A Riyad, l'association Rahmah a secouru plus de 2 300 animaux

En Arabie saoudite, l’adoption d’animaux de compagnie est un concept relativement nouveau, mais la jeune génération s’efforce de corriger les idées fausses et de faire évoluer les attitudes traditionnelles. (Photo fournie)
En Arabie saoudite, l’adoption d’animaux de compagnie est un concept relativement nouveau, mais la jeune génération s’efforce de corriger les idées fausses et de faire évoluer les attitudes traditionnelles. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 09 février 2022

A Riyad, l'association Rahmah a secouru plus de 2 300 animaux

En Arabie saoudite, l’adoption d’animaux de compagnie est un concept relativement nouveau, mais la jeune génération s’efforce de corriger les idées fausses et de faire évoluer les attitudes traditionnelles. (Photo fournie)
  • La Rahmah Animal Welfare Association s’occupe des animaux errants, organise des adoptions et lutte contre le trafic d’animaux sauvages
  • Rahmah, basée à Riyad, a secouru plus de 2 300 animaux et supervisé l’adoption de centaines d’autres

DUBAÏ: Pour de nombreuses personnes dans le monde, les mesures de confinement liées à la pandémie étaient des expériences isolantes et parfois décourageantes. Les familles étaient confinées dans leurs appartements et leurs maisons, les enfants contraints de suivre leurs cours sur des écrans d’ordinateur dans leur chambre, et les parents travaillaient à distance depuis n’importe quel espace disponible dans leur maison. 

En dépit de cette morosité, l’un des résultats les plus positifs est que de nombreuses personnes ont adopté des animaux abandonnés pour en faire des animaux de compagnie, ce qui leur permettait de faire du sport et d’avoir un divertissement bien nécessaire. 

En Arabie saoudite, l’adoption d’animaux de compagnie est un concept relativement nouveau, mais la jeune génération s’efforce de corriger les idées fausses et de faire évoluer les attitudes traditionnelles. 

L’une des personnes qui font la différence est Shokran Aljihani, 29 ans, responsable du comité d’adoption et de sauvetage de la Rahmah Animal Welfare Association, une organisation bénévole à but non lucratif lancée à Riyad en mai 2020. Elle a décidé de s’y impliquer initialement en raison de son amour pour les animaux et de son désir de contribuer à inspirer le changement. 

«Tout a commencé avec un groupe de personnes intéressées dans la protection des animaux et de l’environnement qui se sont réunies et ont décidé de créer Rahmah pour sensibiliser les gens aux animaux et à l’environnement», explique-t-elle à Arab News. «Ma famille et moi aimons les animaux, donc cette passion a commencé il y a longtemps pour moi.» 

Cette passion a poussé Mme Aljihani à adopter ses propres animaux de compagnie. Ensuite, elle a rencontré l’un des membres du conseil d’administration de Rahmah, qui lui a présenté le groupe naissant et le travail qu’il prévoyait de faire. En mai 2020, elle a rejoint l’association en tant que membre fondateur dans l’espoir de «faire la différence». 

«Je m’assure que les processus de sauvetage et d’adoption ainsi que les opérations quotidiennes du refuge se déroulent comme prévu», indique-t-elle. 

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Shokran Aljihani, 29 ans, est responsable du comité d’adoption et de sauvetage de la Rahmah Animal Welfare Association, une organisation bénévole à but non lucratif lancée à Riyad en mai 2020. (Photo fournie) 

L’association répond aux appels du public concernant des chiens ou des chats blessés ou errants, et envoie des équipes de sauvetage pour récupérer les animaux. Une fois les problèmes de santé immédiats résolus, les animaux sont généralement vaccinés, stérilisés et proposés à l’adoption. 

Les photos des animaux secourus, ainsi que leur histoire, sont publiées sur le site Web du groupe, rahmah-ksa.com, et sur ses comptes Twitter et Instagram, dans le but de trouver des personnes prêtes à les adopter. 

Peu après avoir rejoint le groupe, Mme Aljihani a secouru six chats et deux babouins et les a hébergés chez elle. Les babouins en particulier se sont avérés être un défi, mais un défi gratifiant. 

«L’adoption de babouins n’est pas vraiment courante, mais il est un peu difficile de les garder au refuge en permanence, car ils ont besoin de soins supplémentaires et de plus d’attention», dit-elle. 

«L’un d’eux est âgé de 3 mois et l’autre de 10 mois, mais les singes ont besoin de soins maternels.» 

