L'Ukraine refuse les évacuations vers la Russie, se prépare à de nouvelles offensives

Cette photo prise et publiée par le service d'urgence de l'État ukrainien le 7 mars 2022 montre des sauveteurs démantelant les décombres d'une école détruite après que les troupes russes ont bombardé la ville de Tchernihiv. (AFP)
Cette photo prise et publiée par le service d'urgence de l'État ukrainien le 7 mars 2022 montre des sauveteurs démantelant les décombres d'une école détruite après que les troupes russes ont bombardé la ville de Tchernihiv. (AFP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

L'Ukraine refuse les évacuations vers la Russie, se prépare à de nouvelles offensives

  • La Russie recrute des mercenaires syriens ayant l'expérience de la guérilla urbaine pour combattre en Ukraine, a rapporté dimanche le Wall Street Journal
  • Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a été tué par l'armée russe, a indiqué lundi la mairie de cette commune, au douzième jour de l'invasion de l'Ukraine

KIEV:

L'Ukraine a refusé lundi les couloirs humanitaires vers la Russie et le Bélarus proposés par Moscou et se prépare à de nouvelles offensives sur plusieurs villes du pays, dont Kiev, après une nouvelle nuit de violents bombardements.

L'aggravation du conflit, les sanctions de plus en plus dures contre la Russie et la possibilité d'un embargo sur le pétrole russe provoquaient lundi matin une poussée de fièvre sur les marchés internationaux, avec des hausses vertigineuses du pétrole et du gaz et une lourde chute des bourses en Asie ainsi qu'à l'ouverture en Europe.

Au douzième jour de l'invasion russe, Moscou a annoncé l'instauration de cessez-le-feu locaux et l'ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l'évacuation de civils de plusieurs villes d'Ukraine dont la capitale Kiev.

Mais la moitié de ces couloirs rejoignent la Russie ou le Bélarus, depuis lequel l'armée russe est aussi entrée en Ukraine le 24 février, et ont aussitôt été rejetés par le gouvernement ukrainien.

«Ce n’est pas une option acceptable», a déploré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Les civils évacués «n'iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l'avion et aller en Russie», a-t-elle dit.

Selon l'armée russe, la décision d'ouvrir des couloirs humanitaires a été prise après une «demande personnelle» du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants se sont entretenus pendant deux heures dimanche par téléphone.

Le président Macron n'a «évidemment pas» demandé de tels couloirs vers la Russie ou le Bélarus, a répliqué l'Elysée. Il demande d'abord que «l'offensive russe s'arrête» et insiste sur «la protection des civils et l'acheminement de l'aide», a précisé la présidence française.

La mise en place de couloirs humanitaires concerne Kiev, mais aussi Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays visée dans la nuit de dimanche à lundi par de nouveaux bombardements ayant touché un complexe sportif et des immeubles résidentiels, ainsi que Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov (sud-est), assiégé par l'armée russe, et Soumy (nord-est).

Le porte-parole de l'armée russe, Igor Konachenkov, a affirmé que des cessez-le-feu locaux pour assurer les évacuations avaient bien débuté à 07H00 GMT.

«Kiev tiendra !»

Les combats ont baissé temporairement en intensité en raison de «pertes énormes» côté russe, a affirmé lundi matin le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov sur sa page Facebook.

Mais «les occupants essaient de concentrer leurs forces et leurs ressources pour une nouvelle série d'attaques», a-t-il affirmé. «En premier lieu Kiev, Kharkiv, Tcherniguiv (nord) et Mykolaïev (sud)», a-t-il précisé.

Neuf personnes ont été tuées dimanche dans le bombardement par l'armée russe de l'aéroport de Vinnytsia, à quelque 200 km au sud-ouest de Kiev.

Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a lui été tué «alors qu'il distribuait du pain et des médicaments aux malades, et réconfortait les blessés», a annoncé la mairie.

L'armée russe a massé des forces autour de Kiev et va «probablement essayer de prendre la ville dans les prochains jours», a estimé un conseiller du ministre de l'Intérieur.

