Présidentielle: Christiane Taubira en quête d'une dynamique

La candidate présidentielle française Christiane Taubira s'entretient avec des habitants de Montreuil, à l'est de Paris, le 9 février 2022. (Photo, AFP)
La candidate présidentielle française Christiane Taubira s'entretient avec des habitants de Montreuil, à l'est de Paris, le 9 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 10 février 2022

Présidentielle: Christiane Taubira en quête d'une dynamique

  • Près d'un mois après son entrée dans la campagne présidentielle, Christiane Taubira attend toujours la dynamique qui lui permettrait de ne plus être «une candidate de plus»
  • Elle a relancé mardi son appel au rassemblement, après une rencontre entre ses équipes et celle du candidat écologiste Yannick Jadot dimanche

PARIS : Près d'un mois après son entrée dans la campagne présidentielle, Christiane Taubira attend toujours la dynamique qui lui permettrait de ne plus être "une candidate de plus", et la question des parrainages et du financement se fait plus pressante.

Victorieuse fin janvier de la Primaire populaire, une consultation citoyenne qui a rassemblé 392 000 participants, Christiane Taubira tente depuis, en vain pour l'instant, de construire l'union à gauche.

Elle a relancé mardi son appel au rassemblement, après une rencontre entre ses équipes et celle du candidat écologiste Yannick Jadot dimanche, mais elle n'a pas décollé dans les intentions de vote, stagnant entre 3,5 et 5%, alors que son équipe espérait "un moment de vérité entre le 5 et 10 février".

"Les sondages, ils vont, ils viennent, c'est pas de nature à m'angoisser", a assuré la candidate lors d'un déplacement à Montreuil.  

"Sur le terrain le rassemblement, je le vis", jure-t-elle, soutenue par les nombreux Comités qui portent son nom, lancés bien avant elle dans la bataille.

C'est d'ailleurs essentiellement sur eux qu'elle s'appuie, ainsi que sur les votants de la Primaire populaire. "Ce n'est pas la candidate d'un parti", insistent ses troupes, persuadées qu'il y a "un socle évident d'électeurs pour elle ces dernières semaines". Reste qu'à ce stade, "la dynamique n'est pas là", savourent ses concurrents à gauche.

"On voit bien que dans l'opinion, ça n'accroche pas. Une personnalité ça ne fait pas tout", analyse un cadre du PS.

"Je crois qu'elle ne va pas y aller, elle n'aura ni les parrainages, ni le financement", estime un autre chez LFI.

La candidate guyanaise accuse en effet un sérieux retard, avec seulement 36 signatures d'élus enregistrées mardi par le conseil constitutionnel, loin derrière ses concurrents.

Interrogée mercredi par la presse, l'ex-Garde des Sceaux de François Hollande a joué la sérénité. Elle a le soutien du Parti radical de gauche, dont le président Guillaume Lacroix a comptabilisé "282 parrainages possibles, et à l'heure actuelle, une remontée de 170 promesses".

"La question maintenant, dit-il, c'est le Serment de Romainville", du nom de ce collectif d'élus, qui en marge de la Primaire populaire, avait choisi de réserver leurs parrainages à celui qui ferait le rassemblement à gauche.

La candidate a été aussi critiquée sur son absence de programme, qu'elle dévoile progressivement, au gré de ses déplacements ou de conférences de presse.

Et si ses propositions ressemblent beaucoup à celles de ses concurrents, plaide-t-elle, c'est parce qu'elles sont pour partie tirées du socle de la Primaire populaire, auquel tous les partis de gauche ont participé.

«Bataille de février»

Désormais "on est dans la bataille de février", explique son entourage, avec une campagne de porte-à-porte et une réunion publique par semaine, puis deux par semaine en mars.

L'idée est aussi d'évacuer la mauvaise passe de la semaine dernière, marquée par sa faible performance à la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement, qui a semé quelques doutes.

"Ce n'est pas sa meilleure intervention", admet son entourage: "On a mésestimé le fait que chaque sortie est un grand oral de l'ENA".

Un raté dont se sont réjoui ses autres concurrents à gauche.

"On subit beaucoup d'attaques depuis la Primaire populaire, on est devenu la cible", déplore son entourage.

Christiane Taubira y a semblé sensible: "Je ne sais pas si vous auriez résisté au bashing", a-t-elle dit à la presse. 

