La Grèce en émoi après l'arrestation d'une mère soupçonnée d'infanticide

La femme de 33 ans a été arrêtée par les autorités hier. (AFP).
La femme de 33 ans a été arrêtée par les autorités hier. (AFP).
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Publié le Vendredi 01 avril 2022

La Grèce en émoi après l'arrestation d'une mère soupçonnée d'infanticide

  • Une mère de trois enfants et dont les deux premiers sont morts successivement et sans qu'aucune cause ne soit immédiatement décelée, a été arrêtée jeudi à Patra, pour le meurtre de son troisième enfant
  • Le tollé suscité par cette affaire est renforcé par le fait que la police avait refusé de percevoir une quelconque piste criminelle dans l'affaire

ATHENES: C'est un fait divers qui a secoué la Grèce. Une mère de trois enfants et dont les deux premiers sont morts successivement et sans qu'aucune cause ne soit immédiatement décelée, a été arrêtée jeudi à Patra, pour le meurtre de son troisième enfant, une fillette âgée de 9 ans. La femme avait fait une apparition télévisée sur la la chaîne locale Star durant laquelle elle avait nié en bloc toute accusation relative à la mort de ses deux autres fillettes respectivement âgées de quelques mois et de 3 ans. Elle soutenait alors qu'un gène rare était à l'origine du décès prématuré de ses enfants. 

"Chaque enfant mérite un parent, mais ce n'est pas chaque parent qui mérite d'avoir un enfant", écrit cet internaute sur Twitter.

Son aînée a perdu la vie fin janvier dernier, alors qu'elle avait été admise dans un hôpital d'Athènes, l'Aglaia Kyriakou Children’s Hospital. Ce sont les examens toxicologiques qui ont démontré que l'origine du décès n'était pas naturelle et qui ont guidé la police vers une origine criminelle.  

Une autopsie et des examens toxicologiques ont en effet permis de détecter sur la dépouille de la fillette la présence de kétamine, un anesthésiant vétérinaire également utilisé chez l'homme dans certains pays, déclenchant des poursuites pénales à l'encontre de la mère, selon une source judiciaire.

Le tollé suscité par cette affaire est renforcé par le fait que la police avait refusé de percevoir une quelconque piste criminelle dans l'affaire. "Lorsque les médecins de Patra ont affirmé que quelque chose ne tournait pas rond en ce qui concerne la mère des filles, les autorités leur ont répondu qu'ils regardent trop souvent la série "CSI"", écrit cet internaute sur Twitter. 

En garde à vue à Athènes, l'infirmière, qui vivait séparée de son mari depuis un an, a une nouvelle fois rejeté hier toutes les accusations auprès des enquêteurs.

Selon un rapport d'enquête remis au procureur et cité par le quotidien Kathimerini, "la seule personne se trouvant dans la chambre (de la fillette) pendant les dernières 20 minutes de sa vie, avant que les effets de la drogue fassent effet, était sa mère".

Les deux autres fillettes de la famille sont "également mortes dans des circonstances mystérieuses", écrit le journal grec à large tirage Kathimerini, alors que d'autres médias grecs évoquent la mort "suspecte" et "soudaine" des deux enfants.

La première, âgée de 3 ans et demi, est décédée à l'été 2019 et la petite dernière est morte en mars 2021 à l'âge de 6 mois, selon une source judiciaire. 

Les circonstances de leur décès n'ont pas été divulguées à ce stade, mais le bureau du procureur de Patras a ordonné une enquête sur leur mort, selon la même source.

Charge émotionnelle

Sur les réseaux sociaux, l'effroi suscité par cette affaire était palpable jeudi, le #Patra caracolant en tête des mots-clés sur Twitter. 

"Je ne veux même pas imaginer combien de fois les enfants ont vu ce regard" écrit ainsi cette internaute, tandis que d'autres n'ont pas hésité à la comparer à Médée. 

 

Médée, une figure de la mythologie grecque, est connue pour avoir empoisonné ses fils. Ce mythe a d'ailleurs donné naissance au complexe dit "de Médée" puisque celle-ci aurait donné la mort à ses enfants pour se venger de son mari Jason, qui selon la mythologie l'aurait répudiée en faveur d'une autre femme. "Justice est faite mes anges! Vous pouvez reposer en paix à présent", écrit cet internaute.

Certains sont même allés jusqu'à la comparer à Lucifer. "Même Lucifer a pleuré, elle n'a pas pleuré". 

Le gouvernement grec a appelé au "calme" jeudi après des manifestations de colère contre une mère de famille soupçonnée d'avoir tué sa fille de 9 ans en l'empoisonnant et la mort jugée "suspecte" de ses deux autres fillettes. 

"Tueuse, avoue (ton crime)", ont scandé des manifestants jeudi devant le palais de justice d'Athènes, où la suspecte, une infirmière de 33 ans, a comparu devant un juge d'instruction, a constaté une correspondante de l'AFP.

"Laissez-la nous qu'on s'en occupe", a lancé un autre protestataire. 

C'est encadrée par plusieurs policiers casqués et elle-même protégée d'un gilet pare-balles et la tête dissimulée sous une capuche que la jeune femme menottée a pu sortir du tribunal, sous les huées et les insultes de la foule. 

La jeune femme qui nie en bloc est poursuivie pour l'"homicide volontaire" de sa fille aînée, hospitalisée plusieurs fois avant de succomber fin janvier à l'âge de 9 ans, a-t-on appris de source judiciaire.

