L’Anthropocène : le débat sur une nouvelle époque

Inondation à Haïti (photo PNUD)
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Publié le Dimanche 20 février 2022

L’Anthropocène : le débat sur une nouvelle époque

  • Du grec anthropo, pour homme, et cene, pour nouveau, l’Anthropocène pourrait être la nouvelle époque terrestre
  • Les avancées technologiques ont aggravé le changement climatique, à un rythme désastreux qui menace la Terre comme jamais

Nations Unies: Un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), intitulé  Nouvelles menaces pour la sécurité humaine à l’ère de l’Anthropocène , indique que six personnes sur sept dans le monde - y compris dans les pays les plus riches - connaissent un niveau élevé et croissant d'insécurité. La sécurité se trouve à la base de la pyramide des besoins de Maslow, juste après les besoins physiologiques vitaux que sont la respiration, l'eau, la nourriture et le logement.

Baisse de l’espérance de vie

Selon le rapport du PNUD publié le 8 février, la population vivait plus sainement et plus confortablement avant la pandémie du COVID-19. Cette pandémie aurait ainsi instauré un sentiment de malaise parmi les gens.

Outre ses conséquences sanitaires effroyables, la pandémie a bouleversé l'économie mondiale, interrompu l’éducation et les projets de vie, perturbé les moyens de subsistance et attisé des divisions politiques concernant les masques et les vaccins. Malgré la distribution de vaccins et la reprise économique partielle entamée en 2021, la crise a été marquée par une baisse de l’espérance de vie d’environ un an et demi au niveau mondial.

Méfiance et inégalités

La pandémie s’accompagne d’une méfiance croissante à l'égard d’autrui et des institutions qui sont, en théorie, censées nous protéger. Cette méfiance est illustrée dans le monde entier par des événements récents tels que des manifestations contre le passe-sanitaire ou contre la vaccination, des contestations autour du port de masques, etc.

Alors que la technologie progresse et que les inégalités et les conflits persistent, les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui se jouent sur un autre terrain. En effet, le progrès et les avancées technologiques ont exacerbé les inégalités et aggravé le changement climatique, à un rythme désastreux qui menace la Terre comme jamais auparavant.

Nous sommes réellement dans l’Anthropocène, où l’homme modifie la planète d’une manière dangereuse, inédite pour notre espèce.

Impact humain sur le climat

L'histoire de la Terre est divisée en une échelle de temps géologique. Ces divisions, par ordre décroissant de longueur de temps, sont appelées éons, ères, périodes, époques et âges.

La planète vit actuellement dans une échelle de temps géologique appelée l'holocène. Cependant, le monde pourrait bientôt entrer dans une nouvelle époque appelée l'Anthropocène. Le mot Anthropocène est dérivé des mots grecs anthropo, pour homme, et cene, pour nouveau. Il a été inventé et popularisé par le biologiste Eugene Stormer et le chimiste Paul Crutzen en 2000. Cette époque est la période la plus récente de l'histoire de la Terre, durant laquelle l'activité humaine a commencé à avoir un impact significatif sur le climat et les écosystèmes de la planète.

Les experts cherchent toujours à savoir si l'Anthropocène est différent de l'Holocène, et le terme n'a pas été officiellement adopté par l'Union internationale des sciences géologiques.

Le changement est la seule certitude

Le changement climatique est susceptible de devenir l’une des principales causes de décès dans le monde. Même avec une baisse modérée des émissions de carbone, il pourrait causer 40 millions de décès avant la fin du siècle.

Le monde est loin d’être préparé aux chocs que l’Anthropocène nous réserve. C’est une danse mortelle dont personne n’est à l’abri des conséquences.  Dans notre quête d’une croissance débridée, nous continuons à détruire notre monde naturel tandis que les inégalités se creusent, entre les pays et en leur sein.  révèle Achim Steiner, l’administrateur du PNUD.

Conflits

Les conflits impliquant l'État, comme c'est actuellement le cas dans 37 pays, sont largement majoritaires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 2020, environ 80 millions de personnes ont été déplacées de force, et environ 1,2 milliard de personnes vivent dans des zones touchées par des conflits - dont près de la moitié dans des pays non considérés comme fragiles. L'ère de l'Anthropocène alimente donc les conflits, car les vies humaines deviennent plus vulnérables.