Mais elle assure qu'elle ira "jusqu'au bout" et ne "traitera ni par le mépris ni par la trahison le mandat reçu à la Primaire populaire".

Pour trouver les financements nécessaires, son équipe compte surtout sur les dons. "200 000 personnes lui ont mis +très bien+ à la Primaire populaire, si la moitié donne 5 ou 10 euros....", explique un proche, soulignant : "On a zéro masse salariale".


JO-2030: le CIO va voter mercredi sur les Alpes françaises, sous "conditions"

Cette photographie montre le pont Alexandre III, lieu des épreuves de natation du triathlon et du marathon, à Paris le 23 juillet 2024, en vue des Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo AFP)
Cette photographie montre le pont Alexandre III, lieu des épreuves de natation du triathlon et du marathon, à Paris le 23 juillet 2024, en vue des Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo AFP)
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  • comme le gouvernement français ne peut pas nous donner cette garantie pour des raisons constitutionnelles, nous allons attacher des conditions au vote", a déclaré à la presse le dirigeant allemand.
  • Faute de gouvernement de plein exercice, la France n'a pas pu fournir un document exigé par l'organisation olympique

PARIS : Le Comité international olympique va mettre au vote mercredi l'attribution des JO d'hiver de 2030 aux Alpes françaises mais le fera "sous conditions", puisqu'il manque la garantie de l'Etat, a annoncé mardi le président de l'instance Thomas Bach.

"Sans garantie confirmée, il ne peut y avoir de vote inconditionnel. Donc comme le gouvernement français ne peut pas nous donner cette garantie pour des raisons constitutionnelles, nous allons attacher des conditions au vote", a déclaré à la presse le dirigeant allemand.

Il n'a pas précisé la teneur de ces conditions, ni l'éventuelle tenue d'un vote ultérieur pour ratifier définitivement la désignation des Alpes françaises comme hôtes des JO-2030.

Réunis pour leur 142e session, les membres du CIO étaient censés attribuer mercredi par un double vote les Jeux d'hiver 2030 et 2034, respectivement aux Alpes françaises et à la ville américaine de Salt Lake City, sans concurrence.

Mais si la désignation de la capitale de l'Utah, déjà hôte des JO-2002, ne fait aucun doute, "la situation politique rend les choses un peu plus compliquées" pour le dossier français, reconnaissait samedi Mark Adams, le porte-parole du CIO.

Faute de gouvernement de plein exercice, la France n'a pas pu fournir un document exigé par l'organisation olympique: la garantie de livraison des Jeux, qui doit être signée par le Premier ministre, sans qu'Emmanuel Macron n'ait la compétence pour s'y substituer.

Ce contretemps n'implique pas un rejet de la candidature française, d'autant qu'elle a franchi au printemps toutes les étapes requises par le CIO -- dont les visites des sites -- et que Suède et Suisse apparaissent clairement hors course.

Mais jusqu'à ces derniers jours, selon des sources concordantes, la question se posait de la voie qu'allait choisir le CIO pour ménager le pays hôte à quelques jours des Jeux de Paris (26 juillet-11 août), puisqu'il avait aussi la possibilité de repousser le vote à une session ultérieure.


Proposée par la gauche pour Matignon, Lucie Castets dit accepter "en toute humilité mais avec beaucoup de conviction"

Cette photo montre un écran de télévision diffusant le président français Emmanuel Macron en direct sur la chaîne de télévision française France 2, Le 23 juillet 2024, sur un plateau installé sur le toit du Musée de l’Homme (Museum of Mankind) au Trocadero, avec les anneaux olympiques vus en arrière-plan, à Paris.
Cette photo montre un écran de télévision diffusant le président français Emmanuel Macron en direct sur la chaîne de télévision française France 2, Le 23 juillet 2024, sur un plateau installé sur le toit du Musée de l’Homme (Museum of Mankind) au Trocadero, avec les anneaux olympiques vus en arrière-plan, à Paris.
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  • La candidate surprise du Nouveau Front populaire, âgée de 37 ans et issue de la société civile, a déclaré avoir parmi ses "grandes priorités" l'"abrogation de la réforme des retraites" d'Emmanuel Macron.
  • Contactée lundi par le NFP, et après avoir parlé avec les chefs des quatre partis qui composent l'alliance de gauche, "j'ai accepté la proposition en toute humilité mais avec beaucoup de conviction", a-t-elle expliqué.

