Ethiopie: le gouvernement décrète une trêve humanitaire illimitée

Des soldats de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF) marchent dans les rues de Kombolcha, en Éthiopie, le 11 décembre 2021. (AFP).
Des soldats de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF) marchent dans les rues de Kombolcha, en Éthiopie, le 11 décembre 2021. (AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

Ethiopie: le gouvernement décrète une trêve humanitaire illimitée

  • Forces progouvernementales et rebelles du Tigré s'affrontent dans le nord de l'Ethiopie depuis qu'en novembre 2020 Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale déloger les autorités de la région
  • «L'engagement pris par le gouvernement d'Ethiopie ne pourra avoir l'effet désiré d'améliorer la situation humanitaire sur le terrain, que si l'autre partie en fait autant», indique le gouvernement éthiopien

ADDIS ABEBA: Le gouvernement éthiopien a décrété jeudi une "trêve humanitaire illimitée" dans son conflit avec les rebelles du Tigré, pour permettre "la libre circulation de l'aide humanitaire vers ceux ayant besoin d'assistance" dans cette région de l'extrême-nord du pays, menacée de famine.

La trêve est "effective immédiatement", indique le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed dans un communiqué, expliquant sa décision par "la nécessité de prendre des mesures extraordinaires pour sauver des vies et réduire la souffrance humaine".

Toutefois, "l'engagement pris par le gouvernement d'Ethiopie ne pourra avoir l'effet désiré d'améliorer la situation humanitaire sur le terrain, que si l'autre partie en fait autant", poursuit-il, appelant les rebelles tigréens à "s'abstenir de tout nouvel acte d'agression et à se retirer des zones qu'ils occupent dans les régions voisines du Tigré".

Les rebelles tigréens n'ont pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.

Forces progouvernementales et rebelles du Tigré s'affrontent dans le nord de l'Ethiopie depuis qu'en novembre 2020 Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix l'année précédente, a envoyé l'armée fédérale déloger les autorités de la région, gouvernée alors par le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) qui contestait son autorité depuis des mois.

Rapidement défaites, les troupes rebelles du TPLF ont ensuite, courant 2021, repris militairement le Tigré et le conflit s'est depuis propagé aux régions voisines de l'Amhara et de l'Afar.

Les bientôt 17 mois de conflit, marqué par de multiples exactions, ont provoqué une grave crise humanitaire dans le nord de l'Ethiopie, où plus de neuf millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.

Au Tigré, le PAM estimait en janvier que 4,6 millions de personnes, soit 83% des quelque six millions d'habitants de la région, étaient en situation "d'insécurité alimentaire", tandis que deux millions souffraient d'une "pénurie extrême de nourriture".

Depuis mi-février, les opérations humanitaires au Tigré - où plus de 400.000 personnes ont été déplacées par le conflit - ont été quasiment interrompues par les pénuries de carburant et de liquidités, selon l'ONU.

Aucun convoi d'aide n'a pu entrer au Tigré depuis le 15 décembre, en raison de combats dans la région de l'Afar, qui empêchent le passage des convois routiers sur la seule voie terrestre opérationnelle, entre Semera, la capitale de l'Afar, et Mekele, la capitale du Tigré.

L'ONU a longtemps dénoncé un "blocus humanitaire de fait" du Tigré, dont le gouvernement et les rebelles se sont rejetés mutuellement la responsabilité.

"Le gouvernement d'Ethiopie espère que cette trêve améliorera considérablement la situation humanitaire sur le terrain et ouvrira la voie à la résolution du conflit dans le nord de l'Ethiopie, sans bain de sang supplémentaire", selon le communiqué.

Il appelle également "la communauté internationale à redoubler ses généreuses contributions pour soulager la situation et réitère son engagement à travailler en collaboration avec les organisations concernées pour accélérer la fourniture d'aide humanitaire à ceux dans le besoin".

