Ukraine: Kiev se prépare, Marioupol espère une aide humanitaire

Des policiers et des habitants se tiennent à côté d'un cratère d'obus devant une maison endommagée par de récents bombardements, à la périphérie de Kiev le 12 mars 2022. (Photo, AFP)
Des policiers et des habitants se tiennent à côté d'un cratère d'obus devant une maison endommagée par de récents bombardements, à la périphérie de Kiev le 12 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 13 mars 2022

Ukraine: Kiev se prépare, Marioupol espère une aide humanitaire

  • Kiev, dont seules les routes vers le sud restent dégagées, est de plus en plus cernée par les soldats russes
  • Moscou reconnaît que la situation «dans certaines villes» a pris des «proportions catastrophiques», selon les mots du général Mikhaïl Mizintsev

KIEV : L'Ukraine craint un encerclement de Kiev et promet une "défense acharnée" de sa capitale face aux forces russes, qui pilonnent le sud du pays où la ville assiégée de Marioupol espère l'arrivée dimanche d'un convoi d'aide humanitaire.

Ce convoi est resté plus de cinq heures bloqué à un barrage russe samedi, et l'espoir était qu'il puisse parvenir à Marioupol ce dimanche, en provenance de Zaporojie via Berdiansk, a avancé samedi la vice-Première ministre ukrainienne Irina Verechtchouk.

L'enjeu est crucial pour Marioupol: cette cité portuaire stratégique, située dans le sud-est du pays entre la Crimée et le Donbass, est plongée dans une situation critique, "quasi désespérée" selon Médecins sans frontières (MSF), manquant de vivres et privée d'eau, de gaz, d'électricité et de communications.

Des tentatives d'évacuation de centaines de milliers de civils ont échoué à plusieurs reprises. "Marioupol est toujours encerclée, ce qu'ils ne peuvent pas avoir par la guerre, (les Russes) veulent l'avoir par la faim et par le désespoir. Comme ils ne peuvent pas faire tomber l'armée ukrainienne, ils visent la population", analyse une source militaire française.

Moscou reconnaît que la situation "dans certaines villes" a pris des "proportions catastrophiques", selon les mots du général Mikhaïl Mizintsev, cité samedi par les agences de presse russes. Mais le militaire a accusé les "nationalistes" ukrainiens de miner les zones résidentielles et de détruire des infrastructures, privant les civils de voies d'évacuation et de ressources élémentaires.

Bombes sur Mykolaïv

Toujours au sud, la métropole d'Odessa continue à se préparer à une offensive des troupes russes, qui se concentrent pour l'heure à une centaine de kilomètres à l'est sur la ville de Mykolaïv. Les bombardements massifs ont notamment touché un centre de cancérologie et un hôpital ophtalmologique, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les victimes jonchent les rues de certaines villes, et les bilans sont impossibles à vérifier. "Environ 1.300" militaires ukrainiens ont été tués depuis le 24 février, a indiqué samedi le président Volodymyr Zelensky, dans un premier décompte officiel fourni par les autorités ukrainiennes depuis le début de l'invasion.

L'armée russe, elle, a perdu "environ 12 000 hommes", affirme le chef d'Etat. La Russie, de son côté, a annoncé le 2 mars son seul et unique bilan à ce jour de 498 soldats tués.

Au moins 579 civils ont été tués, selon le décompte samedi des Nations unies, qui souligne que ses bilans sont probablement très inférieurs à la réalité. Et près de 2,6 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le 24 février, outre environ deux millions de déplacés à l'intérieur du pays, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés.

Kiev, dont seules les routes vers le sud restent dégagées, est de plus en plus cernée par les soldats russes, qui ont détruit samedi l'aéroport avoisinant de Vassylkiv, selon les Ukrainiens.

Présentes dans les faubourgs, les troupes russes tentent de neutraliser les localités environnantes pour "bloquer" Kiev, selon l'état-major ukrainien, et la banlieue nord-ouest (Irpin, Boutcha) a été lourdement bombardée ces derniers jours.

Le ministère britannique de la Défense estime que les forces russes étaient samedi à 25 kilomètres de la capitale et qu'une colonne au nord de la ville s'était dispersée, renforçant l'idée d'une volonté d'encerclement.

