Alissa Kole se penche sur les défis de la gouvernance dans le monde arabe

Parmi les pays du Golfe, Alissa Kole explique que l’Arabie saoudite est très avancée en termes de gouvernance. (Photo Fournie)
Parmi les pays du Golfe, Alissa Kole explique que l’Arabie saoudite est très avancée en termes de gouvernance. (Photo Fournie)
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Publié le Mardi 13 octobre 2020

Alissa Kole se penche sur les défis de la gouvernance dans le monde arabe

  • La fondatrice du Govern Center refuse de « classer toute la région du monde arabe dans une même catégorie », et affirme qu’on pourrait les séparer entre la région du Golfe, celle du Machreq et celle du Maghreb
  • Aussi diversifiée soit-elle, la région connait toutefois un changement, « même limité », selon Kole, au niveau par exemple de la composition du conseil d’administration, en termes de diversité et de parité hommes-femmes

BEYROUTH: Le monde de la gouvernance n’a plus de secrets pour Alissa Kole Amico. La jeune femme, conseillère principale auprès de nombreux dirigeants gouvernementaux mondiaux mais également au sein du secteur privé, est la directrice du Govern Center, qu’elle a elle-même fondé, forte de son expérience spécialisée dans un domaine peu ou pas connu du grand public. « Quand j’ai lancé Govern, je voulais valoriser mon savoir-faire dans ce domaine pour me servir des relations que j’avais établies avec des décideurs politiques, mais également pour soutenir le développement de pratiques de gouvernance au sein des conseils d'administration et des hautes directions (C-suits) pour les entreprises des marchés émergents », raconte Alissa Kole à Arab news en français. Govern offre ainsi un conseil aux entreprises privées et aux institutions gouvernementales. « C’est un domaine très spécialisé, il est vrai. De grosses boîtes de conseil existent, mais peu d’entre elles ont une expertise importante dans le domaine de la gouvernance d’entreprise, surtout au Moyen-Orient. »

La région, Alissa Kole la connait bien. Au cours de ses 10 ans de carrière à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, elle a lancé et dirigé le projet régional de l’organisation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en particulier en développant un programme unique sur la gouvernance dans la région. « L’OCDE est une organisation qui émet les principes de bonne gouvernance mondiale, ensuite traduites en régulations par des pays membres et non membres, explique-t-elle. J’ai aidé à y créer des régulations par exemple en Arabie saoudite, au Maroc et en Égypte, et lancé un certain nombre d’initiatives pour améliorer la gouvernance d’entreprises cotées et étatiques de la région, en collaborant étroitement avec des responsables politiques du Moyen-Orient. »

Une seule région, des divergences importantes

Cependant, Alissa refuse de « classer toute la région du monde arabe dans une même catégorie », quand il s’agit de questions de gouvernance. « il y a sûrement des caractéristiques communes à ces pays mais ils sont très différents, note-t-elle. On pourrait les séparer, par exemple, entre la région du Golfe, celle du Machreq et celle du Maghreb, car des différences existent entre ces territoires en ce qui concerne le développement de la gouvernance d’entreprise, qui a vraiment commencé à évoluer au début des années 2000. »

« Par exemple, Oman a été le premier pays de la région à développer un code de gouvernance, détaille-t-elle. Aujourd’hui, tous les pays arabes à l’exception du Yémen disposent d’un code de gouvernance d’entreprise. En Irak, quelques règles ont été introduites, et d’autres pays possèdent certaines formes de régulations. Il y a des différences par ailleurs dans les sous-régions, entre le Maroc, la Tunisie et l’Algérie, qui se classe dernière les autres. Même au sein du Machreq, la Jordanie, la Palestine et le Liban partagent des caractéristiques communes mais affichent également de nombreuses différences ». Pour la directrice du Govern center, « la Palestine et le Liban ont très peu d’entreprises détenues par l’État, la culture d’entreprise y est très différente ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés. Au Liban, le marché boursier est très petit, il n’existe presque pas de ʺtradingʺ ni d’activités de listing. La plupart des compagnies au Liban sont privées et peu régulées en termes de gouvernance, nous avons réalisé une étude statistique sur ce sujet. »

