour la vie".


"De manière générale, il y a eu un impact sur la santé mentale. L'isolement et les confinements ont été compliqués", souligne Mathias Bouckaert. La pandémie a aussi "exacerbé les inégalités déjà en place", ajoute-t-il, "les étudiants les moins favorisés s'étant retrouvés encore plus en difficulté", notamment ceux avec des enfants à charge ou sans ordinateur.


En France, les étudiants, qui ont fait leur retour dans les facs en septembre, ont aussi été durement éprouvés. "Il y a eu une forte demande pour revenir en présentiel", indique Raphaëlle Laignoux, vice-présidente chargée de la vie étudiante à l'université Paris I Sorbonne. 


Dans cette université, où ont été mises en place en 2020 des aides alimentaires ou des aides à la connexion pour les étudiants, sous forme de prêt d'ordinateurs notamment, "la plupart de nos étudiants sont maintenant équipés", poursuit-elle. "C’est plus sur les conditions sociales - dans quel lieu se trouve-t-on, comment se nourrit-on - que des inégalités persistent".


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.