Psychodrame dans la famille Le Pen: Marion Maréchal ralliera-t-elle Zemmour?

Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi. (AFP)
Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi. (AFP)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

Psychodrame dans la famille Le Pen: Marion Maréchal ralliera-t-elle Zemmour?

  • Taubira, interrogée sur les propositions de Pécresse concernant l'immigration, a accusé la candidate LR de «bavardages irresponsables pour distraire la galerie»
  • Hidalgo s'est fâchée vendredi qu'on puisse considérer «démagogique» sa promesse d'offrir 5 000 euros à chaque jeune majeur si elle est élue en avril prochain

PARIS: Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi, tandis qu'à gauche, tout aussi fracturée, la primaire populaire continue de brouiller le message.


L'ex-députée FN Marion Maréchal, 32 ans, a lâché une petite bombe politique. Ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ? "La cohérence, la vision, la stratégie font que je penche pour Eric Zemmour. C'est certain. Mais il y a un sujet familial", a-t-elle dit vendredi au Figaro.


La sortie de Marion Maréchal, qui se murmurait depuis des jours et intervient après les défections récentes de deux eurodéputés RN, avive les querelles internes à la famille historique de l'extrême droite en France.


"C'est brutal, c'est violent, c'est difficile pour moi", a lâché, visiblement affectée, Marine Le Pen sur Cnews, en soulignant son "histoire particulière" avec sa nièce qu'elle a "élevée avec (s)a sœur pendant les premières années de sa vie".


Mais aussi son "incompréhension politique", parce que Marion Maréchal a toujours "indiqué qu'elle soutiendrait celui qui est le mieux placé", a rappelé Marine Le Pen. Elle a fait valoir son avance de plusieurs points dans les sondages sur le polémiste.


En déplacement, Eric Zemmour s'est refusé à "commenter les rumeurs de campagne" tout en soulignant "une belle semaine" pour lui.


L'impact d'un éventuel ralliement de Marion Maréchal au camp Zemmour, s'il se confirmait, reste cependant à mesurer. Mais cela illustre un peu plus la bataille qui se joue à l'extrême droite.


"On va en avoir pour combien de jours de la télénovela Le Pen ? Ce n'est pas très intéressant. Les uns comme les autres mèneraient au chaos", a réagi la candidate socialiste Anne Hidalgo sur LCI.

Accusée de «démagogie», Anne Hidalgo se fâche

"Franchement dans quel pays on est? J'en ai marre". La candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo s'est fâchée vendredi qu'on puisse considérer "démagogique" sa promesse d'offrir 5 000 euros à chaque jeune majeur si elle est élue en avril prochain.


La maire de Paris prévoit dans son programme d'offrir à chaque jeune, quand il atteint sa majorité, une somme de 5 000 euros, sans condition de ressources, si elle est élue à l'Elysée.


Alors que, sur LCI, le journaliste lui a demandé si sa mesure n'était pas démagogique, elle a répliqué: "vous ne pouvez pas dire ça, pas vous!"


"Les jeunes aujourd'hui sont dans une situation de très grande précarité, a-t-elle poursuivi. Vous voyez bien l'état du pays, même si on est ici sur un plateau télé, un peu comme un bocal, loin des réalités."


Pour elle, "ce n'est pas de la démagogie, c'est de la confiance dans notre jeunesse, c'est permettre à des jeunes avec 5 000 euros à l'âge de 18 ans, de pouvoir décider par eux-mêmes à quoi ils veulent consacrer cet argent là".


"Je suis très choquée quand on me pose ce genre de question, a-t-elle ajouté, et qu'on ne l'a pose pas quand Emmanuel Macron a supprimé une grande partie de l’impôt sur les grandes fortunes."


"Ca ne coûtait pas cher de supprimer quatre milliards d'euros de recettes du budget de l'Etat quand c'était pour l'impôt sur les grandes fortunes. Et là, pour le coup ça devient indécent ou démagogue de dire qu'on donne à chaque jeune 5 000 euros à 18 ans. Franchement dans quel pays on est ? J'en ai marre", s'est-elle indignée.