Et de poursuivre: « Quand on parle de gouvernance d’entreprise, en fait, on regarde qui contrôle le secteur des entreprises, et si l’État possède une grande part de ces entreprises, comme c’est le cas dans le Golfe, ou s’il existe des fonds souverains, ce qu’on ne retrouve pas beaucoup dans le Machreq et en Afrique du Nord, hormis en Algérie. »

Parmi les pays du Golfe, Alissa Kole explique par ailleurs que l’Arabie saoudite est très avancée en termes de gouvernance. On y sépare par exemple les rôles du Président de Conseil d’administration et Directeur Général, tout comme au Qatar et aux Emirats arabes unis, alors que cette séparation par exemple n’existe pas aux Etats-Unis. « La structure de l'actionnariat des entreprises dicte un système de gouvernance différent pour chaque entreprise, affirme t-elle, et la structure du conseil d’administration diffère à travers la région du monde arabe. En Afrique du Nord, au Maroc, certains conseils d’administration ont par exemple une structure à deux niveaux (two-tier board), ce qui n’est pas le cas dans la plupart des autres pays de la région. »

Des changements à plusieurs niveaux

Aussi diversifiée soit-elle, la région connait toutefois un changement, « même limité », selon Kole, au niveau par exemple de la composition du conseil d’administration, en termes de diversité et de parité hommes-femmes. «  Ce changement dans le monde ne s’est pas encore vraiment traduit dans la région, et le progrès est lent ou limité, déplore la conseillère et auteure très prolifique, qui compte plusieurs livres et articles à son actif. Le taux de renouvellement y est aussi très bas, car les membres des conseils ne changent pas fréquemment. »

Govern collabore également avec des « think tanks » ou groupes de réflexion, qui essaient de faire évoluer la gouvernance économique et d’entreprise du monde arabe. Selon Kole, le Moyen Orient comprendrait 6% de la population totale des think tanks dans le monde. « Il y a 500 think tanks - si on exclut l’Iran et l’Israël - et 40 d’entre eux sont très actifs, assure-t-elle. Govern a récemment publié une étude sur leur gouvernance pour le T20 et j'ai eu l'occasion de la présenter à un public mondial lors de la réunion de lancement du T20 qui s'est tenue en début d'année, avant la crise de la Covid-19. »

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Si la pandémie a introduit de nouveaux débats, au sein du T20 et partout ailleurs, le domaine de la gouvernance n’y a pas échappé, même si Alissa Kole affirme qu’« il y a eu globalement beaucoup de discussions mais peu d’actions. Il y a eu évidemment une extension par les régulateurs des délais concernant les rapports qui doivent être rendus publics, par exemple les rapports annuels, poursuit-elle. De plus, les réunions des conseils d’administration et assemblées générales sont devenues virtuelles. Quelques pays ont revu leur cadre règlementaire sur ce plan, mais il n’y a pas encore eu de changement significatif, mis à part que tout se fait en ligne aujourd’hui. »

Fraude et corruption

Pour l’experte, sélectionnée sur la liste des 100 leaders en Europe et au Moyen-Orient par le Center for Sustainability and Excellence, dans le domaine de la gouvernance d’entreprise, et reconnue comme la « Corporate Governance Rising Star » (Étoile montante) par la Columbia University, les gouvernements réévalueront bientôt la gouvernance dans le domaine des soins et de santé. Elle cite notamment le cas de NMC, le plus grand fournisseur de soins de santé privé des Émirats arabes unis, et de son fondateur BR Shetty, qui ont été confrontés à de nombreux défis juridiques depuis que le groupe a signalé une dette non divulguée de 4 à 5 milliards de dollars, et l’apparition de preuves de fraude présumée.

