Police: des annonces de Darmanin attendues mardi par les syndicats

Le ministre français de l'Intérieur, Gerald Darmanin, s'adresse aux députés lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris. (ChristopheARCHAMBAULT/AFP)
Le ministre français de l'Intérieur, Gerald Darmanin, s'adresse aux députés lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris. (ChristopheARCHAMBAULT/AFP)
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Publié le Dimanche 11 octobre 2020

Police: des annonces de Darmanin attendues mardi par les syndicats

  • Les syndicats de policiers attendent des annonces fortes, après l'attaque aux mortiers d'artifice qui a suivi la blessure de deux policiers, dont un gravement
  • «Il est grand temps que le gouvernement se saisisse des violences commises contre les forces de l'ordre (...) Plus personne ne respecte les forces de l'ordre»

PARIS: Les syndicats de policiers attendent des annonces fortes du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qu'ils rencontrent mardi, d'autant plus que le malaise est grand dans leurs rangs où l'on dénonce la multiplication des violences contre les agents.

L'attaque aux mortiers d'artifice dans la nuit de samedi à dimanche du commissariat de Champigny-sur-Marne, deux jours après que deux policiers, en mission en civil, ont été blessés, dont un gravement, par balles à Herblay (Val-d'Oise), est venue conforter les syndicats.

«Il est grand temps que le gouvernement se saisisse des violences commises contre les forces de l'ordre (...) Plus personne ne respecte les forces de l'ordre», a réagi dimanche Frédéric Lagache, délégué général d'Alliance.

Le syndicat Unité SGP police a pointé du doigt la particularité de Champigny, au coeur d'une cité, avec le «risque de vivre et d'être attaqué jusqu'à la porte du commissariat».

Cet épisode vient donc apporter de l'eau au moulin des organisations syndicales qui réclament toutes un doublement de la prime accordée aux «nuiteux» (les fonctionnaires travaillant la nuit) ainsi que du matériel adéquat (gilets, lampes, véhicules etc). La prime est de 100 euros actuellement.

La réunion mardi, qui se déroulera en fin d'après-midi, rassemblera autour du ministre l'ensemble des organisations syndicales des policiers et des personnels du ministère de l'Intérieur.

Livre blanc en novembre

Alors qu'avec le remaniement gouvernemental, il semblait que le livre blanc de la sécurité intérieure serait rangé aux oubliettes, Gérald Darmanin annoncera qu'il sera présenté «en novembre», a-t-on appris auprès de son entourage.

La publication de ce travail de longue haleine, lancé par le tandem Christophe Castaner, Laurent Nunez, et objet de longs mois de consultations dans les cénacles sécuritaires, n'a cessé d'être repoussée. Et avec elle, la perspective d'une réforme structurelle en profondeur de la police nationale, encouragée notamment par Unité-SGP-FO, les officiers du SCSI-CFDT et les commissaires du SCPN.

D'ores et déjà, semble exclue une véritable réforme de la préfecture de police de Paris, considérée comme «un Etat dans l'Etat».

La présentation du livre blanc coïncidera avec l'examen à l'Assemblée nationale de la proposition de loi LREM portée par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot sur le continuum de sécurité.

Ce texte, qui sera examiné à partir du 16 novembre par les députés, traite notamment des polices municipales, de l'utilisation des images réalisées par les caméras portatives des forces de l'ordre, et du floutage des images des visages des policiers.

Au cours de la réunion mardi, les syndicats entendent avoir aussi des réponses sur leur demande de revalorisation des primes des officiers de police judiciaire (actuellement 165 euros) afin de donner de l'attractivité à l'investigation. «C'est un enjeu important», a-t-on jugé dans l'entourage de M. Darmanin.

Les syndicats demandent également le règlement du problème des heures supplémentaires qui atteignent encore, selon eux, plusieurs millions (22 millions d'heures, selon l'Unsa), soit par un choix donné entre paiement et repos, soit par un mixte des deux.

Au-delà de ces revendications, le ministre détaillera surtout le budget 2021 et le plan de relance dévolu à son ministère. L'enveloppe au total est de plus d'un milliard d'euros, 40% étant inscrits au budget. La priorité, a expliqué l'entourage du ministre, est le «quotidien des policiers», c'est-à-dire, leurs conditions de travail, les matériels (informatique, véhicules etc).

S'agissant du plan de relance, le ministre entend obtenir gain de cause dans des appels à projet concernant essentiellement l'immobilier.

Plus généralement, Gérald Darmanin exposera «ses priorités et sa méthode» et insistera sur sa volonté d'obtenir des «résultats». «Il ne s'agit pas de politique du chiffre, mais de politique de résultats», a-t-on insisté dans son entourage, alors qu'émergent des critiques en ce sens.


Farandou défend un budget de compromis, «pas un 49.3 qui brutaliserait le Parlement»

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
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  • "Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement"
  • M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget

PARIS: Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat.

"Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement", a-t-il estimé. "Il y a eu 350 heures de débats. C'est au contraire un budget qui cristallise un compromis, un consensus".

M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget. Des motions qui devraient a priori être rejetées vendredi.

"On est toujours prudent sur le résultat d'un vote qui sera serré", a-t-il dit, estimant qu'"il ne faut surtout pas vendre la peau de l'ours".

M. Farandou a estimé que l'absence de budget "serait une catastrophe pour le pays".

Interrogé sur l'existence d'un "virage à gauche" du budget avec l'annonce vendredi de la hausse de la prime d'activité de 50 euros en moyenne pour trois millions de Français, il a insisté sur le fait que cette mesure "n'est ni de gauche ni de droite ou de gauche et de droite".

