Bactérie E.coli: les autorités sanitaires sonnent l'alarme après deux décès d'enfants

Le Premier ministre français Jean Castex ( à droite) au quartier général de l'Institut Pasteur. (AFP).
Le Premier ministre français Jean Castex ( à droite) au quartier général de l'Institut Pasteur. (AFP).
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Publié le Samedi 12 mars 2022

Bactérie E.coli: les autorités sanitaires sonnent l'alarme après deux décès d'enfants

  • 26 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) liés à des bactéries E.coli ont été identifiés chez des enfants de 1 à 15 ans en France
  • Cette maladie, dont l'origine est le plus souvent alimentaire, est potentiellement grave pour les jeunes enfants

PARIS: Une recrudescence des cas de contaminations graves à la bactérie E.coli a causé la mort de deux enfants en France depuis le début de l'année, ont annoncé samedi les autorités sanitaires, qui en recherchent toujours la cause et insistent sur les précautions nécessaires, notamment dans la préparation des aliments.

Au 11 mars 2022, 26 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) "liés à des bactéries E.coli présentant des caractéristiques similaires ont été identifiés" chez des enfants de 1 à 15 ans et "deux enfants sont décédés", a indiqué Santé publique France dans un communiqué. L'agence, qui avait fait part du premier cas fin février, ne donne pas d'autre précision sur ces décès.

Les 26 cas recensés "sont survenus dans neuf régions de France métropolitaine: Nouvelle Aquitaine (6 cas), Hauts-de-France (5 cas), Ile-de-France (4 cas), Pays de la Loire (4 cas), Bretagne (3 cas), Bourgogne-Franche-Comté (1 cas), Grand Est (1 cas), Provence-Alpes-Côte-d'Azur (1 cas) et Auvergne-Rhône-Alpes (1 cas)", et "22 cas supplémentaires sont en cours d'investigation", précise le communiqué.

Santé publique France, le Centre national de référence Escherichia coli (Institut Pasteur), la Direction générale de l'alimentation et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en coordination avec la Direction générale de la santé, "poursuivent les investigations sur l'ensemble des cas de SHU pédiatriques signalés depuis le 1er janvier 2022 sur le territoire national afin d'identifier une éventuelle source de contamination commune et de mettre en place les mesures appropriées (par exemple retrait-rappels de produits incriminés)", indique le communiqué.

E.coli: enquête sur le décès suspect d'un enfant et une hausse des cas pédiatriques

Les autorités sanitaires enquêtent sur le décès suspect d'un enfant et plus largement sur une augmentation du nombre de contaminations graves d'enfants à la bactérie E.coli en France depuis début février. 

"Un enfant est décédé", a indiqué vendredi soir l'agence Santé publique France, qui ne précise ni la date du décès ni l'âge de l'enfant.

Cette maladie, dont l'origine est le plus souvent alimentaire, est potentiellement grave pour les jeunes enfants: il s'agit d'une complication d’un épisode de diarrhée souvent sanglante, qui peut provoquer une insuffisance rénale aiguë.

Elle est fréquemment causée par une bactérie appartenant à la famille des Escherichia coli.

Plusieurs sources de contamination potentielle sont explorées: l'ingestion d'aliments contaminés consommés crus ou peu cuits, la contamination par des mains souillées portées à la bouche, après avoir touché des animaux porteurs de la bactérie ou leur environnement contaminé, le contact avec une personne malade qui excrète la bactérie dans ses selles.

Pour prévenir cette maladie, deux catégories d'aliments sont particulièrement sensibles: les viandes hachées et les produits à base de lait cru.

Source inconnue

Mais "à ce stade, l'investigation épidémiologique n'a pas permis d'incriminer une source de contamination particulière", c'est pourquoi "les autorités sanitaires renouvellent les recommandations générales de prévention des risques alimentaires, notamment chez les enfants de moins de 16 ans" mais aussi les personnes âgées.

Parmi ces recommandations: le lavage des mains doit être systématique avant la préparation des repas; les viandes, notamment la viande hachée de boeuf, doivent être bien cuites à cœur et le lait cru, les fromages à base de lait cru et les produits laitiers fabriqués à partir de lait cru ne doivent pas être consommés par les enfants de moins de 5 ans.

Les recommandations concernent aussi les préparations à base de farine (pizza/pâte à cookies/gâteau/tarte...) qui ne doivent pas être consommées crues ou peu cuites. Les légumes, salades, fruits, herbes doivent être soigneusement lavés avant consommation; les ustensiles de cuisine (surtout lorsqu'ils ont été en contact préalablement avec des aliments crus) et plans de travail doivent eux aussi être soigneusement lavés.

Par ailleurs, les enfants ne doivent pas boire d'eau non traitée (eau de puits, torrent, etc.) et les plus petits (moins de 5 ans) doivent éviter le contact avec les vaches, veaux, moutons, chèvres, daims, etc., et leur environnement. En cas de contact avec ces animaux, le lavage des mains doit être systématique, rappelle Santé publique France.

Enfin, les aliments crus doivent être conservés séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés, et les plats cuisinés et les restes alimentaires doivent être rapidement mis au réfrigérateur, suffisamment réchauffés et consommés rapidement. 

Chez l'enfant, le SHU est causé le plus souvent par une infection avec une bactérie appartenant à la famille des E.coli, qui se manifeste entre trois et dix jours après la contamination par de la diarrhée souvent accompagnée de sang, des douleurs abdominales et parfois des vomissements qui peuvent évoluer après une semaine environ vers une forme sévère dans environ 10% des cas. 

Chaque année, environ 160 enfants atteints de SHU sont notifiés à Santé publique France qui a mis en place un dispositif de surveillance (services de néphro-pédiatrie) de cette maladie depuis 1996.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.