Revenant plus largement sur son programme où elle veut investir massivement pour l'éducation et la santé, elle a expliqué que "oui c'est vrai l'éducation ça coûte cher, la santé ça coûte cher, mais essayez de ne pas offrir une éducation à nos enfants, essayez un système dans lequel la santé devient quelque chose qui est inabordable pour beaucoup de nos concitoyens. Vous croyez vraiment que ça ne va pas nous coûter beaucoup plus cher encore?"

Dynamique ou revers pour Taubira 
A gauche, le vote pour la primaire populaire, une consultation citoyenne inédite lancée jeudi, affichait plus de 30% des 467 000 personnes inscrites ayant voté, selon les organisateurs.


Le scrutin sera clos dimanche à 17H00 et les résultats sont attendus peu après.


Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, en tête à gauche dans les sondages (9-10%), comme les candidats écologiste Yannick Jadot et socialiste Anne Hidalgo, ont refusé de participer à cette primaire qui divise un peu plus le camp de la gauche.


A l'inverse, l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, donnée favorite, en reconnaîtra l'issue.


"Je reconnaîtrai le verdict, je rejoindrai la personne qui aura été désignée", a-t-elle assuré vendredi soir sur BFMTV. Mais si la primaire désigne quelqu'un qui n'a pas voulu participer, ce sera "un cas de figure différent" a-t-elle ajouté.


Si un bon score pourrait conforter la dernière venue à gauche, un échec de Christiane Taubira poserait la question de son retrait de la course, l'ancienne ministre ayant toujours affirmé qu'elle ne souhaitait pas être qu'"une candidature de plus".


En attendant, ce n'est toujours pas l'entente cordiale avec M. Mélenchon que Christiane Taubira mais aussi Anne Hidalgo ont critiqué vendredi soir pour ses débats avec Eric Zemmour. MM. Mélenchon et Zemmour "s'entraident", a même fustigé la socialiste.

Taubira et Hidalgo attaquent Pécresse et Mélenchon sur leur attitude face à Zemmour

Christiane Taubira a par ailleurs affirmé qu'elle n'était "pas là pour satisfaire (les) désirs" d'Eric Zemmour, qui souhaite débattre avec elle.


"Lorsqu'il sera confirmé à l'élection présidentielle, à ce moment, nous aviserons", a-t-elle expliqué, mais "je n'ai pas de raison particulière de venir débattre avec lui".


Dénonçant "ses idées nauséabondes et inacceptables", elle a expliqué ne pas vouloir faire "de zèle pour légitimer le discours" du candidat d'extrême droite.


"Je n'y prendrai pas ma part", a-t-elle ajouté, une manière de critiquer la démarche du candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon qui a débattu à deux reprises avec le candidat de Reconquête!, dont jeudi soir sur C8.


Ce dernier débat était "le pire de ce que l'on peut faire en politique, moi je m'en éloigne", a commenté Anne Hidalgo. Interrogée pour savoir si MM. Mélenchon et Zemmour s'entraident, elle a répondu: "bien sûr, l'un l'autre. On avait vu une forme de complaisance déjà lors du premier débat", entre les deux hommes.


Anne Hidalgo a également dénoncé les propos "très choquants" et "pas dignes de quelqu'un qui veut accéder à la fonction présidentielle" de Jean-Luc Mélenchon sur les policiers dans la même émission où le chef de file des Insoumis avait dénoncé une "police violente" qui "fait ce qu'elle veut quand elle veut".

PARIS: Anne Hidalgo et Christiane Taubira ont attaqué vendredi Valérie Pécresse mais aussi leur rival à gauche pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, reprochant à la première sa "porosité" avec l'extrême droite et au deuxième ses débats avec Eric Zemmour.