Le gouvernement éthiopien avait déjà décrété le 28 juin un cessez-le-feu unilatéral, au moment où les forces du TPLF entraient dans Mekele. Ce cessez-le-feu ne courait que "jusqu'à la fin de la saison des cultures", pour permettre aux agriculteurs de "cultiver paisiblement" et à "l'aide humanitaire d'être distribuée".

Les combats avaient ensuite repris, les rebelles du TPLF avançant en Amhara et en Afar, jusqu'à affirmer se trouver à 200 km d'Addis Abeba.

Ils s'étaient repliés au Tigré fin décembre, à l'issue d'une contre-offensive de l'armée éthiopienne qui avait indiqué qu'elle n'entrerait pas dans la région.

Ce repli avait suscité l'espoir de voir s'ouvrir des négociations, vite douché quand le TPLF avait annoncé reprendre les combats en Afar fin janvier.


Poutine reçoit le président syrien au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires

Le président russe Vladimir Poutine accueille le président syrien Ahmed al-Sharaa lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 28 janvier 2026. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine accueille le président syrien Ahmed al-Sharaa lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 28 janvier 2026. (AFP)
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  • Vladimir Poutine a reçu pour la deuxième fois le président syrien Ahmad al-Chareh depuis le renversement de Bachar al-Assad, afin de renforcer les relations bilatérales et préserver les intérêts militaires russes en Syrie
  • La rencontre intervient dans un contexte de tensions dans le nord-est syrien, avec le retrait russe de Qamichli et des inquiétudes occidentales sur une possible résurgence des jihadistes de l’EI

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi son homologue syrien, Ahmad al-Chareh, pour la deuxième fois depuis le renversement en 2024 de Bachar al-Assad, allié du Kremlin, au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires en Syrie.

Vladimir Poutine a salué les progrès "en termes de restauration des relations inter-étatiques" entre la Russie et la Syrie, ébranlées par le changement de pouvoir à Damas, lors de déclarations devant la presse au Kremlin aux côtés de M. al-Chareh.

Celui-ci a de son côté souligné que "les positions de la Russie au cours de l'année écoulée ont soutenu l'unité du territoire syrien" et le "rôle historique" de Moscou "non seulement pour l'unité et la stabilité de la Syrie, mais de toute la région".

Il s'agit de la deuxième visite du président syrien en Russie en quatre mois, dans un contexte d'inquiétudes des Européens et Américains d'une résurgence des jihadistes en Syrie, en particulier ceux de l'organisation Etat islamique (EI).

Les deux dirigeants n'ont pas mentionné devant la presse l'épineuse question de l'extradition du président syrien déchu Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis son éviction du pouvoir et voulue par Damas, ni celle de la présence militaire russe en Syrie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré en amont de la rencontre "ne pas douter" que cette dernière serait abordée.

Selon lui, les négociations devaient aborder la "coopération bilatérale, en premier lieu dans le domaine économique", ainsi qu'un "échange de points de vue sur la situation dans la région".

- incertitudes -

La délégation syrienne a été accueillie au Kremlin notamment par les ministres russes des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Défense Andreï Belooussov, le général Igor Kostioukov qui dirige le renseignement militaire (GRU), et les conseillers économique et diplomatique de Vladimir Poutine, a constaté une journaliste de l'AFP.

La Russie a retiré cette semaine ses forces et armements de l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est du pays où elle maintenait une petite installation, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Moscou y avait déployé ses forces fin 2019, en vertu d'un accord avec la Turquie.

Ce retrait intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi ces dernières semaines un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.

La Russie a été un allié clé de l'ex-président syrien Bachar al-Assad et est intervenue militairement en Syrie à partir de 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles et jihadistes, dont faisait partie Ahmad al-Chareh.

Le renversement de Bachar al-Assad a porté un coup à l'influence russe au Moyen-Orient, même si le nouveau pouvoir syrien maintient jusqu'à présent des relations cordiales avec Moscou.

Le régime actuel de Damas mène une offensive militaire contre les territoires contrôlés jusqu'ici par la coalition des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes.