Les forces ukrainiennes se tiennent prêtes à détruire le dernier pont reliant Kiev à son arrière-pays à l'ouest pour freiner la progression des chars russes.

«La capitale se prépare à se défendre», a lancé le maire de Kiev et ancien champion de boxe Vitali Klitschko sur Telegram. «Kiev tiendra ! Se défendra ! Dressons-nous ensemble ! Gloire à l'Ukraine !», a-t-il clamé.

Tcherniguiv (nord), où des bombardements avaient déjà fait 47 morts jeudi, a été la cible de tirs d'artillerie durant la nuit et des combats ont éclaté à ses abords, selon l'armée ukrainienne. Mykolaïev a été visé par des lances-roquette Grad. Les forces russes affluaient aussi dans la région de Soumy.  

Tirs de missiles près d'Odessa

Celle de Jytomyr, à 150 km à l'ouest de Kiev, est également pilonnée, avec nombre de maisons détruites. Dans la région de Kherson, près de la Crimée, dont les Russes ont pris le contrôle, de nombreux villages sont privés d'électricité, de gaz, d'eau, de nourriture et de médicaments.

Des missiles russes tirés depuis la mer Noire se sont aussi abattus lundi sur le village de Touzly, dans la région d'Odessa, a indiqué un porte-parole militaire régional, Sergueï Bratchouk. Selon lui, les tirs ont visé des «sites d'infrastructures cruciales», mais n'ont pas fait de blessé.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait aussi averti que la Russie se préparait à bombarder Odessa, port stratégique sur la mer Noire.

Le ministre de l'Education Sergiy Shkarlet a précisé de son côté que 211 écoles avaient été endommagées dans les bombardements.

Par ailleurs, à Lougansk, contrôlée par les séparatistes russes dans l'est de l'Ukraine, une forte explosion a provoqué lundi un incendie dans un dépôt de pétrole, selon l'agence de presse russe Interfax.

Une troisième séance de négociations entre Russes et Ukrainiens est prévue lundi, selon Kiev. Mais les espoirs de succès sont minces, le président russe Vladimir Poutine ayant posé comme condition préalable à tout dialogue l'acceptation par Kiev de toutes les exigences de Moscou, notamment la démilitarisation de l'Ukraine et un statut neutre pour le pays.

Deux sessions précédentes de pourparlers s'étaient tenues à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse.

Dimanche soir, lors de son entretien avec Emmanuel Macron, M. Poutine a affirmé qu'il «atteindrait ses objectifs» en Ukraine «soit par la négociation, soit par la guerre», selon l'Elysée.

«Solide comme un roc»

Il a aussi de nouveau «nié que son armée prenne des civils pour cibles», et réaffirmé que «la responsabilité revenait aux Ukrainiens de laisser partir la population des villes encerclées», selon la présidence française.

L'aggravation du conflit et l'arrêt quasi-total des exportations russes continuent de faire flamber les prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a frôlé les 140 dollars, proche du record absolu.

Le prix du gaz naturel s'est enflammé de 60% à plus de 300 euros sur le marché européen devant les craintes de perturbations dans les livraisons en provenance de Russie.

Dans la foulée, les Bourses de Tokyo et de Hong Kong ont chuté de 2,94% et 3,87%. En Europe, elles lâchaient 4% à l'ouverture.

L'envolée des cours du pétrole intervient après des déclarations dimanche du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, selon qui les Etats-Unis et l'Union européenne discutent «très activement» de la possibilité d'interdire les importations de pétrole russe.

M. Zelensky a aussi lancé un appel en ce sens. Mais L'Allemagne, très dépendante des hydrocarbures russes, s'est déclarée opposée à un embargo sur le gaz, le pétrole et le charbon russes, estimant que les sanctions devaient pouvoir «tenir sur la durée».

Alors que la Russie est de plus en plus isolée sur la scène internationale, la Chine l'a assurée de son amitié, «solide comme un roc», et a esquissé des «perspectives de coopération future immenses».

La Russie était quant à elle absente lors de l'ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans une procédure initiée par l'Ukraine, qui demande au plus haut tribunal de l'ONU d'ordonner à Moscou de stopper son invasion militaire.

