Présidentielle: entre Jaurès et Nougaro, Hidalgo veut «rendre justice» aux Français

La maire de Paris a remercié les militants d'être «fidèles à notre invincible espoir» (Photo, AFP).
La maire de Paris a remercié les militants d'être «fidèles à notre invincible espoir» (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 27 mars 2022

Présidentielle: entre Jaurès et Nougaro, Hidalgo veut «rendre justice» aux Français

  • Anne Hidalgo a promis samedi à Toulouse de «rendre justice»
  • La maire de Paris a remercié les militants d'être «fidèles à notre invincible espoir»

TOULOUSE: Entre Jaurès et Nougaro, Anne Hidalgo a promis samedi à Toulouse de "rendre justice" aux Français, assurant que la gauche pouvait à nouveau leur "changer la vie", sans oublier d'égratigner ses concurrents Emmanuel Macron et Jean-Mélenchon, lors de son plus gros meeting depuis le début de la campagne.

Depuis son entrée en campagne, ses meetings n'ont pas excédé les 1 200 militants, -parfois en raison de la crise sanitaire-. Mais samedi à Toulouse 2 200 personnes, selon son équipe, ont donné de la voix et de l'espoir à la candidate socialiste, qui plafonne autour de 2% dans les intentions de vote.

En présence notamment de la présidente de la Région Occitanie Carole Delga et des chefs des parlementaires Valérie Rabault (députés) et Patrick Kanner (sénateurs), la maire de Paris a remercié les militants d'être "fidèles à notre invincible espoir".

"Mme Hidalgo est vraiment dans le dur. Il fallait apporter notre soutien. Je pense qu'on ne peux que progresser ces prochaines semaines", a estimé Philippe Boyer, militant de 55 ans, qui espère "qu'on va enfin l'entendre".

"Soyons fiers de notre candidate", a affirmé Carole Delga, tandis que Georges Meric, président du département de Haute-Garonne a dénoncé le "bashing" dont elle est victime. 

La candidate, qui a reçu mardi le soutien de l'ex-président François Hollande, lors d'un autre meeting à Limoges, a défendu "la gauche républicaine, laïque, la gauche des vraies réformes, sociales et écologiques, la gauche des vrais changements", celle "qui a appris de ses erreurs et même de ses fautes, et devra continuer à le faire" et "qui devra redevenir la gauche populaire et inventive qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être".

Elle a énuméré les grandes "conquêtes sociales, sociétales et démocratiques" de la gauche, comme "les congés payés", "l'abolition de la peine de mort" "les 35 heures" ou "le mariage pour tous". A chacune de ces "avancées", les militants ont scandé "c'est nous, c'est nous".   

"Oui, a-t-elle martelé, nous avons changé la vie des Français. Et oui, nous pouvons le refaire".

Toulouse oblige, elle n'a pas oublié de citer Claude Nougaro: "Entre l’eau verte du canal du midi et la brique rouge des Minimes où l’Espagne en moi pousse un peu sa corne, je pense à mon grand-père républicain espagnol", qui a fui l'Espagne franquiste, a-t-elle expliqué, en rendant en parallèle hommage aux réfugiés ukrainiens, dont elle a souhaité que l'accueil en France soit "amplifié".

Macron «de droite et de droite»

Sur cette terre de Jaurès qu'elle a aussi abondamment cité, la candidate a défendu son programme autour de l'éducation, de la santé, du pouvoir d'achat et des retraites, critiquant à plusieurs reprises le bilan du président sortant Emmanuel Macron, tout en empêchant ses troupes de le huer. "Pas de ça ici", a-t-elle dit. 

Mais elle n'a pas été tendre envers le projet de ce dernier, "injuste et irresponsable". "Son slogan, c’est +avec vous+, mais son programme, c’est +contre vous+", a-t-elle souligné. 

"En 2017, il pouvait y avoir un doute. En 2022, après ces 5 ans, et surtout après l’annonce de son programme de casse sociale, il ne peut plus y en avoir ! Emmanuel Macron n’est ni de gauche, ni de gauche, il est et de droite et de droite !", a-t-elle insisté.

