L'Ukraine refuse les évacuations vers la Russie, se prépare à de nouvelles offensives

Cette photo prise et publiée par le service d'urgence de l'État ukrainien le 7 mars 2022 montre des sauveteurs démantelant les décombres d'une école détruite après que les troupes russes ont bombardé la ville de Tchernihiv. (AFP)
Cette photo prise et publiée par le service d'urgence de l'État ukrainien le 7 mars 2022 montre des sauveteurs démantelant les décombres d'une école détruite après que les troupes russes ont bombardé la ville de Tchernihiv. (AFP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

L'Ukraine refuse les évacuations vers la Russie, se prépare à de nouvelles offensives

  • La Russie recrute des mercenaires syriens ayant l'expérience de la guérilla urbaine pour combattre en Ukraine, a rapporté dimanche le Wall Street Journal
  • Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a été tué par l'armée russe, a indiqué lundi la mairie de cette commune, au douzième jour de l'invasion de l'Ukraine

KIEV:

L'Ukraine a refusé lundi les couloirs humanitaires vers la Russie et le Bélarus proposés par Moscou et se prépare à de nouvelles offensives sur plusieurs villes du pays, dont Kiev, après une nouvelle nuit de violents bombardements.

L'aggravation du conflit, les sanctions de plus en plus dures contre la Russie et la possibilité d'un embargo sur le pétrole russe provoquaient lundi matin une poussée de fièvre sur les marchés internationaux, avec des hausses vertigineuses du pétrole et du gaz et une lourde chute des bourses en Asie ainsi qu'à l'ouverture en Europe.

Au douzième jour de l'invasion russe, Moscou a annoncé l'instauration de cessez-le-feu locaux et l'ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l'évacuation de civils de plusieurs villes d'Ukraine dont la capitale Kiev.

Mais la moitié de ces couloirs rejoignent la Russie ou le Bélarus, depuis lequel l'armée russe est aussi entrée en Ukraine le 24 février, et ont aussitôt été rejetés par le gouvernement ukrainien.

«Ce n’est pas une option acceptable», a déploré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Les civils évacués «n'iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l'avion et aller en Russie», a-t-elle dit.

Selon l'armée russe, la décision d'ouvrir des couloirs humanitaires a été prise après une «demande personnelle» du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants se sont entretenus pendant deux heures dimanche par téléphone.

Le président Macron n'a «évidemment pas» demandé de tels couloirs vers la Russie ou le Bélarus, a répliqué l'Elysée. Il demande d'abord que «l'offensive russe s'arrête» et insiste sur «la protection des civils et l'acheminement de l'aide», a précisé la présidence française.

La mise en place de couloirs humanitaires concerne Kiev, mais aussi Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays visée dans la nuit de dimanche à lundi par de nouveaux bombardements ayant touché un complexe sportif et des immeubles résidentiels, ainsi que Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov (sud-est), assiégé par l'armée russe, et Soumy (nord-est).

Le porte-parole de l'armée russe, Igor Konachenkov, a affirmé que des cessez-le-feu locaux pour assurer les évacuations avaient bien débuté à 07H00 GMT.

«Kiev tiendra !»

Les combats ont baissé temporairement en intensité en raison de «pertes énormes» côté russe, a affirmé lundi matin le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov sur sa page Facebook.

Mais «les occupants essaient de concentrer leurs forces et leurs ressources pour une nouvelle série d'attaques», a-t-il affirmé. «En premier lieu Kiev, Kharkiv, Tcherniguiv (nord) et Mykolaïev (sud)», a-t-il précisé.

Neuf personnes ont été tuées dimanche dans le bombardement par l'armée russe de l'aéroport de Vinnytsia, à quelque 200 km au sud-ouest de Kiev.

Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a lui été tué «alors qu'il distribuait du pain et des médicaments aux malades, et réconfortait les blessés», a annoncé la mairie.

L'armée russe a massé des forces autour de Kiev et va «probablement essayer de prendre la ville dans les prochains jours», a estimé un conseiller du ministre de l'Intérieur.

Les forces ukrainiennes se tiennent prêtes à détruire le dernier pont reliant Kiev à son arrière-pays à l'ouest pour freiner la progression des chars russes.

