En Colombie, l'ascension politique des femmes afro-colombiennes

Poing levé, regard appuyé, Francia Marquez, 40 ans, traverse la ville de Buga (sud-ouest) entourée de ses supporteurs et gardes du corps. (AFP)
Poing levé, regard appuyé, Francia Marquez, 40 ans, traverse la ville de Buga (sud-ouest) entourée de ses supporteurs et gardes du corps. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 mars 2022

En Colombie, l'ascension politique des femmes afro-colombiennes

  • La colère populaire a mis au jour le racisme caché de la société colombienne et le mépris social dans la troisième plus grande ville de Colombie, qui compte une majorité d'habitants noirs (52%)
  • Pour sa campagne, elle laboure les rues de Cali, un des épicentres des manifestations massives qui ont éclaté au printemps 2021 contre le gouvernement du président conservateur Ivan Duque

COLOMBIE: Elles sont trois : trois femmes afro-colombiennes de la côte Pacifique de Colombie (ouest), candidates aux élections législatives du 13 mars, visage d'une minorité qui veut en finir avec des siècles d'ostracisme et incarne l'émergence politique de cette minorité.


Francia Marquez, Caterine Ibargüen et Zenaida Martinez disent lutter contre le machisme de la politique colombienne. Ensemble, elles sont la voix d'une protestation qui monte contre une double discrimination : en tant que femmes et en tant que noires.


Selon les statistiques officielles, 9,3% des 50 millions de Colombiens s'identifient comme Afro-colombiens et 30% d'entre eux vivent dans la pauvreté. Le gouvernement ne compte qu'une seule femme noire et deux seulement sont membres du Parlement.


L'AFP a accompagné ces trois candidates en campagne dans la région du Pacifique, où vivent la plupart des Afro-Colombiens et où les violences qui ont suivi l'accord de paix de 2016 avec la défunte guérilla des FARC font toujours rage.

Marquez, le courage 

Poing levé, regard appuyé, Francia Marquez, 40 ans, traverse la ville de Buga (sud-ouest) entourée de ses supporteurs et gardes du corps. Elle vient de remplir un amphithéâtre universitaire. Ses partisans l'embrassent, brandissent des drapeaux avec le slogan "Fini le silence".


"Ceux qui ne sont rien, ceux dont l'humanité n'est pas reconnue, ceux dont les droits ne sont pas reconnus dans ce pays, nous nous levons pour changer l'histoire", lance-t-elle.


En 2019, Francia Marquez a survécu à une attaque à la grenade et au fusil. Les assaillants ont voulu lui faire payer sa lutte pour assurer aux communautés locales afrodescendantes un accès à une eau non polluée.


Un an plus tôt, elle avait reçu le prix Goldman - également connu sous le nom de prix Nobel de l'environnement - pour son combat dans son département du Cauca.


Elle explique s'être lancée en politique face à un constat d"'impuissance devant tant d'injustices" et parce que "la violence s'est déchaînée (...) contre les personnes les plus vulnérables".


Ses partisans apprécient son discours direct sur la violence, les inégalités et la pauvreté.


L'avocate est aussi en concurrence avec l'ex-guérillero Gustavo Petro, favori dans les sondages, pour représenter la gauche lors de l'élection présidentielle du 29 mai. Si elle remporte un nombre important de voix à la primaire en mars, elle pourrait postuler à la vice-présidence ou faire partie d'un futur gouvernement, pronostiquent nombre d'analystes.

Ibargüen, la superactive 
La meilleure athlète du monde en 2018 et championne olympique 2016 du triple saut s'est fixé un nouvel objectif : devenir "la sénatrice des Afros". Ce jour là, Caterine Ibargüen est en campagne dans la ville de Cali.


"Ce qui m'inspire vraiment en politique, c'est ma lassitude" face à la maltraitance sociale des Noirs, confesse l'athlète de 38 ans au large sourire, qui a raccroché après les JO de Tokyo 2020.


Originaire de la municipalité d'Apartado, elle été élevée "par deux femmes, ma grand-mère et ma mère. Mon père a dû quitter la région (...) en tant que déplacé à cause de la violence".


