Les femmes manifestent pour leurs droits, le regard tourné vers l'Ukraine

Des manifestants défilent sur la place Cibeles lors d'une manifestation marquant la Journée internationale de la femme à Madrid le 8 mars 2022. (Photo, AFP)
Des manifestants défilent sur la place Cibeles lors d'une manifestation marquant la Journée internationale de la femme à Madrid le 8 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Les femmes manifestent pour leurs droits, le regard tourné vers l'Ukraine

  • Dans la gare de Przemysl, en Pologne, que des milliers de réfugiés ukrainiens traversent chaque jour, un religieux franciscain offrait des tulipes rouges et jaunes aux femmes tout juste arrivées
  • En Asie, quelques milliers de femmes se sont rassemblées mardi dans les grandes villes pakistanaises comme Islamabad, la capitale, Karachi, la grande mégalopole du Sud, ou Lahore (est)

MADRID : Du Pakistan à la France, des milliers de femmes ont manifesté mardi à travers le monde pour défendre leurs droits, alors que tous les regards sont tournés vers les files incessantes de femmes et d'enfants fuyant la guerre en Ukraine.

Dans la gare de Przemysl, en Pologne, à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, que des milliers de réfugiés ukrainiens traversent chaque jour, un religieux franciscain offrait des tulipes rouges et jaunes aux femmes tout juste arrivées.

"Il est très important qu'aujourd'hui, dans ce moment difficile, quelqu'un leur parle pour leur dire +vous êtes très importantes+", a déclaré à l'AFP Kordian Szwarc.

"Nous savons que leurs hommes sont très, très loin d'ici et qu'il n'y a personne pour leur dire qu'elles sont importantes et belles. C'est ma mission aujourd'hui", a-t-il ajouté.

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Une femme sourit en recevant une fleur d'un prêtre polonais à l'occasion de la Journée internationale de la femme à la gare de Przemyl où des centaines de réfugiés ukrainiens attendent leur relocalisation, à Przemysl, en Pologne, le 8 mars 2022. (Photo, AFP)

Tulipes aux check-points

"C'est la première fois que j'ai l'impression de vivre une journée spéciale" depuis l'invasion de l'Ukraine par les forces russes le 24 février, a dit, dans un grand sourire, Lilia Kysil, étudiante de 22 ans arrivée de Kiev, une tulipe à la main.

"Merci de nous amener des émotions positives", a-t-elle poursuivi, entourée de sa mère et de sa soeur.

Selon l'ONU, la barre des 2 millions de personnes fuyant les combats en Ukraine pour trouver refuge à l'étranger a été franchie mardi.

En Ukraine même, des soldats volontaires offraient également des tulipes aux femmes passant à proximité de certains check-points à Kiev, a constaté un correspondant de l'AFP.

Contre la guerre en Ukraine 

En attendant une manifestation, prévue à 19H00 (18H00 GMT), qui s'annonce massive comme chaque année à Madrid, plusieurs milliers de personnes --35 000 selon les organisateurs-- ont défilé à Paris contre les violences sexistes et pour l'égalité salariale.

Derrière une banderole de tête annonçant une "déferlante féministe pour l'égalité", les manifestants, en majorité des femmes, brandissaient des pancartes proclamant: "ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquête" ou "féministe en colère, je ne vais pas me laisser faire".

Avant le départ de la manifestation, les militantes ont lu au micro une lettre adressée par des "féministes russes" appelant les défenseurs des femmes du monde entier à "prendre position contre la guerre".

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Des manifestants participent à un rassemblement pour l'égalité hommes-femmes et contre les violences faites aux femmes à l'occasion de la Journée internationale de la femme, à Paris, le 8 mars 2022. (Photo, AFP)

Le conflit en Ukraine "apporte les violences des balles, mais aussi les violences sexuelles", ont-elles affirmé.

En Asie, quelques milliers de femmes se sont rassemblées mardi dans les grandes villes pakistanaises comme Islamabad, la capitale, Karachi, la grande mégalopole du Sud, ou Lahore (est), la capitale culturelle, où les autorités avaient vainement tenté d'annuler l'événement.

Dans une société toujours très conservatrice et patriarcale, les marches du 8 mars sont chaque année mal accueillies depuis la première édition, en 2018. En 2020, des islamistes avaient lancé des bâtons et des pierres sur les manifestantes défilant à Islamabad, en blessant certaines et forçant d'autres à se mettre à l'abri jusqu'à ce que la police intervienne.

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Des militantes des droits des femmes portent des pancartes lors d'un rassemblement pour marquer la Journée internationale de la femme à Karachi le 8 mars 2022. (Photo, AFP)

"Je participe à la marche chaque année" et cette année, il était particulièrement important d'être présente, car "nous avons eu plusieurs cas récemment où ceux qui ont commis des violences contre des femmes s'en sont tirés sans conséquences", a déclaré à Lahore Sairah Khan, une étudiante de 23 ans.

Au Pakistan, des femmes ont été tuées par balle, au couteau, étranglées, lapidées ou brûlées pour avoir "sali l'honneur" de leur famille. Leurs défenseurs sont accusés par les conservateurs de promouvoir les valeurs libérales de l'Occident et de ne pas respecter les sensibilités religieuses et culturelles locales.

Dans l'Afghanistan voisin, le 8 mars a été célébré dans une grande discrétion, les militantes féministes vivant dans la crainte d'être arrêtées par le nouveau régime taliban qui a balayé 20 ans de liberté conquise par les femmes depuis son retour au pouvoir le 15 août dernier.

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Une femme s'abrite de la pluie avec une bâche en plastique alors qu'elle vend des fleurs le long d'une rue à l'occasion de la Journée internationale de la femme à Kaboul le 8 mars 2022. (Photo, AFP)

"Les talibans nous ont pris le ciel et la terre", s'est désolée auprès de l'AFP une militante du groupe Unité et solidarité femmes, sous couvert de l'anonymat.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.