«La capitale se prépare à se défendre», a lancé le maire de Kiev et ancien champion de boxe Vitali Klitschko sur Telegram. «Kiev tiendra ! Se défendra ! Dressons-nous ensemble ! Gloire à l'Ukraine !», a-t-il clamé.

Tcherniguiv (nord), où des bombardements avaient déjà fait 47 morts jeudi, a été la cible de tirs d'artillerie durant la nuit et des combats ont éclaté à ses abords, selon l'armée ukrainienne. Mykolaïev a été visé par des lances-roquette Grad. Les forces russes affluaient aussi dans la région de Soumy.  

Tirs de missiles près d'Odessa

Celle de Jytomyr, à 150 km à l'ouest de Kiev, est également pilonnée, avec nombre de maisons détruites. Dans la région de Kherson, près de la Crimée, dont les Russes ont pris le contrôle, de nombreux villages sont privés d'électricité, de gaz, d'eau, de nourriture et de médicaments.

Des missiles russes tirés depuis la mer Noire se sont aussi abattus lundi sur le village de Touzly, dans la région d'Odessa, a indiqué un porte-parole militaire régional, Sergueï Bratchouk. Selon lui, les tirs ont visé des «sites d'infrastructures cruciales», mais n'ont pas fait de blessé.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait aussi averti que la Russie se préparait à bombarder Odessa, port stratégique sur la mer Noire.

Le ministre de l'Education Sergiy Shkarlet a précisé de son côté que 211 écoles avaient été endommagées dans les bombardements.

Par ailleurs, à Lougansk, contrôlée par les séparatistes russes dans l'est de l'Ukraine, une forte explosion a provoqué lundi un incendie dans un dépôt de pétrole, selon l'agence de presse russe Interfax.

Une troisième séance de négociations entre Russes et Ukrainiens est prévue lundi, selon Kiev. Mais les espoirs de succès sont minces, le président russe Vladimir Poutine ayant posé comme condition préalable à tout dialogue l'acceptation par Kiev de toutes les exigences de Moscou, notamment la démilitarisation de l'Ukraine et un statut neutre pour le pays.

Deux sessions précédentes de pourparlers s'étaient tenues à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse.

Dimanche soir, lors de son entretien avec Emmanuel Macron, M. Poutine a affirmé qu'il «atteindrait ses objectifs» en Ukraine «soit par la négociation, soit par la guerre», selon l'Elysée.

«Solide comme un roc»

Il a aussi de nouveau «nié que son armée prenne des civils pour cibles», et réaffirmé que «la responsabilité revenait aux Ukrainiens de laisser partir la population des villes encerclées», selon la présidence française.

L'aggravation du conflit et l'arrêt quasi-total des exportations russes continuent de faire flamber les prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a frôlé les 140 dollars, proche du record absolu.

Le prix du gaz naturel s'est enflammé de 60% à plus de 300 euros sur le marché européen devant les craintes de perturbations dans les livraisons en provenance de Russie.

Dans la foulée, les Bourses de Tokyo et de Hong Kong ont chuté de 2,94% et 3,87%. En Europe, elles lâchaient 4% à l'ouverture.

L'envolée des cours du pétrole intervient après des déclarations dimanche du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, selon qui les Etats-Unis et l'Union européenne discutent «très activement» de la possibilité d'interdire les importations de pétrole russe.

M. Zelensky a aussi lancé un appel en ce sens. Mais L'Allemagne, très dépendante des hydrocarbures russes, s'est déclarée opposée à un embargo sur le gaz, le pétrole et le charbon russes, estimant que les sanctions devaient pouvoir «tenir sur la durée».

Alors que la Russie est de plus en plus isolée sur la scène internationale, la Chine l'a assurée de son amitié, «solide comme un roc», et a esquissé des «perspectives de coopération future immenses».

La Russie était quant à elle absente lors de l'ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans une procédure initiée par l'Ukraine, qui demande au plus haut tribunal de l'ONU d'ordonner à Moscou de stopper son invasion militaire.

Moscou a annoncé lundi l'instauration de cessez-le-feu locaux et l'ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l'évacuation de civils de plusieurs villes d'Ukraine dont la capitale Kiev, où les sirènes d'alertes ont retenti à l'aube, au douzième jour de l'invasion russe.

L'aggravation du conflit et la possibilité d'un embargo sur le pétrole russe provoquaient lundi matin une poussée de fièvre sur les marchés internationaux, avec des hausses vertigineuses du pétrole et de l'or et une lourde chute des bourses en Asie.