Mais cette opération a provoqué de grandes incertitudes autour des camps et prisons dans le nord-est du pays, où les FDS gardaient des milliers d'anciens jihadistes de l'EI et leurs famille depuis 2019.

Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi, mais les deux camps s'accusent mutuellement de violations.

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis ont appelé mardi les forces gouvernementales syriennes et les combattants kurdes à "éviter tout vide sécuritaire" qui serait favorable aux jihadistes de l'EI.

Le président américain, Donald Trump, a ensuite assuré, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien, que "tout se pass(ait) très bien".


Trump affirme qu'une autre « armada » fait actuellement route vers l'Iran

Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
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  • Le président américain souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe
  • Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier

PARIS: Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe.

Dans le même temps, les arrestations continuent mardi en Iran, après les manifestations ayant défié la République islamique début janvier. Au moins 41.880 personnes ont été interpellées, et des milliers de protestataires tués, d'après les derniers chiffres de l'ONG basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA).

Cette ONG, et d'autres de défense des droits humains, poursuivent leur travail de documentation de la répression, entravé par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.

Le président américain lui souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe.

Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Mais a-t-il ajouté, dans cet entretien avec le média américain Axios, "ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler".

"S'ils veulent nous contacter, et ils connaissent les conditions, alors nous discuterons", a ensuite affirmé un haut responsable américain à des journalistes, selon Axios.

Les analystes estiment que les options envisagées - que Donald Trump n'a pas voulu détailler à Axios - incluent des bombardements de sites militaires, ou des frappes ciblées contre des dirigeants.

Risque "d'instabilité" 

Selon le New York Times, les renseignements américains ont assuré à Donald Trump que le pouvoir iranien "s'affaiblissait", voire était "au plus faible" depuis la fondation de la République islamique en 1979.

L'influent sénateur républicain, Lindsey Graham, a dit au quotidien américain avoir parlé au président ces derniers jours: "l'objectif est de mettre fin au régime", a-t-il assuré.

Côté iranien, Téhéran a déjà signalé qu'un canal de communication était ouvert avec Washington.

Mais dans un appel mardi avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, allié des Etats-Unis, le président Massoud Pezeshkian a averti que les "menaces des Américains (...)  n'aboutiraient à rien d'autre qu'à de l'instabilité pour eux".

Le prince héritier "a indiqué que le Royaume ne permettrait pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour des actions militaires contre l'Iran", a insisté le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d'un blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.

L'Iran considérera les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire est utilisé pour le frapper, a-t-il aussi averti, alors que Ryad et Abou Dhabi ont déjà assuré qu'ils n'autoriseraient pas un tel usage de leurs territoires.

Donald Trump "décidera ce qu'il décide" mais dans tous les cas "si l'Iran commet une erreur et nous attaque, il y aura une riposte qu'il ne peut même pas imaginer", a de son côté affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Aveux" et chasse aux blessés 

Si le mouvement de contestation s'est essoufflé, le bilan de la répression lui n'est toujours pas connu.

HRANA a annoncé mardi avoir vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, mais enquête toujours sur quelque 17.000 autres décès potentiels. Et accuse à nouveau les autorités de pourchasser les blessés jusque dans les hôpitaux, malgré les dénégations du ministère de la Santé.

Le bilan total jusque là annoncé par les autorités iraniennes est de 3.117 morts, dont 2.427 sont, selon elles, des membres des forces de sécurité ou des passants.

La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a recensé pour sa part plus de 36.500 personnes tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, affirme avoir vérifié la mort de 3.428 manifestants, mais dit craindre un bilan dépassant les 25.000 morts.

En France, le nom de domaine du site de l'association Iran Justice, qui documente l'état des droits humains en Iran, a été racheté et diffuse désormais du "contenu pro-régime" de Téhéran, a dénoncé mardi à l'AFP sa présidente Chirinne Ardakani.

Elle a pointé une opération de "propagande orchestrée selon toute vraisemblance par des agents iraniens".

 


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
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  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".