Avec le manque d’application des régulations au sein du Moyen-Orient, les cas de fraude récurrents pourraient par ailleurs être problématiques pour l’ouverture à l’international de grands groupes de la région. Sans oublier la corruption, une thématique considérée par beaucoup comme endémique au Moyen-Orient, même si Alissa Kole insiste sur le fait qu’il s’agit d’« un phénomène global qui n’est pas limité à la région ». Mesurée par l’Indice de perception de la corruption, la corruption des 2/3 des pays de la région affiche des scores en dessous de 50/100. « La région est à un score moyen de 39/100, et cela est problématique, note Alissa Kole, avec toutefois des différences importantes comme les EAU qui sont à 71/100, avec un taux plus faible de corruption, et la Syrie et le Liban qui affichent des scores très bas. Au Liban, des ONG ont élevé la voix et pris des initiatives avec la société civile, mais la corruption est endémique et elle est institutionnalisée. On parle dans ce cas de big picture corruption », ajoute-t-elle.

En dehors de la région du Moyen-Orient, Alissa Kole et Govern s’intéressent aujourd’hui à un autre sujet d’actualité, celui de la gouvernance des entreprises technologiques, ces « licornes » qui représentent la grande majorité des entreprises évaluées à des milliards de dollars (« unicorns »). Alors que l'orientation réglementaire depuis la dernière crise financière mondiale a été détournée par le secteur financier, les plus grandes entreprises d'aujourd'hui ne sont en effet pas des banques, mais ces géants de la technologie, comme Tesla et Facebook.

Ces sociétés ne sont pas régies par des règles spécifiques au secteur de gouvernance d'entreprise comme le sont par exemple les banques ou les assurances, mais leurs échecs en matière de gouvernance ont eu et peuvent avoir des répercussions énormes. « Le plus intéressant serait d’étudier le rôle de ces compagnies, de voir comment elles sont gouvernées et de développer de nouvelles règles qui conviendraient à ce genre de compagnies, explique Alissa Kole. Facebook est-il trop grand ? Twitter devrait-il interférer dans les tweets ? Comment protéger les données des utilisateurs ? Ce sont tout autant de questions qui font aujourd’hui débat. »


Malgré la précarité de l'économie mondiale, les entreprises saoudiennes et émiraties restent optimistes

Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite se sont engagés à atteindre zéro émission de carbone d'ici 2050 et 2060 respectivement (Photo, AFP).
Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite se sont engagés à atteindre zéro émission de carbone d'ici 2050 et 2060 respectivement (Photo, AFP).
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  • Une enquête indique que les entreprises tirent confiance des plans ambitieux des gouvernements
  • Le changement climatique et les questions de durabilité figurent parmi les priorités des entreprises des deux pays

LONDRES: Une nouvelle enquête menée auprès de chefs d'entreprise en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis révèle un optimisme généralisé des entreprises des deux pays pour l'année prochaine, malgré les incertitudes et les défis ayant pesé sur l'économie mondiale en 2022.

Dans l'ensemble, 70% des 250 décideurs représentant un large éventail de secteurs ont exprimé leur optimisme quant aux perspectives de l'économie mondiale en 2023, 46% se déclarant très optimistes.

L'optimisme des entreprises est généralisé en Arabie saoudite et aux EAU (Photo, AFP).

L'enquête a été réalisée pour Gedeon Mohr & Partners, un nouveau cabinet de conseil basé à Dubaï et spécialisé dans les secteurs du commerce de détail, du divertissement, des voyages et de l'hôtellerie, qui sont tous appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans la transformation des économies de la région du Golfe arabe.

«Il est extrêmement positif de constater que la majorité des chefs d'entreprise des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite sont si optimistes quant à l'avenir de l'économie et reconnaissent le dynamisme de l'écosystème commercial et les opportunités de la région», a déclaré Maria Gedeon, PDG et fondatrice de Gedeon Mohr & Partners.

Selon elle, plusieurs raisons expliquent l’optimisme régional solide qui ressort de l’enquête.

«Évidemment, l’augmentation des prix du pétrole a été une chance pour nous. L’économie est donc naturellement en meilleure forme qu’ailleurs dans le monde. De même, la région est géographiquement éloignée de la guerre russo-ukrainienne, et est moins touchée que l’Europe par la hausse des prix et les autres répercussions qui en découlent.

