Ukraine: Poutine prévient qu'une zone d'exclusion aérienne ferait des pays impliqués des cobelligérants

Vladimir Poutine tient sa conférence de presse annuelle dans le hall d'exposition Manezh, dans le centre de Moscou, le 23 décembre 2021 (Photo, AFP)..
Vladimir Poutine tient sa conférence de presse annuelle dans le hall d'exposition Manezh, dans le centre de Moscou, le 23 décembre 2021 (Photo, AFP)..
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Publié le Dimanche 06 mars 2022

Ukraine: Poutine prévient qu'une zone d'exclusion aérienne ferait des pays impliqués des cobelligérants

  • La Russie considérerait comme cobelligérant tout pays tentant d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement critiqué vendredi le refus de l'Otan de mettre en place une zone d'exclusion aérienne

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a souligné samedi que la Russie considérerait comme cobelligérant tout pays tentant d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine, une revendication de Kiev que l'Otan a rejetée, et a affirmé que les sanctions imposées à son pays s'apparentaient "à une déclaration de guerre".

"Nous entendons qu'il serait nécessaire de mettre en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire ukrainien. Mais il est impossible de faire cela depuis le territoire ukrainien, c'est seulement possible de le faire depuis le territoire de pays voisins", a déclaré M. Poutine, lors d'une rencontre avec des employées des compagnies aériennes russes.

Mais toute mesure en ce sens serait considérée par Moscou "comme une participation au conflit armé de tout pays" dont le territoire serait utilisé pour "créer une menace envers nos militaires", a-t-il ajouté.

M. Poutine a également mis en garde contre une éventuelle perte par l'Ukraine de son "statut d'Etat" si les autorités ukrainiennes ne changent pas de politique.

"Les autorités actuelles (ukrainiennes, ndlr) doivent comprendre que si elles continuent de faire ce qu'elles font, elles mettent en question l'avenir du statut d'Etat ukrainien. Et si cela se passe, elles en seront entièrement responsables", a déclaré le maître du Kremlin.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement critiqué vendredi le refus de l'Otan de mettre en place une zone d'exclusion aérienne en Ukraine pour neutraliser les capacités largement supérieures de la Russie dans les airs.

Les pays occidentaux refusent d'accéder à cette requête, complexe à mettre en oeuvre, au motif que cela entraînerait un risque important de conflit direct avec la Russie, dont des militaires interviennent en Ukraine depuis le 24 février.

Mais ils ont imposé une série de lourdes sanctions contre la Russie en représailles à l'offensive russe en Ukraine.

"Beaucoup de choses qui se passent actuellement (...) et auxquelles on fait face, ce sont des moyens de mener une lutte contre la Russie. Ces sanctions qui sont mises en place, cela s’apparente à une déclaration de la guerre", a estimé Vladimir Poutine.

"Mais Dieu merci, on n'en est pas encore arrivé là", a-t-il ajouté.


Comment le président Xi Jinping est devenu l'incarnation d'un nouveau monde multipolaire

Le président chinois, Xi Jinping, a participé au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique en Thaïlande au début de l'année (Photo, AFP).
Le président chinois, Xi Jinping, a participé au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique en Thaïlande au début de l'année (Photo, AFP).
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  • Le règne de Xi Jinping pourrait s'avérer transformateur, la Chine aspirant au titre de première puissance économique mondiale
  • Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, Xi a poursuivi ce qu'il a appelé une «grande renaissance de la nation chinoise»

RIYAD: Lorsque Xi Jinping est devenu président de la Chine en 2013, le pays le plus peuplé du monde s'était déjà imposé comme la deuxième plus grande économie et semblait prêt à rétablir l'équilibre géopolitique mondial.

Après près de dix ans de mandat, Xi a consolidé la position de la Chine en tant que puissance régionale, étendu son influence en Asie centrale et en Afrique et réalisé d'énormes progrès dans tous les domaines, de la robotique à l'intelligence artificielle en passant par l'exploration spatiale.