Les babouins sont originaires des montagnes Sarawat, dans la région occidentale de l’Arabie saoudite. La plupart se trouvent dans le sud-ouest, entre Taïf et Asir. L’année dernière, ils ont également été repérés, pour la première fois depuis des décennies, dans la région centrale, dans plusieurs quartiers de Riyad. 

Les babouins secourus par Rahmah ont été retrouvés dans la région du sud-ouest. Ils avaient été capturés dans la nature, un problème courant pour les animaux du Royaume. Mme Aljihani admet qu’il était difficile de vivre avec eux dans sa maison au début, étant donné leur comportement enfantin, mais elle ajoute que cela est amusant. 

«Ils cassent les meubles mais ils sont gentils avec les chats», mentionne-t-elle. 

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En Arabie saoudite, l’adoption d’animaux de compagnie est un concept relativement nouveau, mais la jeune génération s’efforce de corriger les idées fausses et de faire évoluer les attitudes traditionnelles. (Photos fournie) 

Elle explique que la fondation de Rahmah a été motivée par une mission importante : «L’objectif de Rahmah, et la principale raison de sa création, est de protéger les animaux et nous pouvons le faire de plusieurs façons grâce à notre travail ici», indique Mme Aljihani. «Nous sauvons et prenons soin des animaux, et nous leur fournissons les soins médicaux dont ils ont besoin. Nous essayons de leur trouver des foyers et de sensibiliser les gens, ce qui est primordial.» 

Ce dur labeur porte ses fruits. À ce jour, Rahmah a secouru plus de 2 300 animaux et supervisé l’adoption d’environ 300 autres, et tout cela a été réalisé avec l’aide de près de 2 000 bénévoles. L’équipe du refuge promeut activement les notions de coexistence, de paix et de compassion pour les animaux et l’environnement. 

Toutefois, il n’existe que cinq refuges pour animaux dans le Royaume, et une aide supplémentaire est nécessaire. Rahmah s’efforce de sensibiliser le public en visitant les écoles de Riyad, en formant et en éduquant les jeunes sur la façon de prendre soin des animaux et en leur suggérant des moyens de contribuer aux efforts de sauvetage. 

«C’est une question de sensibilisation; les gens n’ont pas été assez sensibilisés, alors nous y travaillons», souligne Mme Aljihani. «En Arabie saoudite, il y a tellement de personnes passionnées par les animaux, mais elles travaillent. Par conséquent, le fait de mettre en place une organisation à but non lucratif permet de sensibiliser les gens plus rapidement.» 

En effet, les mentalités évoluent lentement et Rahmah prévoit d’ouvrir ses portes dans d’autres villes. Elle espère également mettre en place prochainement une clinique mobile qui fournira des services médicaux aux animaux au domicile de leurs propriétaires et dans les rues, ainsi que des services de sauvetage. 

Mme Aljihani estime que les animaux sont égaux aux humains quant à leur droit à une vie heureuse et saine. 

«J’ai beaucoup de chance que ma famille me soutienne autant», déclare-t-elle. «Je passe beaucoup de temps à l’extérieur car je travaille le matin et ensuite je vais au refuge et j’y passe des heures, et c’est eux qui prennent soin de mes animaux.» 

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Les photos des animaux secourus ainsi que leur histoire sont publiées sur le site Web du groupe, rahmah-ksa.com, et sur ses comptes Twitter et Instagram, dans le but de trouver des personnes prêtes à les adopter. (Photo fournie) 

Elle bénéficie également de l’aide et du soutien de son amie Basma Altwejri, qui a lancé l’initiative Pay It Forward en Arabie saoudite en 2016 pour encourager les gens à marquer positivement leur communauté. Pay It Forward opère dans plus de 80 pays et cherche à changer la perception du don en encourageant la bonne action simple et quotidienne. 

En tant que passionnée du secteur non lucratif et amoureuse des animaux, Mme Altwejri s’est sentie appelée à aider Rahmah et a pris en charge sa section marketing et partenariats il y a plus d’un mois. 

«Je tiens cela de ma mère», confie-t-elle à Arab News. «Nous étions très jeunes lorsque nous avons adopté quelques chiens et chats errants. Je me sentais impuissante en tant qu’enfant: je voulais en aider beaucoup plus, mais je ne pouvais pas le faire. Nous avons fait de notre mieux à l’époque, mais il me semblait qu’il n’y avait aucun groupe capable de venir en aide aux animaux, alors j’en suis restée là.» 