Les nouvelles réalités à double tranchant

Si la technologie et l'internet jouent un rôle de plus en plus important, ils sont aussi une nouvelle source de vulnérabilité et d'inégalité. Cela est particulièrement vrai pour la capacité à prospérer dans une économie moderne où l'accès à des technologies telles que l'internet à haut débit est désormais essentiel.

Même si la numérisation peut connecter les communautés, favoriser l'acquisition de nouvelles compétences et l'éducation, et promouvoir la sécurité humaine, elle présente également plusieurs inconvénients.

Les médias sociaux diffusent des informations erronées qui divisent les gens. Les dommages causés par la cybercriminalité ont été estimés à environ 6 000 milliards de dollars en 2021, soit une augmentation de 600 % depuis le début de la pandémie en 2020. En 2017, il a été estimé que 95 % des entreprises en Afrique étaient classées au niveau ou en dessous du  seuil de pauvreté  en matière de cyber-sécurité, incapables de se protéger des attaques malveillantes.

Suis-je le gardien de mon frère ?

En 1994, le rapport sur le développement humain du PNUD marque pour la première fois une rupture radicale avec l'idée dominante selon laquelle les êtres humains sont en sécurité s'ils vivent dans une zone géographique sûre.

Près de 30 ans plus tard, il est encore plus clair que notre sécurité dépend de bien plus que des frontières nationales, alors que la technologie rétrécit le monde et que l’urgence climatique s'aggrave.

L'insécurité est présente dans tous les pays. Elle ne dépend pas de la sécurité physique mais de certains aspects comme les conséquences du changement climatique qui affectent les moyens de subsistance tels que la pêche et le pâturage et provoquent des crises telles que les inondations, la sécheresse et les catastrophes naturelles.

La vérité, et l'histoire nous rappelle la réalité, est que nous ne pouvons être en sécurité que si nous pouvons faire confiance aux mécanismes des États et des marchés, et si nos voisins sont également en sécurité.

Un élément clé pour une action concrète, mis en évidence dans le rapport, est la création d'un sentiment plus fort de solidarité mondiale, fondé sur l'idée de sécurité commune. Nous ne le voyons que trop bien avec la pandémie actuelle : impuissantes, les nations ne peuvent empêcher les nouvelles variantes de ce coronavirus de traverser les frontières. , évoque Asako Okai, Secrétaire général adjoint et Directeur du Bureau de crise du PNUD.

La sécurité de l’humanité est une mission collective

Le PNUD travaille avec des communautés et des organisations pour soutenir des pratiques durables et écologiques telles que l’agriculture et la protection de l’environnement.

Cette époque est l’occasion de faire un  zoom arrière  et de renoncer aux mesures de sécurité fragmentées et inefficaces. Pour rétablir la confiance face aux inégalités, aux conflits et à la technologie, nous devons désormais prendre en compte les besoins des générations actuelles et futures et adopter ce qui fonctionne au niveau local et mondial, dans les pays en développement et les pays développés.

 Il est temps que nous acceptions que la sécurité humaine relève d’une mission collective, fondamentalement liée à la sécurité de notre planète.  rappelle Achim Steiner, Administrateur du PNUD. (Avec le PNUD)


La Norvège est prête à reconnaître un Etat palestinien

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store s'adresse à la presse alors qu'il arrive pour assister à un sommet du Conseil européen au cours de la deuxième et dernière journée au siège de l'UE, à Bruxelles, le 22 mars 2024. (AFP)
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store s'adresse à la presse alors qu'il arrive pour assister à un sommet du Conseil européen au cours de la deuxième et dernière journée au siège de l'UE, à Bruxelles, le 22 mars 2024. (AFP)
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  • "Cette décision doit être prise en fonction du moment et du contexte, en étroite coordination avec les pays partageant les mêmes idées. Nous n'avons pas fixé de calendrier précis", a dit Støre
  • Le Parlement norvégien avait adopté en novembre une proposition, déposée par les partis au pouvoir, demandant au gouvernement d'être prêt à reconnaître un Etat palestinien indépendant

OSLO: La Norvège est prête à reconnaître un Etat palestinien, en lien avec d'autres pays, a déclaré vendredi le Premier ministre norvégien, en présence de son homologue espagnol Pedro Sánchez qui plaide pour une telle reconnaissance.

