La France lance l'éolien en mer Méditerranée

Floatgen, la seule éolienne offshore de France située à une trentaine de kilomètres au large de Pornichet, à l'ouest de Nantes, est photographiée le 14 janvier 2022 (Photo, AFP).
Floatgen, la seule éolienne offshore de France située à une trentaine de kilomètres au large de Pornichet, à l'ouest de Nantes, est photographiée le 14 janvier 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 15 mars 2022

La France lance l'éolien en mer Méditerranée

  • Ces deux sites permettront d'alimenter en électricité un million de personnes
  • Chaque ensemble comprendra une vingtaine d'éoliennes, pour une capacité de production de 250 mégawatts

PORT-LA-NOUVELLE, France : La France, qui veut accélérer dans l’éolien en mer, a annoncé lundi les tout premiers appels d’offre en Méditerranée, où deux parcs offshore flottants devraient voir le jour d’ici à 2030.

Ces deux sites permettront d'alimenter en électricité un million de personnes, a dit le Premier ministre Jean Castex, depuis Port-la-Nouvelle (Aude), qui accueillera l'un des parcs, à 22 km au large.

L'autre parc sera implanté à 22 km au large de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), "sous réserve des résultats des dernières études environnementales", a précisé M. Castex.

Chaque ensemble sera attribué dès 2023 à des développeurs, et comprendra une vingtaine d'éoliennes, pour une capacité de production de 250 mégawatts (MW) chacun. Ils pourront dans un second temps être étendus à 750 MW.

Cette annonce arrive un mois après le discours d'Emmanuel Macron sur l'énergie, qui proposait de passer à 50 parcs marins (40 gigawatts de capacités installées) d'ici à 2050.

Malgré ses 2.800 km de côtes en métropole, la France est très en retard dans l’éolien en mer par rapport au Royaume-Uni, la Scandinavie ou même l'Allemagne.

Le pays avait pourtant décidé de se lancer dès 2009, attribuant quatre premiers parcs. Mais, de procédures administratives en recours, aucun ne s'est encore matérialisé.

Aujourd'hui, sept projets sont dans les tuyaux, à des degrés divers d'avancement, en Atlantique ou en mer du Nord. Le tout premier, face à Saint-Nazaire, doit être mis en service d'ici à la fin 2022, 10 ans après son attribution au consortium EDF-Enbridge, et plus de 30 ans après l'ouverture d'un premier parc au Danemark.

Pour tenir l'objectif des 50 parcs, le gouvernement a aussi annoncé lundi l'attribution de 2 GW de projets chaque année à partir de 2024, comme le demandait le secteur.

Un engagement qui devra encore être inscrit dans la loi de programmation énergétique attendue mi-2023, note-t-on chez France Energie Eolienne (FEE), l'association professionnelle.

Les représentants de la filière éolienne ont signé lundi un "pacte" avec la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, les industriels s'engageant sur les retombées locales et l'emploi (5.000 aujourd'hui, 20.000 d’ici à 2035).

Deuxième source d'électricité en France ?

Pour le secrétaire général de FEE, Michel Gioria, place désormais à "une planification fine", qui permettra d'organiser les moyens des services de l'Etat, le cadencement des appels à projets... "Ce qu’on apprend des pays étrangers est que sans cela, on n’y arrive pas", a-t-il dit à l'AFP après les annonces.

Pour Jean Castex, in fine, l'éolien offshore deviendrait ainsi "la deuxième source d'électricité en France après le nucléaire", générant "20% de la consommation d'électricité en France".

La France voit aussi dans le flottant une opportunité industrielle.

La technologie flottante est encore balbutiante et chère mais les observateurs y voient l’avenir du secteur. Elle n'a encore jamais été utilisée pour un parc commercial en France, mais un premier appel d'offre a déjà été lancé en 2021 pour un parc en Bretagne.

Le flottant constitue une "très grande force" car il "peut être installé loin des côtes, lorsque les fonds sont profonds", comme en Méditerranée, a fait valoir le Premier ministre lundi.

M. Castex a souhaité que la France devienne "une nation clé" pour cette technique, en structurant toute une filière pour construire les "flotteurs". Deux appels à manifestation d'intérêt seront ainsi lancés en mars auprès des ports et industriels.

Du côté des régions méditerranéennes concernées, la présidente d’Occitanie Carole Delga s'est félicitée de l'annonce, se réjouissant que sa région fasse "figure d’exemple en France".

Port-La-Nouvelle en particulier accueille déjà depuis quelques années sociétés et infrastructures préparant l'installation de fermes éoliennes flottantes pilotes, attendues d'ici à 2024.

Au cours du débat public organisé en 2021 sur l'éolien en Méditerranée, l'État, le gestionnaire du réseau électrique RTE, les régions et une partie importante de la filière industrielle avaient défendu le calendrier souhaité par le gouvernement.

En revanche, défenseurs de l'environnement, pêcheurs, scientifiques et des élus locaux s'étaient prononcés pour un report, devant les incertitudes pesant sur ce milieu méditerranéen riche et fragile.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.