Washington mise sur son indépendance économique pour contrer les pratiques de Pékin

L'indépendance économique des Etats-Unis est à privilégier, selon la représentante américaine au Commerce (Photo, AFP).
L'indépendance économique des Etats-Unis est à privilégier, selon la représentante américaine au Commerce (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Washington mise sur son indépendance économique pour contrer les pratiques de Pékin

  • Washington a jusqu'ici été incapable d'obtenir des changements de fond en matière de pratiques commerciales
  • L'ambassadrice compte répéter la nécessité d'agir de concert avec les alliés des Etats-Unis contre la Chine

WASHINGTON: Les États-Unis doivent affûter leur défense commerciale en assurant le retour de la production manufacturière plutôt que de s'escrimer à faire changer les pratiques commerciales de la Chine, a préconisé mercredi la représentante américaine au Commerce.

Auditionnée devant la Chambre des représentants pendant près de quatre heures, Katherine Tai a reconnu que la stratégie consistant à imposer des tarifs douaniers massifs n'avait eu pour ainsi dire aucun effet sur la politique menée par Pékin.

Washington reproche au géant asiatique de subventionner ses entreprises pour dynamiser ses exportations, ce qui a eu pour effet au fil du temps de laminer de nombreux secteurs industriels aux États-Unis et en Europe.

De plus, la Chine est vertement critiquée pour imposer des transferts de technologies aux entreprises souhaitant faire des affaires dans le pays et pour ne pas respecter la propriété intellectuelle des sociétés étrangères. 

"Nous ne pouvons pas attendre que la Chine change", alors que la domination technologique américaine est en jeu, a martelé Katherine Tai.

L'administration précédente, de Donald Trump, avait largement eu recours aux droits de douane sur les produits chinois pour "créer un effet de levier" afin d'obtenir la signature d'un accord bilatéral, a-t-elle noté. Avec un certain succès puisqu'un traité avait été effectivement signé en janvier 2020.

"Nous avons en ce moment des droits de douane sur plus de 300 ou 400 milliards de dollars d'importations chinoises", a rappelé l'ambassadrice américaine.

Pour autant, non seulement "cela n'a pas incité la Chine à changer" mais encore cela affecte les entreprises américaines, a-t-elle observé.

"Nous devons poursuivre nos efforts pour faire pression sur la Chine pour qu'elle change", s'est-elle toutefois repris devant des législateurs inquiets.

Ainsi ses services ont récemment décidé de prolonger l'exemption des droits de douane pour une série de produits ciblés: "352 des 549 (produits) éligibles" jusqu'au 31 décembre 2022.

L'objectif est de soulager les petites et moyennes entreprises américaines qui ne peuvent pas se fournir ailleurs qu'en Chine sans toucher aux tarifs là où c'est possible.

Concurrent féroce

Pour défendre à long terme les intérêts américains, Katherine Tai préconise de développer de "nouveaux outils": "c'est les investissements, la relocalisation et la reconstruction de notre base manufacturière". 

"C'est le plan que nous devons poursuivre à l'avenir", face à "un concurrent très, très féroce qui a défié les normes du système commercial" mondial, a-t-elle poursuivi.

Tout "dépend de la façon dont nous, États-Unis, continuons à être compétitifs et à avoir des industries florissantes, qu'il s'agisse d'industries traditionnelles ou d'industries de pointe", a-t-elle également argué.

Dès son discours d'ouverture au Congrès, elle a appelé à l'indépendance économique vis-à-vis de la Chine comme solution de long terme.

"Alors que nous continuons à garder la porte ouverte aux discussions avec la Chine, y compris sur ses engagements de la phase 1 (du traité bilatéral), nous devons également reconnaître les limites de l'accord et tourner la page de l'ancienne stratégie avec la Chine, qui consistait à se concentrer sur le changement de son comportement", selon ce discours transmis à la presse mardi soir.

Katherine Tai a aussi demandé aux législateurs d'approuver l’allocation de 52 milliards de dollars pour la production et la recherche nationales de semi-conducteurs par le biais d'une législation désormais connue sous le nom de "Bipartisan Innovation Act", alors que la Chambre et le Sénat se préparent actuellement à lancer un comité pour réconcilier les versions concurrentes de ce projet de loi.

En outre, l'ambassadrice a répété la nécessité d'agir de concert avec les alliés des États-Unis contre la Chine.

Depuis un an, l'administration Biden s'est efforcée de rétablir la confiance et de retisser les liens commerciaux avec les partenaires des États-Unis, mettant fin à de nombreux litiges comme dans l'aéronautique.

La semaine dernière, un accord a ainsi été trouvé entre Londres et Washington pour supprimer les droits de douane punitifs sur l'acier et l'aluminium britanniques.

Enfin, Katherine Tai a souligné que la région indo-pacifique était amenée à jouer un rôle majeur pour contrer l'expansion de la Chine. L'administration Biden planche actuellement sur la manière de renforcer ses liens commerciaux.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.