Mme Taubira, interrogée sur BFMTV sur les propositions de Valérie Pécresse concernant l'immigration, a accusé la candidate LR de "bavardages irresponsables" pour "distraire la galerie". "Ce qu'il y a de plus inquiétant sur la droite, c'est plutôt la porosité qu'elle montre avec de plus en plus d'aisance à l'égard de l'extrême droite", a poursuivi l'ex-ministre de la Justice, candidate à la Primaire populaire de la gauche.


"On voit bien ce glissement vers la droite extrême et l'extrême droite, même, ces gages qui sont donnés publiquement", a-t-elle regretté, en rappelant que les "grands ténors de la droite sociale", citant Philippe Seguin décédé en 2010, "doivent s'en inquiéter".


"Nous avons besoin de cohésion, pas de paroles irresponsables, comme sortir le Kärcher de la cave", une formule de Nicolas Sarkozy recyclée par Mme Pécresse, a insisté Mme Taubira. 


La candidate socialiste Anne Hidalgo a également estimé sur LCI que Mme Pécresse "court après Eric Zemmour". "Elle n'est pas dans la tradition d'une droite républicaine, qui n'aborderait pas les choses de façon aussi caricaturale", a affirmé Mme Hidalgo.

Rebond de la croissance
Yannick Jadot va lui présenter son programme samedi à Lyon. Il a proposé vendredi, s'il est élu, un "abattement jusqu'à 200.000 euros" sur les droits de succession, devenus un thème important dans la campagne présidentielle.


Si le gouvernement s'est réjoui d'une croissance record de 7% en 2021, Yannick Jadot a critiqué sur France Info une croissance "inégalement répartie" et qui "ne permet pas de lutter contre les défis" climatique et de "justice sociale", au lendemain de manifestations en France pour la hausse des salaires.


La candidate LR Valérie Pécresse, en meeting à Oyonnax, s'est focalisée sur la santé, proposant une revalorisation des consultations chez le médecin à 30 euros, un doublement du nombre de soignants formés et une plus grande autonomie hospitalière.


A Chaumont-sur-Tharonne, dans le Loir-et-Cher, Eric Zemmour a proposé, lui, de verser 10 000 euros pour chaque nouvelle naissance dans une famille "de la France rurale", qui, selon son entourage, pourrait concerner un tiers de la population française.


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.


La bataille contre le feu continue dans les Landes, la lutte au sol privilégiée dimanche

"Un travail de fourmi": après trois jours de lutte intense, le vaste feu de forêt dans les Landes évolue plutôt favorablement dimanche, mais les pompiers ne baissent pas la garde, privilégiant les attaques au sol pour fixer les lisières. (AFP)
"Un travail de fourmi": après trois jours de lutte intense, le vaste feu de forêt dans les Landes évolue plutôt favorablement dimanche, mais les pompiers ne baissent pas la garde, privilégiant les attaques au sol pour fixer les lisières. (AFP)
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  • "L'objectif, c'est de fixer la lisière, qu'elle ne progresse plus, qu'elle arrête de grignoter la végétation et qu'elle ne s'approche pas des habitations", explique le chef de colonne Gwendal Sirvent
  • "C'est un travail de fourmi, méticuleux", complète le commandant Alexandre Bourmaud, chef de secteur

LUGLON: "Un travail de fourmi": après trois jours de lutte intense, le vaste feu de forêt dans les Landes évolue plutôt favorablement dimanche, mais les pompiers ne baissent pas la garde, privilégiant les attaques au sol pour fixer les lisières.

Tout près de Luglon, l'une des deux communes les plus proches de l'incendie avec celle de Garein, les pompiers sont intervenus dimanche en milieu d'après-midi, sur une première reprise de feu significative en lisière de la zone sinistrée, à quelques mètres seulement d'habitations et de cabanons.

À bord de plusieurs camions-citernes pour feux de forêt, ou à pied munis de lances à incendie, ils ont pénétré par une dense végétation dans le massif pour noyer sous la mousse cette reprise de feu, sur un terrain carbonisé et fumant de plusieurs centaines de mètres, a constaté une équipe de l'AFP.

