Ukraine: Washington s'attend à un possible « usage de la force militaire» par Moscou d'ici mi-février

La sous-secrétaire d'État américaine Wendy Sherman prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du Conseil OTAN-Russie au siège de l'OTAN à Bruxelles le 12 janvier 2022. (Photo, AFP)
La sous-secrétaire d'État américaine Wendy Sherman prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du Conseil OTAN-Russie au siège de l'OTAN à Bruxelles le 12 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 26 janvier 2022

Ukraine: Washington s'attend à un possible « usage de la force militaire» par Moscou d'ici mi-février

  • « Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête du président Poutine. Il n'y a qu'une personne qui le sache, et c'est le président Poutine lui-même», a déclaré la vice-secrétaire d'Etat américaine, Wendy Sherman
  • Selon elle, malgré les intenses discussions diplomatiques entre les Occidentaux et les Russes, « la Russie continue l'escalade de sa menace contre l'Ukraine en ce moment même»

WASHINGTON : Les Etats-Unis s'attendent toujours à ce que la Russie puisse faire "usage de la force militaire" contre l'Ukraine d'une manière ou d'une autre, "peut-être" d'ici mi-février, a déclaré mercredi la vice-secrétaire d'Etat américaine Wendy Sherman.

"Tout indique" que le président russe Vladimir Poutine "va faire usage de la force militaire à un moment donné, peut-être entre maintenant et mi-février", a-t-elle dit, tout en assurant ne pas savoir s'il avait pris "la décision définitive" de passer à l'offensive.

"Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête du président Poutine. Il n'y a qu'une personne qui le sache, et c'est le président Poutine lui-même", a-t-elle expliqué lors d'une conversation virtuelle avec Yalta European Strategy, un forum de réflexion sur "l'avenir européen de l'Ukraine". "Je pense que même les gens autour de lui ne savent pas ce qu'il fera in fine."

La numéro deux de la diplomatie américaine a aussi dit que les jeux Olympiques d'hiver de Pékin, qui s'ouvrent début février lors d'une cérémonie à laquelle participera le président russe, pourraient "avoir un impact sur son calendrier et sa réflexion".

"Nous savons tous que les Jeux de Pékin commencent le 4 février avec la cérémonie d'ouverture et le président Poutine y sera. Je pense que probablement le président Xi Jinping ne serait pas enthousiaste si Poutine choisit ce moment-là pour envahir l'Ukraine", a fait valoir Wendy Sherman.

Selon elle, malgré les intenses discussions diplomatiques entre les Occidentaux et les Russes, "la Russie continue l'escalade de sa menace contre l'Ukraine en ce moment même".

Les Etats-Unis vont donc continuer à "pousser pour la diplomatie", tout en "se préparant au pire".

"Nous nous préparons à tous les scénarios" qu'il s'agisse d'une "invasion totale" mais aussi partielle, car "un soldat russe supplémentaire qui envahit l'Ukraine est un problème très sérieux en contradiction avec tous les principes de la sécurité internationale", a-t-elle insisté.

"Cela envoie aussi un message au monde entier que les autres autocrates peuvent agir avec une telle impunité", a-t-elle prévenu.

Elle a assuré que Washington se préparait aussi "aux scénarios d'attaques hybrides, de subversion, de sabotage, d'intimidation".


Le G7 va décarboner son électricité et cesser les subventions aux énergies fossiles à l'étranger

Le ministre d'État japonais de l'Environnement Toshitaka Ooka (au centre) prend la parole lors de la conférence de presse finale de la réunion des ministres du Climat, de l'Énergie et de l'Environnement du G7 à Berlin le 27 mai 2022. (Jean MacDougall/AFP)
Le ministre d'État japonais de l'Environnement Toshitaka Ooka (au centre) prend la parole lors de la conférence de presse finale de la réunion des ministres du Climat, de l'Énergie et de l'Environnement du G7 à Berlin le 27 mai 2022. (Jean MacDougall/AFP)
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  • «Nous nous engageons à atteindre un secteur de l'électricité majoritairement décarboné d'ici 2035», ont déclaré les pays du G7
  • C'est la première fois que les sept puissances industrielles (États-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne) s'engagent ensemble sur un tel objectif

BERLIN : Les pays du G7 se sont engagés vendredi à décarboner la majorité de leur secteur électrique «d'ici 2035», ainsi qu'à mettre fin à tout financement international des projets liés aux énergies fossiles dès cette année.

«Nous nous engageons à atteindre un secteur de l'électricité majoritairement décarboné d'ici 2035», ont-ils déclaré dans une déclaration publiée à l'issue d'une réunion des ministres du Climat et de l'Energie à Berlin.

Pour atteindre cet objectif, les pays s'engagent «à soutenir l'accélération de la sortie mondiale du charbon» et à «développer rapidement les technologies et les politiques nécessaires à la transition vers une énergie propre».

C'est la première fois que les sept puissances industrielles (États-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne) s'engagent ensemble sur un tel objectif.

