La France se sert de pouvoirs élargis pour cibler des groupes et des sites Web en vertu de la loi antiterroriste

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a fait part mercredi de son intention de dissoudre un média dirigé par des militants et un site Web islamiste, jugés contraires aux «valeurs nationales». (Reuters)
Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a fait part mercredi de son intention de dissoudre un média dirigé par des militants et un site Web islamiste, jugés contraires aux «valeurs nationales». (Reuters)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

La France se sert de pouvoirs élargis pour cibler des groupes et des sites Web en vertu de la loi antiterroriste

  • Le ministre a annoncé son intention de dissoudre une plate-forme médiatique locale baptisée «Nantes révoltée», qui avait relayé des informations sur une manifestation
  • Dans une autre une mesure qui a alarmé certains groupes de défense des droits, le gouvernement français a intensifié la censure des contenus Internet en lien avec le terrorisme ou justifiant la violence

PARIS: Le gouvernement français a annoncé cette semaine la dissolution d’un média dirigé par des militants et d’un site Web islamiste, jugés contraires aux «valeurs nationales».
C’est la dernière d’une série de mesures qui, selon les groupes de défense des droits et les avocats, portent atteinte aux libertés démocratiques.
À la suite d’une violente manifestation contre l’extrême droite à Nantes, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a fait part de son intention de dissoudre une plate-forme médiatique locale baptisée «Nantes Révoltée», qui avait relayé des informations sur la manifestation.
Quelques jours plus tôt, il avait exprimé sa volonté de fermer le site baptisé «La Voie droite», qui publie du contenu religieux islamiste.
Le gouvernement utilise de plus en plus ses pouvoirs pour dissoudre des organisations ou des groupes. Au cours des deux dernières années, on compte douze fermetures de ce genre, contre sept entre 2016 et 2019, selon les archives publiques françaises.
Avant de dissoudre une association, le ministère de l’Intérieur informe la partie concernée qui dispose d’un délai de quinze jours pour exposer ses contre-arguments. Ensuite, une fois le décret publié, l’organisation peut porter l’affaire devant le Conseil d’État, un tribunal administratif.
À ce jour, la plate-forme Nantes révoltée affirme n’avoir reçu aucune communication de la part du ministère de l’Intérieur concernant sa dissolution.
Parmi les organisations fermées par décret depuis janvier 2020, sept sont en lien avec l’islam, dont des associations de gestion de mosquées, une organisation humanitaire et des groupes de lutte contre l’islamophobie, indiquent les registres. Trois groupes d’extrême droite ont été fermés.
Annonçant mardi le projet de fermeture de Nantes révoltée aux députés, M. Darmanin décrit la plate-forme comme un groupe d’extrême gauche qui a appelé, à plusieurs reprises, à la violence contre l’État et la police à l'approche de la manifestation du week-end, au cours de laquelle trois personnes ont été arrêtées, des vitrines ont été brisées et des bagarres ont éclaté.
Raphaël Kempf, avocat de Nantes révoltée, affirme qu’un site Web partageant des informations sur un événement ne pouvait être tenu pour responsable de ce qui s’y passe.
«Le gouvernement se sert de cet outil juridique pour attaquer les voix qui le critiquent», déclare Me Kempf, ajoutant que le gouvernement dispose désormais de pouvoirs accrus, en vertu de la loi de 2021 qui fait de l’incitation à la violence un motif de dissolution. Auparavant, les groupes devaient être armés ou violents pour tomber sous le coup de cette accusation.
Voix dissidentes
La loi de 2021 a été introduite en réponse aux attaques violentes que la France a connues ces dernières années, notamment la décapitation de l’instituteur Samuel Paty en 2020 et les attentats de 2015 à Paris qui ont coûté la vie à cent trente personnes.
Cependant, certains avocats et groupes militants affirment que les autorités vont beaucoup trop loin pour museler les voix dissidentes et cibler toute personne pratiquant une forme d’islam non approuvée par l'État.
Au cours d’une interview télévisée dimanche, Gérald Darmanin a annoncé que le site islamiste La Voie droite serait fermé en vertu de la loi de 2021 pour «contenus incitant à la haine et appelant au djihad».
Le site en question nie avoir publié de tels contenus, affirmant dans un communiqué qu’en «encourageant les musulmans à respecter les textes, on s’oppose à tout type de menace ou de légitimation de la violence».
Le ministère français de l’Intérieur n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de Reuters.
Dans une autre mesure qui a alarmé certains groupes de défense des droits, le gouvernement français a intensifié la censure des contenus Internet en lien avec le terrorisme ou justifiant la violence en vertu d’une loi de 2014. Les responsables affirment que c’est nécessaire pour endiguer les attaques violentes.
Noémie Levain, avocate de l’organisation de défense des droits numériques baptisée «La Quadrature du Net», soutient que ces pouvoirs peuvent donner lieu à des abus.
«Le processus de décision est opaque», souligne-t-elle. «La police peut désigner un élément musulman comme problématique même si ce n’est pas violent. Elle peut en faire de même avec un appel à manifester lancé par des militants», conclut-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.