PARIS : Lucie Castets, la haute fonctionnaire proposée par la gauche pour le poste de Première ministre, a affirmé mardi à l'AFP avoir accepté "en toute humilité mais avec beaucoup de conviction", estimant être une candidate "crédible et sérieuse" pour Matignon.

La candidate surprise du Nouveau Front populaire, âgée de 37 ans et issue de la société civile, a déclaré avoir parmi ses "grandes priorités" l'"abrogation de la réforme des retraites" d'Emmanuel Macron, une "grande réforme fiscale pour que chacun, individus et multinationales, paie sa juste part", une "amélioration du pouvoir d'achat" par la revalorisation des salaires et le relèvement des minima sociaux, ainsi que la "fin de la régression des services publics".

Contactée lundi par le NFP, et après avoir parlé avec les chefs des quatre partis qui composent l'alliance de gauche, "j'ai accepté la proposition en toute humilité mais avec beaucoup de conviction", a-t-elle expliqué.

"Je pense qu'il est indispensable de donner une incarnation au résultat des urnes" tout en prenant acte "du fait qu'il n'y a pas de majorité absolue", avec un profil issu de la société civile, a-t-elle ajouté.

Le chef de l'Etat va-t-il la nommer à Matignon? "Je pense que je suis une candidate crédible et sérieuse pour un président qui valorise les profils techniques", répond-elle.

Interrogée sur ses intentions, en cas de nomination à la tête du gouvernement, alors que le NFP, tout en étant arrivé en tête des élections législatives, n'a pas la majorité absolue, elle a estimé que plusieurs "sujets exprimés dans les urnes" pouvaient "donner lieu à des majorités". "L'idée, c'est de faire respecter le résultat des urnes en partant du programme du NFP, et de trouver des majorités texte par texte", a-t-elle plaidé.


Matignon: la gauche propose Lucie Castets, une haute fonctionnaire engagée pour la défense des services publics

Matignon: la gauche propose Lucie Castets, une haute fonctionnaire engagée pour la défense des services publics
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  • Mme Castets, 37 ans, est engagée dans les "luttes associatives pour la défense et la promotion des services publics", mais aussi "dans le combat d'idées contre la retraite à 64 ans" et elle est une "haute fonctionnaire ayant travaillé à la répression de l
  • Mme Castets est une des figures de proue du collectif  "Nos services publics", résolument opposé à la politique du gouvernement sortant pour la fonction publique.

PARIS : Le Nouveau Front populaire s'est mis d'accord mardi pour proposer au président de la République le nom de Lucie Castets, une haute fonctionnaire engagée pour la défense des services publics, pour le poste de Première ministre.

Mme Castets, 37 ans, est engagée dans les "luttes associatives pour la défense et la promotion des services publics", mais aussi "dans le combat d'idées contre la retraite à 64 ans" et elle est une "haute fonctionnaire ayant travaillé à la répression de la fraude fiscale et de la criminalité financière", précise un communiqué du NFP.

Une heure avant l'interview d'Emmanuel Macron à la télévision et après 16 jours de négociations qui ont failli faire imploser l'union de la gauche, les partenaires du Nouveau Front populaire ont enfin réussi à s'accorder sur un nom.

Le NFP, qui revendique le poste de Premier ministre depuis qu'il est arrivé en tête des législatives, mais sans majorité absolue, juge que Mme Castets sera "forte de notre engagement complet à ses côtés dans le gouvernement qu'elle dirigera".

Mme Castets est inconnue du grand public. Actuellement directrice des finances et des achats à la ville de Paris, Mme Castets est une des figures de proue du collectif  "Nos services publics", résolument opposé à la politique du gouvernement sortant pour la fonction publique.

"Elle a un parcours professionnel au service de l'Etat et des collectivités territoriales remarquable, avec des engagements forts sur la justice fiscale, la lutte contre l’évasion fiscale", souligne auprès de l'AFP le cofondateur de "Nos Services publics" Arnaud Bontemps.

"C’est une personne très engagée sur l’école, l’hôpital, la justice sociale", a-t-il ajouté. "Elle va très vite sur des sujets parfois très complexes, elle est très humaine, proche des gens", a-t-il assuré.