Moscou a annoncé lundi l'instauration de cessez-le-feu locaux et l'ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l'évacuation de civils de plusieurs villes d'Ukraine dont la capitale Kiev, où les sirènes d'alertes ont retenti à l'aube, au douzième jour de l'invasion russe.

L'aggravation du conflit et la possibilité d'un embargo sur le pétrole russe provoquaient lundi matin une poussée de fièvre sur les marchés internationaux, avec des hausses vertigineuses du pétrole et de l'or et une lourde chute des bourses en Asie.

L'annonce de Moscou est intervenue après une nuit de violents bombardements au sol, depuis la mer et les airs sur les villes d'Ukraine, et alors que la guerre a poussé plus de 1,5 millions de personnes à fuir pour se réfugier dans les pays voisins selon l'ONU.

Washington accuse Moscou de recruter des Syriens pour combattre en Ukraine

La Russie recrute des mercenaires syriens ayant l'expérience de la guérilla urbaine pour combattre en Ukraine, a rapporté dimanche le Wall Street Journal, citant des responsables américains.


Moscou, qui a lancé l'invasion de l'Ukraine le 24 février et a rencontré une résistance à laquelle elle ne s'attendait pas, a commencé ces derniers jours à recruter des combattants syriens pour les utiliser dans la prise de contrôle des zones urbaines, ont indiqué quatre responsables au quotidien américain.


La Russie est impliquée depuis 2015 dans le conflit syrien aux côtés du régime du président Bachar al-Assad.


Un responsable américain a affirmé au WSJ que certains combattants syriens sont déjà en Russie, se préparant à rejoindre les combats en Ukraine. Cette source n'a pas donné davantage de détails.


Des combattants étrangers sont déjà présents des deux côtés du front en Ukraine.


L'homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, un ancien rebelle devenu allié du Kremlin, a partagé des vidéos de combattants tchétchènes en Ukraine et a déclaré que certains avaient été tués dans les combats.


De l'autre côté du front, des dizaines de milliers de volontaires se sont rendus en Ukraine pour rejoindre ses forces, selon le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kuleba.

Selon l'armée russe, la décision d'ouvrir des couloirs humanitaires a été prise après une "demande personnelle" du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants se sont entretenus pendant deux heures dimanche par téléphone. 


Cette décision concerne Kiev, que les forces russes tentent d'encercler, mais également Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays visée dans la nuit de dimanche à lundi par des bombardements qui ont notamment pris pour cible le complexe sportif d'une université et des immeubles résidentiels, selon un journaliste de l’AFP.


"L'ennemi continue l'opération offensive contre l'Ukraine, en se concentrant sur l'encerclement de Kiev, Kharkiv, Tcherniguiv (nord), Soumy (nord-est) et Mykolaïev (sud)", a indiqué l'état-major ukrainien dans un communiqué.


Les forces russes "accumulent leurs ressources pour lancer un assaut sur Kiev", a-t-il ajouté.

Ukraine: le maire de Gostomel, aéroport près de Kiev, meurt dans les combats

Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a été tué par l'armée russe, a indiqué lundi la mairie de cette commune, au douzième jour de l'invasion de l'Ukraine.


"Le maire de la ville de Gostomel, Yuri Illitch Prylipko est mort, alors qu'il distribuait du pain et des médicaments aux malades, et réconfortait les blessés", écrit la ville de Gostomel dans un communiqué sur sa page officielle Facebook. 


"Personne ne l'avait obligé à faire face aux balles ennemies. Il aurait pu, comme des centaines d'autres, se cacher dans une cave. (...) Mais il avait pris sa décision", ajoute le communiqué, qui retrace une partie de sa vie et de son engagement depuis l'invasion russe.


"Il est mort pour la communauté, mort pour Gostomel, mort en héros. Souvenir éternel et notre gratitude", salue la mairie.


La localité de Gostomel, au nord-ouest de Kiev, accueille l'aéroport militaire d'Antonov, qui avait été attaqué par les forces russes le 25 février, au lendemain du début de l'invasion de l'Ukraine.