Elles se heurtent toutefois à la résistance de l'armée ukranienne, tant à l'ouest qu'à l'est de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

La présidence ukrainienne promet une "défense acharnée" de Kiev. Des soldats ukrainiens rencontrés par l'AFP assurent que leur moral demeure intact. Et celui de leurs ennemis ? "Ils sont obligés de camper dans des villages par des températures qui approchent les -10° la nuit. Ils manquent de ravitaillement, et doivent piller les maisons", affirme le soldat ukrainien Illia Berezenko.

Frappe russe contre une base près de la frontière polonaise

Les forces russes ont bombardé dimanche une base militaire dans la région de Lviv, située dans l'ouest de l'Ukraine près de la frontière polonaise et jusque-là relativement épargnée par le conflit, ont affirmé les autorités.

"Les occupants ont mené une frappe aérienne sur le Centre international pour le maintien de la paix et la sécurité. D'après les informations préliminaires, ils ont tiré huit missiles", a déclaré l'administration régionale de Lviv dans un communiqué.

L'armée ukrainienne a elle aussi rapporté la même chose, sans faire état de victimes dans un premier temps.

L'AFP, dont un reporter à Lviv n'a pas entendu d'explosions, n'avait pas pu vérifier ces affirmations dans l'immédiat.

La base militaire en question est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, grande ville de l'ouest de l'Ukraine où de nombreuses personnes déplacées par l'invasion russe ont afflué. Plusieurs pays y ont aussi déplacé leur ambassade, jugeant cette ville plus sûre que Kiev, la capitale.

Par ailleurs, le maire d'Ivano-Frankivsk, ville située à une centaine de kilomètres au sud de Lviv, a affirmé qu'une "frappe" avait visé tôt dimanche l'aéroport de cette localité.

"Les explosions survenues ce matin sont dues à une frappe sur l'aéroport. Nous sommes en train d'établir l'ensemble des faits", a déclaré sur sa page Facebook Ruslan Martsinkiv.

Entre «mensonges» et «signal»

Vladimir Poutine affiche lui aussi toujours sa détermination. Samedi, le président russe a accusé les forces ukrainiennes de "violations flagrantes" du droit humanitaire, lors d'un entretien téléphonique avec les dirigeants français Emmanuel Macron et allemand Olaf Scholz.

"Mensonges", a réagi la présidence française. Et les appels de MM. Macron et Scholz à un "cessez-le-feu immédiat" sont restés lettre morte.

Mais sur le front diplomatique, une inflexion s'est peut-être fait jour en cette fin de semaine: Volodymyr Zelensky s'est félicité d'une "approche fondamentalement différente" de Moscou dans ses récents pourparlers avec Kiev, notant que la Russie ne se contentait plus de "juste poser des ultimatums".

Interrogé sur des déclarations faites vendredi par Vladimir Poutine évoquant des "avancées" dans les pourparlers russo-ukrainiens, son homologue ukrainien s'est dit "content d'avoir un signal de la Russie", lors d'une conférence de presse à Kiev.

Une rencontre avait eu lieu jeudi entre les chefs de la diplomatie russe et ukrainien en Turquie, sans résultat. Auparavant s'étaient tenu trois sessions de pourparlers au niveau de délégations. Pourparlers qui se poursuivront par visioconférence, selon le Kremlin.

Nouvelle aide américaine

M. Zelensky a cependant déploré que les "partenaires occidentaux (de l'Ukraine) ne soient pas suffisamment engagés" dans cette approche.

Les Occidentaux refusent d'entrer dans le conflit, mais ont multiplié les sanctions économiques et commerciales contre la Russie, et assuré Kiev d'un soutien notamment militaire.

Washington a ainsi autorisé samedi une nouvelle aide en armes de 200 millions de dollars pour l'Ukraine, qui fait suite à une première aide en équipements militaires de 350 millions de dollars, dont deux tiers ont été livrés au 4 mars, selon une responsable du Pentagone.

Ce premier paquet d'aide était destiné à "fournir urgemment à l'Ukraine les munitions nécessaires, des missiles antichars Javelin et des missiles anti-aériens Stinger", avait expliqué au Congrès la responsable de la diplomatie américaine pour les affaires politico-militaires, Jessica Lewis.

La nouvelle annonce de la Maison Blanche intervient après des déclarations du vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, qui a dit avoir "averti les Etats-Unis" que ces "convois" devenaient des "cibles légitimes", en citant les systèmes de défense aérienne portables et les systèmes de missiles antichars.


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
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  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.