"La Norvège est prête à prendre une décision sur la reconnaissance d'un Etat palestinien", a dit Jonas Gahr Støre lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Sánchez.

"Cette décision doit être prise en fonction du moment et du contexte, en étroite coordination avec les pays partageant les mêmes idées. Nous n'avons pas fixé de calendrier précis", a-t-il ajouté.

Le Parlement norvégien avait adopté en novembre une proposition, déposée par les partis au pouvoir, demandant au gouvernement d'être prêt à reconnaître un Etat palestinien indépendant.

La Norvège a par ailleurs abrité au début des années 1990 les premiers pourparlers de paix israélo-palestiniens qui ont débouché sur les accords d'Oslo --moribonds-- dans lesquels les deux parties acceptaient la coexistence pacifique entre deux Etats indépendants.

Le Premier ministre espagnol a de son côté entrepris cette semaine une tournée en Pologne, en Norvège et en Irlande pour parler de la "nécessité d'avancer vers la reconnaissance de la Palestine", selon un porte-parole du gouvernement espagnol.

"L'Espagne s'est engagée publiquement à reconnaître un Etat palestinien, au plus tôt, quand les conditions seront appropriées et de façon à avoir l'impact positif le plus fort possible sur le processus de paix", a souligné M. Sánchez depuis Oslo.

Selon des médias l'ayant accompagné lors d'une tournée la semaine dernière en Jordanie, en Arabie saoudite et au Qatar, le dirigeant espagnol avait alors évoqué la fin du mois de juin comme horizon pour une telle reconnaissance par le gouvernement espagnol.

"Je salue l'initiative du Premier ministre Sánchez de consulter les pays qui partagent les mêmes idées afin de renforcer la coordination, et nous intensifierons cette coordination dans les semaines à venir", a dit le dirigeant norvégien.

M. Sánchez est par ailleurs très critique vis-à-vis de l'attitude du gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu depuis le début du conflit à Gaza.

L'attaque du Hamas le 7 octobre a causé la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des données officielles israéliennes.

L'offensive lancée en représailles par Israël a fait jusqu'à présent 33.634 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.


La Maison Blanche a «  mis en garde » l'Iran à propos d'une attaque contre Israël

La Maison Blanche a "mis en garde" l'Iran, a fait savoir sa porte-parole jeudi, alors que Téhéran menace d'attaquer Israël, en représailles après une frappe mortelle contre un bâtiment consulaire iranien à Damas en Syrie. (AFP).
La Maison Blanche a "mis en garde" l'Iran, a fait savoir sa porte-parole jeudi, alors que Téhéran menace d'attaquer Israël, en représailles après une frappe mortelle contre un bâtiment consulaire iranien à Damas en Syrie. (AFP).
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  • La Maison Blanche a "mis en garde" l'Iran, a fait savoir sa porte-parole jeudi
  • Par ailleurs, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est entretenu par téléphone avec ses homologues chinois, turc et saoudien, les appelant à faire pression sur l'Iran

WASHINGTON: La Maison Blanche a "mis en garde" l'Iran, a fait savoir sa porte-parole jeudi, alors que Téhéran menace d'attaquer Israël, en représailles après une frappe mortelle contre un bâtiment consulaire iranien à Damas en Syrie.

"Nous avons mis l'Iran en garde", a dit Karine Jean-Pierre lors de son point-presse de routine, en répétant que le soutien des Etats-Unis à la sécurité d'Israël était "à toute épreuve".

Blinken appelle la Chine à dissuader l'Iran de toute attaque contre Israël

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est entretenu par téléphone avec ses homologues chinois, turc et saoudien, les appelant à faire pression sur l'Iran contre toute attaque visant Israël, a indiqué jeudi le département d'Etat.

"Personne n'a intérêt à une escalade" dans la région et "tous les pays devraient inciter l'Iran à ne pas entreprendre une escalade", a dit à la presse le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller.

M. Blinken s'est également entretenu par téléphone avec le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, "afin de réitérer notre ferme soutien à Israël face à ces menaces", a déclaré M. Miller.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a indiqué de son côté que Washington avait "mis en garde" l'Iran à propos de potentielles attaques contre Israël.