"L'objectif, c'est de fixer la lisière, qu'elle ne progresse plus, qu'elle arrête de grignoter la végétation et qu'elle ne s'approche pas des habitations", explique le chef de colonne Gwendal Sirvent en arrivant sur place.

"C'est un travail de fourmi, méticuleux", complète le commandant Alexandre Bourmaud, chef de secteur. Mais "c'est essentiel car les reprises de feux sont souvent plus violentes que les feux eux-mêmes (...). Si on avait mis cinq minutes de plus, la reprise faisait un hectare".

La situation évolue "plutôt favorablement", l'incendie n'ayant pas connu de "reprise majeure" dans la nuit de samedi à dimanche, a souligné le préfet des Landes Gilles Clavreul dans son point-presse matinal. Il doit refaire un point de situation à 18H30.

La surface parcourue par les flammes a été réévaluée dimanche matin à 1.700 hectares, contre près de 1.600 samedi. Mais "ça ne traduit pas une évolution nette, c'est nous qui avons réévalué l'enveloppe", grâce au travail de cartographie effectué dans la nuit par des drones, a expliqué le préfet.

"On a bossé comme des monstres" 

Quelque 550 pompiers sont mobilisés, ainsi que des dizaines de bénévoles, et ils peuvent compter sur le soutien des agriculteurs locaux.

"C'est un territoire où l'eau n'est pas accessible et disponible facilement", or les agriculteurs disposent de cuves de plus de 16.000 litres, qu'ils "mettent à disposition pour que les pompiers s'approvisionnent (...). Ça les aide beaucoup, les pompiers gagnent du temps", souligne dimanche Vincent Villenave, vice-président de la chambre d'agriculture des Landes, en sortant d'une réunion avec les pompiers à Lublon.

Bottes aux pieds et béret sur la tête, Gérard Uriona, un habitant de Luglon qui a refusé d'évacuer pour "sauver (sa) maison" léchée jeudi par les flammes, sort d'une parcelle brûlée en bordure du village. "On a bossé comme des monstres toute la nuit", souffle-t-il.

"Ça fait trois jours qu'on ne dort pas. Notre mission c'est de pister le feu et d'éteindre les reprises. Le sol est encore chaud, il peut repartir à tout moment", s'inquiète ce retraité de 75 ans, bénévole de la Direction des forêts contre les incendies (DFCI).

Alors que deux Dash, quatre Canadair et le mégahélicoptère Chinook, prêté par l'Australie, s'étaient relayés incessamment samedi dans le ciel, les moyens aériens mobilisés ont été moins importants jusqu'à présent dimanche.

Mais il est encore trop tôt pour autoriser le retour des 650 évacués, principalement à Luglon, a prévenu le préfet dimanche matin.

Lecornu en Gironde lundi 

Il s'agit du troisième incendie majeur cet été dans l'immense massif des Landes de Gascogne, majoritairement planté de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, après ceux fin juillet de Biscarrosse (Landes, 3.700 hectares) et Saumos (Gironde, 42.000 hectares).

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit se rendre lundi en Gironde avec plusieurs ministres pour lancer le chantier de la reconstruction après le mégafeu qui avait nécessité l'évacuation de 220.000 personnes.

En France, 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.

Dans les Ardennes, un feu de forêt a parcouru une centaine d'hectares depuis samedi matin mais ne progresse plus actuellement, selon la préfecture du département.

La sécheresse favorise aussi les départs de feu ailleurs en Europe, notamment en Belgique, confrontée à l'un des plus grands incendies de son histoire, avec désormais près de 3.000 hectares brûlés dans un parc naturel proche de l'Allemagne. Des feux font aussi rage en Aragon (nord-est de l'Espagne) et sur des îles grecques.