"Compte tenu de la situation", indique la mairie de Gostomel, "il est impossible d'être invité à des funérailles".

Dans la capitale, l'armée se tenait prête à détruire le dernier pont reliant la ville à son arrière-pays à l'ouest pour freiner la progression des chars russes.


"Si nous recevons l'ordre d'en haut, ou si nous voyons les Russes avancer, nous le ferons sauter... avec le plus grand nombre de chars ennemis possible", a déclaré à l'AFP le sergent "Casper", d'une unité de volontaires ukrainiens.


Dans les faubourgs ouest de Kiev, à Irpine, "du matin au soir, tous les bâtiments voisins ont été touchés, un tank est entré. C'était effrayant, nous avons eu peur. Avant cela, nous ne pensions pas que nous allions partir", a témoigné Tetiana Vozniuchenko, 52 ans.


La décision d'instaurer des couloirs humanitaires concerne également le port stratégique de Marioupol, sur la mer d'Azov dans le sud-est du pays, assiégé par l'armée russe et où une deuxième tentative d'évacuation humanitaire a échoué dimanche. Russes et Ukrainiens se sont mutuellement accusés d'avoir violé le cessez-le-feu accordé pour permettre cette opération.


Des missiles russes tirés depuis la mer se sont abattus lundi sur le village de Touzly, dans la région d'Odessa, a indiqué un porte-parole militaire régional, Sergueï Bratchouk. Selon lui, les tirs ont visé des "sites d'infrastructures cruciales", mais n'ont pas fait de blessé. 

La Russie refuse de comparaître devant la CIJ à propos de la guerre en Ukraine

La Russie a refusé de comparaître lundi lors de l'ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans une procédure initiée par l'Ukraine, qui demande au plus haut tribunal de l'ONU d'ordonner à Moscou d'arrêter son invasion.


"La cour déplore la non comparution de la Fédération de Russie lors de cette procédure orale", a déclaré Joan Donoghue, juge présidente de la CIJ.


Alexander Shulgin, l'ambassadeur russe aux Pays-Bas, où siège la cour, a indiqué que le gouvernement russe n'entendait pas participer à la procédure orale, a-t-elle précisé.


"Le fait que les sièges que la Russie devait occuper sont vides en dit long", a affirmé Anton Korynevich, membre de la délégation ukrainienne devant la cour. "Ils ne sont pas ici devant cette cour, ils sont sur les champs de bataille, menant une guerre agressive contre mon pays", a-t-il ajouté. "C'est ainsi que la Russie règle ses différends", a-t-il poursuivi.


Kiev a déposé il y a plus d'une semaine une requête devant la CIJ, qui siège à La Haye (Pays-Bas), quelques jours après le début de l'offensive russe en Ukraine.


L'Ukraine demande au plus haut tribunal de l'ONU des mesures urgentes ordonnant à la Russie d'arrêter son invasion en Ukraine, avant de se prononcer sur le fond de l'affaire, ce qui pourrait prendre des années.

Plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait averti que la Russie se préparait à bombarder Odessa, port stratégique sur la mer Noire.


Par ailleurs, à Lougansk, contrôlée par les séparatistes russes dans l'est de l'Ukraine, une forte explosion a provoqué lundi un incendie dans un dépôt de pétrole, selon l'agence de presse russe Interfax.


Une troisième séance de négociations entre Russes et Ukrainiens est prévue lundi. Mais les espoirs de succès sont minces, le président russe Vladimir Poutine ayant posé comme condition préalable à tout dialogue l'acceptation par Kiev de toutes les exigences de Moscou, notamment la démilitarisation de l'Ukraine et un statut neutre pour le pays.


Deux sessions précédentes de pourparlers s'étaient tenues à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse.

Pékin souligne son «amitié» avec la Russie, prêt à une «médiation» en Ukraine

L'amitié entre Pékin et Moscou est "solide comme un roc" a assuré lundi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, alors qu'une vague de sanctions internationales s'intensifie contre la Russie après son invasion de l'Ukraine.


Attachée à son partenariat avec Moscou, la Chine s'est abstenue de condamner l'intervention russe en Ukraine, se refusant même à parler "d'invasion".