Lorsqu’elle a grandi et acquis de l’expérience auprès d’organisations à but non lucratif, elle a constaté qu’il y avait une lacune dans le domaine de la protection des animaux, en particulier en Arabie saoudite, qui abrite une population considérable de chats et d’animaux exotiques souvent vendus et commercialisés illégalement. 

«Ce n’est pas éthique, affirme Mme Altwejri. J’ai donc voulu aider.» 

Elle a commencé à collaborer avec le Riyadh Animal Shelter avant d’explorer d’autres possibilités d’aider les animaux du Royaume. La plupart des options qu’elle a découvertes étaient des opérations menées par une seule personne, jusqu’à ce qu’elle découvre Rahmah. 

«J’ai essayé de faire du bénévolat dans de nombreuses organisations à but non lucratif, mais Rahmah est une organisation tellement professionnelle qui s’occupe des animaux avec un amour absolu», dit-elle. 

«Il est nécessaire d’atteindre un public plus large. Le succès de Rahmah jusqu’à présent est impressionnant, mais il y a encore beaucoup d’animaux qui doivent être adoptés. Nous avons besoin d’un coup de pouce. Peu de gens ont de la compassion pour les animaux. Ils pensent que c’est juste une chose secondaire, mais les animaux sont des créatures sans défense qui nous donnent un amour inconditionnel, et si nous ne les aidons pas, ils ne peuvent pas s’aider eux-mêmes.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.


«American Doctor», ou la brutalité de la guerre à Gaza vue par des médecins

Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
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  • Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza
  • Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes.

PARK CITY: Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer.

Teng craint de devoir flouter la scène pour protéger la dignité des enfants. Mais sa décision fait débat.

"On ne leur rend pas justice à moins de laisser leur mémoire, leurs corps, raconter l'histoire de ce traumatisme, de ce génocide. On ne leur rend pas service en ne les montrant pas ", estime le médecin juif américain Mark Perlmutter au Festival du film de Sundance, où le film a été présenté en avant-première vendredi.

"Voilà ce que mes impôts ont fait. Voilà ce que vos impôts ont fait. Voilà ce que les impôts de mon voisin ont fait. Les gens ont le droit de connaître la vérité", souligne-t-il.

"Vous avez la responsabilité, comme moi, de dire la vérité. Si vous floutez cela, c'est une faute professionnelle journalistique".

Malgré un cessez-le-feu fragile, les violences se poursuivent entre les forces israéliennes et le Hamas, faisant des victimes parmi les non combattants dont des dizaines d'enfants, selon l'Unicef.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a qualifiée de "déformée et fausse", tout en taxant ses auteurs d'antisémitisme.

Contrebande d'antibiotiques 

Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza depuis qu'Israël a répondu à l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes. On les voit également en d'autres occasions dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les médias israéliens et américains.

Le documentaire montre aussi les difficultés pratiques auxquelles ils sont confrontés, les blouses chirurgicales et les antibiotiques qu'ils doivent faire passer en contrebande à travers la frontière pour contourner le blocus israélien. Et les refus de dernière minute des autorités israéliennes de les laisser entrer.

Le film décrit le courage d'hommes qui vont volontairement travailler dans des hôpitaux frappés à plusieurs reprises par l'armée israélienne. Comme l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, cible d'une double frappe en août 2025.

Israël affirme viser des "terroristes" dans ces établissements et soutient que des combattants du Hamas sont retranchés dans des tunnels sous les hôpitaux.

"Complices du meurtre d'enfants" 

Feroze Sidwha, peut-être le plus loquace des trois médecins, répète n'avoir jamais vu de tunnels. Et de toute façon, insiste-t-il, même la présence de combattants blessés dans un hôpital n'en fait pas une cible légitime.

"Les Américains méritent de savoir ce qui se passe, à quoi sert leur argent, et tout simplement de pouvoir décider", dit-il. "Voulez-vous vraiment qu'on fasse cela?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je suis à peu près sûr que la réponse est +non+. Je veux juste continuer à m'exprimer et à faire savoir aux gens qu'ils n'ont pas à être complices du meurtre d'enfants. Nous le sommes tous, à l'heure actuelle".

Le film est dédié aux quelque 1.700 soignants tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Selon Reporters sans frontières (RSF), près de 220 journalistes ont également été tués, faisant d'Israël le plus grand tueur de journalistes dans le monde pour la troisième année consécutive.