Pour sa campagne, elle laboure les rues de Cali, un des épicentres des manifestations massives qui ont éclaté au printemps 2021 contre le gouvernement du président conservateur Ivan Duque.


La colère populaire a mis au jour le racisme caché de la société colombienne et le mépris social dans la troisième plus grande ville de Colombie, qui compte une majorité d'habitants noirs (52%).


"Tout ce que je suis, je le suis grâce au sport (...) il m'a ouvert l'esprit, m'a ouvert des portes, a changé ma vie", déclare la candidate du parti U, entaché par de nombreux scandales de corruption ces dernières années.


Accompagnée de leaders sociaux et de chanteurs locaux, l'athlète écoute préoccupations et réclamations des électeurs. "Mon engagement n'est pas envers la politique, il est envers vous, envers ma communauté. Vous mentir, c'est mentir à ma famille, à mon peuple, à mes rêves et à mes valeurs", promet-elle.

Martinez, la résistante 
Sur les routes poussiéreuses du nord du département de Choco, Zenaida Martinez, 57 ans, est escortée par deux hommes dans un pick-up aux vitres fumées.


Après avoir fui les violences de la guérilla marxiste des FARC, et aujourd'hui menacée par de nouveaux groupes armés qu'elle préfère ne pas nommer, elle parcourt inlassablement l'une des zones les plus négligées par l'Etat et régulièrement livrée à la violence des narcotraficants.


"Nous vivons dans une extrême pauvreté (...) nous n'avons pas d'eau potable, pas d'assainissement, nous avons le conflit armé à l'intérieur des territoires", déplore-t-elle.


Cette mère de cinq enfants est à la pointe du combat contre la dépossession des terres et pour défendre les victimes noires du conflit.


Lorsque les FARC ont pris le contrôle de son village en 1997, elle s'est réfugiée avec ses enfants dans la jungle. Elle n'est plus jamais revenue dans son village.


Elle fait campagne dans des bourgs miséreux, où les façades des maisonnettes arborent des tags aux noms des groupes de narcotrafic sévissant dans la région. 


Elle est en lice pour l'un des 16 sièges réservés aux victimes dans le cadre de l'accord de paix. "Des victimes n'ont jamais eu la moindre réparation (...). On se rappelle vaguement de nous tous les quatre ans, à chaque élection, quand les partis traditionnels viennent glaner des voix".


Si la peur force parfois au silence, confie-t-elle, elle "m'a aussi rendue plus puissante".


L'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz face au blocus américain

Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
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  • L’Iran rétablit un contrôle strict du détroit d’Ormuz, accusant les États-Unis de violer leurs engagements en maintenant le blocus maritime malgré des signes d’ouverture
  • Les tensions persistent malgré des efforts diplomatiques et des cessez-le-feu fragiles, avec un impact direct sur le trafic maritime, les marchés pétroliers et la stabilité régionale

TEHERAN: L'Iran a annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

Téhéran avait "accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux" mais les Américains, violant leur engagement, "continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus", a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

"Pour cette raison", la situation est revenue "à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict" de l'Iran, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis.

Plus tôt samedi matin, le site MarineTraffic montrait une timide reprise du trafic commercial dans le détroit: plus d'une dizaine de bâtiments y circulaient, dont plusieurs pétroliers, mais au moins deux semblaient faire demi-tour vers 09H00 GMT.

Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.

Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d'après le journal spécialisé Lloyd's List.

- 21 navires bloqués -

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations, et qu'il "continuerait" si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations.

"Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran", a indiqué samedi sur X le commandement central américain.

En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'"ouvrir l'artère vitale d'Ormuz avant d'avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (...) donne à l'ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille".

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.

- Diplomatie pakistanaise -

Vendredi, M. Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était "très proche" et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

"Je quitte Antalya (Turquie) (...) avec une détermination renouvelée (...) à poursuivre notre étroite coopération visant à promouvoir le dialogue et la diplomatie pour une paix et une stabilité durables dans la région", a tweeté le chef du gouvernement, Shehbaz Sharif.

Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Parmi les signes de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.

- "Accord permanent" espéré par le Liban -

Au Liban, l'autre front de la guerre, de nombreux déplacés ont pris la route pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La cessation des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien a débuté vendredi à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a-t-il martelé.

Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.