"L'amitié entre les deux peuples est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses", a affirmé devant les journalistes M. Wang, lors de sa conférence de presse annuelle en marge de la session parlementaire.


Le ministre était interrogé sur la position de la Chine après la vague de sanctions internationales visant la Russie pour son invasion de l'Ukraine. 


"La Chine et la Russie, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, sont [...] les partenaires stratégiques les plus importants l'un pour l'autre", a ajouté M. Wang, estimant que Pékin et Moscou "contribuent" à la paix et la stabilité dans le monde. 


L'amitié sino-russe est un "exemple de relation digne, où chacun aide et soutient l'autre dans son développement", avait estimé le mois dernier le président russe Vladimir Poutine, reçu en grande pompe à Pékin pour les Jeux olympiques d'hiver.


Le chef de la diplomatie chinoise a par ailleurs indiqué que son pays était "disposé" à jouer un rôle dans la crise ukrainienne, notamment en participant "le moment venu" à une médiation internationale pour mettre fin à la guerre.


Pékin va également envoyer de l'aide humanitaire en Ukraine, a indiqué Wang Yi.

Centrales nucléaires 
Dimanche soir, lors de son entretien avec Emmanuel Macron, M. Poutine a affirmé qu'il "atteindrait ses objectifs" en Ukraine "soit par la négociation, soit par la guerre", selon l'Elysée.


Il a cependant assuré qu'il "n'était pas dans son intention de procéder à des attaques des centrales nucléaires" et s'est dit "prêt à respecter les normes de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) pour la protection des centrales", a déclaré la présidence française à la presse. 


Après le bombardement - dont Moscou a nié être à l'origine - le 4 mars de la centrale nucléaire de Zaporojie (sud), la plus grande d'Ukraine et d'Europe, qui a fait craindre une catastrophe, l'AIEA a été informée par Kiev que la direction de la centrale était désormais sous les ordres des forces russes.


D'après les autorités ukrainiennes, seules les communications par téléphone mobile y sont encore possibles, mais de mauvaise qualité, et le chef de l'AIEA Rafael Grossi s'est dit "profondément préoccupé" par "la détérioration de la situation concernant les communications vitales entre l'autorité de régulation et la centrale".


Au cours de son entretien avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a aussi de nouveau "nié que son armée prenne des civils pour cibles", et a réaffirmé que "la responsabilité revenait aux Ukrainiens de laisser partir la population des villes encerclées", selon la présidence française.

Ukraine: Paris dit n'avoir pas demandé l'ouverture de couloirs humanitaires vers la Russie et le Bélarus

La France n'a pas demandé l'ouverture de couloirs humanitaires en Ukraine vers la Russie et le Bélarus, comme l'a proposé Moscou, a indiqué lundi la présidence française, en insistant sur la nécessité de "respecter le droit international", notamment dans la protection des populations civiles.
L'Ukraine a refusé lundi matin les couloirs humanitaires proposés par Moscou pour acheminer des civils vers la Russie et le Bélarus, qui ne sont "pas une option acceptable".
Au lendemain d'un entretien téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, l'Elysée rappelle que la demande de Paris "comme du reste des alliés et partenaires est que l'offensive russe cesse".
Mais "tant que l'offensive est en cours, car les Russes refusent d'y mettre un terme", il faut "respecter le droit international humanitaire, la protection des populations civiles et l’acheminement de l’aide", ajoute la présidence.
L'Elysée souligne que M. Macron n'a pas demandé que des couloirs humanitaires soient ouverts vers la Russie, alors que l'armée russe a annoncé lundi l'instauration de cessez-le-feu locaux pour évacuer des civils des villes ukrainiennes de Kharkhiv, Kiev, Marioupol et Soumy, en proie à de violents combats. Pour Kiev, le couloir serait dirigé vers le nord, c'est-à-dire vers la ville bélarusse de Gomel, non loin de la frontière ukrainienne.
"Ce n’est pas une option acceptable", a déploré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.. Selon elle, les civils appelés par les Russes à être évacués des villes de Kharkiv, Kiev, Marioupol et Soumy "n’iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l’avion et aller en Russie".
L'armée russe a affirmé que cette décision d'ouvrir des couloirs humanitaires avait été prise arès une "demande personnelle" d'Emmanuel Macron adressée à Vladimir Poutine.