La Chine dispose aujourd'hui de la plus grande infrastructure internet du monde, le nombre d'utilisateurs étant passé de 564 millions à 1,03 milliard au cours de la dernière décennie, et d'une économie numérique robuste, dont la valeur est passée de 11 000 milliards de yuans (1 yuan = 0,14 euro) à 45 500 milliards de yuans.

Au cours de cette période, le PIB de la Chine est passé de 53 900 milliards de yuans à 114 400 milliards de yuans, représentant désormais 18,5% de l'économie mondiale. L'espérance de vie moyenne est quant à elle passée à 78,2 ans et près de 100 millions de personnes sont sorties de la pauvreté.

Au cours de sa vie, Xi a été le témoin de l'ascension transformatrice de la Chine, depuis les premières décennies tumultueuses qui ont suivi la révolution communiste de 1949 jusqu'à l'accession rapide de la nation au statut de superpuissance.

Xi est né à Pékin le 15 juin 1953. Il est le fils de Xi Zhongxun, un haut responsable du Parti communiste, ancien vice-Premier ministre et ancien commandant de la guérilla pendant la guerre civile qui a porté les communistes au pouvoir.

Xi a passé ses premières années au sein de l'élite chinoise. Cependant, en 1969, à l'âge de 15 ans, Il fait partie des nombreux jeunes citadins instruits qui ont été envoyés vivre et travailler à la campagne pendant la Révolution culturelle, une période d'immenses bouleversements sociaux.

Resté sept ans dans le village reculé de Liangjiahe, dans la province du Shaanxi, au nord-est du pays, il a pu constater en personne comment la majorité de ses compatriotes vivaient et travaillaient. Au cours de cette période, Xi a rejoint la Ligue de la jeunesse communiste, puis, en 1974, le Parti communiste chinois.

En 1975, Xi est retourné à Pékin pour étudier le génie chimique à la prestigieuse université Tsinghua. C'est l'année suivante, le 9 septembre 1976, que Mao est mort à l'âge de 82 ans, mettant fin à un règne de vingt-sept ans, caractérisé par une transformation sociale et économique radicale.

Hua Guofeng, le successeur trié sur le volet de Mao, est devenu le nouveau dirigeant de la nation. Toutefois, il a rapidement été mis sur la touche par Deng Xiaoping, qui a introduit d'importantes réformes économiques dans les années 1980, semant ainsi les graines de l'émergence de la Chine en tant que superpuissance mondiale.

Après l'université, Xi s’engage dans l'armée en tant qu'assistant à la Commission militaire centrale et au ministère de la Défense. Puis, en 1982, il a obtenu son premier poste d'autorité en tant qu'adjoint puis chef du Parti communiste dans le comté de Zhengding, au sud de Pékin, dans la province du Hebei.

En 1985, après avoir fait ses preuves en tant que responsable provincial compétent, Xi est nommé vice-maire de la ville de Xiamen, un centre manufacturier de la province côtière de Fujian, poste qu'il occupera pendant les dix-sept années suivantes.

C'est à cette époque, en 1987, que Xi épouse Peng Liyuan, une chanteuse populaire de la troupe de chant et de danse de l'Armée populaire de libération. Le couple a eu une fille, Xi Mingze, qui a poursuivi ses études à l'université Harvard aux États-Unis.

Avec le nouveau millénaire, la position de Xi au niveau national s'accroît rapidement. En 2000, il a été nommé gouverneur de la province de Fujian. Deux ans plus tard, il a été transféré dans la province voisine du Zhejiang, où il a été nommé chef du parti – un poste plus élevé que celui de gouverneur.

Devenu une étoile montante au sein du parti communiste chinois (PCC), Xi est nommé chef du parti de Shanghai en mars 2007. Il n'est resté à ce poste que quelques mois, car en octobre, il a rejoint la direction nationale au sein du Comité permanent du Politburo, composé de neuf membres. L'année suivante, en mars 2008, il est nommé vice-président.

Xi a ensuite commencé à bâtir son profil international. L'année-même où il est devenu vice-président, il a été chargé des Jeux olympiques d'été de 2008 à Pékin – un événement qui a marqué la résurgence de la Chine sur la scène mondiale.

En août 2011, Xi a accueilli le vice-président de l'époque, Joe Biden, lors de sa visite en Chine, près d'une décennie avant que Biden ne devienne président des États-Unis.