«Mais dans l'ensemble, je pense que le sentiment est meilleur en raison de la quantité de travail que les deux gouvernements mettent en œuvre dans le but de développer les économies, augmenter la qualité de vie et attirer les étrangers et les expatriés dans cette partie du monde.»

L'enquête a également montré que, dans l'ensemble, 29% des chefs d'entreprise des deux pays – 22% aux Émirats arabes unis et 37% en Arabie saoudite – étaient légèrement ou très préoccupés par ce que la nouvelle année pourrait apporter.

Plusieurs raisons expliquent l’optimisme régional solide qui ressort de l’enquête (Photo, AFP).

«Je suppose que ces personnes travaillent probablement pour des organisations mondiales, parce qu’elles ont connu des licenciements et de nombreux problèmes financiers, ainsi que des ralentissements de la croissance, etc.», a expliqué Gedeon.

Les entreprises des deux pays tirent des conseils et de la confiance, des plans ambitieux établis par leurs gouvernements, a-t-elle affirmé.

«Ces deux pays ont publié leurs visions, le Royaume pour 2030 et les EAU pour 2031. En Arabie saoudite notamment, les méga-projets comme Neom, le projet de la mer Rouge et Qiddiya, ainsi que les investissements massifs dans les infrastructures, sont de formidables catalyseurs économiques.»

En novembre, le Fonds monétaire international a prévu que la croissance du PIB de l'Arabie saoudite serait de 7,6% en 2022, ce qui la place parmi les cinq premières économies à forte croissance du monde.

Selon le FMI, les décideurs du Conseil de coopération du Golfe dans leur ensemble ont «réussi à atténuer rapidement l'impact économique du double choc de la Covid-19 et des prix du pétrole».

Même si les prix mondiaux des produits de base ont grimpé: «Les perspectives sont plus positives pour les pays du CCG, les nouveaux défis liés à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et le resserrement des conditions financières mondiales devant avoir un impact limité sur les économies du CCG.»

Le FMI a également émis une note de prudence, avertissant que même si les pays du CCG bénéficient de «prix du pétrole et du gaz plus élevés, quoique volatils, de nombreux risques assombrissent encore les perspectives, notamment un ralentissement de l'économie mondiale».

«Dans ce contexte, l’élan de réforme établi au cours des années précédentes doit être maintenu afin de garantir l'équité entre les générations et une transition énergétique fluide loin des combustibles fossiles.»

Les méga-projets saoudiens, tels que Neom, le projet de la mer Rouge et Qiddiya, et les investissements massifs dans les infrastructures, sont de formidables catalyseurs économiques (Photo, AFP).

Selon Gedeon, c'est exactement ce qui se passe, l'Arabie saoudite s'efforçant de diversifier son économie et d'ouvrir sa société. En tant que cadre supérieur du groupe Majid al-Futtaim, elle a eu l’occasion d’observer de première main le programme de réformes sociales et économiques en cours dans le Royaume.

Les deux pays du Golfe «continueront d'investir dans le pétrole, mais ils tiennent à se diversifier», a-t-elle indiqué, et l'un des moyens d'y parvenir est de «développer le tourisme dans de très beaux pays».

Un aspect qui ressort clairement de l'enquête est que le changement climatique et les questions de durabilité sont en tête de l'agenda des entreprises dans les deux pays. Interrogés sur l'importance de la durabilité pour leur entreprise, 90% des répondants aux Émirats arabes unis et 85% en Arabie saoudite ont répondu qu'elle était très importante. Dans l'ensemble, seuls 2% ont déclaré qu'elle importait peu.

Le changement climatique est également considéré comme la plus grande menace pour les entreprises en 2023 par 11% des personnes interrogées aux Émirats arabes unis et 18% en Arabie saoudite.

Toutefois, ce qui est plus surprenant et plus préoccupant, selon Gedeon, c'est l'attitude qui ressort de l'enquête dans les deux pays à l'égard de l'épineux problème des entreprises que sont les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), une métrique de plus en plus appréciée par les investisseurs et les consommateurs afin de mesurer l'impact et l'interaction des entreprises avec la société et l'environnement.