«Nous ne pardonnerons pas»

La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine, l'Organisation mondiale de la Santé a fait état d'attaques sur des installations sanitaires, et Washington a fait état d'informations "très crédibles" selon lesquelles la Russie a commis des crimes de guerre depuis le début de l'invasion le 24 février.


Dans un message vidéo publié dimanche soir, M. Zelensky a accusé les troupes russes de "meurtres délibérés".


"Nous ne pardonnerons pas, nous n'oublierons pas, nous punirons quiconque aura commis des atrocités pendant cette guerre sur notre terre", a-t-il promis.


Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont demandé à Interpol de suspendre la Russie, a tweeté la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel, selon qui "les actes de la Russie constituent une menace directe pour la sécurité des individus et la coopération internationale en matière d'application de la loi".


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).

 


Groenland: face aux menaces de Trump, l'UE élabore sa riposte

Les Européens ont affiché dimanche leur unité face aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump, qui martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois. (AFP)
Les Européens ont affiché dimanche leur unité face aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump, qui martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois. (AFP)
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  • M. Trump avait haussé le ton à la suite de l'envoi de militaires européens sur l'île, territoire autonome danois, dans le cadre de manœuvres danoises
  • Ces huit pays "se sont rendus au Groenland dans un but inconnu" et, en "se livrant à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable", a-t-il dit.

BRUXELLES: Les Européens ont affiché dimanche leur unité face aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump, qui martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois.

Preuve de leur volonté d'envoyer un message à Washington, un sommet extraordinaire des dirigeants des 27 aura lieu "dans les jours qui viennent", a annoncé le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion d'urgence des ambassadeurs des Vingt-Sept.

De source européenne, il devrait probablement avoir lieu jeudi.

Selon un diplomate européen, la rencontre des ambassadeurs a montré la volonté des Etats membres de dire clairement aux Etats-Unis que l'utilisation de mesures commerciales comme moyen de pression n'était pas acceptable et que l'UE avait "plusieurs instruments à sa disposition pour répondre si nécessaire".

En parallèle de la recherche d'une solution diplomatique, les pays ont demandé à la Commission d'examiner les différentes ripostes envisageables, a par ailleurs indiqué une autre source.

Un peu plus tôt, le président français Emmanuel Macron avait fait savoir qu'il comptait demander l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE en cas de nouveaux droits de douane américains.

Cet outil, "arme nucléaire économique" selon les termes de l'eurodéputée Valérie Hayer, vise à répondre à un pays tiers qui utiliserait des armes commerciales dans le but d'interférer "dans les choix souverains légitimes de l'UE ou d’un État membre". Il permet en particulier de limiter les importations provenant d'un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.

De sources diplomatiques, aucune décision sur ce dossier n'a été prise à ce stade.

Une autre réponse possible pour les 27 serait de réactiver les mesures de représailles prévues sur une liste comprenant 93 milliards d'euros de marchandises américaines.

Cette riposte, un temps envisagée, avait été suspendue  après la conclusion, à l'été 2025, d'un accord commercial entre Washington et Bruxelles.

L'accord, qui doit examiné par les eurodéputés dans les jours qui viennent, n'est désormais plus du tout du goût des eurodéputés. L'Allemand Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, a clairement indiqué que s'il était favorable à ce texte, une approbation n'était "pas possible à ce stade".

L'ordre mondial "tel que nous le connaissons" et "l'avenir" de l'Otan sont en jeu, a estimé Lars Lokke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark, assurant ne pas douter d'un "soutien européen fort".

"Ensemble, nous tenons fermement notre engagement de défendre la souveraineté du Groenland et du royaume du Danemark", a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui s'est entretenue avec plusieurs dirigeants dont le Premier ministre britannique Keir Starmer et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.

"Unis et coordonnés" 

"Les menaces douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire à un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté", ont déclaré le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni dans un communiqué commun.