"Bien sûr, la gauche y voit une mesure de pouvoir d'achat, mais je pense que les gens de sensibilité de droite y voient une incitation au travail", a-t-il pointé. "C'est typiquement la mesure qui est bonne pour les Français et qui au fond permet le consensus, du PS aux Républicains".

"On est en train d'affiner, on fera tout ce qu'on peut", a-t-il aussi répondu au journaliste qui lui demandait si la hausse pourrait être de plus de 50 euros, tout en insistant sur la nécessité de ne pas creuser le déficit.


Macron veut que la France et l'Europe soient "respectées"

Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron affirme que l’unité européenne a permis de faire retomber les tensions avec les États-Unis sur le Groenland, tout en réaffirmant le soutien à la souveraineté danoise
  • Il insiste sur la nécessité pour la France et l’Europe d’être respectées, se disant prêt à agir fermement, y compris via les outils commerciaux européens, en cas de nouvelles menaces

BRUXELLES: Emmanuel Macron a affirmé jeudi vouloir que la France et l'Europe soient "respectées", et s'est "félicité" du retour à une situation "beaucoup plus acceptable" avec les Etats-Unis, après une "escalade" et des "menaces d'invasion" et "tarifaires" au sujet du Groenland.

"On se réunit aujourd'hui dans ce Conseil informel européen pour marquer l'unité des Européens en soutien du Danemark, de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et pour aussi acter que quand l'Europe est unie, forte, réagit vite, les choses rentrent dans l'ordre et dans le calme", a dit le président français à son arrivée à Bruxelles. "Même si nous restons vigilants", a-t-il ajouté.

Des discussions mercredi à Davos, en Suisse, entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" au sujet du territoire autonome danois.

Donald Trump a coup sur coup fait marche arrière sur sa menace d'action militaire pour s'en emparer, puis de droits de douane accrus contre les pays européens qui s'y opposeraient.

A Davos, mardi, Emmanuel Macron avait dénoncé la diplomatie "brutale" des Etats-Unis. En retour, le lendemain, le président américain avait estimé que son homologue français, qui porte depuis plusieurs jours des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire, avait "joué le dur à cuire".

Interrogé sur ces passes d'armes, Emmanuel Macron a assuré que ça "ne dépend pas" de lui.

"Moi je suis extrêmement calme et constant. Ca fait neuf ans que vous m'entendez parler d'indépendance européenne, d'autonomie stratégique européenne, de respect de la souveraineté partout. On le fait en Ukraine, on le fait pour la Palestine, on le fait pour le Danemark et nous, nous sommes prévisibles", a-t-il affirmé à la presse.

"Simplement, on entend que la France soit respectée, que l'Europe soit respectée. A chaque fois qu'elles ne le seront pas, nous nous exprimerons et agirons avec clarté", a-t-il ajouté.

Selon le président français, qui avait invoqué le recours au puissant outil "anti-coercition" de l'Union européenne face aux menaces commerciales américaines, "quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire respecter".


Narcotrafic: cinq hommes, dont quatre Colombiens, soupçonnés d'un meurtre en France

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes
  • Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran

LYON: Cinq hommes, dont quatre Colombiens, ont été inculpés et écroués jeudi en France, soupçonnés du meurtre d'un jeune homme et de préparer un autre règlement de comptes pour un narcotrafiquant français détenu dans leur pays.

Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes, dans la nuit de dimanche à lundi, et un cinquième homme dans un appartement.

Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran.

Le juge les a inculpés notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, et ils ont été écroués, ont indiqué dans la soirée à l'AFP leurs avocats.

Agés de 25 à 30 ans, ils étaient soupçonnés, au moment de leur arrestation, d'avoir planqué plusieurs heures dans cette voiture dans un parking du centre de Lyon en vue de commettre un règlement de compte, selon des sources policières. L'appartement dans lequel le cinquième a été appréhendé leur servait de planque.

En plus du meurtre d'Écully, l'information judiciaire les visait pour "tentative de meurtre et (...) préparation d'un crime en bande organisée", a précisé le procureur.

Ils sont soupçonnés d'être des "mercenaires" ou des "tueurs à gage" recrutés en Colombie par un narcotrafiquant français de Lyon détenu dans ce pays d'Amérique latine, principal producteur de cocaïne, selon une source policière.

Il s'agit d'un habitant du quartier populaire de La Duchère, à Lyon, limitrophe d'Écully. Soupçonné d'être un gros trafiquant, Karim B.A., surnommé "Fiston", est en détention en Colombie, en attente d'extradition.

Accusé d’avoir commandité des fusillades à La Duchère visant des policiers et des rivaux, il fait l’objet de poursuites judiciaires pour "homicide et tentative d'homicide en bande organisée".

En fuite en Colombie, il a été arrêté dans la région de Cali (sud-ouest) le 25 octobre 2022.

Le quartier de La Duchère a été traversé par de nombreux épisodes de violences armés ces dernières années.

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier.

Deux anciens militaires colombiens, eux aussi soupçonnés d'être des tueurs à gage, avaient déjà été arrêtés fin 2024 dans la banlieue de Lyon.

La Colombie abrite de nombreux groupes armés - guérilleros, paramilitaires, cartels - héritiers d'un conflit vieux de six décennies, qui n'a pas cessé malgré le désarmement des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en 2017.