Des organismes de défense des droits de l’homme dénoncent le projet de loi «draconien» sur l’accès à Internet en Iran

L’Iran utilise les pannes délibérées d’Internet pour réprimer les manifestations, selon Human Rights Watch. (AFP)
L’Iran utilise les pannes délibérées d’Internet pour réprimer les manifestations, selon Human Rights Watch. (AFP)
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Publié le Vendredi 18 mars 2022

Des organismes de défense des droits de l’homme dénoncent le projet de loi «draconien» sur l’accès à Internet en Iran

  • Le groupe de surveillance d’Internet serait composé de représentants de l’état-major des forces armées et du service de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique, entre autres
  • Si les nouvelles lois sont adoptées, il serait plus difficile pour les Iraniens de documenter de manière anonyme les violations contre les droits de l’homme ou la répression gouvernementale des manifestations dans le pays

LONDRES: Une coalition d’organismes de défense des droits de l’homme a publié une déclaration commune pour condamner les tentatives de l’Iran d’appliquer la censure et un contrôle de l’État généralisés sur l’infrastructure Internet du pays.
Cette semaine, le Parlement iranien a décidé de ratifier le projet de loi «draconien» sur le système de réglementation des services en ligne – anciennement connu sous le nom de «projet de loi sur la protection des utilisateurs». S’il est adopté, ce projet de loi «portera atteinte aux droits des Iraniens, y compris le droit à la liberté d’expression et au respect de la vie privée».
Dans une déclaration conjointe signée par Human Rights Watch, Amnesty International, le Comité pour la protection des journalistes, Global Voices et des dizaines d’autres organismes de défense des droits, les signataires ont exhorté Téhéran à «retirer immédiatement le projet de loi dans son intégralité».
«Nous appelons la communauté internationale ainsi que les États engagés dans un dialogue avec les autorités iraniennes à faire de la promotion et de la protection des droits de l’homme en Iran une priorité, notamment en incitant le Parlement iranien à annuler le projet de loi dans les plus brefs délais», peut-on lire dans la déclaration.
Le projet de loi placerait l’infrastructure Internet et les points d’accès nationaux à l’information sous le contrôle des dirigeants non élus, des forces armées et de la sécurité du pays.
Malgré les difficultés rencontrées par le Parlement iranien, qui parvient parfois à exercer une influence limitée et sporadique dans le pays, les autorités sont susceptibles de faire adopter le projet de loi en utilisant un article «inhabituel» de la législation iranienne qui permet d’appliquer une loi pendant une période limitée comprise entre trois et cinq ans.
«Ce processus inhabituel de l’article 85 ainsi que les mesures prises pour le ratifier le 22 février montrent que les autorités sont déterminées à appliquer cette législation régressive malgré l’indignation à l’échelle nationale et internationale», rapporte la déclaration conjointe.
S’il est mis en œuvre, le projet de loi conduirait à la création d’un groupe de travail chargé de gérer les flux d’informations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Le groupe de travail serait sous le contrôle direct du bureau du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Il serait composé de représentants de l’état-major des forces armées, du service de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique, du ministère du Renseignement, du ministère des Technologies de l’information et de la Communication, de l’organisation de la défense passive ainsi que de la police et du bureau du procureur général d’Iran.
«Déléguer un tel contrôle à des entités qui commettent à plusieurs reprises – et en toute impunité – de graves violations contre les droits de l’homme aura des effets dissuasifs sur le droit à la liberté d’expression en Iran», met en garde ledit communiqué.
Les signataires soulignent que de nombreuses organisations incluses dans le groupe de travail «ont commis des violations flagrantes à l’encontre des droits de l’homme et des crimes de droit international», notamment «l’utilisation illégale de la force meurtrière, les détentions arbitraires massives, les disparitions forcées, la torture et d’autres mauvais traitements pour réprimer les manifestations de 2017, 2018 et novembre 2019 à l’échelle du pays».
Les autorités iraniennes privent souvent le peuple iranien de l’accès à Internet en temps de crise, mais des informations sporadiques parviennent généralement à sortir.
Si les nouvelles lois sont adoptées, il sera plus difficile pour les Iraniens de documenter de manière anonyme les violations contre les droits de l’homme ou la répression gouvernementale des manifestations dans le pays.
«En effet, la répression meurtrière des manifestations nationales en novembre 2019 s’est déroulée au milieu d’une coupure délibérée quasi totale d’Internet pendant une semaine», déclarent les groupes de défense des droits. Ils ajoutent: «L’adoption du projet de loi entraînerait des coupures d’Internet et une censure en ligne encore plus faciles et moins transparentes, ce qui est très alarmant.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.