Le Festival de Sundance se tient jusqu'au 1er février.


Haute couture: Jonathan Anderson signe un baptême floral chez Dior

Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Jonathan Anderson a lancé la semaine de la haute couture à Paris avec sa première collection Dior haute couture, célébrant la nature à travers des silhouettes fleuries, sculpturales et aériennes
  • Le défilé, très attendu, a rassemblé célébrités et figures de la mode et ouvre la voie à un programme intense, avec notamment la première collection haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi

PARIS: Un jardin d'Eden de luxe: Jonathan Anderson a lancé lundi à Paris la semaine de la haute couture avec une première collection florale pour Dior, entre célébration de la nature et hommage aux savoir‑faire.

Le show, organisé au coeur d'une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin, était l'un des moments les plus attendus de ces quatre jours de défilés, avec les débuts en haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi.

"En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose", annonçait la note d'intention du défilé.

Cette première proposition haute couture se veut ainsi pensée comme un "cabinet de curiosités" où pièces d'exception et merveilles naturelles "sont rassemblées et recontextualisées".

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Le défilé Dior s’est tenu au cœur des jardins du musée Rodin, dans une structure éphémère pensée pour la haute couture. (Photo: AFP)

Sous un plafond recouvert de fleurs, Jonathan Anderson a livré une vision bucolique aux silhouettes fleuries, à la fois sculpturales et aériennes, où des robes bouffantes aux plissés twistés côtoient des robes courtes à volants et des jupes longues aux drapés asymétriques semblant retenir un plateau posé en équilibre.

Le Nord-Irlandais de 41 ans revisite une nouvelle fois l'emblématique veste Bar, à la taille très cintrée, transformée en manteau long en laine, en cuir crocodile ou en queue‑de‑pie, tandis que la maille se fait omniprésente, du pull‑robe à jupe patineuse aux modèles finement travaillés, dotés d'un haut boule et d'une jupe fluide toute en transparence.

Les mannequins défilent avec de petits bouquets de cyclamens roses en guise de boucles d'oreilles — les mêmes que ceux adressés aux invités — et parfois une longue frange rose ou violette.

Le défilé s'est achevé par la traditionnelle robe de mariée blanche au bustier asymétrique twistée et au jupon drapé et rebrodé de fleurs blanches.

Cette entrée remarquée dans la couture a attiré un parterre de personnalités, de Rihanna à Jennifer Lawrence, en passant par son prédécesseur John Galliano et Brigitte Macron.

- Aristo-punk -

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison-phare de LVMH.

Après une première collection homme saluée en juin et une ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, le styliste a présenté mercredi à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.

Entre tops à sequins, manteaux-capes inspirés des imprimés de Paul Poiret, vestes Bar en pied-de-poule et chaussures à motifs lézard, le tout surmontés de perruques jaune acide, le couturier a livré une ligne aristo-punk plus fidèle à son esprit subversif que la précédente qui n'a pas manqué de faire réagir.

- Blazy très attendu -

L'attente est également très forte chez Chanel, où Matthieu Blazy présentera mardi au Grand Palais sa toute première collection haute couture.

Le Franco-Belge de 41 ans, arrivé en décembre 2024 après son passage remarqué chez Bottega Veneta (Kering), avait impressionné dès octobre avec une première collection prêt-à-porter féminin encensée.

Il a également démontré sa maîtrise des savoir-faire de la maison lors du défilé Métiers d'art présenté en décembre à New York, un show marquant organisé dans le métro.

Jusqu'à jeudi, 28 maisons présentent leurs créations dans le cadre de la semaine de la haute couture.

Comme à son habitude, la maison italienne Schiaparelli a ouvert lundi matin le bal avec une collection sculpturale très animalière, où ailes et queue de scorpions complètent des silhouettes glamour, sous le regard de personnalités comme Jeff Bezos et son épouse Lauren Sánchez ou l'actrice Demi Moore.

Chez Georges Hobeika, la femme se fait bijou, des têtes couvertes de diadèmes aux traînes chamarrées. Des perles géantes sont suspendues aux robes fourreaux, des diamants couvrent les lourds drapés et les voiles bouffants. Les parures se confondent avec les corps, dans cette collection baptisée "Amour".

L'écru domine le vestiaire du créateur libanais, associé à son fils Jad, qui ont donné à voir leurs modèles dans la cathédrale américaine de Paris, alliant solennité et mystique.