Une famille ukrainienne retrouve le sommeil dans un camping en France

Les réfugiés ukrainiens Viktoria et Arthur réagissent alors qu'ils sont assis aux côtés des membres de leur famille lors d'un «concert de solidarité pour les réfugiés ukrainiens» à l'Opéra de Tours, dans la ville de Tours, le 5 avril 2022. (Guillaume Souvant/AFP)
Les réfugiés ukrainiens Viktoria et Arthur réagissent alors qu'ils sont assis aux côtés des membres de leur famille lors d'un «concert de solidarité pour les réfugiés ukrainiens» à l'Opéra de Tours, dans la ville de Tours, le 5 avril 2022. (Guillaume Souvant/AFP)
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Publié le Samedi 09 avril 2022

Une famille ukrainienne retrouve le sommeil dans un camping en France

  • Accueillies par la Croix-Rouge dans un camping de la localité de La Ville-aux-Dames,19 familles ukrainiennes se posent enfin dans la banlieue boisée de Tours, la grande ville voisine
  • Lors d’un concert caritatif à l'Opéra de Tours, l'artiste ukrainienne Inshaya, réfugiée elle aussi, a chanté la guerre

LA VILLE-AUX-DAMES, France : «Ici, les enfants dorment bien»: réfugiés dans un camping en France, les Ukrainiens Artur et Viktoria tentent de retrouver une vie apaisée avec leurs trois filles. Mais la guerre les rattrape jusque dans leur mobile-home.

Ils sont arrivés mi-mars, serrés dans leur break gris, après un périple de quatre jours depuis Novomoskovsk, dans l'est de l'Ukraine. Chargés de bidons d'essence et avec Chappy, le turbulent teckel, ils ont quitté la maison construite de leurs mains pour les bords de Loire, à plus de 200 km au sud-ouest de Paris.

Accueillis par la Croix-Rouge dans un camping de la localité de La Ville-aux-Dames, tout comme 18 autres familles, ils se posent enfin dans la banlieue boisée de Tours, la grande ville voisine.

Dans le centre de ce village éphémère, l'après-midi commence par une séance d'essayage. Parmi les dons, Viktoria, 35 ans, et ses deux plus grandes filles trouvent des baskets. Karolina, 16 ans, se choisit aussi quelques vêtements. «Merci beaucoup», se hasarde-t-elle, alors que des bénévoles installent une télé dans un coin. Des enfants branchent immédiatement une console et se lancent dans une partie de jeux vidéo.

Dans leur mobile-home «Anne de Bretagne», Artur, 41 ans, se confie. «Le 24 février, on a été réveillés par les missiles. Après, on n'a plus été bombardés pendant deux semaines, puis, ça a recommencé le 11 mars», raconte l'ingénieur en génie civil. «On a compris que ça allait tomber encore plus fort. On a pris la direction de la frontière polonaise.»

Installé dans le canapé rouge du petit logement surchauffé, le père se félicite: «Les enfants dorment bien ici. Là-bas, tu te couches avec l'idée que tu ne vas peut-être pas te réveiller.»

Karina, 11 ans, et Irina, 6 ans, entrent et sortent en trombe du mobile-home. Les deux soeurs filent retrouver d'autres enfants sur l'aire de jeu du camping réservé à l'accueil des familles ukrainiennes.

«Au début, les filles avaient peur de chaque avion ou même du bruit des camions. Maintenant, c'est mieux», souffle Viktoria.

«Pour nous aussi», abonde Artur, qui a déjà connu l'exil. Il avait 8 ans quand sa famille a trouvé refuge en Ukraine, quittant l'Arménie après le séisme de 1988. 

- Hymne au balcon -

«On arrive à ne pas penser à la guerre. Il y a des activités, c'est plus facile», rebondit Viktoria, qui se réjouit de commencer bientôt les cours de sport organisés par la Croix-Rouge.

Mais, la guerre, elle, ne les oublie pas. Artur reçoit un SMS. C'est la mère de Viktoria: Novomoskovsk a été visée par des frappes russes. La jeune femme est émue... sa maman refuse de quitter la ville. «Peut-être que si les bombardements continuent, elle partira», espère-t-elle, les larmes aux yeux.

Reste la vie quotidienne à assurer. Grâce à une épicerie solidaire qui se déplace dans le camping, Viktoria a déjà réussi à préparer du bortsch et se lance dans une «salade de l'olivier», un plat festif traditionnel. Artur écale les oeufs. «A la maison, quand je ne travaille pas, j'aide à faire à manger. Aujourd'hui, je ne travaille pas», lance le papa avec ironie.

Karolina rentre du cours de français et épluche les carottes. La jeune fille brune pêchue veut être cheffe, elle continue de suivre quelques cours de cuisine en ligne. La guerre semble bien loin de ses préoccupations. Elle veut retourner jouer au basket et retrouver l'Ukraine. Elle est impatiente, son premier entraînement avec l'Etoile sportive de La Ville-aux-Dames est prévu le lendemain.

L'adolescente ne se défait jamais de son sourire. Sauf quand l'émotion se fait trop forte, comme lors de ce concert caritatif à l'Opéra de Tours. L'artiste ukrainienne Inshaya, réfugiée elle aussi, a chanté la guerre, Karolina et Viktoria ont pleuré.

En clôture, les artistes ont entonné l'hymne ukrainien. Invitée et installée au balcon du théâtre, la famille s'est alors levée, la main sur le coeur, pour chanter. Le silence revenu, Artur a replongé dans son téléphone. Des nouvelles de sa belle-soeur: Novomoskovsk et son dépôt de carburant ont été bombardés pendant la soirée.


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.