Canicule : énième journée écrasée par la chaleur avant une amélioration progressive

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
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  • Canicule : 75 départements restent en vigilance orange, avant une baisse des températures ce week-end

PARIS: La fraîcheur au bout du tunnel ? Une grande partie du pays fait face vendredi à une énième journée de canicule, qui met sous tension les corps et les esprits, asséchant aussi des territoires soumis au risque d'incendies, avant une baisse des températures prévues ce week-end.

A 6H00, le Finistère, les Côtes-d'Armor, la Manche et le Calvados sont repassés en vert, tandis que l'Ille-et-Vilaine a été rétrogradé en jaune par Météo-France, mais 75 départements restent en vigilance orange canicule.

"Vendredi, ces températures caniculaires se décaleront progressivement un peu plus vers l'est", a souligné le service de météorologie, permettant "d'amorcer une évolution vers une baisse progressive des températures sur le Nord-Ouest".

Débutée le 28 juillet, cette vague de chaleur a dépassé en durée celle de 2003, avec 17 jours de fortes chaleurs, a annoncé jeudi Météo-France.

Jeudi après-midi, Lauren, 31 ans, a "très chaud" devant un kiosque à journaux du centre de Paris d'où elle sort munie d'un petit trésor vert : un ventilateur portable qui vaporise de l'eau.

Il fait 37°C.

"C'est notre premier jour ici, nous n'avions pas réalisé à quel point il ferait chaud", reconnaît cette touriste venue de Manchester, en Angleterre.

Pascal Knittel a "la chance" de travailler "dans un cabinet climatisé". "Comme tout le monde", ce sexagénaire en a marre des canicules, "mais on s'adapte".

"C'est le réchauffement climatique, il faut en prendre conscience et il faut surtout prendre les mesures adaptées. Je pense qu'enfin les gens vont se réveiller", espère cet habitant d'Epinal (Vosges), qui vient régulièrement dans la capitale.

Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues. Ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

- Incendie dans les Landes -

Avec un été 2026 brûlant et une sécheresse marquée qui favorise les incendies, les sapeurs-pompiers luttent depuis le début de la saison estivale contre les flammes sur une grande partie du territoire. Elles ont parcouru au moins 120.000 hectares, selon les estimations provisoires des autorités.

"Très déçus" par les promesses du ministre de l'Intérieur auquel ils sont venus réclamer jeudi plus de moyens, les sapeurs-pompiers professionnels ont appelé à la mobilisation nationale en septembre.

Laurent Nuñez a promis de leur présenter le 8 septembre un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile très attendu.

Sur le terrain, les soldats du feu ne peuvent pas baisser la garde.

Dans les Landes, un feu a parcouru 600 hectares dans une parcelle de forêt de pins et provoqué 500 évacuations.

Vers minuit, les flammes étaient à quelques centaines de mètres de Luglon, petit bourg situé à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Biscarrosse, théâtre d'un incendie qui a ravagé 3.700 hectares fin juillet, et à une centaine de kilomètres au sud du mégafeu qui a parcouru plus de 40.000 hectares au même moment dans la Gironde voisine.

A Guérande, près du littoral très touristique de la Loire-Atlantique, un feu de végétation, "fixé", a provoqué jeudi l'évacuation d'environ 2.000 campeurs, selon la préfecture.

Sur la côte du Pas-de-Calais, les incendies qui sévissent depuis mercredi dans une zone naturelle touristique sont "contenus" mais toujours "non fixés", trois pompiers ayant été légèrement blessés, d'après les services de l'Etat.

Quatre départements sont vendredi au niveau "très élevé", le plus haut, de "danger feux" - Mayenne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire et Indre - et 57 autres au niveau "élevé", selon la Météo des forêts.

Une grande partie du pays fait l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, 72 départements étant en situation de "crise" au regard de la sécheresse, selon le site gouvernemental VigiEau.

A ce stade, cette vague de chaleur est la troisième la plus longue jamais enregistrée dans le pays, derrière juillet 2006 (21 jours) et juillet 1983 (23 jours).

Elle est aussi la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.