Après 4 ans de captivité, l'espoir de liberté pour Sophie Pétronin, otage au Mali

Sébastien Chadaud, le fils de l'otage française Sophie Pétronin retenue au Mali et dont la libération est attendue dans les prochaines heures, s'exprime depuis Bamako où il est arrivé mardi (Photo, AFP-TV)
Sébastien Chadaud, le fils de l'otage française Sophie Pétronin retenue au Mali et dont la libération est attendue dans les prochaines heures, s'exprime depuis Bamako où il est arrivé mardi (Photo, AFP-TV)
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Publié le Mercredi 07 octobre 2020

Après 4 ans de captivité, l'espoir de liberté pour Sophie Pétronin, otage au Mali

  • Les autorités maliennes et françaises ont gardé un silence total, se gardant de confirmer que la libération de dizaines de jihadistes
  • Elle est apparue dans des vidéos diffusées en 2017 et 2018 par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans

BAMAKO : Le sort de Sophie Pétronin, la dernière otage française dans le monde, et d'une personnalité malienne également présumée enlevée par les jihadistes restait entouré d'incertitude mardi soir malgré les signes persistants d'une libération imminente au bout d'une longue captivité.

La famille de Sophie Pétronin a laissé entendre qu'après près de quatre ans de détention en un lieu inconnu son transfert du nord du Mali vers la liberté était en cours.

Au même moment, le Mali vivait au rythme des informations sur une libération de Soumaïla Cissé, ancien ministre et candidat à la présidentielle, kidnappé pour sa part il y a plus de six mois et objet avec Mme Pétronin d'un échange contre des dizaines de jihadistes, selon différentes sources proches des tractations.

Cependant les autorités maliennes et françaises ont gardé un silence total, se gardant de confirmer que la libération de dizaines de jihadistes (206 selon un organe de communication d'Al-Qaïda) étalée entre le week-end et ce mardi visait à la libération des deux otages, et que ces deux derniers avaient changé de mains.

La famille de Mme Pétronin, elle-même, a exprimé beaucoup d'espoir, sans avoir de certitude absolue.

Le fils de Sophie Pétronin, Sébastien Chadaud, a pris mardi un vol via Paris à destination de Bamako, la capitale malienne, où il est arrivé en début d'après-midi.

Le neveu de Mme Pétronin, Lionel Granouillac, qui s'est lui aussi fortement mobilisé pour sa tante ces dernières années, a été en contact téléphonique avec Sébastien Chadaud. « Par rapport à ce que Sébastien m'a dit, à l'évolution depuis cet après-midi et ce début de soirée, on peut affirmer qu'elle est libre », a-t-il dit au téléphone.

« Elle est actuellement en transit entre Gao et Bamako », a-t-il ajouté. Cependant, Sébastien Chadaud n'a pas été en contact visuel ou verbal avec elle, a-t-il précisé en incitant à la prudence.

« Nous la famille, on est très confiant, on attend, mais on est quand même dans cet état d'esprit », a-t-il dit.

Sa prudence pourrait être dictée par la complexité d'une opération délicate et de la logistique à mettre en oeuvre dans un pays largement semi-désertique grand comme plus de deux fois la France.

Des notables de Tessalit ont fait état de préparations pour réunir Mme Pétronin et M. Cissé dans cette ville du nord, pour les acheminer par avion à Bamako. Ils ont évoqué des intermédiaires qui devaient prendre en charge l'un et l'autre.

Sophie Pétronin, 75 ans, et Soumaïla Cissé, 70 ans, ancien ministre, candidat à la présidentielle et chef de l'opposition, sont supposés avoir été retenus par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda.

Leur libération parachèverait une opération dont les dessous demeurent obscurs.

Sophie Pétronin, originaire de Bordeaux (sud-ouest de la France) a été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.

Elle est apparue dans des vidéos diffusées en 2017 et 2018 par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda. La dernière où on la voit autrement qu'en photo, publiée mi-juin 2018, la montre très fatiguée, le visage émacié, en appelant au président français Emmanuel Macron.

Les images de l'otage n'ont cessé d'alarmer la famille qui la disait malade et craignait pour sa vie. Les proches se sont mobilisés sans désemparer pour sa libération, pressant à différentes reprises le président Emmanuel Macron de ne pas oublier Mme Pétronin et d'accepter de négocier avec les ravisseurs.

M. Macron a assuré plusieurs fois que les services français travaillaient à sa libération « sans relâche », mais dans la discrétion.

Soumaïla Cissé, deuxième à trois reprises de l'élection présidentielle, a été kidnappé le 25 mars alors qu'il était en campagne législative dans la région de Tombouctou (nord-ouest).

A défaut de preuve formelle, les soupçons pèsent sur le groupe jihadiste d'Amadou Koufa, actif dans le centre du Mali et affilié à Al-Qaïda.

Sanctions levées

Soumaïla Cissé est la personnalité nationale la plus éminente kidnappée au Mali depuis que les rébellions indépendantistes et jihadistes de 2012 ont plongé le pays dans une crise sécuritaire profonde.

La spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkino Faso et au Niger voisins.

Le sort de M. Cissé a constitué un des cris de ralliement de la contestation de plusieurs mois contre l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Ce dernier a fini par être renversé par un putsch le 18 août. La libération de M. Cissé et Mme Pétronin constituerait un apport de crédibilité considérable pour les autorités de transition installées et dominées par les militaires.

Au moins huit autres otages occidentaux resteraient détenus au Sahel.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".