Au moins cinq morts dans des attaques près de Tel-Aviv

Des personnes se rassemblent sur les lieux d'une attaque au cours de laquelle des personnes ont été tuées par un homme armé dans une rue principale de Bnei Brak, près de Tel Aviv, mardi. (Reuters)
Des personnes se rassemblent sur les lieux d'une attaque au cours de laquelle des personnes ont été tuées par un homme armé dans une rue principale de Bnei Brak, près de Tel Aviv, mardi. (Reuters)
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Publié le Mercredi 30 mars 2022

Au moins cinq morts dans des attaques près de Tel-Aviv

  • La police israélienne a confirmé ces attaques et indiqué plus tard que l'assaillant avait été abattu par les forces de l'ordre qui quadrillaient ces secteurs
  • Ces attaques sont les troisièmes en une semaine en Israël

BNEI BRAK: Au moins cinq personnes ont été tuées mardi dans des attaques armées près de la métropole israélienne de Tel-Aviv, les troisièmes en une semaine en Israël, confronté à une vague de violences qui inquiète les autorités à l'approche des grands rassemblements en marge des fêtes de ramadan.

En soirée, des résidents de Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe en banlieue de Tel-Aviv, puis de la localité voisine de Ramat Gan, ont fait état d'un homme circulant en voiture et ouvrant le feu sur des passants.

"C'est triste et ça fait peur, cela n'était jamais arrivé à Bnei Brak. Ce n'est pas possible qu'en moins d'une semaine on ait onze morts dans trois villes différentes", a dit à l'AFP Shira, une serveuse âgée de 25 ans vivant dans cette ville.

La police a affirmé avoir abattu l'assaillant sans en révéler l'identité. Mais des médias locaux l'ont identifié comme Dia Hamarshah, un Palestinien ayant passé quatre ans dans les prisons israéliennes et originaire de Yaabad en Cisjordanie occupée. A Yaabad, des témoins ont indiqué à l'AFP que des hommes distribuaient en soirée des friandises en guise de "célébration" après les attaques.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui condamné ces violences. "Le meurtre de civils palestiniens et israéliens ne fait qu'aggraver davantage la situation alors que nous nous efforçons tous d'atteindre la stabilité", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a réuni en soirée de hauts responsables sécuritaires après ces attaques, qui ont fait au moins cinq morts, dont un officier de 32 ans, Amir Khoury, un Arabe israélien ayant participé à l'opération pour abattre l'assaillant et qualifié de "héros" par la police.

"Les forces de sécurité sont à l’œuvre. Nous allons combattre le terrorisme d'une main de fer (...). Israël est confronté à une vague de terrorisme arabe meurtrière", a dit M. Bennett. Les deux précédentes attaques, le 22 mars et dimanche, ont été perpétrées par des Arabes israéliens liés à la mouvance jihadiste.

Contre-terrorisme

Dans la foulée, la police israélienne a dit se placer en mode "contre-terrorisme" et l'armée a déployé des renforts en Cisjordanie occupée, théâtre récurrent de heurts.

Réagissant aux attaques de mardi soir qui n'ont pas été revendiquées, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza et rival du Fatah laïc de Mahmoud Abbas, a affirmé dans un communiqué que "cette opération (était) une réponse naturelle aux crimes de l'occupation contre les droits de notre peuple et de notre terre et de nos lieux saints".

Dimanche à Hadera, dans le nord d'Israël, deux policiers, dont une Franco-Israélienne, ont été tués dans une fusillade revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Le Hamas a jugé alors que l'attaque avait été "menée en réponse au sommet de normalisation sur notre terre", en référence à une rencontre inédite organisée dimanche et lundi sur le sol israélien entre des chefs de la diplomatie américaine, israélienne et de quatre pays arabes.

La police israélienne a identifié les assaillants qui ont été abattus comme des agents arabes israéliens de l'EI venant d'Umm al-Fahm, ville arabe du nord d'Israël.

Le 22 mars, à Beersheva (sud), quatre Israéliens -deux hommes et deux femmes- ont été tués dans une attaque au couteau et à la voiture-bélier perpétrée par un enseignant condamné en 2016 à quatre ans de prison pour avoir planifié de se rendre en Syrie afin de combattre au sein de l'EI.

Atténuer les tensions

A l'étranger, l'Allemagne a mis en garde contre une "spirale de violence", tandis que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a dit "fermement" condamner cette attaque "terroriste".

Le conseiller à la sécurité nationale pour la Maison Blanche, Jake Sullivan, a précisé que Washington avait offert "tout le soutien nécessaire" au gouvernement israélien.

Ces attaques surviennent au moment où des rencontres se multiplient pour tenter d'atténuer les tensions à l'approche du ramadan, mois de jeûne musulman qui doit débuter en fin de semaine.

En 2021, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens pendant le ramadan à Jérusalem, notamment sur l'esplanade des Mosquées, lieu saint musulman sous administration de la Jordanie, avaient mené à une guerre meurtrière de 11 jours entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et l'armée israélienne.

Cherchant à apaiser la situation pendant le ramadan, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz s'est entretenu mardi avec le roi jordanien Abdallah II à Amman, avant une visite similaire mercredi du président israélien Isaac Herzog.

Devant M. Gantz, le roi a appelé "à lever tout obstacle à la prière des musulmans sur l'esplanade des Mosquées (à Jérusalem-Est) et à empêcher les provocations qui pourraient entraîner une escalade".


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.