La guerre en Ukraine met l'industrie automobile en suspens

1,5 million de voitures ont été vendues en Russie en 2021, soit autant qu'en Italie. (Photo, AFP)
1,5 million de voitures ont été vendues en Russie en 2021, soit autant qu'en Italie. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 mars 2022

La guerre en Ukraine met l'industrie automobile en suspens

  • La hausse du coût des matières premières et de l'énergie (notamment le gaz mais aussi l'électricité et le pétrole) pourrait également rendre plus coûteuse la production des voitures
  • Par ailleurs, l'incertitude pourrait gagner les acheteurs potentiels, alors que les constructeurs attendent la reprise du marché pour améliorer leurs marges et financer leur électrification

PARIS : Des usines à l'arrêt en Russie et une production ralentie en Europe: les constructeurs automobiles ressentent déjà les premiers effets de la guerre en Ukraine, et ils pourraient s'aggraver.

Alors que les sanctions commencent à toucher les banques ainsi que la logistique, la production ralentit en Russie. Le groupe AvtoVAZ, numéro un dans le pays et propriété du français Renault, a annoncé jeudi la suspension de ses usines pour quatre jours "en raison de problèmes d'approvisionnement en composants électroniques", qui manquent cruellement aux constructeurs depuis le début de l'année 2021. 

L'immense site historique de Togliatti (sud), qui fabrique les Lada, va donc être arrêté. L'usine moscovite du groupe Renault, qui produit des SUV pour le marché local, est également à l'arrêt depuis le lundi 28 février. 

Le groupe coréen Hyundai-Kia, numéro deux des ventes dans le pays, a aussi arrêté son usine de Saint-Pétersbourg jusqu'à la semaine du 7 mars, assurant que cet arrêt n'était pas lié à la guerre mais à la pénurie de composants.  

Avec la guerre, la vente de véhicules est aussi suspendue en Ukraine, un petit marché qui s'était récemment détourné des marques russes pour acheter des voitures européennes ou asiatiques. Des troupes russes se trouvaient jeudi près de Zaporojie (sud-est), où se trouve l'unique usine automobile du pays et sa plus grande centrale nucléaire.

Marché prometteur

Le marché russe, qui reste sous-équipé, était prometteur pour les constructeurs étrangers avec la fin de l'URSS: ils y ont construit des usines d'assemblage pour éviter les lourdes taxes à l'importation.

En mai 2021, la patron de Tesla Elon Musk avait même annoncé lors d'un évènement du Kremlin qu'il pourrait envisager la fabrication de sa quatrième usine mondiale sur les terres russes, alors que le marché de l'électrique est balbutiant dans ce pays riche en pétrole.

Le marché avait décollé, mais il s'est effondré avec la crise financière de 2009, et a repris un coup avec les sanctions économiques liées à l'invasion de la Crimée en 2014. 

1,5 million de voitures ont été vendues en Russie en 2021, soit autant qu'en Italie.

Et la Russie reste un "nain automobile", souligne l'expert Ferdinand Dudenhöffer, dans une analyse publiée pour le Center automotive research de Duisburg (Allemagne): seuls 5% des véhicules vendus sont fabriqués d'après des technologies russes, le reste dépendant d'entreprises étrangères.

Toyota, Volkswagen, BMW, Mercedes, Volvo, Jaguar ou Ford ont également annoncé cette semaine qu'ils suspendaient leurs opérations (fabrication et livraison) jusqu'à nouvel ordre, citant des problèmes logistiques ou "la situation géopolitique actuelle".

Le géant mondial des camions Daimler Truck a mis fin de son côté à sa collaboration avec le constructeur russe Kamaz, qui fournit également l'armée russe.

Relève chinoise

Les constructeurs chinois pourraient-ils prendre la relève des Occidentaux en Russie? "Les marques chinoises gagnaient déjà des parts de marché en y exportant des voitures. Cette crise pourrait être une opportunité, sauf si les sanctions encourues sont importantes", souligne Felipe Munoz du cabinet Jato Dynamics.

"La Chine pourrait renforcer ses crédits et son aide à la Russie, ce qui en ferait son satellite économique", analyse M. Düdenhoffer. Le marché baisserait alors à 1,1 million de véhicules en 2022. 

Autrement, le marché pourrait tomber à 800 000 ventes comme en 2015, plaçant la Russie derrière l'Espagne ou le Mexique.

La guerre ralentit aussi la production de véhicules à l'Ouest: les chaînes de l'usine de Wolfsburg, berceau du groupe Volkswagen, seront à l'arrêt la semaine du 14 mars, faute d'approvisionnement de la part de fournisseurs ukrainiens.

La hausse du coût des matières premières et de l'énergie (notamment le gaz mais aussi l'électricité et le pétrole) pourrait également rendre plus coûteuse la production des voitures pour tous les constructeurs. 

Par ailleurs, l'incertitude pourrait gagner les acheteurs potentiels, alors que les constructeurs attendent la reprise du marché pour améliorer leurs marges et financer leur électrification. 

"Pendant une crise, les gens changent d'avis sur l'achat d'une voiture, ou reportent leur achat. Encore plus si la crise devient régionale", souligne Felipe Munoz.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.