L'annonce de Moscou est intervenue après une nuit de violents bombardements au sol, depuis la mer et les airs sur les villes d'Ukraine, et alors que la guerre a poussé plus de 1,5 millions de personnes à fuir pour se réfugier dans les pays voisins selon l'ONU.

Washington accuse Moscou de recruter des Syriens pour combattre en Ukraine

La Russie recrute des mercenaires syriens ayant l'expérience de la guérilla urbaine pour combattre en Ukraine, a rapporté dimanche le Wall Street Journal, citant des responsables américains.


Moscou, qui a lancé l'invasion de l'Ukraine le 24 février et a rencontré une résistance à laquelle elle ne s'attendait pas, a commencé ces derniers jours à recruter des combattants syriens pour les utiliser dans la prise de contrôle des zones urbaines, ont indiqué quatre responsables au quotidien américain.


La Russie est impliquée depuis 2015 dans le conflit syrien aux côtés du régime du président Bachar al-Assad.


Un responsable américain a affirmé au WSJ que certains combattants syriens sont déjà en Russie, se préparant à rejoindre les combats en Ukraine. Cette source n'a pas donné davantage de détails.


Des combattants étrangers sont déjà présents des deux côtés du front en Ukraine.


L'homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, un ancien rebelle devenu allié du Kremlin, a partagé des vidéos de combattants tchétchènes en Ukraine et a déclaré que certains avaient été tués dans les combats.


De l'autre côté du front, des dizaines de milliers de volontaires se sont rendus en Ukraine pour rejoindre ses forces, selon le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kuleba.

Selon l'armée russe, la décision d'ouvrir des couloirs humanitaires a été prise après une "demande personnelle" du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants se sont entretenus pendant deux heures dimanche par téléphone. 


Cette décision concerne Kiev, que les forces russes tentent d'encercler, mais également Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays visée dans la nuit de dimanche à lundi par des bombardements qui ont notamment pris pour cible le complexe sportif d'une université et des immeubles résidentiels, selon un journaliste de l’AFP.


"L'ennemi continue l'opération offensive contre l'Ukraine, en se concentrant sur l'encerclement de Kiev, Kharkiv, Tcherniguiv (nord), Soumy (nord-est) et Mykolaïev (sud)", a indiqué l'état-major ukrainien dans un communiqué.


Les forces russes "accumulent leurs ressources pour lancer un assaut sur Kiev", a-t-il ajouté.

Ukraine: le maire de Gostomel, aéroport près de Kiev, meurt dans les combats

Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire au nord-ouest de Kiev, a été tué par l'armée russe, a indiqué lundi la mairie de cette commune, au douzième jour de l'invasion de l'Ukraine.


"Le maire de la ville de Gostomel, Yuri Illitch Prylipko est mort, alors qu'il distribuait du pain et des médicaments aux malades, et réconfortait les blessés", écrit la ville de Gostomel dans un communiqué sur sa page officielle Facebook. 


"Personne ne l'avait obligé à faire face aux balles ennemies. Il aurait pu, comme des centaines d'autres, se cacher dans une cave. (...) Mais il avait pris sa décision", ajoute le communiqué, qui retrace une partie de sa vie et de son engagement depuis l'invasion russe.


"Il est mort pour la communauté, mort pour Gostomel, mort en héros. Souvenir éternel et notre gratitude", salue la mairie.


La localité de Gostomel, au nord-ouest de Kiev, accueille l'aéroport militaire d'Antonov, qui avait été attaqué par les forces russes le 25 février, au lendemain du début de l'invasion de l'Ukraine.


"Compte tenu de la situation", indique la mairie de Gostomel, "il est impossible d'être invité à des funérailles".

Dans la capitale, l'armée se tenait prête à détruire le dernier pont reliant la ville à son arrière-pays à l'ouest pour freiner la progression des chars russes.


"Si nous recevons l'ordre d'en haut, ou si nous voyons les Russes avancer, nous le ferons sauter... avec le plus grand nombre de chars ennemis possible", a déclaré à l'AFP le sergent "Casper", d'une unité de volontaires ukrainiens.


