Boutcha: des communications russes accablantes interceptées par les Allemands

Le chef humanitaire de l'ONU Martin Griffiths sur le site d'une fosse commune que les Ukrainiens avaient creusée près d'une église, le 7 avril 2022, lors de sa visite de trois heures à Boutcha. (Photo, AFP)
Le chef humanitaire de l'ONU Martin Griffiths sur le site d'une fosse commune que les Ukrainiens avaient creusée près d'une église, le 7 avril 2022, lors de sa visite de trois heures à Boutcha. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

Boutcha: des communications russes accablantes interceptées par les Allemands

Le chef humanitaire de l'ONU Martin Griffiths sur le site d'une fosse commune que les Ukrainiens avaient creusée près d'une église, le 7 avril 2022, lors de sa visite de trois heures à Boutcha. (Photo, AFP)
  • Le contenu de certains échanges correspond aux photos de cadavres retrouvés à Boutcha et qui ont suscité une vague de condamnations internationales
  • Dans un autre message radio, un homme affirme : «On interroge d'abord les soldats, puis on les abat»

BERLIN: Les services de renseignement allemands (BND) ont enregistré des communications radio de soldats russes dans lesquelles ils évoquent les exactions commises à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, où des dizaines de cadavres ont été découverts, suscitant l'indignation, affirme jeudi le magazine der Spiegel. 

Le contenu de certains échanges correspond aux photos de cadavres retrouvés à Boutcha et qui ont suscité une vague de condamnations internationales, plusieurs dirigeants dont l'Allemand Olaf Scholz évoquant des « crimes de guerre » perpétrés par les Russes dans cette localité reprise par les forces ukrainiennes, selon la même source. 

Des responsables du BND ont informé des députés de ces conversations interceptées, poursuit der Spiegel, pour qui ces enregistrements viennent contredire la version livrée par Moscou selon laquelle les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes ont évacué les lieux. 

Ainsi, dans l'un des messages radio évoqué par der Spiegel, un soldat explique à un autre que lui et ses collègues ont abattu une personne à vélo. Or, la photo d'un cadavre couché sur son vélo a fait le tour du monde et des journalistes de l'AFP ont vu ce cadavre ainsi que ceux d'une vingtaine d'hommes habillés en civil en parcourant l'une des plus longues artères de Boutcha.  

Dans un autre message radio, un homme affirme : « On interroge d'abord les soldats, puis on les abat ». 

Ces messages confirment également que des mercenaires russes du groupe Wagner en Ukraine auraient participé à ces exactions, poursuit le magazine. 

« Les soldats parlaient des atrocités comme de leur vie quotidienne », écrit-il, assurant que ces exécutions n'ont pas été commises de façon accidentelle par des soldats russes agissant sans ordre. 

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Localisation de Boutcha, au nord-ouest de Kiev, où l'armée russe est accusée par l'Ukraine d'avoir tué de nombreux civils. (Graphique, AFP)

Ces découvertes ne se limitent pas à Boutcha. A Motijine, à 50 kilomètres à l'ouest de Kiev, l'AFP a vu quatre corps à demi-enterrés dans une fosse creusée en forêt. Parmi eux, la maire de ce village, son mari et son fils qui avaient disparu. 

Le gouvernement allemand avait estimé mercredi que la position russe selon laquelle la mort des civils relevait d'une mise en scène n'était « pas tenable » au vu des images satellites qui ont été diffusées. 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ces meurtres de « pires crimes de guerre » depuis la Seconde Guerre mondiale et de « génocide ».  

Les Occidentaux ont de leur côté annoncé un renforcement des sanctions à l'encontre de Moscou. 


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".