La veille, M. Trump avait haussé le ton à la suite de l'envoi de militaires européens sur l'île, territoire autonome danois, dans le cadre de manœuvres danoises. Ces huit pays "se sont rendus au Groenland dans un but inconnu" et, en "se livrant à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable", a-t-il dit.

Il a menacé de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu'à ce qu'"un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland". Une surtaxe de 10% à partir du 1er février, qui pourrait monter à 25% au 1er juin.

Echange entre Rutte et Trump 

Depuis son retour au pouvoir il y a un an, M. Trump parle régulièrement de prendre le contrôle de l'immense île située entre l'Amérique du nord et l'Europe, invoquant des raisons de sécurité nationale face aux avancées russes et chinoises en Arctique.

Cette "dispute" territoriale entre les Etats-Unis et le Danemark, deux pays membres de l'Otan, est inédite, et menace l'Alliance atlantique dans son existence, 77 ans après sa création en 1949.

Très prudent sur ce dossier qui le place dans une position extrêmement inconfortable, son secrétaire général, Mark Rutte, a annoncé dimanche soir qu'il avait échangé avec Donald Trump.

"J'ai discuté avec le président des États-Unis de la situation sécuritaire au Groenland et dans l'Arctique. Nous poursuivrons nos efforts sur ce sujet et je me réjouis de le rencontrer à Davos en fin de semaine", a-t-il simplement indiqué sur X M. Rutte, sans autre précisions sur le contenu de cet échange téléphonique très attendu.


Soudan: la population traverse un «enfer», alerte le responsable de l'ONU pour les droits humains

Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils. (AFP)
Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils. (AFP)
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  • "Nous avons un population qui a enduré horreurs et enfer",  a lancé Volker Türk lors d'une conférence de presse à Port-Soudan, dans l'est du pays - sa première depuis le déclenchement du conflit
  • Il s'est alarmé d'une "militarisation croissante de la société par toutes les parties", marquée par "l'armement des civils et le recrutement d’enfants"

PORT-SOUDAN: Près de trois ans de guerre au Soudan ont plongé la population dans "l'enfer", a alerté dimanche le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, dénonçant notamment l'enrôlement des enfants dans le conflit.

Depuis avril 2023, la guerre qui oppose l'armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, et déplacé, dans ses heures les plus sombres, plus de 14 millions personnes dans et à l'extérieur du pays, provoquant ce que l'ONU a qualifié de pire crise humanitaire au monde.

"Nous avons un population qui a enduré horreurs et enfer",  a lancé Volker Türk lors d'une conférence de presse à Port-Soudan, dans l'est du pays - sa première depuis le déclenchement du conflit.

Il s'est alarmé d'une "militarisation croissante de la société par toutes les parties", marquée par "l'armement des civils et le recrutement d’enfants."

"Il est scandaleux", s'est il indigné, "que d'immenses sommes soient dépensées pour acquérir des armes de plus en plus sophistiquées, en particulier des drones" au lieu "de servir à soulager la souffrance des Soudanais.

Les Emirats Arabes Unis nient régulièrement armer et soutenir les FSR, comme l'en accusent des rapports internationaux, tandis que l'armée, appuyée par Le Caire et Ryad, est créditée d'avoir reçu des drones de l'Iran et la Turquie.

Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils.

Il a invoqué des témoignages d'atrocités "insoutenables" - civils frappés, abattus, violés ou enlevés - lors de la prise de contrôle du Darfour par les FSR.

Ces exactions, a-t-il averti, "risquent de se reproduire" dans la région voisine du Kordofan, actuel front des combats.

Les FSR y assiègent depuis plus de 19 mois Kadougli, capitale du Kordofan-Sud, et Dilling, et encerclent depuis près d'un an El-Obeid, chef lieu du Kordofan-Nord.

Invoquant le témoignage d'une jeune déplacée de 20 ans, victime de viol, il a rappelé qu'il s'agissait d'un "crime de guerre" dont toutes les parties doivent répondre: "et nous avons de plus en plus d’indications qu'il est généralisé et systématique".