A Patras, dans le Péloponnèse (ouest) où se trouve le domicile de la suspecte, plusieurs dizaines d'habitants en colère se sont rassemblés lors de son arrestation mercredi soir, forçant la police à intervenir. "Mort aux tueurs d'enfants", a été inscrit sur la façade de son domicile.

Le porte-parole du gouvernement Yannis Economou a appelé au "calme" jeudi et à faire "confiance aux autorités pour que les faits soient clarifiés par les instances compétentes".

"La charge émotionnelle et morale de cette affaire dépasse les limites personnelles de la plupart d'entre nous", a-t-il ajouté lors de son point presse de jeudi, tout en exprimant "sa douleur" après ce drame.


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.


Israël et l'Iran reprennent leurs attaques réciproques, la trêve plus que jamais menacée

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP alors que l'armée faisait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille
  • L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a précisé que des sites de lancement de missiles sol-sol ainsi que "des infrastructures non liées au secteur énergétiques" avaient été visés

TEHERAN: Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Après 100 jours de guerre et deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu déjà très fragilisé, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP alors que l'armée faisait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait fait état d'explosions à Téhéran et les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran".

L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a précisé que des sites de lancement de missiles sol-sol ainsi que "des infrastructures non liées au secteur énergétiques" avaient été visés, accusant l'Iran d'avoir tiré 11 missiles balistiques vers son pays lors des deux premières vagues de missiles - tous interceptés selon l'armée.

"Aucun pays qui se respecte ne tolèrerait une telle attaque", a martelé le diplomate sur X.

Téhéran a de son côté présenté ces attaques comme un "avertissement", en représailles à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah, faisant deux morts et 20 blessés, en dépit d'une trêve théoriquement conclue entre le Liban et Israël mais largement bafouée.

Pétrole en hausse 

C'est la première fois que l'Iran tire des missiles contre Israël depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Mais les négociations entre Washington et Téhéran n'ont depuis pas abouti et les deux pays se sont déjà attaqués mutuellement plusieurs fois ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz, sans issue en vue pour une guerre qui a embrasé le Moyen-Orient et fait vaciller l'économie mondiale.

Selon le média Axios, Donald Trump s'est entretenu dimanche soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin qu'Israël ne riposte pas et que toute signature d'un accord avec Téhéran ne soit pas mise en péril. Aucun compte-rendu officiel n'a été diffusé.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il affirmé selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

Les deux dirigeants ont déjà eu un échange musclé il y a quelques jours, selon M. Trump, qui s'est dit mécontent de l'offensive israélienne au Liban au moment où il cherche une sortie à un conflit très impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat.

Les prix du pétrole, qui ont déjà flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont démarré la semaine en forte hausse, le baril de Brent bondissant de plus de 4% et dépassant 97 dollars, à portée des 100 dollars.

Ecoles fermées 

Alimentant les craintes d'embrasement régional, Israël a dit avoir identifié un tir de missile visant son territoire depuis le Yémen, où les rebelles houthis s'étaient déjà joints au conflit en soutien à l'Iran avant le cessez-le-feu.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir ciblé des "groupes terroristes" à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien. Et en Arabie saoudite, les secours ont émis une brève alerte à la population dans la province d'Al-Kharj où se situe la base américaine de Prince Sultan.

Après ses frappes en Iran, l'armée israélienne a dit "rester en état d'alerte élevé et pleinement prête à continuer ses opérations sur tous les fronts contre ceux qui menacent" le pays.

Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays, tandis que l'Irak a fait état dimanche soir de la fermeture temporaire de son espace aérien, tout comme la Syrie - partiellement.

L'Iran a également fermé dimanche soir jusqu'à nouvel ordre son espace aérien dans la partie ouest du pays. Les vols à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran, l'un des deux principaux de la capitale, ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre, a rapporté dimanche soir l'agence iranienne Mehr.

"Une reprise du conflit entre Iran et Israël n'est dans l'intérêt de personne", a insisté la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper sur X, appelant "les deux parties à la retenue et à une désescalade immédiate".

Nucléaire 

Ces attaques éloignent encore un éventuel accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.

Dans une interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump a regretté les frappes iraniennes sur Israël, qui "ne vont pas aider les négociations", assurant, comme déjà plusieurs fois ces dernières semaines, qu'un accord était "très proche".

Les points d'achoppement restent cependant nombreux en vue d'un possible compromis: le contrôle du détroit d'Ormuz (essentiel pour le commerce d'hydrocarbures), le programme nucléaire iranien et son stock d'uranium hautement enrichi ainsi que le sort des avoirs iraniens gelés à l'étranger sous l'effet des sanctions.

Autre difficulté: la question d'inclure ou non le Liban dans un éventuel accord entre Washington et Téhéran. Alors que les Etats-Unis s'efforcent de dissocier les deux fronts, pour l'Iran, ils sont de fait indissociables.

Cité par l'agence Mehr, le conseiller de la diplomatie iranienne Ali Safari a affirmé que les tirs de missiles avaient eu lieu "après plus d'un mois de retenue face à des violations répétées du cessez-le-feu" de la part d'Israël qui a ces derniers jours étendu son offensive contre le Hezbollah.

L'agence officielle libanaise ANI a fait état dans lundi matin de frappes aériennes israéliennes dans la région de Tyr, ville millénaire dans le sud.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.613 morts depuis le début de la guerre le 2 mars, selon le dernier bilan des autorités dimanche. Côté israélien, 29 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.