Selon le FMI, les décideurs du CCG dans leur ensemble ont «réussi à atténuer rapidement l'impact économique du double choc de la Covid-19 et des prix du pétrole» (Photo, AFP).

Dans son récent rapport 2022 Social & Governance, la firme de conseil PwC Middle East a conclu que «l'intégration des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance dans tous les domaines de l'évolution économique et sociale est essentielle pour réaliser les ambitions de notre région, lui permettant de devenir un leader sur la scène mondiale de la durabilité».

D’après Gedeon, dans la nouvelle enquête, «le développement durable et la croissance des entreprises figurent en tête de l'ordre du jour. Ce qui est cependant clair, c'est que malgré le fait que les dirigeants se soucient du changement climatique, beaucoup de travail reste à faire en matière d'ESG, offrant une opportunité de croissance durable».

Le résultat final, est que de plus en plus, «les consommateurs veulent acheter et être associés à des marques qui ont un objectif solide, et qui font du bien à la planète et à l'organisation».

«Les consommateurs n'achèteront plus un produit d'une entreprise ou d'une marque qui ne respecte pas tous ces paramètres de durabilité et d’ESG, et les entreprises qui ne le font pas deviendront tout simplement obsolètes si elles ne sont pas transparentes sur leurs politiques et procédures, sur la façon dont elles compensent leur empreinte carbone.»

Une fois encore, les initiatives gouvernementales sont susceptibles de forcer le rythme. L'organisation de la COP27 en Égypte le mois dernier et le fait que la prochaine conférence des parties se tiendra aux Émirats arabes unis l'année prochaine ont placé les questions de responsabilité environnementale et sociale au centre des préoccupations des gouvernements, des entreprises et des particuliers dans toute la région.

Il est également très important que les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, deux des plus grands producteurs de pétrole au monde, se soient engagés à atteindre zéro émission de carbone d'ici 2050 et 2060 respectivement – des objectifs ambitieux qui exigeront la collaboration et la coopération des entreprises de tous les secteurs, et qui feront très certainement l'objet d'une législation.

Un sujet de préoccupation qui éclipse légèrement la confiance globale identifiée par l'enquête est le recrutement et la rétention des talents nécessaires pour que les entreprises donnent le meilleur d'elles-mêmes.

Alors que 62% des chefs d'entreprise estiment avoir les bons talents dans leur entreprise d'ici 2023, ils sont très préoccupés par les défis à relever en matière de main-d'œuvre dans l'année à venir. Dans l'ensemble, 18% d'entre eux s'inquiètent de ne pas pouvoir attirer les talents, et 10% de ne pas pouvoir retenir ceux qu'ils ont déjà.

Malgré l'expérience généralement positive du travail à distance pendant les périodes de confinement de la Covid-19, un quart de toutes les personnes interrogées considèrent également le travail hybride comme un défi en 2023. L'une des raisons, selon Gedeon, est la nature unique de nombreux grands projets en cours, notamment en Arabie saoudite.

«Beaucoup de ces projets sont vraiment éloignés et vous devez être là, à regarder le projet se développer», a-t-elle signalé.

«Si vous réalisez des projets de développement sur la mer Rouge, il sera très difficile de gérer le projet depuis New York, Londres ou même Dubaï.

«Il y a donc un empressement à avoir des gens sur le site de projets tels que Neom, et ils construisent des logements pour le personnel et même des écoles, ce qui rend travailler si loin de la capitale et d'autres villes passionnant pour les gens.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


EDF: L'Etat atteint le seuil de 90% des droits de vote

Le gouvernement avait officialisé mi-juillet sa volonté de contrôler EDF à 100% (Photo, AFP).
Le gouvernement avait officialisé mi-juillet sa volonté de contrôler EDF à 100% (Photo, AFP).
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  • Au 28 novembre, l'Etat français et BPI France détenaient ensemble 90,009% des droits de vote d'EDF et 85,12% du capital
  • L'OPA n'est pas bouclée: ouverte depuis le 24 novembre, elle dure jusqu'au 22 décembre inclus

PARIS: L'Etat français a annoncé jeudi avoir franchi le seuil de 90% des droits de vote d'EDF dans le cadre de son offre publique de rachat (OPA), une étape importante mais pas conclusive pour le projet de renationalisation totale.