Puis, en novembre 2012, Xi a obtenu le poste le plus élevé au sein du PCC, remplaçant le président chinois, Hu Jintao, en tant que secrétaire général, entamant son premier mandat de cinq ans comme président de la Chine en mars de l'année suivante.

Depuis son arrivée au pouvoir, Xi a poursuivi ce qu'il a appelé une «grande renaissance de la nation chinoise» avec sa vision du «rêve chinois».

Sous sa direction, la Chine a adopté des réformes pour lutter contre le ralentissement de la croissance et a lancé le projet d'infrastructure «la Ceinture et la Route» (nouvelle route de la soie) doté de plusieurs milliards de dollars, qui vise à étendre les relations commerciales de la Chine avec l'Asie centrale et l'Europe.

Le pays s'est affirmé sur la scène mondiale, de la mer de Chine méridionale et de Taïwan à l'est, aux pays d'Asie et d'Afrique à l'ouest.

C'est en 2022 que la Chine de Xi a véritablement émergé comme une force mondiale exerçant une influence sur les événements mondiaux (Photo, AFP).

En octobre 2017, marquant le début de son second mandat, et en reconnaissance de son leadership transformationnel, le PCC a inscrit l'idéologie de Xi, connue sous le nom de «Pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère», dans sa Constitution, ainsi que son initiative phare «la Ceinture et la Route».

Le prestige de Xi était tel au début de son second mandat que l'assemblée législative chinoise a voté en mars 2018 pour abolir la limite de deux mandats présidentiels imposée par la nation.

Le second mandat de Xi n'a cependant pas été sans difficultés. En juillet 2018, les États-Unis, sous la direction du président de l’époque, Donald Trump, ont imposé des droits de douane sur les importations chinoises, déclenchant une guerre commerciale. La Chine a riposté de la même manière en visant les produits américains.

Puis, en janvier 2020, la Chine a verrouillé la ville de Wuhan alors qu'un nouveau virus déclenchait ce qui allait devenir la pandémie de la Covid-19. Bien que la Chine ait connu l'un des taux de mortalité par habitant les plus bas du monde, sa politique de «zéro COVID» a nécessité l'imposition de confinements périodiques.

La Chine, qui est l'une des principales puissances industrielles du monde et l'un de ses principaux fabricants, est impatiente de jouer son rôle dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans l'abandon du charbon sur son réseau électrique, dans le développement de technologies propres et renouvelables et dans la promotion de la durabilité.

En septembre 2020, dans un discours vidéo prononcé devant l'Assemblée générale des Nations unies, Xi a détaillé l'objectif de la Chine d'atteindre le pic des émissions de dioxyde de carbone avant 2030 et de parvenir à la neutralité carbone avant 2060.

C'est en 2022 que la Chine de Xi a véritablement émergé comme une force mondiale exerçant une influence sur les événements mondiaux. En février, lors de l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Pékin, Xi a rencontré le président russe, Vladimir Poutine, annonçant un renouveau de la relation sino-russe.

Trois semaines plus tard, la Russie a envahi l'Ukraine, entraînant des sanctions occidentales et des efforts de l'Otan pour soutenir les défenseurs ukrainiens. La Chine, quant à elle, comme de nombreux pays équidistants, s'est abstenue de critiquer l'opération de la Russie, mais n'a pas soutenu Moscou militairement. Cet épisode démontre à lui seul le chemin parcouru par la Chine dans le nouveau monde multipolaire.

En octobre, Xi a entamé un troisième mandat de cinq ans à la tête du PCC, ce qui l'a amené à devenir le plus ancien président du pays depuis Mao, et très probablement le plus transformateur, alors que la Chine envisage de devenir la première puissance économique mondiale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'humanité est devenue une «arme de destruction massive», dénonce le chef de l'ONU

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres (Photo, AFP).
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres (Photo, AFP).
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  • Les défis que la COP15 doit relever sont considérables
  • Un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent

MONTREAL: L'humanité est devenue une "arme d'extinction massive" et il est temps de cesser notre "guerre à la nature", a déclaré mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, appelant les pays à des décisions courageuses à la veille de la COP15 sur la biodiversité.