"Le temps est venu de vous rendre justice", a-t-elle insisté, en présentant les principales mesures de son programme, comme le maintien de la retraite à 62 ans, une hausse de 3% des pensions dès le mois de juin, le blocage des prix de l'énergie, la hausse du smic de 200 euros net, la création d'un minimum jeunesse ou la revalorisation des salaires des enseignants.

"Ce qui me plait en priorité ce sont ses mesures pour l'éducation et pour l'emploi" et "ses propositions pour les quartiers sensibles", a salué Francine Garone, retraitée de Toulouse, venue la soutenir.

Elle le promet, elle ne votera pas pour l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qu'elle juge "un peu excessif dans sa personnalité".     

Anne Hidalgo l'a aussi égratigné. "Mélenchon c’est l'impasse !", a-t-elle déclaré, demandant "quelle ville, quel département, quelle région son mouvement a-t-il gagné avec son sectarisme et ses outrances ?".


Le Premier ministre français à Rabat pour consolider le partenariat avec le Maroc

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • Lecornu à Rabat pour renforcer le partenariat stratégique France-Maroc avec des accords dans l’économie, la sécurité et la défense
  • Le rapprochement franco-marocain se poursuit après le soutien français à la position de Rabat sur le Sahara occidental

RABAT: Le Premier ministre français Sébastien Lecornu est arrivé mercredi soir à Rabat, accueilli par son homologue marocain Aziz Akhannouch, pour une visite visant à approfondir le rapprochement entre la France et le Maroc avant une possible visite du roi Mohammed VI à Paris.

Accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et de l'Intérieur, Laurent Nuñez, M. Lecornu a été accueilli à l'aéroport avec les honneurs militaires vers 22H00 (21H00 GMT) par le Premier ministre marocain et plusieurs membres de son gouvernement.

Le chef du gouvernement français arrivait du Qatar où il est allé présenter les condoléances de la France après la mort de l'ancien émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. M. Akhannouch s'est lui aussi rendu à Doha pour présenter celles du Maroc.

Les relations franco-marocaines sont au beau fixe depuis qu'Emmanuel Macron a reconnu, à l'été 2024, la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental, suscitant la colère d'Alger.

Le président français avait ensuite été reçu en grande pompe à Rabat en octobre de la même année, mettant un terme à trois années de tensions. Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un "partenariat renforcé d'exception".

Dans un message à Emmanuel Macron à l'occasion du 14-Juillet, fête nationale française, le roi du Maroc a salué la "consolidation" des "relations privilégiées" entre les deux pays, selon l'agence officielle marocaine MAP.

Ce partenariat pourrait déboucher sur une visite de Mohammed VI en France, dont le principe a été acté, mais pas la date.

Les deux chefs de gouvernement démarreront la visite jeudi au mausolée royal, avant un entretien bilatéral pendant lequel chaque ministre rencontrera son homologue.

Ils présideront ensuite une 15e "rencontre de haut niveau" entre leurs délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019. Avec à la clef la signature d'une quinzaine d'accords dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de la défense, selon une source diplomatique.

Ils concerneront notamment l'aviation civile, la création d’une ligne de Réseau express régional (RER) à Rabat, un partenariat dans l'eau ainsi qu'un projet d'interconnexion électrique entre les deux pays, selon la même source.

Dans la défense, Paris et Rabat étudient des partenariats dans l'armement. Et en matière culturelle, les deux pays devraient signer une "convention de partenariat stratégique" entre l'Institut du monde arabe à Paris et le ministère marocain de la Culture.

Le Maroc est devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, Paris ne cherchant plus à préserver à tout prix un équilibre avec Alger.

Sur l'épineux dossier sécuritaire au Sahel, Paris semble vouloir s'appuyer désormais davantage sur son partenaire marocain alors qu'Alger reste avare de renseignements, malgré la reprise de la coopération franco-algérienne.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.