Record de chaleur et feux de forêts en Amazonie colombienne

Photo publiée par le ministère colombien de la Défense, montrant la fumée qui s'élève d'un incendie de forêt dans le parc naturel national de Chiribiquete, dans le nord-ouest de l'Amazonie colombienne, le 4 février 2022. (Photo, AFP)
Photo publiée par le ministère colombien de la Défense, montrant la fumée qui s'élève d'un incendie de forêt dans le parc naturel national de Chiribiquete, dans le nord-ouest de l'Amazonie colombienne, le 4 février 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 05 février 2022

Record de chaleur et feux de forêts en Amazonie colombienne

  • Fin janvier, le ministère a recensé plus de 3 300 «points chauds» dans les six départements qui composent l'Amazonie colombienne
  • La Fondation pour la conservation et le développement durable a enregistré au moins 938 feux de forêt

BOGOTA, Colombie : Janvier 2022 a été le mois le plus chaud pour l'Amazonie colombienne au cours de la dernière décennie, entraînant une multiplication des feux de forêt dans cette région du sud-est de la Colombie, avec un très probable impact sur la qualité de l'air jusque dans la capitale Bogota.

Selon un rapport du ministère de l'Environnement, le mois de janvier a enregistré la "valeur la plus élevée de points chauds au cours des dix dernières années" dans l'Amazonie colombienne.

Le phénomène se produit, ajoute le ministère, lorsque le pays traverse une saison de faibles précipitations. Elle est due aux "activités anthropiques", c'est-à-dire aux activités humaines, dont "la plus importante est associée aux fronts de déforestation", ajoute le rapport.

Au moins 80% de ces "points chauds" sont des feux de forêt, a expliqué un porte-parole du ministère.

Fin janvier, le ministère a recensé plus de 3 300 "points chauds" dans les six départements qui composent l'Amazonie colombienne, dont 1 300 dans la seule région du Guaviare.

Selon des témoignages recueillis en octobre dans cette région, paysans et propriétaires terriens profitent de la saison sèche, de janvier à avril, pour brûler les arbres coupés, planter à la place des plants de coca ou y laisser paître le bétail.

Sont notamment menacés le parc national de la Serrania del Chiribiquete, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, tout comme la réserve naturelle nationale de Nukak, un vaste territoire de jungle habité par ces derniers indigènes nomades de Colombie.

La Fondation pour la conservation et le développement durable (FCDS), qui tient son propre décompte et survole régulièrement les zones concernées, a enregistré au moins 938 feux de forêt, le chiffre le plus élevé pour un mois de janvier depuis 2012.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux par cette ONG, spécialisée dans le suivi de la déforestation, montrent d'épais nuages de fumée et des flammes s'élevant de la jungle de Guaviare.

Selon le système de surveillance planétaire des feux de Global Forest Watch, ce sont 2 363 alertes incendie qui sont signalées en Amazonie colombienne au 4 février, depuis début janvier.

Nuages sur Bogota

D'après la FCDS, une couche de nuages blancs/gris observée ces dernières dans le ciel de Bogota est la conséquence de ces incendies, et le phénomène devrait s'intensifier dans les prochaines heures.

"Des milliers d'hectares de jungle amazonienne, coupés ces derniers mois, sont en feu aujourd'hui. Ces incendies massifs se ressentent à présent jusqu'à Bogota", a alerté sur Twitter le directeur de la FCDS, Rodrigo Botero.

"Les acteurs de la déforestation profitent de la saison sèche pour brûler la forêt et défricher" la jungle. La qualité de l'air, avec cette addition de particules (...) doit être considérée de toute urgence comme une alerte de santé publique", s'est alarmé M. Botero.

"J'insiste: des centaines de panaches de fumée émettant des particules atteignent les villes. Il y a des décisions de santé publique à prendre rapidement. Que disent les indicateurs de l'air à Bogota?", a-t-il renchéri, toujours sur Twitter.

De son côté, la maire de Bogota Claudia Lopez a fustigé sur le même réseau social "l'incapacité" du gouvernement "à contrôler le territoire et à garantir la sécurité, ce qui nous affecte toujours à Bogota. Quand ce ne sont pas des massacres et des déplacements forcés, ce sont des incendies criminels (...) qui, en raison de la direction du vent, finissent par arriver et par détériorer la qualité de l'air" dans la capitale, à presque 500 km de là.

À Medellin, deuxième ville la plus peuplée du pays, la mairie a alerté sur une détérioration de la qualité de l'air à un niveau "nuisible à la santé" des enfants et des personnes âgées.

L'ambassade de Norvège dans le pays s'est elle aussi dite "préoccupée par les incendies dans les départements de Guaviare, Caqueta et Meta", qui "causent des pertes incalculables et mettent en danger les communautés qui habitent et dépendent de ces forêts".

Selon les données du gouvernement colombien, la déforestation a explosé ces dernières années dans la partie amazonienne du pays, conséquence notamment de l'accord de paix historique signé en 2016 avec la guérilla marxiste des FARC, qui a alors abandonné de vastes pans de territoires sous son contrôle. D'autres groupes armés en ont depuis lors pris le contrôle, profitant également de l'absence et de l'inaction de l'Etat dans ces zones isolées.

La déforestation a pour but l'élevage extensif de bétail, l'exploitation illégale de minerais, et la culture de la coca pour la production de drogues.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.