Dans les faubourgs ouest de Kiev, à Irpine, "du matin au soir, tous les bâtiments voisins ont été touchés, un tank est entré. C'était effrayant, nous avons eu peur. Avant cela, nous ne pensions pas que nous allions partir", a témoigné Tetiana Vozniuchenko, 52 ans.


La décision d'instaurer des couloirs humanitaires concerne également le port stratégique de Marioupol, sur la mer d'Azov dans le sud-est du pays, assiégé par l'armée russe et où une deuxième tentative d'évacuation humanitaire a échoué dimanche. Russes et Ukrainiens se sont mutuellement accusés d'avoir violé le cessez-le-feu accordé pour permettre cette opération.


Des missiles russes tirés depuis la mer se sont abattus lundi sur le village de Touzly, dans la région d'Odessa, a indiqué un porte-parole militaire régional, Sergueï Bratchouk. Selon lui, les tirs ont visé des "sites d'infrastructures cruciales", mais n'ont pas fait de blessé. 

La Russie refuse de comparaître devant la CIJ à propos de la guerre en Ukraine

La Russie a refusé de comparaître lundi lors de l'ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans une procédure initiée par l'Ukraine, qui demande au plus haut tribunal de l'ONU d'ordonner à Moscou d'arrêter son invasion.


"La cour déplore la non comparution de la Fédération de Russie lors de cette procédure orale", a déclaré Joan Donoghue, juge présidente de la CIJ.


Alexander Shulgin, l'ambassadeur russe aux Pays-Bas, où siège la cour, a indiqué que le gouvernement russe n'entendait pas participer à la procédure orale, a-t-elle précisé.


"Le fait que les sièges que la Russie devait occuper sont vides en dit long", a affirmé Anton Korynevich, membre de la délégation ukrainienne devant la cour. "Ils ne sont pas ici devant cette cour, ils sont sur les champs de bataille, menant une guerre agressive contre mon pays", a-t-il ajouté. "C'est ainsi que la Russie règle ses différends", a-t-il poursuivi.


Kiev a déposé il y a plus d'une semaine une requête devant la CIJ, qui siège à La Haye (Pays-Bas), quelques jours après le début de l'offensive russe en Ukraine.


L'Ukraine demande au plus haut tribunal de l'ONU des mesures urgentes ordonnant à la Russie d'arrêter son invasion en Ukraine, avant de se prononcer sur le fond de l'affaire, ce qui pourrait prendre des années.

Plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait averti que la Russie se préparait à bombarder Odessa, port stratégique sur la mer Noire.


Par ailleurs, à Lougansk, contrôlée par les séparatistes russes dans l'est de l'Ukraine, une forte explosion a provoqué lundi un incendie dans un dépôt de pétrole, selon l'agence de presse russe Interfax.


Une troisième séance de négociations entre Russes et Ukrainiens est prévue lundi. Mais les espoirs de succès sont minces, le président russe Vladimir Poutine ayant posé comme condition préalable à tout dialogue l'acceptation par Kiev de toutes les exigences de Moscou, notamment la démilitarisation de l'Ukraine et un statut neutre pour le pays.


Deux sessions précédentes de pourparlers s'étaient tenues à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse.

Pékin souligne son «amitié» avec la Russie, prêt à une «médiation» en Ukraine

L'amitié entre Pékin et Moscou est "solide comme un roc" a assuré lundi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, alors qu'une vague de sanctions internationales s'intensifie contre la Russie après son invasion de l'Ukraine.


Attachée à son partenariat avec Moscou, la Chine s'est abstenue de condamner l'intervention russe en Ukraine, se refusant même à parler "d'invasion".


"L'amitié entre les deux peuples est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses", a affirmé devant les journalistes M. Wang, lors de sa conférence de presse annuelle en marge de la session parlementaire.


Le ministre était interrogé sur la position de la Chine après la vague de sanctions internationales visant la Russie pour son invasion de l'Ukraine. 


"La Chine et la Russie, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, sont [...] les partenaires stratégiques les plus importants l'un pour l'autre", a ajouté M. Wang, estimant que Pékin et Moscou "contribuent" à la paix et la stabilité dans le monde. 


L'amitié sino-russe est un "exemple de relation digne, où chacun aide et soutient l'autre dans son développement", avait estimé le mois dernier le président russe Vladimir Poutine, reçu en grande pompe à Pékin pour les Jeux olympiques d'hiver.