Les ministres ont également promis de mettre un terme au financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans technique de capture du carbone d’ici «fin 2022». Cette annonce a été permise grâce à un revirement du Japon, dernier pays du groupe qui refusait de s'engager sur cette question.

Une vingtaine de pays, dont les autres Etats du G7, avaient déjà signé une déclaration en ce sens en novembre dernier, lors de la COP 26 à Glasgow.

«Il est bien que le Japon, premier financeur des combustibles fossiles au monde, ait rejoint les autres pays du G7», commente Alden Meyer, expert pour le Think Tank européen E3G.

Les États du G7 ont également rappelé leur objectif commun de supprimer toute subvention directe à des énergies fossiles «d'ici 2025». «Récompenser un comportement nuisible au climat par des subventions (...), c'est absurde et cette absurdité doit être éliminée», a commenté Robert Habeck le ministre allemand de l'Économie et du Climat, lors d'une conférence de presse vendredi.

Selon l'ONG Oil Change International, entre 2018 et 2020, les seuls pays du G20 ont financé de tels projets à hauteur de 188 milliards de dollars, principalement via des banques multilatérales de développement.


Russie : des élus communistes appellent à arrêter l'offensive en Ukraine

Un pompier éteint un incendie dans une usine de fabrication après un bombardement la ville d'Artemivsk dans la région ukrainienne orientale du Donbass le 27 mai 2022. (AFP)
Un pompier éteint un incendie dans une usine de fabrication après un bombardement la ville d'Artemivsk dans la région ukrainienne orientale du Donbass le 27 mai 2022. (AFP)
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  • C'est la première fois qu'une telle initiative est lancée par des élus du parti communiste, formation qui soutient l'assaut lancé sur l'ordre du président Vladimir Poutine le 24 février
  • Le député Leonid Vassioukevitch, appartenant au Parti communiste de Russie (KPRF), s'est levé et a lu une adresse au président Vladimir Poutine, en dépit de plusieurs tentatives d'autres élus de le faire taire

MOSCOU: Des élus communistes de la région de Primorié, dans l'Extrême-Orient russe, ont demandé vendredi, lors d'une réunion de l'Assemblée locale, l'arrêt de l'offensive en Ukraine, avant de se voir privés de droit de vote.


C'est la première fois qu'une telle initiative est lancée par des élus du parti communiste, formation qui soutient l'assaut lancé sur l'ordre du président Vladimir Poutine le 24 février.


Lors de cette réunion, le député Leonid Vassioukevitch, appartenant au Parti communiste de Russie (KPRF), s'est levé et a lu une adresse au président Vladimir Poutine, en dépit de plusieurs tentatives d'autres élus et du gouverneur de la région, également présent à la réunion, de le faire taire.


"Il y a quelques jours, lors d'une réunion de l'Assemblée législative du kraï de Primorie, a été adoptée une série de mesures de soutien des familles de soldats morts pendant l'opération militaire", a-t-il déclaré, selon la vidéo de la séance publiée sur le compte YouTube de l'assemblée.


"Nous comprenons que si notre pays ne cesse pas l'opération de guerre, il y aura de plus en plus d'orphelins. Au cours de l'opération militaire des gens finissent invalides, ce sont de jeunes gens qui pourraient apporter beaucoup à notre pays", a-t-il poursuivi.

"Nous exigeons un retrait immédiat des troupes russes", a-t-il conclu, recueillant quelques applaudissements.


Ukraine: les séparatistes prorusses revendiquent la prise d'une localité-clé du Donbass

Un homme conduit une voiture GAZ-21 Volga devant un bâtiment endommagé à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 26 mai 2022, le 92e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Un homme conduit une voiture GAZ-21 Volga devant un bâtiment endommagé à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 26 mai 2022, le 92e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi soir Moscou de mener un «génocide» dans le Donbass
  • La dernière vraie route permettant de quitter l'agglomération depuis Lyssytchansk est devenue ces derniers jours un champ de bataille, rendant quasi-impossible la sortie des habitants

LYSSYTCHANSK: Les forces russes intensifiaient leur offensive dans le Donbass vendredi, semblant près d'achever l'encerclement d'une importante agglomération de cette région de l'est de l'Ukraine tandis que les forces séparatistes prorusses revendiquaient la prise de la localité-clé de Lyman.


Sur son compte Telegram, l'état-major de la défense territoriale de l'autoproclamée "république" séparatiste prorusse de Donetsk a indiqué avoir "pris le contrôle complet" de Lyman avec "l'appui" des forces armées russes.


Ni l'armée russe ni l'armée ukrainienne n'ont immédiatement commenté cette information.


Après leur offensive infructueuse sur Kiev et Kharkiv au début de la guerre, lancée par la Russie le 24 février, les forces de Moscou concentrent leurs forces dans l'est de l'Ukraine, avec l'objectif affiché de prendre le contrôle total du bassin minier du Donbass, que des séparatistes prorusses contrôlent partiellement depuis 2014.  


La prise de Lyman leur ouvrirait la route vers les centres régionaux de Sloviansk, puis Kramatorsk, tout en leur permettant de s'approcher d'un encerclement total de l'agglomération formée par les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk, plus à l'est.