Exclue du Mondial, la Russie mise au ban du sport

Cette photo d'archive prise le 30 avril 2020 montre la pelouse du "Stade de France" à Saint-Denis, au nord de Paris. La France accueillera la finale de la Ligue des champions de cette saison après que Saint-Pétersbourg a été privé du match en raison de l'invasion militaire russe de l'Ukraine, a annoncé l'UEFA le 25 février 2022. (AFP)
Cette photo d'archive prise le 30 avril 2020 montre la pelouse du "Stade de France" à Saint-Denis, au nord de Paris. La France accueillera la finale de la Ligue des champions de cette saison après que Saint-Pétersbourg a été privé du match en raison de l'invasion militaire russe de l'Ukraine, a annoncé l'UEFA le 25 février 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 28 février 2022

Exclue du Mondial, la Russie mise au ban du sport

  • Pour l'équipe nationale, cela signifie qu'il n'y aura pas de barrage le 24 mars contre la Pologne qui avait de toute façon dit sa détermination à boycotter la rencontre
  • La finale de la Ligue des champions a été retirée à Saint-Pétersbourg par l'UEFA et le Grand Prix de Russie de F1 prévu à Sotchi a été annulé

GENEVE: Le Comité international olympique recommande un bannissement historique des Russes et des Bélarusses du sport mondial, la Fifa lui donne immédiatement satisfaction: la Russie a été exclue lundi du Mondial de football, compétition planétaire qu'elle avait accueillie il y a quatre ans. 

Les différentes sélections comme les clubs russes sont privés "jusqu'à nouvel ordre" de toute compétition internationale, une décision conjointe de la Fifa et de l'UEFA, cette dernière confirmant par ailleurs la résiliation de son contrat de sponsoring avec le géant gazier Gazprom, estimé à 40 millions d'euros annuels.

Pour l'équipe nationale, cela signifie qu'il n'y aura pas de barrage le 24 mars contre la Pologne qui avait de toute façon dit sa détermination à boycotter la rencontre. 

L'Euroligue a également suspendu les trois clubs russes qui prennent part à la compétition phare du basket européen, mais les sanctions annoncées par la Fifa et l'UEFA sont la concrétisation la plus spectaculaire à la recommandation du CIO qui rompt avec sa longue tradition de neutralité dans les domaines politiques et géopolitiques: un bannissement pur et simple des Russes et des Bélarusses du sport mondial pour prix de l'invasion de l'Ukraine. 

Si la puissante Fifa devait être imitée par les autres fédérations internationales, la Russie rejoindrait la Yougoslavie de Slobodan Milosevic et l'Afrique du Sud de l’apartheid dans l’histoire des grands parias du sport international. 

Pression sur la WTA 

Les autres fédérations vont être mises sous pression, comme celle de volley-ball, qui ne s'est pas exprimée, mais a été prévenue par la France et la Pologne, respectivement champions olympique et du monde, qu'elles boycotteraient le Mondial l'été prochain s'il restait organisé en Russie. 

De même, plusieurs joueuses de tennis ukrainiennes ont mis en demeure la WTA de réagir, s'étonnant de son silence quand elle avait été prompte à voler au secours de la Chinoise Peng Shuai.  

Pour justifier sa recommandation, qui intervient à quelques jours du début des Jeux paralympiques de Pékin (4-13 mars), le CIO met en avant un "dilemme": "Alors que les athlètes de Russie et du Belarus pourraient continuer à participer à des événements sportifs, de nombreux athlètes ukrainiens sont empêchés de le faire en raison de l'attaque contre leur pays."

Pour le résoudre, elle "recommande aux Fédérations internationales de sport et aux organisateurs de manifestations sportives de ne pas inviter ou de permettre la participation d'athlètes et de représentants officiels russes et bélarusses aux compétitions internationales". 

Décoration retirée à Poutine 

Autre mesure, symbolique mais forte, le CIO a aussi retiré "l'ordre olympique" - distinction honorifique attribuée à des personnalités "ayant illustré l'idéal olympique" - à tous les hauts responsables russes, à commencer par le président Vladimir Poutine, qui s'emploie depuis deux décennies à faire du sport un outil de promotion intérieure et internationale. 

Stanislav Pozdniakov, président du comité olympique russe, a estimé dans un communiqué que la décision du CIO allait "à l’encontre des réglementations et de la charte, en premier lieu l’esprit du mouvement olympique qui a vocation à unir et pas à diviser, surtout quand il s’agit de sportifs ou d’égalité des participants au mouvement olympique". 

La question est particulièrement urgente pour les Jeux paralympiques, qui débutent vendredi à Pékin.

"Lorsque, dans des circonstances très extrêmes", mettre en place ces mesures "n'est pas possible à court terme pour des raisons organisationnelles ou juridiques", le "CIO laisse à l’organisation concernée le soin de trouver sa propre voie". Il renvoie donc la décision au Comité international paralympique, lui réitérant son "plein soutien". Celui-ci a prévu de s'exprimer mercredi.

"Histoire" 

Autre aspect spectaculaire de la communication du CIO lundi, sa rupture avec sa tradition d'exigence de neutralité des sportifs. 

Le CIO a ainsi salué "les nombreux appels à la paix lancés par les athlètes, les responsables sportifs et les membres de la communauté olympique mondiale". Il "admire et soutient en particulier les appels à la paix des athlètes russes", a-t-il poursuivi.

Le tennisman russe Andrey Rublev comme ses compatriotes Alex Ovechkin (hockey sur glace) ou Pavel Sivakov (cyclisme), ont clairement dit leur opposition à la guerre engagée par leur pays. 

Ils sont désormais menacés de devoir en payer un prix professionnel élevé si leurs fédérations suivent les recommandations du CIO. Pour le footballeur international Fedor Smolov, c'est déjà le cas. 

Sans attendre le CIO, plusieurs pays avaient déjà dit leur refus d'accepter la présence de Russes sur leur territoire pour y disputer des compétitions.  

La finale de la Ligue des champions a été retirée à Saint-Pétersbourg par l'UEFA et le Grand Prix de Russie de F1 prévu à Sotchi a été annulé, sept mois avant sa tenue prévue. Deux mesures très fortes touchant des événements symboliques du "soft power" sportif russe.  

Interrogé par l'AFP avant même la nouvelle déclaration du CIO, Pim Vershuuren, chercheur en géopolitique du sport à l'Université de Rennes, estimait déjà que les "décisions prises cette semaine étaient historiques, à la mesure du choc". Et de prévenir: celles à venir, et qui sont donc tombées lundi, "feront précédents et histoire".  


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com