Lutter contre les maltraitances en Ehpad: «toute la société» doit se mobiliser

Alice Casagrande, membre de la Commission, s'exprime lors de la publication d'un rapport d'une commission indépendante le 5 octobre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
Alice Casagrande, membre de la Commission, s'exprime lors de la publication d'un rapport d'une commission indépendante le 5 octobre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

Lutter contre les maltraitances en Ehpad: «toute la société» doit se mobiliser

  • Les normes sont les mêmes partout, et il n'y a d'ailleurs pas de raison de trouver plus de soignants à un endroit qu'à un autre
  • Surtout, cela pose la question de la sincérité du discours tenu aux personnes lorsque leur proche âgé entre en Ehpad

PARIS : La lutte contre les maltraitances dans les maisons de retraite doit mobiliser "toute la société", et pas seulement au moment des crises les plus médiatisées, souligne Alice Casagrande, spécialiste des questions d'éthique.

Face aux "fragilités" du secteur, dans le privé comme le public, des moyens financiers sont nécessaires, mais surtout une "détermination politique", analyse la présidente de la Commission nationale de lutte contre la maltraitance, qui a piloté une démarche nationale de consensus sur le sujet en 2020.

La question de la maltraitance se pose-t-elle de manière plus marquée dans les maisons de retraite privées?

Non, les alertes que je reçois ne concernent pas plus le privé que le public, et aucune étude sérieuse n'existe qui permette des comparatifs. Tous nos débats sont fondés seulement sur quelques cas particuliers. Chaque secteur a des fragilités différentes en la matière, qui toutes peuvent conduire à des maltraitances.

Dans le public, cette fragilité est liée à un management trop éloigné du terrain, pas assez réactif face aux petits détails qu'il faut corriger au quotidien pour que tout se passe bien. Dans le privé non lucratif, les structures n'ont parfois pas l'échelle suffisante pour mettre en place des démarches qualité ou des formations adéquates.

Et bien sûr, dans le privé lucratif, la fragilité vient d'un modèle axé sur la rentabilité. Ce n'est pas forcément incompatible avec la qualité. Mais face à cette culture de rentabilité, vous devez avoir des managers solides, qui comprennent comment allier les deux, sous peine d'être embarqués dans des politiques désastreuses. Or la fragilité managériale est commune aux trois secteurs des Ehpad.

S'ajoute le problème récurrent du "conflit de loyauté": lorsqu'un salarié repère quelque chose qui ne fonctionne pas, il peut être réticent à le signaler car il aurait l'impression de dénoncer un collègue. C'est un ressort très puissant, aussi bien dans le public que dans le privé.

Dans le privé, où les tarifs sont bien plus élevés, les familles s'attendent à un accueil de meilleure qualité. Or, le personnel n'y est pas plus nombreux que dans le public...

Effectivement. Les normes sont les mêmes partout, et il n'y a d'ailleurs pas de raison de trouver plus de soignants à un endroit qu'à un autre. Mais je comprends que cela puisse être choquant pour les familles. 

Surtout, cela pose la question de la sincérité du discours tenu aux personnes lorsque leur proche âgé entre en Ehpad. Il faut leur dire la vérité, ne pas leur laisser penser que, parce qu'ils payent plus cher, leur parent aura plus de soignants à ses côtés. Il y a une ambiguïté dans la promesse commerciale des établissements privés. Ce qu'attendent les personnes âgées et leurs familles, c'est une qualité dans la relation et le soin, et pas seulement la vue sur la mer, la grande salle à manger et le salon de coiffure!

Est-ce avant tout au secteur de se réformer?

C'est toute la société qui doit s'intéresser à ce qui passe dans ces établissements, et pas seulement au moment d'une crise et d'un emballement médiatique. Le grand public s'émeut face à des crises ponctuelles, mais il y a un déficit de mobilisation citoyenne pour obtenir les conditions d'exercice professionnel dignes que ce secteur mérite.

On manque aussi d'associations représentatives des personnes âgées qui soient suffisamment fortes pour réclamer aux politiques un accompagnement à la hauteur des attentes. 

Il faut aussi plus de contrôle, et une attention portée aux établissements dès les signaux faibles. Or aujourd'hui, les agences régionales de santé (ARS) n'ont pas d'obligation de mener des inspections spécifiques sur la maltraitance, et cette notion vient d'ailleurs seulement d'être définie dans la loi.

Les dirigeants politiques, de leur côté, doivent envoyer un message exigeant, et pas seulement en temps de crise lorsqu'il est urgent de dénoncer des actes délictueux. Les discours positifs, qui visent à attirer des jeunes vers les métiers du grand âge, c'est bien, mais insuffisant.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.