Sahel: retrait français du Mali et réorganisation régionale en vue

Sur cette photo d'archive datée du 21 janvier 2022, Joël Meyer, ambassadeur de France au Mali, s'exprime devant la presse lors des obsèques nationales à Bamako d'Ibrahim Boubacar Keïta, ancien président de la République du Mali. (Nicolas Rémené / AFP)
Sur cette photo d'archive datée du 21 janvier 2022, Joël Meyer, ambassadeur de France au Mali, s'exprime devant la presse lors des obsèques nationales à Bamako d'Ibrahim Boubacar Keïta, ancien président de la République du Mali. (Nicolas Rémené / AFP)
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Publié le Mardi 15 février 2022

Sahel: retrait français du Mali et réorganisation régionale en vue

  • La France s'était donné deux semaines pour trancher sur l'avenir de son action au Mali, après neuf ans de lutte antijihadiste
  • On continuera à combattre le terrorisme à côté avec les pays du Sahel qui sont eux tout à fait demandeurs», a souligné lundi soir le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian

PARIS : Partir du Mali sous pression de la junte, sans doute. Mais pour aller où, faire quoi et avec qui ? La France va présenter cette semaine les contours de son futur dispositif militaire régional, alors que les groupes jihadistes conservent leur pouvoir de nuisance au Sahel et menacent les pays côtiers du golfe de Guinée.

Selon plusieurs sources concordantes, le président Emmanuel Macron présentera mercredi ou jeudi, en marge d'un sommet Union européenne - Union africaine, son projet dans cette zone où la France est déployée militairement depuis 2013.

Vilipendée depuis plusieurs semaines par le pouvoir en place à Bamako, que les Occidentaux accusent de recourir à la sulfureuse société de mercenaires russe Wagner, la France s'était donné deux semaines pour trancher sur l'avenir de son action au Mali, après neuf ans de lutte antijihadiste à laquelle elle a fini par réussir à associer des partenaires européens.

Paris doit dans la foulée présenter une réorganisation de son dispositif régional, dans une ambiance de fin de règne sur fond de sentiment anti-français croissant au Sahel.

«Si les conditions ne sont plus réunies, ce qui est manifestement le cas, pour qu'on puisse être en mesure d'agir au Mali, on continuera à combattre le terrorisme à côté avec les pays du Sahel qui sont eux tout à fait demandeurs», a souligné lundi soir le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le Niger voisin, un des alliés régionaux les plus fiables des Français, pourrait jouer un rôle central dans le nouveau dispositif. La ministre des Armées Florence Parly s'est rendue à Niamey début février pour s'entretenir avec le président nigérien Mohamed Bazoum.

Paris a consulté en amont les pays membres du groupement européen de forces spéciales Takuba, créé en 2020 à l'initiative de la France pour partager le fardeau sécuritaire au Mali. Ce souci de présenter un front européen uni répond à une double ambition: éviter une comparaison peu flatteuse avec le départ unilatéral et chaotique des Américains en Afghanistan en août dernier, et atténuer les reproches ciblant l'ex-puissance coloniale.

Des désaccords filtraient toutefois à Bamako entre chancelleries européennes sur la conduite à tenir, contrairement au discours d'unité proclamé dans les capitales, selon plusieurs diplomates interrogés par l’AFP.

Takuba, symbole d'une Europe de la défense chère au président français, censée compenser sur la durée la baisse des effectifs de la force antijihadiste Barkhane, a de fait subi un violent coup d'arrêt. Un contingent danois venu grossir ses rangs a quitté le Mali sur ordre de la junte, avant que la Norvège renonce à envoyer quelques soldats faute d'accord avec Bamako.

Coopérations régionales

En pleine présidence française de l'Union européenne et à trois mois de l'élection présidentielle française, à laquelle Emmanuel Macron va sans doute se représenter, un retrait forcé du Mali après neuf ans d'engagement au prix de 48 morts français (53 au Sahel) constituerait un cuisant revers.

Mais si ce scénario semble aujourd'hui inévitable au Mali, un départ de l'ensemble du contingent français et européen de la zone est exclu. «Une forme de coopération ne va jamais disparaitre, les Européens ne peuvent pas se passer du Sahel qui est leur voisinage moyen», commente Ornella Moderan, responsable Sahel de l'Institut d’études de sécurité (ISS).

Paris a d'ores et déjà clairement réaffirmé sa volonté de continuer à lutter au Sahel et en Afrique de l'Ouest contre la propagation du jihadisme vers le golfe de Guinée, déjà constatée dans le nord de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Bénin.

Trois attaques à la bombe artisanale la semaine dernière ont fait au moins 9 morts, dont un Français, dans le nord du Bénin. Samedi, la France a annoncé avoir éliminé au Burkina Faso voisin 40 jihadistes impliqués dans ces attentats.

L'enjeu des mois à venir consistera à ne pas laisser de marge de manoeuvre aux mouvements affiliés, selon les zones, à Al-Qaïda ou au groupe Etat islamique, qui ont conservé un fort pouvoir de nuisance malgré l'élimination de nombreux chefs. Le tout en veillant à rendre moins visible la présence française au travers de «coopérations» renforcées, sans se substituer aux forces locales.

Paris devra également tirer les conséquences de ses ambitions stratégiques déçues au Mali, malgré d'indéniables victoires tactiques contre les groupes armés. Le pouvoir politique malien n'a jamais véritablement déployé les moyens nécessaires pour déployer son autorité et des services dans les zones ratissées par les militaires de la force Barkhane. Et l'armée de ce pays déshérité reste très fragile, malgré les grands efforts déployés pendant des années pour la former et l'aguerrir.

Dans les pays du Golfe, «il serait important d’apprendre des erreurs du Sahel, où des solutions contre-productives ont abouti à un désaveu des politiques sécuritaires des Etats et de l'intervention de leurs partenaires internationaux», estime ainsi Bakary Sambé, directeur régional du Timbuktu Institute.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.