La guerre en Ukraine propulse l'inflation à un nouveau record en Europe

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, dans l'ouest de l'Allemagne, le 10 mars 2022. (AFP).
Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, dans l'ouest de l'Allemagne, le 10 mars 2022. (AFP).
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Publié le Vendredi 01 avril 2022

La guerre en Ukraine propulse l'inflation à un nouveau record en Europe

  • La progression de l'inflation est toujours alimentée par l'envolée des prix du pétrole, du gaz et de l'électricité, mais de façon encore plus marquée que précédemment
  • Si la spirale alimente une crise sociale en Europe, elle est aussi un casse-tête pour la Banque centrale européenne (BCE), chargée de veiller à la stabilité des prix

BRUXELLES: L'inflation dans la zone euro a pulvérisé un nouveau record en mars, à 7,5% sur un an, alimentée par la guerre en Ukraine qui fait flamber les tarifs de l'énergie, mais aussi ceux de l'alimentation.

En février, la hausse des prix avait atteint 5,9% pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, ce qui représentait déjà le niveau le plus élevé enregistré par l'office européen des statistiques (Eurostat) depuis le début de cet indicateur, en janvier 1997.

Un nouveau sommet historique a été atteint chaque mois depuis novembre, poussant les gouvernements à intervenir pour protéger les consommateurs.

En France, une ristourne d'au moins 15 centimes par litre de carburant est entrée en vigueur vendredi, alors que les prix de l'essence ont passé la barre des 2 euros par litre en moyenne. L'Espagne a dévoilé mercredi un plan d'aide de 6 milliards d'euros.

Chèques versés aux salariés, baisses de taxes, réductions dans les transports publics ou plafonnement des prix de l'énergie... Les gouvernements européens ont multiplié les annonces ces dernières semaines.

La progression de l'inflation est toujours alimentée par l'envolée des prix du pétrole, du gaz et de l'électricité, mais de façon encore plus marquée que précédemment. Les tarifs de l'énergie ont bondi de 44,7% sur un an en mars, après +32% en février, a indiqué Eurostat.

Toutes les composantes de l'indice sont touchées par une accélération des prix, en particulier l'alimentation: +5%, après +4,2% en février. Les biens industriels se sont renchéris de 3,4% sur un an en mars, après 3,1% le mois précédent. Même les prix des services décollent : +2,7% en mars, contre 2,5% en février.

Casse-tête pour la BCE

Si la spirale alimente une crise sociale en Europe, elle est aussi un casse-tête pour la Banque centrale européenne (BCE), chargée de veiller à la stabilité des prix.

Le record d'inflation, très largement au-dessus de son objectif de 2% par an, renforce la pression pour qu'elle resserre sans tarder sa politique monétaire accommodante et donc augmente ses taux directeurs.

Partisan de l'orthodoxie monétaire, le président de la Banque centrale allemande, Joachim Nagel, a appelé vendredi l'institution à "ne pas laisser passer l'occasion de prendre les contre-mesures opportunes" pour juguler la flambée des prix.

Mais une politique trop stricte pourrait briser la croissance qui s'est à peine remise des conséquences de la pandémie.

La guerre en Ukraine lancée le 24 février par la Russie "accentue l'inflation et réduit la croissance simultanément", a souligné mercredi la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Le 10 mars, la BCE a réduit sa prévision de hausse du produit intérieur brut (PIB) pour cette année dans la zone euro, à 3,7% (contre 4,2% précédemment). Simultanément, elle a relevé son pronostic d'inflation à 5,1% (contre 3,2%).

La Russie est le principal fournisseur de gaz de l'UE et le deuxième exportateur mondial de pétrole. Mais c'est aussi, comme l'Ukraine, une grande puissance agricole: les deux pays représentent ensemble 30% des exportations de blé au niveau mondial. 

Les tensions et incertitudes sur l'approvisionnement ont logiquement provoqué ces derniers mois l'envolée des cours des matières premières sur les marchés mondiaux.

Décrite l'an dernier comme un phénomène provisoire, l'inflation est appelée à durer au moins cette année encore.

Elle est tirée "principalement par les prix de l'énergie et de l'alimentation", a constaté Bert Colijn, analyste pour la banque ING, qui s'attend à une nouvelle hausse le mois prochain sans exclure "un taux à deux chiffres". "Est-ce que le pire est derrière nous désormais? On peut en douter", a-t-il affirmé.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.