La fuite en avant de Donald Trump

Les participants brandissent des pancartes avant que l'ancien président américain Donald Trump ne prenne la parole lors d'un rassemblement «Save America» ​​à Conroe, au Texas, le 29 janvier 2022. (AFP)
Les participants brandissent des pancartes avant que l'ancien président américain Donald Trump ne prenne la parole lors d'un rassemblement «Save America» ​​à Conroe, au Texas, le 29 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 février 2022

La fuite en avant de Donald Trump

  • Les propos de l'ancien président lors d'un meeting au Texas ce week-end ont provoqué un malaise jusque dans son parti
  • «Si je me présente, et si je gagne, nous traiterons équitablement ceux du 6 janvier», a lancé Trump au sujet de ses partisans qui ont envahi le siège du Congrès américain

WASHINGTON: De plus en plus candidat, Donald Trump a suggéré qu'il pourrait gracier des assaillants du Capitole s'il était réélu président, une surenchère politique qui répond à une enquête parlementaire dont la menace se fait de plus en plus pressante.


Les propos de l'ancien président lors d'un meeting au Texas ce week-end ont provoqué un malaise jusque dans son parti.


"Si je me présente, et si je gagne, nous traiterons équitablement ceux du 6 janvier", a-t-il lancé au sujet de ses partisans qui ont envahi le siège du Congrès américain, lors de son deuxième meeting en deux semaines.


Avant de promettre "la plus grande manifestation jamais vue, de Washington à New York en passant par Atlanta", si jamais des procureurs faisaient "quoi que ce soit d'illégal" dans les enquêtes sur ses affaires et sa personne.


L'une de ces investigations, menée par une commission parlementaire à majorité démocrate, cherche à faire la lumière sur sa responsabilité dans l'attaque du Congrès par ses partisans le 6 janvier 2021. Et dessine peu à peu le tableau d'un président qui a usé de tous les moyens à sa portée pour tenter de s'accrocher au pouvoir.

Papiers recollés
Comme ce projet de décret (jamais signé) de la Maison Blanche qui ordonnait au plus haut responsable militaire du pays de saisir des machines électorales à travers les Etats-Unis, sur lequel la commission a mis la main.


Ou, comme le révèle le New York Times lundi soir, cet ordre de Donald Trump à son avocat pour contacter le ministère de la Sécurité intérieure, et -- là encore -- prendre le contrôle des fameuses machines, au coeur des théories du complot farfelues du camp Trump.


Après avoir entendu plus de 400 témoins, la commission parlementaire épluche désormais plus de 700 pages de documents, dont certains ont été délibérément déchirés par Donald Trump... et recollés par son personnel.


Parmi ces centaines d'archives, certaines informations "que l'ancien président avait espéré garder cachées", assurent les élus à la tête de cette commission.


Les intentions de Donald Trump, elles, n'ont en tout cas plus grand-chose de secret.


"Renverser l'élection" présidentielle était bel et bien l'intention du milliardaire républicain, a-t-il confirmé ce week-end dans un communiqué.


"Tellement de fraudes et d'irrégularités", a-t-il fustigé au sujet du scrutin que sa marée de casquettes rouges et lui croient encore volé.


Pour savoir jusqu'où exactement Donald Trump a osé aller dans sa croisade, la commission dite "du 6 janvier" a lancé des assignations à comparaître en rafale dans l'entourage de l'ancien magnat de l'immobilier. L'un d'entre eux a déjà été inculpé pour avoir refusé de témoigner.


Ce groupe d'élus avance à toute vitesse, soucieux de publier ses travaux avant les élections de mi-mandat lors de laquelle les républicains promettent une "vague rouge", et d'enterrer les travaux de l'enquête parlementaire.

Trésor de guerre
Donald Trump voit aussi son parti gagnant, et paraît déjà se positionner pour la prochaine échéance: la présidentielle de 2024. Lundi soir, il a semblé plus que jamais candidat, se targuant d'avoir un trésor de guerre de plus de 122 millions de dollars, un montant sans précédent pour un ancien président.


"Ils détestent que je batte tous les records", a-t-il lancé, accusant les médias de ne pas vouloir couvrir ses réussites. Ou de s'attarder trop sur ses déconvenues.


Mais il existe encore de sérieux obstacles dans sa potentielle course à la Maison Blanche.


Même si son parti venait à remporter les législatives de novembre, Donald Trump devra aussi se confronter au regard de ses pairs conservateurs, qui pour certains ont sérieusement commencé à prendre leurs distances.


Un de ses plus proches alliés, le sénateur Lindsey Graham s'est empressé de qualifier d'"inappropriées" les promesses de supposées grâces présidentielles de l'ancien locataire de la Maison Blanche.


Le ténor conservateur Mitch McConnell et chef des républicains au Sénat s'y est aussi opposé mardi.


En parallèle, plusieurs élus de son camp travaillent depuis des semaines sur un projet de loi spécifiquement mis sur pied pour éviter que toute élection ne puisse être renversée. Ou que l'Histoire ne bégaie.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.