En Grèce orthodoxe, des «pères spirituels» prêchent contre le vaccin

Un homme orthodoxe grec parle dans un mégaphone devant le parlement grec sur la place Syntagma, alors que les gens protestent contre le plan du gouvernement de vaccination obligatoire contre la Covid-19, à Athènes, le 29 août 2021. (Photo, AFP)
Un homme orthodoxe grec parle dans un mégaphone devant le parlement grec sur la place Syntagma, alors que les gens protestent contre le plan du gouvernement de vaccination obligatoire contre la Covid-19, à Athènes, le 29 août 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

En Grèce orthodoxe, des «pères spirituels» prêchent contre le vaccin

  • La majorité des monastères sont supervisés par l'influente Eglise orthodoxe de Grèce, non séparée de l'Etat, qui était très réticente au début de la pandémie à inciter les fidèles à respecter les mesures anti-Covid
  • Certains prélats refusent toujours de se faire vacciner

MILOCHORI, Grèce : Dans un monastère isolé du nord de la Grèce, des dizaines de fidèles sans masque se rassemblent pour célébrer la fête du dignitaire orthodoxe local, leur "père spirituel", farouchement opposé à la vaccination contre le coronavirus.

Aux abords du village de Milochori, à 17 km de la ville la plus proche, l'abbé Maximos, 88 ans, assis devant un buffet commandé à un traiteur local, martèle que les vaccins anti-covid portent "la marque de l'Antéchrist".

Fervent négationniste de la pandémie, le supérieur du monastère est aussi le confesseur personnel de la plupart des fidèles et occupe à ce titre un rôle clé dans leur vie, pour certains depuis l'enfance.

"L'abbé Maximos est dans ce monastère depuis 50 ans, c'est un saint homme", estime Evangelia, une géologue qui participe à la fête.

"Il est mon confesseur depuis plus de 40 ans et je suis de près ses conseils. Il m'a mise sur le chemin du Seigneur", explique-t-elle.

Dans ce coin isolé du nord de la Grèce, la région la plus hostile à la vaccination, elle insiste: "aucun d'entre nous ici n'a reçu le vaccin".

"La plupart d'entre nous sommes tombés malades mais nous n'avons jamais eu peur. Que devons-nous craindre, quand nous sommes dans la maison de Dieu ?", demande la sexagénaire.

La majorité des monastères sont supervisés par l'influente Eglise orthodoxe de Grèce, non séparée de l'Etat, qui était très réticente au début de la pandémie à inciter les fidèles à respecter les mesures anti-Covid. Certains prélats refusent toujours de se faire vacciner.

«La volonté de Jésus-Christ»

Le confesseur personnel est une tradition de longue date chez les fervents croyants orthodoxes en Grèce et dans les Balkans, explique Chrysostomos Stamoulis, professeur de théologie à l'Université Aristote de Thessalonique.

"Les confesseurs sont censés révéler la volonté de Jésus-Christ", dit-il.

On estime à près d'un millier le nombre de confesseurs officiels parmi les prêtres et les moines de Grèce, selon une source ecclésiastique.

En novembre dernier, l'acteur grec célèbre Aris Servetalis a provoqué un scandale en abandonnant brusquement son rôle dans la pièce du "Rhinocéros" d'Ionesco, pour protester contre l'interdiction des spectateurs non vaccinés dans la salle.

Le comédien a alors publiquement parlé de l'importance de son confesseur dans sa vie, y compris dans sa décision d'interpréter au cinéma un Saint grec auteur de miracles.

"Sans sa bénédiction, je ne l'aurais pas fait", a-t-il confié.

Athanassios Gikas, prêtre et professeur de théologie sociale à l'Université Aristote, estime que l'attrait pour ces "pères spirituels" augmente dans le nord de la Grèce en raison de la proximité de l'enclave monastique du mont Athos, haut-lieu de l'orthodoxie.

Lui-même confesseur, il insiste sur le fait que les conseillers spirituels "ne doivent pas imposer leur volonté".

"Il faut une grande maturité spirituelle pour guider quelqu'un. Certains se rendent coupables de crimes et devraient être sanctionnés", estime-t-il.

«Idéologies fondamentalistes»

Pour Chrysostomos Stamoulis, "certains confesseurs ont créé des idéologies fondamentalistes".

L'abbé Maximos a dit avoir appris à ses disciples à "refuser de devenir des cobayes" en se faisant vacciner.

"Je n'ai pas peur de la persécution. J'aime Dieu", assure-t-il.

Sa méfiance envers la médecine moderne est fondée, estime un assistant du monastère. "Il allait bien récemment jusqu'à ce qu'il prenne des médicaments. Maintenant, il ne peut plus marcher", dit-il de l'abbé Maximos qui se déplace en fauteuil roulant.

Sur le mont Athos, où vivent quelque 1.700 moines dans une vingtaine de monastères, plus de 40 sont morts du virus depuis le début de la pandémie. Beaucoup sont farouchement opposés au vaccin et tentent de convaincre les visiteurs.

"Je ne bénirai jamais quelqu'un qui a été vacciné", a déclaré le supérieur d'un monastère très conservateur dans une vidéo mise en ligne mi-janvier.

"Si c'est une démocratie, pourquoi ne pas laisser les gens faire ce qu'ils veulent?" s'interroge-t-il, accusant les autorités "d'investir sur la peur".

Mais pour certains, le conseil s'est avéré mortel.

A Thessalonique, Nikos, 57 ans, raconte qu'un couple de son quartier a été hospitalisé après avoir refusé le vaccin sur instruction de leur confesseur.

"La femme est décédée, laissant derrière elle quatre enfants. C'est la conséquence tragique des conseils du confesseur", estime-t-il.

L'ancien entraîneur national de football de Grèce et de Chypre, Angelos Anastasiadis, a reconnu avoir refusé un poste dans l'éminent club d'Athènes, l'AEK FC, sur les conseils de son confesseur.

"Je m'interroge vraiment sur les personnes qui prennent des décisions professionnelles sans consulter leur confesseur", a-t-il assuré.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."