Ukraine: Les Etats-Unis se préparent pour une nouvelle phase de la guerre

Des soldats ukrainiens inspectent les restes de véhicules militaires russes détruits, le 4 avril dans les environs de Kiev (Photo, AP).
Des soldats ukrainiens inspectent les restes de véhicules militaires russes détruits, le 4 avril dans les environs de Kiev (Photo, AP).
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Publié le Mardi 05 avril 2022

Ukraine: Les Etats-Unis se préparent pour une nouvelle phase de la guerre

  • En plus d'être économique et militaire, la réponse à la Russie doit aussi être judiciaire
  • Les images de nombreux corps à Boutcha ont suscité un tollé international

WASHINGTON: Une offensive russe concentrée sur l'est du pays, mais sans que les attaques contre des cibles civiles ne faiblissent: les Etats-Unis estiment que la guerre en Ukraine aborde une nouvelle phase, appelant une nouvelle réponse des Occidentaux.

Comme il l'avait déjà fait peu avant que la Russie ne lance son invasion le 24 février, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan est venu lundi devant la presse détailler ce que seront, selon les Américains, les prochains mouvements de l'armée russe.

Selon lui, la Russie "est en train de repositionner ses forces pour concentrer son offensive sur l'est et des parties du sud de l'Ukraine". Elle "a essayé de soumettre toute l'Ukraine et a échoué", a-t-il jugé, estimant que cette nouvelle phase "pourrait durer des mois ou plus".

Selon Washington, "Moscou va continuer les frappes aériennes et les tirs de missiles sur le reste du pays pour causer des dégâts militaires et économiques et aussi, clairement, pour semer la terreur".

Sanctions et armement 

Alors que les images de nombreux corps à Boutcha, localité de la banlieue de Kiev récemment reprise par les forces ukrainiennes, ont suscité un tollé international, le président américain Joe Biden a promis "des sanctions supplémentaires" contre la Russie.

Boutcha: le Canada dénonce des «crimes de guerre»

La ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly a dénoncé lundi des "crimes de guerre" après la découverte de nombreux corps portant des vêtements civils à Boutcha, dans les environs de Kiev, et prévenu que le Canada allait imposer de nouvelles sanctions "sous peu". 

Cette découverte a suscité de nombreuses indignations à l'étranger, y compris du président américain Joe Biden, qui a réclamé un "procès pour crimes de guerre".

"Ce qui s'est passé au cours du week-end est complètement scandaleux, injustifiable et choquant", a déclaré la ministre Joly lors d'un point presse en marge d'un déplacement en Finlande. 

"Il s'agit clairement de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", a-t-elle souligné, avant de les imputer aux soldats russes.

Elles seront annoncées "cette semaine", a précisé Jake Sullivan, insistant sur la volonté de "consensus" avec l'Union européenne, qui de son côté discute en "urgence" de nouvelles représailles économiques contre Moscou.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken se rend d'ailleurs à Bruxelles, mercredi et jeudi pour participer à des réunions de l'Otan et du G7.

Après avoir déjà annoncé plusieurs trains de mesures, il ne reste plus guère d'options aux Occidentaux, à part celle, majeure, qui consisterait à attaquer les ventes d'énergie russe à l'Europe, pour l'instant largement épargnées.

Au-delà des sanctions économiques, Jake Sullivan a promis "d'autres annonces d'assistance militaire supplémentaire dans les prochains jours" pour l'Ukraine, notant que les équipements pouvaient provenir des Etats-Unis eux-mêmes ou être acheminés depuis d'autres pays.

Les habitants de Kiev ayant fui appelés à ne pas y retourner «pour le moment»

Les habitants de Kiev ayant fui l'invasion russe ont été appelés lundi par le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko à ne pas y retourner avant "au moins une semaine", des bombardements russes pouvant encore, selon lui, s'y produire.

"Nous n'excluons pas la possibilité de tirs de roquettes. Oui, notre défense antiaérienne fonctionne parfaitement. Mais tout peut arriver. Je demande donc aux gens d'attendre pour le moment et de ne pas revenir", a-t-il dit dans un message sur Telegram.

"Le couvre-feu est (actuellement) en vigueur 24 heures sur 24 dans plusieurs zones de la région de Kiev. Dans les villes proches de la capitale, où les combats ont eu lieu, on trouve également un grand nombre d'engins explosifs. Ce qui peut constituer une grande menace", a par ailleurs déclaré le maire.

Il a évoqué des "systèmes de défense aérienne de longue portée, des systèmes d'artillerie et des système de défense côtière", sans donner plus de détails mais en assurant que déjà, les livraisons d'armes et de matériel à l'armée ukrainienne se déroulaient "à un rythme jamais vu."

En plus d'être économique et militaire, la réponse à la Russie doit aussi être judiciaire, estiment les Américains.

«Crimes de guerre»

"Nous devons rassembler les informations" et "nous devons avoir tous les détails" pour "avoir un procès pour crimes de guerre", a dit lundi Joe Biden, interrogé sur les événements à Boutcha.

"Vous vous souvenez peut-être que j'ai été critiqué pour avoir appelé Poutine un criminel de guerre. Hé bien la vérité (...) c'est qu'il est un criminel de guerre", a-t-il encore déclaré.

Jake Sullivan a indiqué que la Cour pénale internationale - dont les Etats-Unis ne font pas partie - était "l'un des lieux" où des crimes de guerre avaient été jugés mais a estimé qu'il existait aussi "d'autres mécanismes."

Le conseiller à la sécurité nationale a par ailleurs déclaré: "Nous avons vu des atrocités, nous avons vu des crimes de guerre, nous n'avons pas vu jusqu'ici un niveau d'attaque de la vie du peuple ukrainien qui atteigne le niveau du génocide. Mais c'est quelque chose que nous continuons à surveiller."

Le président ukrainien s'exprimera mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'exprimera mardi lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Ukraine, dominée par les récents événements à Boutcha, a annoncé lundi sur Twitter la mission diplomatique britannique qui préside en avril cette instance des Nations unies.

Interrogée, la mission n'a pas été en mesure de dire à ce stade si cette intervention par liaison vidéo, inédite à une réunion de l'ONU à New York depuis l'invasion russe du 24 février de l'Ukraine, serait en direct ou enregistrée à l'avance.

La session mardi du Conseil de sécurité était prévue de longue date avec notamment une participation du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui accusé lundi les forces russes d'avoir commis des "crimes de guerre" qui seront "reconnus comme génocide".

Moscou a pour sa part démenti avoir tué des civils à Boutcha, le Kremlin et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov évoquant des "falsifications" et mises en scène à destination de la presse.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.