Le chef de la diplomatie chinoise a par ailleurs indiqué que son pays était "disposé" à jouer un rôle dans la crise ukrainienne, notamment en participant "le moment venu" à une médiation internationale pour mettre fin à la guerre.


Pékin va également envoyer de l'aide humanitaire en Ukraine, a indiqué Wang Yi.

Centrales nucléaires 
Dimanche soir, lors de son entretien avec Emmanuel Macron, M. Poutine a affirmé qu'il "atteindrait ses objectifs" en Ukraine "soit par la négociation, soit par la guerre", selon l'Elysée.


Il a cependant assuré qu'il "n'était pas dans son intention de procéder à des attaques des centrales nucléaires" et s'est dit "prêt à respecter les normes de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) pour la protection des centrales", a déclaré la présidence française à la presse. 


Après le bombardement - dont Moscou a nié être à l'origine - le 4 mars de la centrale nucléaire de Zaporojie (sud), la plus grande d'Ukraine et d'Europe, qui a fait craindre une catastrophe, l'AIEA a été informée par Kiev que la direction de la centrale était désormais sous les ordres des forces russes.


D'après les autorités ukrainiennes, seules les communications par téléphone mobile y sont encore possibles, mais de mauvaise qualité, et le chef de l'AIEA Rafael Grossi s'est dit "profondément préoccupé" par "la détérioration de la situation concernant les communications vitales entre l'autorité de régulation et la centrale".


Au cours de son entretien avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a aussi de nouveau "nié que son armée prenne des civils pour cibles", et a réaffirmé que "la responsabilité revenait aux Ukrainiens de laisser partir la population des villes encerclées", selon la présidence française.

Ukraine: Paris dit n'avoir pas demandé l'ouverture de couloirs humanitaires vers la Russie et le Bélarus

La France n'a pas demandé l'ouverture de couloirs humanitaires en Ukraine vers la Russie et le Bélarus, comme l'a proposé Moscou, a indiqué lundi la présidence française, en insistant sur la nécessité de "respecter le droit international", notamment dans la protection des populations civiles.
L'Ukraine a refusé lundi matin les couloirs humanitaires proposés par Moscou pour acheminer des civils vers la Russie et le Bélarus, qui ne sont "pas une option acceptable".
Au lendemain d'un entretien téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, l'Elysée rappelle que la demande de Paris "comme du reste des alliés et partenaires est que l'offensive russe cesse".
Mais "tant que l'offensive est en cours, car les Russes refusent d'y mettre un terme", il faut "respecter le droit international humanitaire, la protection des populations civiles et l’acheminement de l’aide", ajoute la présidence.
L'Elysée souligne que M. Macron n'a pas demandé que des couloirs humanitaires soient ouverts vers la Russie, alors que l'armée russe a annoncé lundi l'instauration de cessez-le-feu locaux pour évacuer des civils des villes ukrainiennes de Kharkhiv, Kiev, Marioupol et Soumy, en proie à de violents combats. Pour Kiev, le couloir serait dirigé vers le nord, c'est-à-dire vers la ville bélarusse de Gomel, non loin de la frontière ukrainienne.
"Ce n’est pas une option acceptable", a déploré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.. Selon elle, les civils appelés par les Russes à être évacués des villes de Kharkiv, Kiev, Marioupol et Soumy "n’iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l’avion et aller en Russie".
L'armée russe a affirmé que cette décision d'ouvrir des couloirs humanitaires avait été prise arès une "demande personnelle" d'Emmanuel Macron adressée à Vladimir Poutine.

«Nous ne pardonnerons pas»

La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine, l'Organisation mondiale de la Santé a fait état d'attaques sur des installations sanitaires, et Washington a fait état d'informations "très crédibles" selon lesquelles la Russie a commis des crimes de guerre depuis le début de l'invasion le 24 février.


Dans un message vidéo publié dimanche soir, M. Zelensky a accusé les troupes russes de "meurtres délibérés".


"Nous ne pardonnerons pas, nous n'oublierons pas, nous punirons quiconque aura commis des atrocités pendant cette guerre sur notre terre", a-t-il promis.


Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont demandé à Interpol de suspendre la Russie, a tweeté la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel, selon qui "les actes de la Russie constituent une menace directe pour la sécurité des individus et la coopération internationale en matière d'application de la loi".


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.