Récolte amère pour les vergers moldaves à cause de la guerre en Ukraine

Dans un entrepôt du nord de la Moldavie, les caisses remplies de pommes toutes rouges s'empilent jusqu'au plafond mais pour le patron des lieux, cette abondance n'a rien de réjouissant. (AFP)
Dans un entrepôt du nord de la Moldavie, les caisses remplies de pommes toutes rouges s'empilent jusqu'au plafond mais pour le patron des lieux, cette abondance n'a rien de réjouissant. (AFP)
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Publié le Mardi 05 avril 2022

Récolte amère pour les vergers moldaves à cause de la guerre en Ukraine

  • A la faveur d'un accord de libre-échange signé avec Bruxelles en 2014, la Moldavie a vu son commerce avec le bloc européen progresser, représentant plus de 60% de ses échanges en 2021
  • Depuis l'invasion de l'Ukraine voisine par la Russie le 24 février, de nombreux agriculteurs ne savent plus où écouler leur marchandise traditionnellement destinée à la Russie

BILICENII-VECHI: Dans un entrepôt du nord de la Moldavie, les caisses remplies de pommes toutes rouges s'empilent jusqu'au plafond mais pour le patron des lieux, cette abondance n'a rien de réjouissant.

Depuis l'invasion de l'Ukraine voisine par la Russie le 24 février, de nombreux agriculteurs ne savent plus où écouler leur marchandise traditionnellement destinée à la Russie. 

"Je ne sais pas comment on va faire pour les pommes qui restent, il y en a trop pour les vendre sur le marché moldave", soupire Valeriu Matcovschi, la soixantaine, propriétaire d'une exploitation à Bilicenii Vechi. 

Il exporte habituellement vers la Russie la totalité de sa récolte, soit 2 000 tonnes par an, à raison de cinq à sept poids-lourds par semaine. 

Aujourd'hui il doit chercher de nouveaux débouchés pour survivre.

Fin mars, il a enfin envoyé un premier conteneur vers le Koweït mais il a dû réduire les prix d'un tiers et le client est beaucoup plus regardant sur les variétés.

Le pommiculteur a aussi décroché des contrats avec l'Arabie saoudite et le Qatar.

Il espère "ne pas être amené à livrer les pommes à des transformateurs. Ce serait une tragédie", lâche-t-il, citant les pertes financières induites.

L'UE à la rescousse 
Ancienne république soviétique de 2,6 millions d'habitants nichée entre la Roumanie et l'Ukraine, la Moldavie "se trouve dans une situation difficile", s'inquiète le secrétaire général du gouvernement, Dumitru Udrea, interrogé par l'AFP.

La guerre en Ukraine a entraîné un afflux de réfugiés à l'impact conséquent sur l'économie du pays, qui souffre aussi de la rupture des chaînes d'approvisionnement et de la flambée des factures de gaz et d'électricité.

"En 2022, nous redoutons une contraction de l'économie de 3% dans un scénario optimiste et de 15% dans le plus sombre", détaille-t-il, alors que l'inflation pourrait atteindre 30% d'ici la fin de l'année.

La Moldavie, dont le Produit intérieur brut représente moins de 0,5% de celui de la France, se remettait déjà difficilement d'une série de crises économiques et politiques doublées d'un retentissant scandale bancaire portant sur la disparition d'un milliard de dollars en 2014-2015.

Répondant à l'appel au secours de Chișinău, l'Allemagne, la France et la Roumanie organisent mardi à Berlin une conférence des donateurs pour l'aider à faire face à ce fardeau.

"Nous allons présenter des projets visant entre autres la sécurité énergétique et le renforcement du pouvoir d'achat, en espérant obtenir un financement de 4 milliards d'euros" sous forme de prêts et de dons, explique M. Udrea.


A la faveur d'un accord de libre-échange signé avec Bruxelles en 2014 –-une démarche qui lui avait aussitôt valu des représailles de la part de Moscou-, la Moldavie a vu son commerce avec le bloc européen progresser, représentant plus de 60% de ses échanges en 2021.

Et elle espère approfondir ses relations avec l'UE: une demande d'adhésion a été déposée début mars.

Liens étroits avec l'Est 
Impossible toutefois de remplacer du jour au lendemain ses partenaires traditionnels de l'Est: la Russie, l'Ukraine et le Bélarus.

"A première vue, la part des exportations vers ces trois pays --soit 15%-- n'est pas énorme, mais plusieurs secteurs en dépendent fortement, dont en premier lieu la pommiculture", commente l'économiste Adrian Lupusor, du groupe de réflexion Expert-Grup.

Le BTP et l'agriculture sont quant à eux suspendus aux matières premières livrées par la Russie et par l'Ukraine. "Même si les importateurs trouvent des fournisseurs ailleurs, les prix seront beaucoup plus élevés", estime-t-il.

En outre, la Moldavie, dont plus d'un million d'habitants ont émigré ces vingt dernières années à la recherche d'un emploi, pourrait voir chuter les transferts de fonds venus de Russie, prévient le responsable du gouvernement. 

Or il s'agit d'une bouée de sauvetage cruciale pour de nombreuses familles.

Une partie des quelque 300 000 Moldaves travaillant sur le sol russe pourraient même rentrer au pays, ce qui mettrait sous pression le marché du travail et le système de sécurité sociale, ajoute M. Lupusor.

Entre les ouvriers qui trient les pommes et le va-et-vient des lève-palettes, M. Matcovschi frémit à l'idée de devoir peut-être se séparer de sa cinquantaine d'employés.


"Je n'ose même pas y penser, j'espère qu'on va résister".


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.