Israël: violations du confinement à la tête de l'Etat

Vue aérienne de chaises longues sur une plage de Tel Aviv, disposées en prévision de la distanciation physique (Jack Guez/AFP)
Vue aérienne de chaises longues sur une plage de Tel Aviv, disposées en prévision de la distanciation physique (Jack Guez/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 09 octobre 2020

Israël: violations du confinement à la tête de l'Etat

  • En Israël, les violations des mesures anticoronavirus par de hauts responsables consternent la presse et une partie de la population
  • Désormais c'est Sara Netanyahou -épouse du Premier ministre- qui est la cible de critiques

JERUSALEM :  Un coiffeur pour la Première dame tient-il d'un service essentiel ? Le patron des services de renseignement peut-il inviter sa famille à dîner en plein confinement ? En Israël, les violations des mesures anticoronavirus par de hauts responsables consternent la presse et une partie de la population.

L'Etat hébreu, qui a enregistré l'un des plus forts taux de contamination au nouveau coronavirus depuis septembre, a imposé un confinement général il y a près de trois semaines, en vertu duquel les Israéliens doivent rester dans un périmètre d'un kilomètre autour de chez eux et ne peuvent dormir qu'à leur domicile.

Seuls les secteurs d'activité jugés "essentiels" sont autorisés à fonctionner, les synagogues sont fermées et les prières en extérieur limitées à vingt personnes et à moins d'un kilomètre du domicile, tout comme les manifestations.

Après leur visite mi-septembre à Washington pour la signature d'un accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn, des membres de l'équipe du Premier ministre Benjamin Netanyahou ne se sont pas placés en quarantaine comme le veut pourtant le protocole israélien concernant les retours des Etats-Unis.

Ces conseillers de M. Netanyahou, filmés à l'extérieur en train de documenter des manifestations contre le gouvernement, ont été condamnés à payer une amende de 5.000 shekels (environ 1.250 euros).

Désormais c'est Sara Netanyahou -épouse du Premier ministre- qui est la cible de critiques.

Selon le Yediot Aharonoth, le quotidien le plus vendu dans le pays, elle a fait venir la semaine dernière un coiffeur à la résidence officielle du couple alors qu'il ne s'agit pas d'une activité "essentielle" et que tous les salons de coiffure du pays sont normalement fermés pour cause de confinement national.

L'histoire n'en est pas restée là. Dans un communiqué de son porte-parole, la famille Netanyahu s'est défendue en soutenant que la Première dame avait fait appel au coiffeur pour enregistrer une vidéo appelant la population à porter des masques sanitaires.

La ministre de l'Environnement, et membre du parti Likoud de M. Netanyahou, Gila Gamliel a été épinglée par la presse pour avoir "dissimulé" des déplacements dans sa belle-famille lorsqu'elle a été testée positive au Covid-19 quelques jours plus tard.

Défiance

Et la radio publique a affirmé que Nadav Argaman, directeur de l'agence de sécurité intérieure Shin Beth -chargée notamment de traquer les violations du confinement via les téléphones portables- avait lui-même enfreint le règlement en accueillant des parents chez lui pendant la fête juive de Souccot.

"Une fois de plus, il s'avère que les règles qui s'appliquent aux citoyens israéliens ne s'appliquent pas au cercle du Premier ministre et à ses collaborateurs", s'indignent mercredi les commentateurs politiques Itamar Eichner et Yuval Karni dans le Yediot Aharonoth.

Pour Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l'Open University de Tel-Aviv, "les transgressions des politiciens justifient les propres déviations de chacun".

"Alors que les libertés individuelles sont entravées par le confinement imposé par le gouvernement, elles sont inefficaces si les dirigeants ne les respectent pas", estime M. Charbit. "L'impunité dont bénéficient en général ces politiciens renforce la défiance du public face aux autorités".

Le député Micky Levy (Yesh Atid, opposition) a toutefois démissionné de la commission parlementaire sur le nouveau coronavirus après des informations de presse selon lesquelles il avait passé la fête juive de Souccot chez son fils.

A l'heure de manifestations contre la gestion de la pandémie par le gouvernement, de récents sondages confirment un recul du Likoud qui a remporté en mars 36 sièges sur 120.

Selon un baromètre de la chaîne 12 publié cette semaine, il est désormais crédité de 26 sièges, talonné par la formation de droite radicale Yamina de son ancien ministre Naftali Bennett avec 23.

Et, d'après le même sondage, 65% des Israéliens jugent que M. Netanyahou gère mal la crise. (AFP)


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.