Le président américain Joe Biden a affirmé mercredi que son soutien à Israël était "inébranlable" face aux menaces de représailles de l'Iran après une frappe meurtrière contre le consulat iranien à Damas, en Syrie.

L'Iran "menace de lancer une attaque importante contre Israël", avait dit le président américain lors d'une conférence de presse commune à la Maison Blanche avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait assuré mercredi qu'Israël serait "puni" après cette attaque le 1er avril en Syrie lui ayant été imputée.

La frappe a détruit le consulat iranien à Damas et fait 16 morts, dont sept membres du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, selon une ONG.

L'Iran avait déjà promis de riposter à cette frappe qui a encore exacerbé les tensions régionales sur fond de guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, soutenu par l'Iran.


Suède: émotion après la mort d'un père de famille tué par balle par un gang

La Suède était sous le choc jeudi après la mort par balle d'un père de famille en plein jour en présence de son fils dans une banlieue de Stockholm, des médias assurant qu'il avait affronté un gang de jeunes. (AFP)
La Suède était sous le choc jeudi après la mort par balle d'un père de famille en plein jour en présence de son fils dans une banlieue de Stockholm, des médias assurant qu'il avait affronté un gang de jeunes. (AFP)
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  • Le pays nordique est aux prises avec une guerre des gangs qui a atteint un niveau sans précédent fin 2023
  • Ces bandes recrutent des jeunes qui ne sont pas responsables pénalement pour mettre à exécution des actes criminels, certains des auteurs étant âgés de 12 ans

STOCKHOLM: La Suède était sous le choc jeudi après la mort par balle d'un père de famille en plein jour en présence de son fils dans une banlieue de Stockholm, des médias assurant qu'il avait affronté un gang de jeunes.

Le pays nordique est aux prises avec une guerre des gangs qui a atteint un niveau sans précédent fin 2023 avec un nombre record de fusillades sur fond de lutte pour le contrôle du trafic de drogue.

Ces bandes recrutent des jeunes qui ne sont pas responsables pénalement pour mettre à exécution des actes criminels, certains des auteurs étant âgés de 12 ans.

Le Premier ministre Ulf Kristersson et la cheffe de l'opposition Magdalena Andersson ont annoncé se rendre jeudi soir à Skärholmen, dans le sud de la capitale, où le père de famille a été tué.

Plusieurs fusillades ont été enregistrées dans ce quartier au cours des derniers mois.

"Le système criminel auquel est confronté notre pays a des conséquences brutales pour l'ensemble de notre société libre et ouverte", a dit le Premier ministre dans un message sur Instagram.

"Des personnes si violentes ne devraient pas pouvoir intimider les honnêtes citoyens pour qu'ils se taisent", a-t-il ajouté.

"Les gangs, totalement impitoyables, ne s'arrêteront pas tant que nous ne les arrêterons pas", a ajouté le dirigeant.

Le chef du parti anti-immigration Démocrates de Suède, Jimmie Åkesson, a estimé qu'il "ne suffit pas d'éructer des platitudes, il est temps que la Suède déclare une guerre totale à tous les membres de ces gangs criminels".

Le père de famille de 39 ans, identifié par son prénom Mikael dans les médias, a été tué d'une balle dans le front devant son fils mercredi en début de soirée alors qu'ils se rendaient à vélo à la piscine.

Il est décédé jeudi, selon la police.

Plusieurs médias, dont la chaine de télévision TV4 et les tabloïds Aftonbladet et Expressen, affirment qu'il a été tué parce qu'il s'est confronté à une bande criminelle.

La police, qui n'a procédé à aucune arrestation, n'a pas confirmé ce fait.

"Il détestait l'injustice. Cela lui a coûté la vie", a dit sa soeur, sous couvert d'anonymat, à Expressen. "Il était sensible, il n'aimait pas lire tout ce qui concernait les fusillades".

Ce meurtre intervient alors que le Parlement suédois a adopté mercredi une loi autorisant la police à créer des zones temporaires pour mener des fouilles au corps sans suspicion de crime, pour tenter d'endiguer la violence des bandes criminelles.