"Avec notre appétit sans limites pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l'humanité est devenue une arme d'extinction massive", a-t-il martelé lors du lever de rideau de cette conférence à Montréal, qu'il voit comme "notre chance d'arrêter cette orgie de destruction".

Depuis sa prise de fonction en 2017, Antonio Guterres, ancien Premier ministre portugais, a fait du changement climatique son cheval de bataille. Ses dénonciations enflammées lors de l'ouverture solennelle de la réunion COP15 montrent que le sort des plantes et des animaux et des milieux naturels menacés - une crise interconnectée - lui tient à cœur.

Il s'exprimait dans la foulée du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, dont l'intervention a été interrompue par les tambourins d'une dizaine de représentants d'un peuple autochtone local. "Génocide des autochtones = écocide", "Pour sauver la biodiversité, arrêter d'envahir nos terres", proclamait leur banderole, brandie quelques minutes sous les applaudissements d'une partie de la salle, avant qu'ils ne soient escortés, dans le calme, vers la sortie.

Les défis que la COP15 doit relever sont considérables: un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent, tandis que la pollution et le changement climatique accélèrent la dégradation des océans.

Les produits chimiques, les plastiques et la pollution atmosphérique étouffent la terre, l'eau et l'air, tandis que le réchauffement de la planète dû à la combustion des énergies fossiles provoque un chaos climatique - des vagues de chaleur et feux de forêt aux sécheresses et aux inondations.

Plus de 190 pays se réunissent du 7 au 19 décembre pour tenter de sceller un pacte décennal pour la nature et éviter ainsi une sixième extinction de masse. Mais l'issue des négociations, portant sur une vingtaine d'objectifs destinés à sauvegarder les écosystèmes d'ici à 2030, reste incertaine.

«Cacophonie du chaos»

"Aujourd'hui, nous ne sommes pas en harmonie avec la nature, au contraire, nous jouons une mélodie bien différente", une "cacophonie du chaos jouée avec des instruments de destructions", a résumé le secrétaire général de l'ONU.

"Et en fin de compte, nous nous suicidons par procuration", a-t-il ajouté, avec des répercussions sur l'emploi, la faim, la maladie et la mort. Les pertes économiques dues à la dégradation des écosystèmes, quant à elles, sont estimées à 3.000 milliards de dollars par an à partir de 2030.

Mais si le constat scientifique est peu discuté, les points de friction restent nombreux entre les membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU (195 États et l'Union européenne, mais sans les États-Unis, toutefois observateurs influents).

"Pour que l'accord de Paris réussisse, la biodiversité doit également réussir. Pour que le climat réussisse, la nature doit réussir, et c'est pourquoi nous devons les traiter ensemble", a affirmé à l'AFP Elizabeth Maruma Mrema, la cheffe de la CDB, il y a quelques jours.

Parmi la vingtaine d'objectifs en discussions, l'ambition phare, surnommée 30x30, vise à placer au moins 30% des terres et des mers du globe sous une protection juridique minimale d'ici à 2030. Contre respectivement 17% et 10% dans l'accord précédent de 2010.

Il sera aussi question des subventions néfastes à la pêche et à l'agriculture, de lutter contre les espèces invasives et de la réduction des pesticides.

Mais une fois encore, la question du financement de ces mesures pourrait être un point de blocage: des pays en développement demandant la création d'un fonds, comme celui décidé pour le climat.

Et le manque de leadership politique pourrait se faire sentir: en dehors du Premier ministre canadien, aucun chef d'État ou de gouvernement n'est attendu à Montréal, alors qu'ils étaient plus de 110 en Égypte en novembre pour la COP27, conférence de l'ONU sur le climat.