Au 28 novembre, l'Etat français et BPI France détenaient ensemble 90,009% des droits de vote d'EDF et 85,12% du capital, selon une déclaration transmise jeudi au régulateur des marchés financiers (AMF).

L'OPA n'est pas bouclée: ouverte depuis le 24 novembre, elle dure jusqu'au 22 décembre inclus.

A l'issue de cette OPA, deux conditions doivent être remplies pour permettre à l'Etat d'engager un retrait obligatoire des actions EDF de la Bourse, c'est-à-dire forcer les actionnaires minoritaires restants de vendre: il doit détenir à la fois 90% des droits de vote et 90% du capital.

Au 1er décembre, l'Etat détenait un peu plus de 85% du capital de l'énergéticien. Il doit donc encore acquérir près de 5%. Il en détenait déjà 84% avant le début de l'OPA.

Le gouvernement avait officialisé mi-juillet sa volonté de contrôler EDF à 100%.

Pour l'Etat, qui veut construire six réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR, avec une option pour huit autres, cette opération chiffrée à 9,7 milliards d'euros est stratégique et vise aussi à envoyer un signal de confiance aux investisseurs de dette.

De petits actionnaires d'EDF, majoritairement des salariés et anciens salariés, avaient contesté devant l'AMF l'avis "favorable" du conseil d'administration d'EDF le 27 octobre concernant la renationalisation du groupe et surtout le prix de 12 euros par action proposé par l'Etat, jugé trop faible.

Mais le gendarme boursier n'a pas retenu les critiques et a donné le 22 novembre son feu vert au projet de rachat.


Le Fonds souverain saoudien annonce la création de l’Aseer Investment Company

Le Fonds d’investissement public (PIF) saoudien a annoncé jeudi la création de l’Aseer Investment Company (AIC). (Photo fournie)
Le Fonds d’investissement public (PIF) saoudien a annoncé jeudi la création de l’Aseer Investment Company (AIC). (Photo fournie)
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  • L’AIC fournira un large éventail d’opportunités pour les investisseurs nationaux et internationaux dans de nombreux secteurs
  • La création de cette société s’inscrit dans le cadre de la stratégie du PIF visant à dévoiler les capacités de secteurs prometteurs en Arabie saoudite

RIYAD: Jeudi, le Fonds d’investissement public (PIF) saoudien a annoncé la création de l’Aseer Investment Company (AIC), qui sera sa branche d’investissement dans la région d’Asir en Arabie saoudite.

La nouvelle société encouragera et stimulera les investissements directs locaux et étrangers afin de développer et de transformer la région en une destination touristique ouverte toute l’année.

L’AIC fournira un large éventail d’opportunités pour les investisseurs nationaux et internationaux dans de nombreux secteurs, notamment le tourisme, l’hôtellerie, les soins de santé, le sport, l’éducation, l’alimentation et de nombreuses autres industries nationales florissantes.

Elle contribuera à favoriser les partenariats public-privé, à créer des emplois pour la communauté locale et à promouvoir le tourisme et les possibilités d’investissement intéressantes de la région. 

«Aseer Investment Company vise à devenir un facilitateur de premier plan en matière d’opportunités d'investissement à grande échelle dans la région d’Asir, a déclaré Raid Ismaïl, responsable des investissements directs pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au PIF.

«L’AIC entend promouvoir les montagnes escarpées, la nature magnifique et la culture légendaire de la région, préserver son histoire et son patrimoine anciens et la transformer en une destination touristique de classe mondiale pour les visiteurs du monde entier, conformément à la stratégie du PIF et à la Vision 2030», a-t-il ajouté.  

La création de cette société s’inscrit dans le cadre de la stratégie du PIF visant à dévoiler les capacités de secteurs prometteurs en Arabie saoudite, à soutenir le pays, et correspond à la position de la région d’Asir comme destination d’investissement de premier plan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com