Ukraine: Nouvelle attaque au drone sur une base russe, les Américains mitigés

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky posant pour un selfie avec un soldat ukrainien lors de sa visite dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky posant pour un selfie avec un soldat ukrainien lors de sa visite dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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  • Pendant la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu près du front, non loin de Bakhmout, le principal champ de bataille de l'est de l'Ukraine
  • Le Kremlin a décidé depuis octobre de concentrer les attaques sur les installations énergétiques ukrainiennes, privant la population d'électricité, voire d'eau et de chauffage

KIEV: Washington a déclaré mardi soir "ne pas encourager" les attaques ukrainiennes de drones en Russie, alors que Moscou a signalé qu'un de ces engins avait touché mardi un aérodrome près de la frontière, sans faire de victime.

Pendant la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu près du front, non loin de Bakhmout, le principal champ de bataille de l'est de l'Ukraine où l'armée ukrainienne résiste depuis des mois à une offensive russe.

Ce déplacement intervient au moment où la Russie accuse son voisin de multiplier les attaques de drones contre des aérodromes sur son territoire. Des frappes que Kiev ne revendique pas, mais qui illustrent les difficultés que rencontre l'invasion déclenchée le 24 février par le président russe Vladimir Poutine.

"Nous n'encourageons pas et nous n'aidons pas l'Ukraine à lancer des frappes en Russie", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. "Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les Ukrainiens vivent chaque jour avec l'agression russe qui se poursuit", a-t-il ajouté, accusant Moscou de "faire de l'hiver une arme" en bombardant les infrastructures civiles de l'Ukraine.

"Ce à quoi nous sommes déterminés, c'est faire en sorte qu'ils aient en mains - avec beaucoup d'autres partenaires dans le monde - les équipements dont ils ont besoin pour se défendre, défendre leur territoire et défendre leur liberté", a précisé M. Blinken.

Le chef du Pentagone, Lloyd Austin, qui s'exprimait aux côtés de M. Blinken, a souligné que les États-Unis n'empêchaient pas l'Ukraine de développer ses propres missiles à longue portée. "La réponse est non. Nous ne faisons certainement pas cela", a-t-il déclaré. "Nous ne faisons rien pour empêcher l'Ukraine de développer ses propres capacités."

Le président américain Joe Biden a dit publiquement qu'il n'encourageait pas l'Ukraine à se doter de missiles de longue portée, redoutant une escalade qui pourrait conduire les États-Unis à jouer un rôle plus direct contre la Russie.

Les Ukrainiens continuent quant à eux de subir des coupures de courant, au lendemain d'une nouvelle série de bombardements sur les infrastructures énergétiques de leur pays.

À New York (États-Unis), le chef de l'agence humanitaire de l'ONU, Martin Griffiths, s'est alarmé devant le Conseil de sécurité: "Depuis octobre, les attaques prolongées contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine ont créé un nouveau niveau de besoins qui touche tout le pays et aggrave les besoins provoqués par la guerre".

Pour sa part, le président Volodymyr Zelensky a diffusé trois vidéos de lui dans le Donbass, région dont Moscou a revendiqué l'annexion en septembre sans pour autant la contrôler.

«Le plus difficile»

"L'est de l'Ukraine est l'axe (du front) le plus difficile", a dit M. Zelensky à des militaires, à l'occasion de la journée des forces armées. "Merci pour votre résilience", a-t-il ajouté avant de remettre des décorations.

Non loin de là, dans le bastion prorusse de Donetsk, six civils ont été tués dans des frappes ukrainiennes, selon les autorités locales.

Volodymyr Zelensky se rend régulièrement près du front, chose que le maître du Kremlin n'a jusqu'ici jamais faite, préférant les visioconférences de son bureau ou de sa résidence.

La prise de Bakhmout constituerait enfin un succès pour les Russes qui, depuis l'automne, accumulent les revers, forcés à des retraites dans le nord-est et le sud.

Dans ce contexte, le Kremlin a décidé depuis octobre de concentrer les attaques sur les installations énergétiques ukrainiennes, privant la population d'électricité, voire d'eau et de chauffage, au moment où les températures sont négatives.

Mardi encore, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a justifié ces "frappes massives" par la nécessité de "réduire le potentiel militaire de l'Ukraine".

Si le Kremlin ne cesse de jurer qu'il viendra à bout de la résistance ukrainienne, les derniers mois se sont avérés très difficiles pour les militaires russes, face à des Ukrainiens motivés et armés par leurs alliés occidentaux.